Tunisie : Le patriote Abdelaziz Ben Dhia est mort

Après un long combat contre la maladie, Abdelaziz Ben Dhia est décédé à l’âge de 79 ans. Arrêté en 2011 à la suite du coup d’Etat américano-qatari du 14 janvier, il n’a été libéré que trois ans plus tard sans être condamné, toutes les accusations portées contre lui par les pseudo-révolutionnaires et vrais mercenaires ayant été mensongères et fallacieuses.

 

Né le 19 décembre 1936 à Moknine, l’un des berceaux de la résistance, Abdelaziz Ben Dhia était le prototype même de l’élite nationaliste postcoloniale. Après des études secondaires au célèbre collège Sadiki, il quitte la Tunisie pour la France où il s’inscrit à la faculté de droit et de sciences humaines de Toulouse. Docteur en droit et agrégé de droit public, Bourguiba le nomme en 1977 doyen de la Faculté de droit de Tunis.

 

Le 20 septembre 1978, Hédi Nouira le charge de créer le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique dont il sera le premier des ministres durant dix ans. Il a été ainsi ministre dans le gouvernement Nouira et dans le gouvernement Mzali. Entre 1986 et 1987, période caractérisée par une crise politique et économique grave et par la montée des Frères musulmans tunisiens, il sera successivement ministre de l’Education Nationale, des Affaires Sociales, directeur du PSD et ministre de la Culture.

Avec l’arrivée au pouvoir de Zine el-Abidine Ben Ali, le 7 novembre 1987, qui avait pris de court le coup d’Etat islamo-atlantiste du 8 novembre 1987, le docteur Abdelaziz Ben Dhia sera chargé, le 16 décembre 1987, de créer le Conseil constitutionnel, qu’il va diriger jusqu’en novembre 1990 et dont les membres étaient notamment Béji Caïd Essebsi, Hassib Ben Ammar, Mongi Baly et Rachid Driss. Le premier acte du Conseil constitutionnel a été l’abolition de la présidence à vie, le 12 juillet 1988.

 

Entre 1991 et 1996, Ben Dhia sera successivement ministre de la Défense, ensuite secrétaire général du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) dont il était déjà membre du comité central et du bureau politique depuis 1991. En 1999, il devient ministre d’Etat conseiller spécial auprès du Président de la République et porte-parole officielle de la présidence.

 

Plus technocrate que politique, homme affable et jamais arrogant, Abdelaziz Ben Dhia était un collaborateur des plus fidèles à Ben Ali. Il l’est resté jusqu’au 14 janvier 2011 et au-delà. On retiendra de lui cette scène à l’intérieur du palais de justice en compagnie d’Abdelwahab Abdallah et Abdallah Kallel, où un ramassis de pseudo-révolutionnaires l’injuriait et le harcelait : il a eu le courage de remettre à sa place une « journaliste » hystérique.

 

Après avoir été placé en résidence surveillée le 23 janvier 2011, Abdelaziz Ben Dhia a été en effet incarcéré le 12 mars de la même année sous diverses accusations les unes aussi fallacieuses que les autres. Il fallait bien que Béji Caïd Essebsi, alors premier ministre, sous la dictée de l’affairiste Kamel Eltaïef, fasse quelques concessions à une populace galvanisée par Al-Jazeera et Facebook et jette en pâture un certain nombre de haut dirigeants de l’Etat et cadres du RCD.

 

Au bout de trois ans d’incarcération arbitraire, Abdelaziz Ben Dhia a été libéré le 20 février 2014, toutes les accusations portées contre lui s’étant avérées mensongères. Celui qui a eu une carrière de ministre durant près de trente ans et qui était à partir de 2000 le troisième homme fort de l’Etat, n’avait qu’une maison dans le quartier des juges à La Marsa et un compte en banque de 400 000 dinars ! Les ministres du Qatar et des Etats-Unis qui se sont succédés en Tunisie depuis le coup d’Etat du 14 janvier 2011 ne peuvent pas en dire autant !

 

Abdelaziz Ben Dhia a probablement commis des erreurs dans son long parcours politique au service de l’Etat, mais il n’a jamais trahi sa Patrie, ce qui est loin d’être le cas de la nouvelle “élite” dirigeante et opposante depuis le coup d’Etat américano-qatari du 14 janvier 2011.

 

source tunisie-secret.com    par Karim Zmerli 

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