Edouard Philippe qualifie d'”erreur” les interventions militaires notamment en Libye

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a estimé dimanche à Dubaï que l’idée d’exporter la démocratie par la force comme cela a été le cas avec les interventions militaires en Afghanistan, en Irak et en Libye a été une erreur.
La transformation des Etats prend du temps et doit se faire progressivement, a-t-il déclaré à l’occasion du Sommet mondial sur la gouvernance organisé à Dubaï aux Emirats arabes unis (EAU).
Les interventions militaires en Irak, en Afghanistan et en Libye n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs, a déclaré le chef du gouvernement français.
Une coalition menée par les Etats-Unis a envahi l’Irak et l’Afghanistan respectivement en 2001 et 2003 afin d’imposer un changement de régime et d’installer une démocratie de type occidental, mais les deux pays demeurent des Etats déchirés par la guerre jusqu’ici. Le régime du dirigeant libyen Moammar Kadhafi a été renversé par une coalition menée par l’OTAN en 2011, mais le pays nord-africain n’a pas pu retrouver la stabilité depuis.
En Europe, il a fallu des siècles pour transformer les Etats en démocraties, a noté M. Philippe…(…)…

Afghanistan : l’armée américaine enfin accusée de crimes de guerre

La procureure de la Cour pénale internationale a accusé les soldats américains, mais aussi la CIA, les talibans et le gouvernement afghan d’avoir torturé des détenus, notamment en 2003 et 2004. Elle décidera «de façon imminente» si elle demande l’ouverture d’une enquête.

Quinze ans après l’entrée des forces armées américaines en Afghanistan, et alors que la situation sur le terrain est toujours incontrôlable, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) n’a pas mâché ses mots. Lundi soir, elle a accusé l’armée américaine et la CIA d’avoir pu commettre des crimes de guerre en torturant des détenus, particulièrement durant les années 2003 et 2004. La magistrate doit décider «de façon imminente» si elle demande l’ouverture d’une enquête. Ces accusations sont le résultat d’un long examen préliminaire sur les atrocités commises dans ce pays en proie à la guerre civile depuis mai 2003.

La procureure Fatou Bensouda affirme «avoir une base raisonnable permettant de croire» que les forces armées américaines, l’agence de renseignement CIA, mais aussi les talibans et leurs alliés ainsi que les forces gouvernementales afghanes auraient commis des crimes de guerre. Dans son rapport annuel sur ses examens préliminaires, l’étape préalable à l’ouverture d’une enquête, la procureure affirme que des membres des forces armées américaines auraient infligé «à au moins 61 détenus des actes de torture, traitements cruels, des atteintes à la dignité de la personne sur le territoire afghan». «Au moins 27 détenus» auraient subi les mêmes traitements, infligés par des membres de la CIA en Afghanistan mais aussi dans d’autres pays parties au Statut de Rome qui a créé la CPI, comme la Pologne, la Roumanie et la Lituanie.

Des méthodes d’interrogations critiquées

Ces allégations, assure encore la procureure, «ne concernent pas seulement quelques cas isolés». Elle estime qu’il existe des motifs raisonnables pour croire que ces crimes «ont été commis en application d’une ou plusieurs politiques visant à obtenir des renseignements au travers de techniques d’interrogatoires s’appuyant sur des méthodes cruelles ou violentes destinées à servir les objectifs américains dans le conflit en Afghanistan».

Après les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington, la CIA avait en effet reçu l’autorisation de l’administration du président George W. Bush d’utiliser les méthodes d’interrogations dites «améliorées», dont la technique du «waterboarding» « supplice de la baignoire » en français, qui consiste à simuler une noyade. La CIA n’a pas utilisé ces méthodes depuis décembre 2007 et le président Barack Obama les a interdites en janvier 2009. Le président élu Donald Trump a néanmoins affirmé avant sa victoire électorale être favorable au recours à de telles techniques.

 

Les talibans, eux, seraient responsables de la mort de plus de 17.000 civils et auraient commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. «Depuis mai 2003, des groupes insurgés auraient lancé de nombreuses attaques contre des endroits protégés, notamment des écoles, des bureaux des autorités civiles, des hôpitaux, des lieux saints et des mosquées», ajoute le rapport. Des actes de torture auraient également été commis dans les lieux de détention du gouvernement afghan, une pratique criminelle qui remonterait à la fin des années 70 et concernerait à l’heure actuelle entre 35% et 50% des détenus.

Une enquête explosive

La procureure affirme qu’elle va décider «de façon imminente» si elle demandera ou non aux juges l’autorisation d’ouvrir une enquête sur ces crimes présumés commis par les forces armées et la CIA mais aussi par les talibans et les forces gouvernementales afghanes. Si elle est autorisée à le faire, il s’agira de l’une des enquêtes les plus complexes et plus controversées de l’histoire de la Cour, fondée en 2002 pour juger les pires crimes de l’humanité. Elle exposerait pour la première fois des forces armées américaines à des poursuites de la CPI. Mais Washington n’ayant pas ratifié le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour, il est très peu probable que des soldats américains se trouvent un jour sur le banc des accusés.

Kaboul, qui n’a pas non plus ratifié le Statut de Rome, a de son côté reconnu la compétence de la Cour en février 2003, l’autorisant à enquêter sur des crimes commis à partir de mai de la même année. Des poursuites contre les forces gouvernementales afghanes pourraient également être compliquées par une loi générale d’amnistie adoptée par le parlement et en application depuis 2009.

Le rapport intervient alors que doit s’ouvrir à La Haye la réunion annuelle des États membres de la Cour, la première depuis les retraits de plusieurs pays africains, qui accuse avec raison l’institution de ne s’attaquer qu’à l’Afrique. La Russie vient également d’annoncer qu’elle allait quitter la CPI.

Une brigade américaine aux portes de la Russie

  • Les Etats-Unis auront une brigade blindée déployée en permanence, par rotation en Europe de l’Est dès février 2017, dans le cadre de leurs efforts pour dissuader une éventuelle agression russe, a indiqué mercredi le Pentagone.

“Les rotations seront sans interruption, permettant une présence blindée continuelle et une amélioration de l’entraînement et des exercices avec les alliés” de l’Otan, a indiqué Laura Seal, une porte-parole du Pentagone.


Libye: les jihadistes tunisiens visés par le bombardement américain

 

Tôt vendredi 19 février, les Etats-Unis ont mené un raid aérien en Libye. Selon un bilan provisoire, une quarantaine de personnes ont été tuées, et des dizaines blessés, dont une majorité de jihadistes tunisiens. C’est un camp de l’organisation Etat islamique, près de la ville de Sabratha, à 70 km de Tripoli, qui était ciblé. Selon Washington, ce camp abritait notamment le cerveau des attentats du Bardo et de Sousse, en Tunisie, dans lesquels 60 touristes européens ont été tués l’an dernier.

Très tôt ce vendredi, une frappe aérienne a totalement détruit sa cible, une maison près de Sabratha, laissant derrière elle un vaste cratère. D’abord inconnue, l’origine de ce raid a rapidement été révélée dans la matinée par le quotidien américain The New York Times : il s’agit d’une frappe américaine qui visait un cadre tunisien du groupe Etat islamique en Libye : Nourredine Chouchane.

Ce jihadiste était considéré par Washington comme le planificateur des attentats du Bardo en mars et de Sousse en juin 2015, dans lesquels 60 touristes européens ont été tués. RFI avait déjà révélé que les deux auteurs tunisiens de ces attentats avaient été formés dans ce camp, situé à l’extérieur de Sabratha, à 70 km à l’ouest de Tripoli. Selon Washington, Nourredine Chouchane facilitait l’envoi de nouvelles recrues tunisiennes vers la branche libyenne de l’EI. Une filiale du groupe irakien dans laquelle les Tunisiens forment le contingent étranger le plus nombreux, entre 1 000 et 1 500 selon l’ONU sur 5 000.

D’autres attentats

Pour le porte-parole du département de la Défense, Peter Cook, Washington craignait qu’il ne prépare d’autres attentats en Europe ou en Afrique du Nord : « Nous avons décidé de frapper après avoir déterminé que Chouchane et les autres combattants dans ce camp préparaient des attaques extérieures contre des intérêts américains et occidentaux dans la région. »

« L’élimination de ce facilitateur expérimenté » et la destruction de ce camp « auront un impact immédiat sur les capacités de recrutement de l’EI en Libye » indique encore Washington. Le camp ciblé par les Américains avait été fondé en 2013, par d’autres Tunisiens devenus depuis des membres importants de l’organisation Etat islamique en Libye, mais aussi en Syrie. Selon la municipalité de Sabratha, parmi la quarantaine de personnes tuées dans ce bombardement américain, presque toutes seraient des jihadistes tunisiens et quelques Algériens. Deux otages serbes auraient été également tués.

Quatrième intervention

Il s’agit de la quatrième intervention armée non clandestine américaine contre des jihadistes en Libye depuis 2013. La dernière, en novembre dernier à Derna, avait coûté la vie à un autre cadre du groupe Etat islamique, l’Irakien Abu Nabil. La situation en Libye est un sujet de préoccupation pour les Occidentaux qui y ont semé le chaos en soutenant les insurgés. Ils sont partagés entre leur réticence à lancer des opérations militaires d’ampleur et la crainte de voir s’étendre la zone d’influence du groupe Etat islamique.

Ces derniers jours, le président américain Barack Obama a clairement indiqué que les Etats-Unis pourraient traquer l’organisation jihadiste partout où elle s’installe. Selon la presse américaine, les forces spéciales américaines et britanniques ont récemment accru leurs missions de reconnaissance clandestine en Libye avec pour objectif l’identification des cibles de frappes aériennes.

La Libye condamne

D’autre part, le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale a condamné samedi ce raid aérien américain mené la veille contre des jihadistes à l’ouest de Tripoli, estimant qu’il s’agissait d’une violation de la souveraineté de la Libye.

Crimes de guerre : de très nombreux assassinats par drones commandités par Obama

Un article publié par le journal américain The Intercept d’après la fuite d’une masse de documents classés secret par l’administration Obama révèle que celle-ci a ciblé de nombreuses personnes lors d’attaques par drone sur la période 2011-1013 couverte par les documents : des exécutions extrajudiciaires sans le moindre procès. Pire : sur une période donnée de cinq mois, 90 % d’entre elles ont atteint des personnes qui n’étaient pas des cibles définies par la Maison Blanche, mais de simples civils – parfois des Américains –, « victimes collatérales » de ces exécutions sommaires menées par drone. Si on fait le compte, Barack Obama a tué bien plus d’innocents, en ordonnant ses assassinats par drone, que tous les auteurs de fusillade de ses mandat cumulés ! Pire encore, les innocents assassinés par l’administration Obama sont décrits comme des « ennemis tués au combat » dans les documents officiels. Sans l’ombre d’une preuve. Sans parler de l’interdiction de publier des photos de ces victimes dans la presse de la Coalition.

« Toute personne atteinte à proximité de l’attaque est coupable par association », explique la source de The Intercept, qui tient à rester anonyme, notamment en raison de la chasse aux sorcières organisée par le gouvernement américain contre ceux qui exposent publiquement ses crimes.
Obama a commandité de très nombreux assassinats par drone, en toute impunité
Les documents couvrent les événements survenus entre 2011 et 2013, et reviennent également sur les raisons pour lesquelles certaines personnes se retrouvent sur les « kill list » secrètes d’Obama – sans accusation, sans jugement, sans juge.

Ils montrent également que les assassinats par drones s’institutionnalisent et se normalisent : depuis l’arrivée de Barack Obama au pouvoir, leur nombre ne cesse d’augmenter. Même ses plus fervents admirateurs devraient pouvoir imaginer leur réaction si ces faits étaient imputables à un adversaire politique, ou à un tyran étranger…

Après la parution de l’article, de nombreuses associations de défense des droits de l’homme ont également tiré la sonnette d’alarme. De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer une action du Congrès, voire des interventions internationales. L’inquiétude grandit, et pour cause.
Bush pratiquait déjà les assassinats par drone, les documents fuités montrent que Barack Obama le fait plus massivement encore
Que se passerait-il par exemple si des gouvernements étrangers – parmi lesquels les gouvernements « ennemis » des Etats-Unis comme la Russie, la Chine, la Corée du Nord, l’Iran… – se mettaient à frapper leurs cibles humaines sur le territoire américain ? C’est bien cela que font les autorités américaines, mais aussi les autorités britanniques. L’ONU elle-même a déployé des drones par le biais de ses Casques bleus.

Si des pays se mettaient à frapper leurs cibles humaines sur le territoire américain ?

Sous Obama, le nombre des ces assassinats n’en finit pas d’augmenter. Loin de protéger les Américains, ils les exposent au ressentiment et à la haine de la part de l’entourage des personnes visées, tout en contribuant à rendre de telles pratiques « acceptables » sur le plan international : pourquoi les réserver aux Etats-Unis ?

Selon le journaliste Jeremy Scahill, auteur de l’article, sa source a décidé de parler pour que les Américains soient au courant de ces pratiques, qui avaient reçu la bénédiction de l’ancien ministre de la Justice Eric Holder. Pour qu’on ne puissent pas dire “on ne savait pas”. Ce qui se chuchotait jusqu’ici au détour d’un article est aujourd’hui démontré. Les documents sont très clairs : le gouvernement américain assassine ses citoyens sans procès, et ceux qui savent laissent faire.
Obama justifie les assassinats par drone en qualifiant les cibles de « menaces pour les intérêts américains »
La source explique également le silence et la docilité des militaires à qui l’on ordonne de réaliser le travail : les « cibles » sont totalement déshumanisées, elles ne sont plus qu’un numéro que personne n’appelle par leur nom. Il s’agit là d’une manière « propre » et peu risquée de faire la guerre, contre laquelle les militaires ne se plaignent pas.

La seule raison évoquée pour ces assassinats sans procès, c’est que leurs victimes constitueraient une « menace permanente et imminente pour les Etats-Unis », ainsi que pour le peuple ou les intérêts américains. Il n’en faut pas davantage au gouvernement américain. L’information a de quoi inquiéter : tout le monde peut devenir du jour au lendemain une menace pour les intérêts américains dès lors qu’il s’engage contre la politique menée par le gouvernement, dès lors que l’administration politique considère son opposition politique comme une menace. Les Britanniques et les Français commencent à suivre cet exemple.

Cela n’a rien d’inédit : c’est même le propre de tous les gouvernements totalitaires y compris ceux d’apparence démocratique.


Une Américaine interdit l’entrée de son stand de tir aux musulmans

Jan Morgan affirme avoir reçu le soutien de plusieurs responsables politiques, dont Herman Cain, ancien candidat à la Maison Blanche.

«Chaque jour… Partout dans le monde… Des musulmans tuent des innocents au nom d’Allah et de leur prophète pédophile et meurtrier Mahomet.» Jan Morgan a donc décidé d’interdire l’entrée de son stand de tir à tous les musulmans pour des raisons de «sécurité publique». «Etant donné que je n’ai aucun moyen de faire la différence entre un musulman qui tue au nom de sa religion et du Coran, et un qui ne le fera pas, j’ai fait le choix de la sécurité pour mes clients, comme je le ferais face à n’importe quelle personne qui décide de prendre part à une organisation qui lui ordonne de commettre des crimes contre des innocents», peut-on lire sur sa page Facebook qui compte plus de 125 000 abonnés.

Cette Texane dirige The Gun Cave, l’un «des rares stands de tir en interieur de tout l’Etat de l’Arkansas», et est la fondatrice du Firearms Training Program for Women («programme d’entraînement au tir pour les femmes»). Elle est aussi politiquement très engagée et a récemment été élue première «Rock Star conservatrice» par Red White and Blue News pour son site internet.

L’autoproclamée «défenseuse du second amendement» qui garantit pour tout citoyen américain le droit de porter une arme, revendique dans une interview donnée à Fox News une augmentation de 400% de sa clientèle depuis la mise en place de l’interdiction. «Les gens sont en contact avec des armes à feu mortelles, explique-t-elle. Je ne vais pas laisser un nazi ou un membre du Ku Klux Klan tirer ici.»

DISCRIMINATION RACIALE ET RELIGIEUSE

Sur cette même page, elle s’enorgueillit du fait que le chef de la police envoie sa femme prendre des cours dans son stand. Dans un autre post, elle affirme avoir reçu le soutien de nombreux républicains «haut placés» comme Herman Cain. L’ancien candidat à la Maison Blanche a confié dans un enregistrement radio «ne pas la blâmer» :

Le Conseil des relations américano-musulmanes (Cair) a décidé de saisir le ministre de la Justice, Eric Holder, accusant Jan Morgan d’enfreindre la loi constitutionnelle sur la discrimination raciale et religieuse.

«PAS MUSULMAN, JUSTE BASANÉ»

Jan Morgan estime que son interdiction n’est pas anticonstitutionnelle étant donné qu’elle comprend tout à fait que «tous les musulmans ne sont pas des terroristes». Cependant, la semaine dernière, un père et son fils expliquent s’être fait mettre à la porte du stand de tir en question malgré le fait qu’ils soient tous deux Hindous. «Mon père et moi venons juste de nous faire sortir du stand de tir qui interdit les musulmans. Je ne suis pas musulman, je suis juste basané», tweet le fils.

Le département de la justice se refuse à tout commentaire sur l’affaire, mais l’Union américaine de libertés civiles de l’Arkansas a déclaré qu’elle serait «plus qu’heureuse» d’aider n’importe quel client rejeté à intenter une action en justice contre Jan Morgan.


États-Unis : Rachad Bouhlal est l’ambassadeur arabe de l’année

Nommé par la Chambre de commerce arabo-américaine, l’ambassadeur du Maroc aux Etats-Unis, Rachad Bouhlal œuvre en faveur du renforcement des relations économiques maroco-américaines, notamment dans le domaine des affaires, comme en attestent les investissements et l’intérêt portés par le capital US pour le secteur des énergies renouvelables et de l’aéronautique.
Source : le360.ma

Torture : un rapport du Sénat américain accable les autorités

Un rapport du Sénat américain (en anglais), rendu public mardi 9 décembre, accable la CIA, qui a pratiqué des interrogatoires “bien pires” que ce qu’elle avait reconnu. Les services secrets américains auraient fréquemment eu recours à la torture pour arracher des informations aux terroristes présumés, arrêtés après les attentats du 11-Septembre. La détention secrète d’une centaine d’hommes, suspectés d’être liés à Al-Qaïda, avait été autorisé secrètement sous la présidence de George W. Bush.

Le président Barack Obama dénonce des méthodes “contraires” aux valeurs (!) des Etats-Unis. “Ces techniques ont fortement terni la réputation de l’Amérique dans le monde”, indique-t-il dans un communiqué. Voici le point sur les principales informations dévoilées dans le rapport de 500 pages du Sénat.

Quelles techniques dénonce le rapport du Sénat ?

Le rapport emploie le terme “torture” à 131 reprises, pour dénoncer des méthodes “brutales et bien pires que ce que la CIA avait décrit aux élus”. Le document fait état de détenus enfermés à 10 dans des cellules minuscules et “forcés de se relayer pour dormir, à cause du manque de place”, et ce pendant trois mois. “La CIA a employé ses techniques d’interrogatoire renforcées à répétition pendant des jours et des semaines”, décrit le rapport qui évite de parler des horreurs.

Les détenus ont été jetés contre les murs, dénudés, plongés dans de l’eau glacée, empêchés de dormir pendant des périodes allant jusqu’à 180 heures (plus d’une semaine). Le détenu Abou Zoubeida, après avoir subi des simulations de noyade à répétition (supplice de la baignoire), “avait de la mousse sortant de la bouche”, et était quasi-inconscient. Des pratiques médicales ont été détournées à des fins de torture, comme l’hydratation rectale et l’alimentation rectale. Des simulacres d’exécution étaient organisés et des perceuses électriques étaient également actionnées à proximité de la tête des détenus.

Des interrogateurs de la CIA, cités dans un extrait du rapport publié par Gawker (en anglais), auraient expliqué à un détenu qu’il ne sortirait des locaux que dans un cercueil, tandis qu’un autre membre des services secrets aurait expliqué à un prisonnier qu’il n’irait jamais au tribunal “parce qu’on ne laissera pas le monde apprendre ce que je t’ai fait”. Après avoir subi ces interrogatoires, certains détenus, très atteints psychologiquement, ont tenté de s’automutiler, assure la sénatrice américaine Dianne Feinstein, citée par The Guardian (en anglais).

En général, la torture dure, poussée parfois jusqu’à la mort, était délocalisée dans un pays sous-traitant comme en Europe de l’est ou dans un pays du Golfe afin de sauvegarder les apparences pour une démocratie qui se veut un exemple pour le reste du monde.

Ces interrogatoires ont-ils été utiles ?

Le rapport accuse la CIA d’avoir menti, non seulement au grand public, mais aussi au Congrès et à la Maison Blanche, sur l’efficacité du programme, notamment en affirmant que ces techniques avaient permis de “sauver des vies”

“A aucun moment les techniques d’interrogatoires renforcés de la CIA n’ont permis de recueillir des renseignements relatifs à des menaces imminentes, tels que des informations concernant d’hypothétiques ‘bombes à retardement’, dont beaucoup estimaient qu’elles justifiaient ces techniques”, déclare la présidente de la commission, la démocrate Dianne Feinstein.

Comment la CIA se défend-elle ?

Le patron de la CIA, John Brennan, a admis que l’agence du renseignement américaine avait commis des erreurs en utilisant la torture comme méthode d’interrogatoire, mais a insisté sur le fait que cela avait permis d’empêcher d’autres attentats, après le 11-Septembre. Certains commencent à demander la constitution d’un tribunal pour juger les responsables de ces crimes.


Les États-Unis évacuent leur personnel diplomatique de Libye

  • Le département d’État américain a annoncé aujourd’hui que le personnel diplomatique américain basé à Tripoli en Libye a été évacué pour des raisons de sécurité.

 

Même si l’ambassade fonctionnait avec un personnel réduit, l’équipe restante s’est rendue par voie terrestre avec un appui aérien en Tunisie.

 

Cette annonce intervient quelques heures après que le gouvernement libyen a mis en garde contre “l’effondrement de l’Etat” alors que les combats font toujours rage entre milices rivales à Tripoli pour le 13e jour consécutif.

 

Selon le secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui se trouve à Paris, il y avait un risque réel pour les agents américains.

 

Selon lui, la Turquie a procédé pour sa part à l’évacuation de quelque 700 personnes.

Quand le FBI paye des Américains musulmans à commettre des attentats

Le FBI a “encouragé, poussé et parfois même payé” des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats, au cours d’opérations de filatures et clandestines montées de toutes pièces après le 11-Septembre, conclut un rapport de Human Rights Watch (HRW) étayé de nombreux exemples. Mais pas les attentats du 11-Septembre.

Dans nombre des plus de 500 affaires de terrorisme conduites par les tribunaux américains depuis le 11 septembre 2001, “le ministère américain de la Justice et le FBI ont ciblé des musulmans américains dans des opérations clandestines de contre-terrorisme abusives, fondées sur l’appartenance religieuse et ethnique”, dénonce ce rapport.

L’organisation aidée de l’Institut des droits de l’homme de l’Ecole de droit de l’Université de Columbia a en particulier étudié 27 affaires, de l’enquête au procès, en passant par l’inculpation et les conditions de détention, et interviewé 215 personnes, qu’il s’agisse des inculpés ou condamnés eux-mêmes ou de leurs proches, d’avocats, juges ou procureurs.

Le FBI fournit même l’idée et la logistique

“Dans certains cas, le FBI pourrait avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi en leur suggérant l’idée de commettre un acte terroriste”, résume un communiqué, estimant que la moitié des condamnations résultent de coups montés ou guet-apens. Dans 30% des cas, l’agent infiltré a joué un rôle actif dans la tentative d’attentat.

“On a dit aux Américains que leur gouvernement assurait leur sécurité en empêchant et en punissant le terrorisme à l’intérieur des Etats-Unis”, a déclaré Andrea Prasow, l’un des auteurs du rapport. “Mais regardez de plus près et vous réaliserez que nombre de ces personnes n’auraient jamais commis de crime si les forces de l’ordre ne les avaient pas encouragés, poussés, et parfois même payés pour commettre des actes terroristes”.

L’étude cite notamment les Quatre de Newburgh, accusés d’avoir planifié des attentats contre des synagogues et une base militaire américaine, alors que le gouvernement avait, selon un juge, “fourni l’idée du crime, les moyens, et dégagé la voie” et transformé en “terroristes” des hommes “dont la bouffonnerie était shakespearienne”.

Selon HRW, le FBI a aussi souvent ciblé des personnes vulnérables, souffrant de troubles mentaux et intellectuels. Le rapport cite également le cas de Rezwan Ferdaus, condamné à 17 ans de prison à l’âge de 27 ans pour avoir voulu attaquer le Pentagone et le Congrès avec des mini-drones bourrés d’explosifs. Un agent du FBI avait dit de Ferdaus qu’il avait “de toute évidence” des problèmes mentaux, mais le plan avait été entièrement conçu avec le policier infiltré.