Une Canadienne à la tête de la francophonie

  • La Canadienne d’origine haïtienne Michaëlle Jean a été désignée dimanche 30 novembre pour prendre la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. Elle occupera son poste de manière effective au 1er janvier 2015. Elle succède à Abdou Diouf, aux commandes de l’institution depuis 12 ans.
  • L’élection aura été laborieuse. Et Michaëlle Jean est donc la première femme à diriger l’OIF. C’est une ancienne journaliste canadienne de 57 ans, d’origine haïtienne. Lors d’une visite à Bordeaux en 2008, cette arrière-petite-fille d’esclave n’avait pas hésité à dénoncer la traite négrière longtemps pratiquée dans ce port français. Beaucoup apprécient son empathie, sa facilité à lier des liens avec les communautés, comme lorsqu’elle a partagé du phoque cru avec des Inuits alors qu’elle voyageait dans le nord du Québec.
  • C’est la première fois que l’Afrique ne dirigera pas la Francophonie. Lors du tout dernier huis clos, les visages étaient fermés. Le président ivoirien Alassane Ouattara a même quitté cette réunion. L’OIF échappe donc à l’Afrique. C’est un séisme qui va laisser des traces dans la francophonie, mais aussi dans les relations entre Paris et plusieurs capitales africaines.
  • Les détracteurs de Michaëlle Jean ne lui pardonnent pas d’avoir représenté les intérêts de la reine d’Angleterre en siégeant comme gouverneure générale du Canada. Le fait de briguer la plus haute fonction d’une organisation francophone leur semblait plutôt incongru. Ils font aussi valoir que cette quinquagénaire n’a jamais été élue et ne compte donc aucune réalisation concrète.
  • Première femme à diriger l’OIF

  • La Francophonie fait donc un choix inédit à plusieurs titres. D’abord parce que c’est une femme. C’est une première. Ensuite parce qu’elle vient d’Amérique du Nord, ce qui est également une première.
  • Le consensus n’a pas été évident et le groupe a failli aller jusqu’aux votes. Finalement, il a fallu que les six chefs d’Etat et de gouvernement les plus impliqués dans cette affaire, dont Denis Sassou-Nguesso, le Premier ministre canadien Stephen Harper, François Hollande, Macky Sall, le président du Burundi Pierre Nkurunziza et le président mauricien Kailash Purryag, se concertent pendant plus d’une heure dans une salle à part pour trouver un consensus.
  • L’ancienne gouverneure générale du Canada succède donc au Sénégalais Abdou Diouf, qui se retire après trois mandats à la tête de l’instance internationale qui compte 77 pays membres, dont 20 qui ont le statut d’observateur.

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