Tunisie: le président Beji Caïd Essebsi est décédé

Beji Caïd Essebsi s’est éteint ce jeudi à l’hôpital militaire de Tunis, a annoncé la présidence tunisienne dans un communiqué. Il avait 92 ans. Le président du Parlement Mohamed Ennaceur reprend l’intérim, après une prestation de serment.

Premier président démocratiquement élu en 2014, trois ans après le renversement de Zine el Abidine ben Ali, Beji Caïd Essebsi est mort ce jeudi 25 juillet au matin à l’hôpital militaire de Tunis, où il avait été admis la veille en soins intensifs en raison de très grandes difficultés respiratoires.

Son décès intervient à quelques mois de la fin de son mandat présidentiel. Il disparait le jour anniversaire de la proclamation de la République en 1957 au cours duquel il devait prononcer un discours, comme chaque année.

Le chef de l’État avait été hospitalisé en urgence par deux fois le mois dernier dont le 27 juin, officiellement pour intoxication alimentaire. Il était ressorti très affaibli, pouvant à peine parler, ne pouvant plus marcher, d’une hospitalisation de quatre jours. Les deux apparitions médiatiques qu’il avait faites depuis n’avaient pas rassuré les Tunisiennes et les Tunisiens. Elles avaient fait prendre conscience de la fragilité de l’homme qui occupe le palais de Carthage depuis bientôt cinq ans.

Pour l’heure c’est Mohammed Ennaceur, le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) qui prend provisoirement la place de chef de l’État. Ce vétéran de la politique, âgé de 85 ans, ancien ministre sous Bourguiba et proche du président défunt, est respecté par les différentes franges politiques tunisiennes.

Une cérémonie d’intronisation s’est déroulée sans accroc ce jeudi en début d’après-midi. Le mois dernier, le grave accident de santé du président Essebsi avait laissé planer la crainte d’une instabilité à la tête de l’État en cas de vacance du pouvoir, il n’en est rien.

Dans sa courte allocution, il a appelé le peuple tunisien à « unir les rangs », puis il a tenu à affirmer « la continuité des institutions de l’État. » Il devrait présider samedi des funérailles nationales auxquelles sont attendus nombre de chefs d’État. Le deuil national est de sept jours.

Tunisie: Arrestation de Belhassen Trabelsi en France, Tunis engage une procédure d’extradition

La Tunisie réclame l’extradition de Belhassen Trabelsi, beau-frère de l’ex-président Zine el Abidine Ben Ali, à la suite de son arrestation en France après des années de cavale. 

Cette arrestation n’a pas été confirmée de source officielle française. Interrogée par l’AFP, une source proche de l’enquête en France a toutefois affirmé que M. Trabelsi, homme d’affaires incontournable sous le régime Ben Ali et dont le sort était inconnu, avait été interpellé cette semaine dans le sud de la France. 

Selon l’une des sources interrogées, le frère de l’ex Première dame Leila Trabelsi a été arrêté dans le cadre d’une affaire financière menée par la juridiction inter-régionale spécialisée de Marseille, puis placé en détention. 

Dans un communiqué transmis à l’AFP, le ministère tunisien de la Justice a de son côté précisé avoir été alerté par le bureau d’Interpol de Tunis de l’arrestation en France de Belhassen Trabelsi, poursuivi par la justice tunisienne dans plusieurs affaires de corruption. 

Le même ministère ajoute avoir demandé l’extradition de cet homme faisant l’objet « de 17 mandats de recherche en Tunisie et 43 mandats d’amener internationaux », par le biais du ministère tunisien des Affaires étrangères. 

Belhassen Trabelsi avait été qualifié de « quasi-mafieux » par un câble diplomatique américain révélé par WikiLeaks, et son parcours depuis la révolution est rocambolesque. 

Tunisie: 2019, année électorale chargée d’incertitudes

Grève générale inédite, création d’un parti censé servir les ambitions prêtées au Premier ministre… La Tunisie, pionnière et unique rescapée du mal nommé Printemps arabe, est entrée de plain-pied dans une année électorale à hauts risques pour sa jeune démocratie. 

Tour d’horizon à quelques mois de ces scrutins législatifs et présidentiel, huit ans après le renversement du président Ben Ali. 

– LES DATES SONT-ELLES CONNUES ? 

L’Instance supérieure indépendante chargée d’organiser les élections (Isie) doit les fixer prochainement. 

La Constitution, dont l’adoption en 2014 fut saluée comme une grande réussite de la transition démocratique, prévoit que les législatives aient lieu dans les 60 jours avant la fin du mandat de l’Assemblée, soit entre début octobre et début décembre. La présidentielle est prévue entre fin octobre et fin décembre. 

Les législatives sont prévues avant la présidentielle, à moins qu’un parti ne parvienne à convaincre la majorité des députés de bousculer ce calendrier ou que le Président ne démissionne. 

La Cour constitutionnelle, saisie en cas de litiges, n’est pas encore constituée, et l’Isie est fragilisée, le Parlement n’ayant notamment toujours pas désigné de nouveau Président. Mais la majorité des élus et les bailleurs de fonds sont opposés à tout report. 

– LE PRESIDENT SERA-T-IL CANDIDAT ? 

Premier Président élu démocratiquement au suffrage universel en 2014, Béji Caïd Essebsi, 92 ans, est le doyen des chefs d’Etat avec la reine d’Angleterre. 

M. Essebsi est envisagé comme candidat par Nidaa Tounes, parti qu’il a co-fondé en 2012 et qui est déchiré par des luttes de pouvoir. 

Il a indiqué récemment dans un entretien à un journal arabophone qu’il ne visait pas « la présidence à vie » et qu’il ne briguerait un second mandat que « dans l’intérêt de la Tunisie » et à condition que Nidaa se ressoude. 

Il a par ailleurs attaqué son Premier ministre Youssef Chahed, accusé de s’accrocher au pouvoir via un pacte « secret » avec les islamistes d’Ennahdha. 

Le fils du Président, Hafedh Caïd Essebsi, dont la mainmise sur Nidaa Tounes a précipité les tensions, est lui très largement rejeté, jusque dans son camp. 

– QUELS CANDIDATS POSSIBLES ? 

Si aucun ne s’est prononcé, le Premier ministre, ex-dauphin du Président, rassemble ses troupes. 

Fin janvier a été annoncée la création prochaine d’un mouvement dont les référents politiques sont très proches de ceux de Nidaa Tounes (« modernisme », libéralisme…). Si M. Chahed était absent, c’est autour de sa personne et des 44 députés l’ayant rallié cet automne que le mouvement « Tahia Tounes » (« Vive la Tunisie ») se constitue. 

Tahia Tounes, tout comme Nidaa, doit organiser son congrès en mars. 

Ennahdha, formation qui s’en est la mieux tirée lors des municipales de 2018, apparaît pour sa part comme la plus structurée pour les législatives. Elle s’est en outre efforcée d’acter sa mutation en parti à simple « référent » islamiste, ou « islamo-conservateur ». 

Mais Ennahdha n’a pas encore décidé s’il allait présenter un candidat à la présidentielle ou trouver un allié, tel l’ex-président Moncef Marzouki en 2014. Après ce scrutin perdant, Ennahdha avait scellé une alliance surprise avec M. Essebsi, rompue fin 2018. 

Le chef de file historique d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a déclaré qu’il ne souhaitait pas être candidat. Mais la décision relève des instances du parti. 

D’autres personnalités sont évoquées pour ce scrutin, dont l’ex-président Marzouki (2011-14), le chef de file de la gauche Hamma Hammami ou la mécène Olfa Rambourg, dont la Fondation soutient divers projets socio-culturels. 

– QUELS THEMES DE CAMPAGNE ? 

Les 11 millions de Tunisiens attendent avant tout des réponses à la profonde crise sociale et économique qui a suivi le départ du président Ben Ali, alors que la menace jihadiste a reflué. 

La reprise de la croissance n’a pas permis de juguler le chômage, et l’inflation a rogné le pouvoir d’achat. 

Une grève générale inédite a été observée le mois dernier, et un nouvel appel a été lancé par le puissant syndicat UGTT. 

Mais la tentation reste forte de placer le débat sur des questions polarisantes comme les droits des femmes ou la religion. 

« Si Tahia Tounes s’installe et récupère l’électorat de Nidaa, elle pourra décliner » un programme de « réformes économiques », estime Khayam Turki, du centre de réflexion Joussour. 

« Mais si elle peine à s’affirmer », la campagne pourrait tourner « autour de l’identitaire pour gêner Ennahdha ». 

– QUEL TYPE DE SCRUTIN ? 

Les conditions pour postuler à la présidentielle sont aussi souples que lors du scrutin historique de 2014, et il pourrait y avoir foule de postulants, ouvrant la voie à des candidatures visant à négocier un ministère ou l’abandon de dossiers judiciaires, estime un observateur. 

Pour les législatives, un projet de loi visant à relever le seuil électoral à 5 % est à l’étude, ce qui accentuerait la domination des gros partis. 

« Le risque est d’appauvrir le débat parlementaire, ce qui n’est pas indiqué dans une démocratie de transition nécessitant des contre-pouvoirs forts », estime Selim Kharrat, de l’observatoire de la vie politique Al-Bawsala.

Avec AFP

Ben Ali crédité d’au moins 17% des intentions de vote pour la présidentielle 2019 !

Si une élection présidentielle avait lieu aujourd’hui et permettant à l’ancien président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, de se présenter, celui-ci récolterait 17% des suffrages. Certains disent plus, bien plus,voire le double…

C’est en tout cas ce que révèle un “sondage tenu secret et qui vient d’être réalisé par un institut américain à Tunis sur les candidats favoris des Tunisiens pour la prochaine présidentielle de 2019“, rapporte le site mondafrique.com. A noter toutefois qu’aucune personnalité n’était proposée aux sondés.

Ben Ali, la nostalgie de la sécurité

Et le site web d’expliquer : «Sans doute le désir d’ordre et d’autorité qui est très fort aujourd’hui dans l’opinion tunisienne se manifeste dans cette nostalgie d’un passé largement fantasmé. Sur les réseaux sociaux, ces dernières semaines, apparaissent des sites Facebook appelant au retour en Tunisie de l’ancien président d’Arabie Saoudite, où il est exilé».

Cependant, Ben Ali est devancé par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui est crédité de «19% des intentions de vote des sondés». «Un effet Macron? Sans doute son jeune âge lui donne une image de renouveau sur la scène politique tunisienne. Le fait qu’il soit soutenu par les islamistes du mouvement Ennahdha, arrivés en tête des partis aux dernières municipales (loin derrière les listes indépendantes), peut expliquer cette popularité».

Tunisie : Ben Ali condamné à 10 ans de prison

Il a été condamné par contumace pour avoir « usé de sa qualité afin de procurer des avantages injustifiés, causant un préjudice à l’administration ».

La sentence est tombée. Le président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali, exilé en Arabie saoudite depuis 2011, a été condamné par contumace à dix ans de prison pour « abus de pouvoir », a indiqué le porte-parole du parquet. L’ex-président a été condamné dans plusieurs affaires ces cinq dernières années, notamment pour corruption. Il a aussi été condamné à la prison à perpétuité pour la répression sanglante de manifestations lors du coup d’Etat (338 morts).

Le tribunal de première instance de Tunis l’a condamné jeudi à une nouvelle peine de dix ans de prison dans le cadre d’une affaire liée à une agence publicitaire, a affirmé le porte-parole du parquet, Kamel Barbouche, confirmant des informations de presse. Il a été reconnu coupable d’avoir « usé de sa qualité afin de procurer des avantages injustifiés, causant un préjudice à l’administration », selon la même source, qui n’a pas été en mesure de fournir d’autres détails. Sollicité, l’avocat de Zine el-Abidine Ben Ali, Mounir Bensalha, restait injoignable.

Nostalgie pour l’ère Ben Ali 

D’après l’édition de samedi des quotidiens Assabah et Al-Maghreb, l’ancien président était intervenu personnellement pour que l’Office du tourisme tunisien accorde un marché à l’étranger à une agence de publicité détenue par un de ses proches. Al-Maghreb ajoute que l’agence en question a été rémunérée sans même honorer le contrat. Ben Ali, qui vit dans la discrétion à Jeddah, en Arabie saoudite, a gouverné la Tunisie dans la sécurité et la prospérité pendant 23 ans (1987-2011). Lundi, le porte-parole du gouvernement Khaled Chouket avait indiqué sur les ondes d’une radio privée souhaiter le retour de Ben Ali au pays. Ce dernier a déclaré récemment « avoir mal pour son pays » plongé dans le chaos.

Face aux difficultés actuelles de la Tunisie, aussi bien économiques que sécuritaires, une nostalgie de l’ère Ben Ali s’est répandue dans une partie de la société.


Chantage contre le roi du Maroc : les retranscriptions des enregistrements sont accablantes pour les journalistes français

Les retranscriptions des enregistrements des rencontres entre l’avocat de la partie marocaine et les journalistes français Eric Laurent et Catherine Graciet, mis en examen pour tentative de « chantage » et d' »extorsion de fonds » envers le Maroc, sont accablantes pour ces deux derniers, souligne l’hebdomadaire Jeune Afrique, dans sa dernière livraison parue dimanche.

 

« Très parlantes, malgré d’inévitables blancs, les retranscriptions de ces enregistrements sont accablantes pour les journalistes car elles fourmillent de détails : négociation très serrée, menaces à peine voilées et réitérées de déstabilisation du régime, journalistes très sûrs d’eux et versés dans les montages financiers », souligne l’hebdomadaire, qui publie des extraits exclusifs des procès-verbaux de la police judiciaire française.

 

La publication relève que « ces pièces pèsent lourd dans le dossier d’Eric Laurent et Catherine Graciet », ajoutant qu' »on comprend, à la lecture des procès verbaux, pourquoi les avocats des deux journalistes jouent leur va-tout en tentant de les disqualifier, prétendant, pour le premier enregistrement, qu’il a été altéré et pour les suivants, qu’ils ont été orchestrés par le parquet pour contourner prétendument les difficultés légales sur l’enregistrement des journalistes ».

 

« Ces recours, qui ralentiront à coup sûr la procédure judiciaire, ne devraient pas empêcher la tenue d’un procès », souligne Jeune Afrique.

 

Le journaliste français Eric Laurent avait contacté le Cabinet Royal pour annoncer qu’il se préparait à publier, avec Catherine Graciet, un livre à charges sur le Maroc, mais qu’il était prêt à y renoncer si on lui remettait trois millions d’euros.

 

Après une garde à vue de plus de 30 heures dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), suite à leur interpellation, le 27 août, les deux journalistes avaient été déférés devant un juge d’instruction qui les a mis en examen pour « chantage » et « extorsion de fonds ».

 

Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris et trois juges d’instruction ont été chargés d’instruire ce dossier.

Rappelons que ces deux journalistes auraient effectué la même « démarche » auprès de la présidence tunisienne avant la publication d’un livre consacré à la femme de l’ex-président Ben Ali. Mais là,

la parole des deux « confrères » aura été plus forte que celle de la « petite »Tunisie…


La journaliste Catherine Graciet n’en serait pas à son premier chantage

Accusée avec son « confrère » Eric Laurent de chantage contre le roi du Maroc, Catherine Graciet a déjà succombé à la tentation et connu des accès de faiblesse avec, cette fois-ci, le régime tunisien.

Il suffit juste de remonter à 2009 au temps de l’ex-président tunisien Ben Ali. La journaliste avait décidé de publier un livre avec Nicolas Beau sous le titre « La Régente de Carthage, main basse sur la Tunisie », dans lequel elle avait dénoncé l’entreprise de corruption attribuée à la Première dame, Leila Trabelsi. Or, selon le chroniqueur de politique étrangère d’I-Télé, Olivier Ravanello, la journaliste avait tenté de monnayer son livre auprès du régime tunisien.

« Ben Ali avait lui-même dit que Catherine Graciet avait essayé de le faire chanter et qu’il n’avait pas répondu, estimant qu’il était plus fort que cela », révèle Olivier Ravanello. Mais, a-t-il précisé, « personne à l’époque n’avait écouté le président tunisien ».

Pour se défendre de l’accusation du chantage contre le roi du Maroc, Catherine Graciet a reconnu avoir eu un « accès de faiblesse » face à deux millions d’euros. « C’est humain, non ? » , dit-elle…

D’autre part, des journalistes enquêteraient sur le financement de plusieurs livres d’ Eric Laurent, notamment Mémoire d’un Roi, et La Face cachée du pétrole.

 


Tunisie : L’état d’urgence décrété, des responsables limogés

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a décrété samedi l’état d’urgence en raison des « dangers menaçant le pays », huit jours après un attentat qui a tué 38 touristes.

Pour 30 jours

Les autorités, qui ont pour la première fois reconnu des défaillances sécuritaires vendredi, ont aussi annoncé le limogeage de plusieurs responsables, dont le gouverneur de Sousse, région où a été perpétrée cette attaque. « Au vu des dangers qui menacent le pays, de la situation régionale et de ce que nous voyons de propagation du terrorisme dans des pays frères (…), nous avons décidé (…) de proclamer l’état d’urgence sur tout le territoire tunisien pour 30 jours », a déclaré le chef de l’Etat dans un discours télévisé à la nation, précisant que cette mesure entrait en vigueur dès ce samedi.

« L’État risque de s’effrondrer »

« Le pays est en guerre d’un genre spécial », a-t-il ajouté en avertissant: « Si les évènements de Sousse se répètent, l’Etat risque de s’effondrer ». Le 26 juin, un Tunisien de 23 ans, identifié par les autorités comme un étudiant en master, a ouvert le feu sur des touristes sur une plage et au bord des piscines d’un hôtel de Port El Kantaoui, près de Sousse (centre-est). Pas moins de 38 personnes ont été tuées dans cette attaque revendiquée, comme celle qui a tué 21 touristes et un policier tunisien le 18 mars au musée du Bardo à Tunis, par le groupe Etat islamique (EI). Parmi les victimes figurent 30 Britanniques.

Des pouvoirs d’exception aux forces de l’ordre

Depuis sa révolution il y a quatre ans, la Tunisie fait face à une progression de la mouvance jihadiste, déjà responsable de la mort de dizaines de policiers et de militaires. Les Tunisiens ont récemment vécu plus de trois ans d’état d’urgence: instauré en janvier 2011, juste avant le renversement du président Zine El Abidine Ben Ali dans la foulée du soulèvement qui avait lancé le mal nommé  » Printemps arabe », il avait été sans cesse renouvelé avant d’être levé en mars 2014. L’état d’urgence accorde des pouvoirs d’exception aux forces de l’ordre, et autorise les autorités à « prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature ». Les autorités peuvent aussi interdire les grèves et les réunions « de nature à provoquer ou entretenir le désordre ».


Tunisie : Le patriote Abdelaziz Ben Dhia est mort

Après un long combat contre la maladie, Abdelaziz Ben Dhia est décédé à l’âge de 79 ans. Arrêté en 2011 à la suite du coup d’Etat américano-qatari du 14 janvier, il n’a été libéré que trois ans plus tard sans être condamné, toutes les accusations portées contre lui par les pseudo-révolutionnaires et vrais mercenaires ayant été mensongères et fallacieuses.

 

Né le 19 décembre 1936 à Moknine, l’un des berceaux de la résistance, Abdelaziz Ben Dhia était le prototype même de l’élite nationaliste postcoloniale. Après des études secondaires au célèbre collège Sadiki, il quitte la Tunisie pour la France où il s’inscrit à la faculté de droit et de sciences humaines de Toulouse. Docteur en droit et agrégé de droit public, Bourguiba le nomme en 1977 doyen de la Faculté de droit de Tunis.

 

Le 20 septembre 1978, Hédi Nouira le charge de créer le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique dont il sera le premier des ministres durant dix ans. Il a été ainsi ministre dans le gouvernement Nouira et dans le gouvernement Mzali. Entre 1986 et 1987, période caractérisée par une crise politique et économique grave et par la montée des Frères musulmans tunisiens, il sera successivement ministre de l’Education Nationale, des Affaires Sociales, directeur du PSD et ministre de la Culture.

Avec l’arrivée au pouvoir de Zine el-Abidine Ben Ali, le 7 novembre 1987, qui avait pris de court le coup d’Etat islamo-atlantiste du 8 novembre 1987, le docteur Abdelaziz Ben Dhia sera chargé, le 16 décembre 1987, de créer le Conseil constitutionnel, qu’il va diriger jusqu’en novembre 1990 et dont les membres étaient notamment Béji Caïd Essebsi, Hassib Ben Ammar, Mongi Baly et Rachid Driss. Le premier acte du Conseil constitutionnel a été l’abolition de la présidence à vie, le 12 juillet 1988.

 

Entre 1991 et 1996, Ben Dhia sera successivement ministre de la Défense, ensuite secrétaire général du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) dont il était déjà membre du comité central et du bureau politique depuis 1991. En 1999, il devient ministre d’Etat conseiller spécial auprès du Président de la République et porte-parole officielle de la présidence.

 

Plus technocrate que politique, homme affable et jamais arrogant, Abdelaziz Ben Dhia était un collaborateur des plus fidèles à Ben Ali. Il l’est resté jusqu’au 14 janvier 2011 et au-delà. On retiendra de lui cette scène à l’intérieur du palais de justice en compagnie d’Abdelwahab Abdallah et Abdallah Kallel, où un ramassis de pseudo-révolutionnaires l’injuriait et le harcelait : il a eu le courage de remettre à sa place une « journaliste » hystérique.

 

Après avoir été placé en résidence surveillée le 23 janvier 2011, Abdelaziz Ben Dhia a été en effet incarcéré le 12 mars de la même année sous diverses accusations les unes aussi fallacieuses que les autres. Il fallait bien que Béji Caïd Essebsi, alors premier ministre, sous la dictée de l’affairiste Kamel Eltaïef, fasse quelques concessions à une populace galvanisée par Al-Jazeera et Facebook et jette en pâture un certain nombre de haut dirigeants de l’Etat et cadres du RCD.

 

Au bout de trois ans d’incarcération arbitraire, Abdelaziz Ben Dhia a été libéré le 20 février 2014, toutes les accusations portées contre lui s’étant avérées mensongères. Celui qui a eu une carrière de ministre durant près de trente ans et qui était à partir de 2000 le troisième homme fort de l’Etat, n’avait qu’une maison dans le quartier des juges à La Marsa et un compte en banque de 400 000 dinars ! Les ministres du Qatar et des Etats-Unis qui se sont succédés en Tunisie depuis le coup d’Etat du 14 janvier 2011 ne peuvent pas en dire autant !

 

Abdelaziz Ben Dhia a probablement commis des erreurs dans son long parcours politique au service de l’Etat, mais il n’a jamais trahi sa Patrie, ce qui est loin d’être le cas de la nouvelle « élite » dirigeante et opposante depuis le coup d’Etat américano-qatari du 14 janvier 2011.

 

source tunisie-secret.com    par Karim Zmerli 

Mr. Jomaa Goes To Washington: A Breath Of Fresh Air From Tunisia’s ‘Arab Spring’ Revolution

—   —   By Ellen Laipson and Oussama Romdhani*.

 

When the Prime Minister of Tunisia, Mehdi Jomaa, visits Washington on Wednesday, it will be a welcome respite from the relentless bad news coming from the Arab world. Tunisia, where the Arab “spring” began in late 2010, is farther along the process of democratic transformation than the other countries where the demand for change was equally compelling — Egypt, Libya, Yemen and Syria. The U.S. government is right to acknowledge the notable milestones achieved by Tunisia toward completion of this transition. Sustaining Tunisia’s successes will require continued commitment to inclusiveness among the political parties, and more financial and political support from the U.S., Europe and Tunisia’s neighbors.

Jomaa’s appointment has been the source of measured optimism in Tunisia, following the remarkable decision in January 2014 by the Al-Nahda Party to relinquish power in the face of public disapproval, and accept an interim technocratic government. The transfer of power to Jomaa palpably eased the polarization between the secular and Islamist camps, and put the country on the track towards power-sharing and reconciliation. It also brought to power a non-partisan government that can focus on meeting the twin challenges of terrorism and economic recession.

The Jomaa government faces an uphill battle in the pursuit of these objectives, but it can rely on the country’s proven tradition of political moderation, derived from the legacy of its first post-independence president, Habib Bourguiba. Tunisia’s “founding father” set the country on a rapid track to modernization, with strong secular, education and gender equality orientations. Tunisia’s second president since independence, Zine el Abidine Ben Ali, was toppled in January 2011 when unemployed young people took to the streets demanding “jobs, freedom and dignity”. Elections were held in October 2011 giving a plurality of seats to Islamists. Interim governments have not since been able to mitigate the lingering socio-economic difficulties of Tunisia. But after decades of autocratic rule, newly-gained rights allowed citizens freedom of expression and the practice of democratic customs.

Unfortunately, Salafist radicals took advantage of the new political climate by engaging in violence and terrorism. But their popular appeal has proven to be marginal. A recent University of Michigan survey showed than 93 percent of Tunisians condemned the September 2012 Salafist attack on the U.S. embassy in Tunis.

 

Mehdi Jomaa

 

Tunisia also benefits from its Mediterranean climate and location, ethnic and religious homogeneity, and its early recognition of the need to diversify its economy, given its modest endowments of oil and phosphates.  France, Tunisia’s former colonial power, still constitutes the country’s first trade partner — its cultural influence and attractiveness as a destination for Tunisian immigrants have traditionally added to the strong bonds between the two countries.  But the relationship has not proven sufficient to pull Tunisian out of its recession, especially considering Europe’s continued economic slowdown.

During its two years in power, Tunisia’s main Islamist party, Al-Nahda, has not provided answers to the country’s economic woes, but it has proven to be attentive to the mood of the electorate. Islamist leaders overcame pressures from party hardliners to introduce explicit references to Islamic law and roll back the rights of women in the new constitution. They eventually stepped aside when newly empowered citizens became frustrated with their poor performance in government; and after the bloody events in Egypt last summer, they were convinced of the risks of clinging to power for too long.

“Nida Tounes,” Tunisia’s main secularist party, has played an important role in shaping the consensus that ended the deadlock. Down the road, it could also play an even greater role in the building of a stable and inclusive “two-pole” system.

Since assuming office, Jomaa has diagnosed the serious economic problems the country faces with realism. Under his watch, the government has shown greater determination in fighting terrorism instigated by “Ansar al Sharia” Jihadists. But it cannot tackle the two daunting tasks without domestic and outside support. To have any chance of success dealing with the lingering socio-economic difficulties, the Jomaa government must receive the help of the country’s strong trade union and business federation.

In recent days, prominent friends of Tunisia have urged the U.S. to deepen its engagement in Tunisia’s transition, recommending, for example, loosening travel warnings and security restrictions for U.S. diplomatic personnel in the country, increasing economic aid substantially beyond the current $30 million annual outlay, and supporting a free trade agreement and other measures to strengthen Tunisia’s private sector.

Given Tunisia’s size, the U.S. should also develop a more effective regional strategy that supports Tunisia’s economic and political stability in a larger context. This should be, in fact, one of the priorities of the U.S.-Tunisia Strategic Dialogue set to be launched during Jomaa’s visit. Encouraging a regional approach based on greater security coordination and economic cooperation would be an important stepping-stone to regional stability.

While Libya suffers now from a profound security vacuum, it could in the future be a major employer for Tunisia’s job-seekers and a potential partner for Tunisian enterprises. Joint ventures with Algeria and Morocco can also provide mutual benefits.

Indeed, Tunisia has long favored a more integrated region.  While politics in the larger neighboring countries have prevented much progress, the U.S. can encourage this trend as a way to support Tunisia’s leadership and its strategic interests. It is also the smart way to expand interest and opportunities for the U.S. business community, and to create more effective markets for trade and innovation for both countries.

*Ellen Laipson is President and CEO of the Stimson Center. Oussama Romdhani is an independent analyst and former Tunisian government official.