Tunisie : Des petits prix pour relancer le tourisme

Faire le maximum pour relancer au plus vite le tourisme en Tunisie, la destination de vacances phare des Français. Depuis la levée des restrictions de voyages, les tour- opérateurs misent plus que jamais sur les petits prix pour inciter leurs clients à repartir et éviter un désastre économique. «Le tourisme concerne tellement d’emplois que ce serait une catastrophe en termes de croissance qu’il y ait une chute brutale dans les semaines et les mois qui viennent», a déclaré hier Frédéric Lefebvre, secrétaire d’État au Tourisme, lors d’un déplacement à Tunis, tout en assurant le pays du soutien de la France pour relancer le secteur. L’an dernier, 1,4 million de touristes français ont passé leurs vacances en Tunisie (20 % du total).

Les professionnels le savent déjà : 2011 risque d’être une année catastrophique. «Actuellement, nous avons un millier de clients à Djerba, alors qu’habituellement c’est plutôt 4 000, constate Denis Wathier, président de Thomas Cook en France. Les hôteliers tunisiens vont devoir faire des efforts sur les prix. C’est incontournable.»

«Les tour-opérateurs enregistrent une chute des ventes sur la Tunisie de 60 % à 70 % par rapport à l’an dernier, chiffre René-Marc Chikli, président du Céto, l’association des tour-opérateurs français. On constate un léger redémarrage depuis quelques jours. Les réservations reprennent le pas sur les annulations, mais les intentions de départ restent inférieures de moitié à leur rythme habituel.» Selon lui, il faut s’attendre au pire à un recul de la destination de 40 % cette année. Dans le meilleur des cas, ce serait 20 %.

La France, l’Espagne et la Grèce gagnantes

«Les tour-opérateurs et le gouvernement tunisien doivent communiquer pour rassurer les clients, l’objectif étant d’éviter de brader la destination», poursuit René-Marc Chikli, avec cette mise en garde : «Actuellement, beaucoup de tour-opérateurs vendent des séjours “une place offerte pour une achetée”. Il n’est pas envisageable de maintenir de telles offres cet été !»

La formule, en tout cas, porte ses fruits. « En lançant une offre “un payant pour un offert”, nous avons retrouvé en mars le niveau de réservations de l’an dernier, avec 8 000 départs prévus dans le mois», se félicite Florian Vighier, directeur général de Marmara, leader sur la destination . Il faudra du temps avant que le marché ne retrouve son rythme de croisière. «La situation est compliquée car l’instabilité politique ne prête pas à une action coordonnée, affirme Denis Wathier. Il faudra deux ans pour retrouver les volumes de 2010. La destination va devenir plus chère car les salaires locaux vont augmenter sous la pression des syndicats. Mais elle ne peut que repartir car elle n’a d’équivalent nulle part ailleurs en terme de rapport qualité-prix.»

En attendant, d’autres destinations en profitent. La semaine dernière chez Marmara, les réservations pour la Grèce et l’Espagne (Baléares et Costa del Sol) ont bondi de 70 % ! Mais, selon Denis Wathier, le grand gagnant est… la France, «un marché où, malheureusement pour nous, les gens réservent en direct sans faire appel aux services de professionnels».

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *