Tunisie: 6 membres des forces de sécurité tués dans une attaque terroriste

Un groupe terroriste a frappé au niveau de la frontière algérienne, tuant 6 membres de la garde nationale et en blessant un autre très grièvement. D’intenses recherches sont en cours dans l’ouest du pays.

Dimanche matin, deux véhicules de la garde nationale ont été attaquées par un groupe armé dans la région de Jendouba (à 190 kilomètres de Tunis ) proche de la frontière avec l’Algérie. Une mine a explosé, tuant six agents de la garde nationale près de la frontière avec l’Algérie, dans le secteur de Ain Sultan, dans la province de Jendouba, a indiqué le ministère, qui précise que l’attaque a eu lieu à 11H45 (10H45 GMT).

Un bilan provisoire, de sources militaires, fait état de six morts parmi la garde nationale. Pareille action sanglante ne s’était pas déroulée depuis l’attentat mené en plein Tunis, le 24 novembre 2015, contre un bus de relève de la garde présidentielle. Un kamikaze avait alors fait exploser sa ceinture explosive, tuant douze membres de ce corps sécuritaire. L’attentat mené contre les forces armées ce matin démontre que la situation est toujours en ébullition. Depuis les trois attentats de 2015 (Bardo, Sousse et Tunis), une véritable reprise en main de la sécurité intérieure avait été opérée sous la houlette de l’ancien chef du gouvernement Habib Essid. L’homme avait dû quitter sa fonction à l’été 2016.

Un pays sans ministre de l’Intérieur à plein temps depuis un mois

Cette action terroriste intervient alors que le ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem, a été démis de ses fonctions le 6 juin dernier. Raison officielle : le naufrage d’un bateau de migrants à Kerkennah, plus de quatre-vingts morts. Raisons officieuses : mésentente avec Chahed, lutte de pouvoirs au sommet de l’État alors que la situation politique se dégrade depuis deux mois. Un très important remaniement au sein des forces sécuritaires a été constaté quelques jours après. L’homme, un commandant de la garde nationale, n’a pas été remplacé depuis lors. Le ministre de la Justice assure l’intérim. Ce non-remplacement depuis plus d’un mois pose question alors que la saison touristique bat son plein. Il y a fort à parier que le chef du gouvernement Youssef Chahed devra s’expliquer sur son choix de ne pas nommer un ministre à part entière au 7, avenue Bourguiba, siège de l’Intérieur. À moins que cette décision ne lui incombe entièrement. Pour l’heure, le bilan est de six gardes nationaux tués. Un septième est grièvement blessé.

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