World Investment Report : l’investissement étranger repart à la hausse en 2013, +12% pour les pays MED

La CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) a publié son Rapport sur l’investissement dans le monde 2014 (World Investment Report – WIR 2014) fin juin 2014.

Après une année 2012 difficile, les investissements directs étrangers (IDE) rebondissent en 2013: les flux d’IDE ont enregistré une hausse de 9% par rapport à 2012, s’établissant à 1,45 trillions de dollars. La CNUCED estime que cette tendance haussière se poursuivra, et prédit 1,6 trillions de dollars en 2014, 1,7 trillions de dollars en 2015 et 1,8 trillions de dollars en 2017.

Les pays en développement sont aux avant-postes en 2013. En effet, ils ont absorbé 54% du flux mondial d’IDE, soit 778 milliards de dollars, reléguant ainsi les pays développés au second plan avec 39% de flux d’IDE (566 milliards de dollars).

La CNUCED salue une bonne nouvelle pour les pays les moins avancés (PMA) : les industries extractives intéressent moins les investisseurs et ne représentent plus que 11% des flux investis en 2013, tandis qu’une part croissante des IDE dans les PMA porte désormais sur le secteur manufacturier et en particulier sur les biens de consommation.

Par ailleurs, le rapport souligne qu’en 2013, 59 pays ont adopté 87 mesures politiques en faveur de l’investissement étranger (facilitation ou de libéralisation des investissements).

Une hausse globale des flux d’IDE en Méditerranée

Les flux d’IDE ont globalement augmenté en Méditerranée en 2013 dans les onze pays méditerranéens, avec un total de 40,3 milliards de dollars (Md $) contre 38,3 Md $ en 2012. Cette hausse (+12%) s’explique essentiellement par le retour des investisseurs en Egypte.

Afrique du Nord

Les flux d’IDE, qui ont augmenté de 4% en Afrique, progressent de 27% pour les pays MED nord africains. L’Egypte se positionne en leader avec 5,6 Md $ en 2013, renouant avec un niveau d’investissement proche de celui d’avant révolution (6,4 Md $ en 2010), suivie par le Maroc (3,36 Md $), un chiffre record, en hausse de 18% par rapport à 2012. L’Algérie attire 1,6 Md $, un score en hausse par rapport à 2012 (+14%) mais toujours nettement inférieur à ceux enregistrés de 2008 à 2011. La Tunisie peine en revanche à restaurer la confiance des investisseurs et n’enregistre que 1,09 Md $: un peu moins qu’en 2011, accusant une baisse de 43% par rapport à 2012. Bonne nouvelle, la Libye attire 702 millions de dollars, après deux années d’absence des investisseurs étrangers.

Moyen-Orient

Côté Moyen-Orient, la tendance est mitigée. Israël, la Turquie et la Jordanie enregistrent des hausses des IDE par rapport à 2012, avec des totaux respectifs de 11,8 milliards de dollars, 12,8 milliards de dollars et 1,7 milliards de dollars, en 2013. En revanche, le Liban et la Palestine connaissent une baisse du flux d’IDE (2,8 milliards et 170 millions de dollars respectivement). La situation en Syrie paralyse l’économie et prive à nouveau le pays d’investissements étrangers en 2013.

Evolution des flux d’IDE par pays MED depuis 2008 (en millions d’USD). Source: WIR 2014

 

Flux d’IDE 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Algérie 2 593 2 746 2 264 2 571 1 484 1 691
Egypte 9 495 6 712 6 386 -483 2 798 5 553
Israël 10 875 4 607 5 510 11 081 10 414 11 804
Jordanie 2 826 2 413 1 651 1 474 1 403 1 798
Liban 4 333 4 804 4 280 3 485 3 787 2 833
Libye 3 180 3 310 1 909 0 0 702
Maroc 2 487 1 952 1 574 2 568 2 836 3 358
Palestine 52 301 180 214 244 177
Syrie 1 467 2 570 1 469 0 0 0
Tunisie 2 759 1 688 1 513 1 148 1 918 1 096
Turquie 19 760 8 663 9 036 16 047 12 419 12 866

 

Un plan d’action pour atteindre les “objectifs de développement durable”

Exposée à de nouveaux défis économiques, sociaux et environnementaux, la communauté internationale, sous l’égide des Nations Unies, cherche à définir un ensemble d’objectifs de développement durable (ODD) pour la période 2015-2030. Succédant aux “objectifs du millénaire”, les ODD visent la réduction de la pauvreté, l’amélioration de la sécurité alimentaire, la santé et l’éducation, l’adaptation au changement climatique, et une série d’autres objectifs dans les domaines économique, sociaux et environnementaux.

La CNUCED propose dans son rapport un cadre stratégique destiné à stimuler les investissements privés contribuant aux objectifs de développement durable, afin de répondre aux défis suivants :

– orienter et galvaniser l’action pour l’investissement privé

– mobiliser des fonds d’investissements pour répondre aux besoins des pays en développement

– canaliser les investissements vers les objectifs de développement durable (Infrastructures de base, sécurité alimentaire, l’adaptation au changement climatique, santé et éducation, etc.)

– amplifier l’impact de l’investissement privé tout en réduisant les risques potentiels

Cliquez ici pour télécharger le rapport complet (en anglais) et lire les communiqués de presse en français.