La France ne réinterviendra pas militairement en Libye

La France n’interviendra pas militairement en Libye, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dans la foulée des précisions apportées par le chef de l’Etat sur l’opération de démantèlement de réseaux de passeurs décidée lors de sa tournée africaine.
En marge du sommet Union européenne-Union africaine d’Abidjan, Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mise en place d’une task-force de lutte contre les trafiquants d’êtres humains en Libye entre l’UE, l’Union africaine et l’Onu, avant de préciser le lendemain qu’aucun envoi de forces militaires et de policiers français n’était “prévu à ce stade”.
“Il n’y aura pas d’intervention militaire de la France”, a déclaré Benjamin Griveaux lors du Grand Rendez-vous Europe 1-CNEWS-Les Echos.
“Il faut qu’il puisse y avoir une force interafricaine qui puisse intervenir ; la France et l’UE peuvent être là en soutien sur l’intelligence, sur les services, sur le renseignement, sur la technique”, a-t-il ajouté, soulignant que l’opération serait conduite par des contingents militaires interafricains.
Responsabilité de la France
“C’est le chaos en Libye. On a fait la guerre mais nous n’avons pas préparé la paix, et il y a là une responsabilité. Aujourd’hui des gens y meurent, il fallait donc que la France prenne cette initiative dans le cadre européen.”

Les Assises de la Transformation Digitale en Afrique, les 25, 26 et 27 octobre 2017 à Paris

Un Sommet international pour redéfinir la coopération entre l’Union européenne et l’Union africaine dans le numérique

Paris, les 25, 26 et 27 octobre 2017 au Ministère de l’Economie et des Finances

139 Rue de Bercy, 75012 Paris

Du 25 au 27 octobre, Bercy accueillera les Assises de la Transformation Digitale en Afrique, sur le thème « Coopération, entrepreneuriat et innovation, trois piliers au cœur de la transformation numérique ». Plusieurs dizaines de décideurs africains et européens (délégations ministérielles, agences du numérique, entreprises, opérateurs télécoms, bailleurs de fonds, startups, experts et IT Managers) sont attendus pendant ces 3 jours.

 

Cette année, l’Union européenne et l’Union africaine ont inscrit dans leur agenda une meilleure redéfinition de la coopération avec une priorité donnée au secteur numérique. Cette volonté à la fois commune et inédite de placer le numérique au cœur des accords constitue une opportunité réelle pour les acteurs du numérique pour justement inviter l’UE, via le Fonds européen de développement qui consacre plus de 30 milliards d’euros d’investissements à la coopération en Afrique, à s’orienter vers de nouveaux mécanismes de financement.

 

C’est dans ce contexte que le Centre de Conférence Pierre Mendès France de Paris-Bercy s’apprête à accueillir la sixième édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique (www.lesatda.com), organisée par le magazine panafricain CIO Mag, en partenariat avec la Direction Générale des Entreprises (DGE). Une édition 2017, qui permettra aux principaux acteurs privés et décideurs publics de l’écosystème numérique de débattre des enjeux auxquels le continent doit faire face dans la construction de son destin numérique.

 

Les #ATDA2017 se prolongeront à l’occasion du 4ème Sommet des Chefs d’Etats et de Gouvernements UE/UA (Abidjan, 29-30 novembre). A la veille du Sommet, le 28 novembre, la seconde partie des ATDA sera organisée à l’Institut Français d’Abidjan pour une session d’échanges et de synthèses des recommandations.

 

 

12 thématiques couvrant les préoccupations des acteurs locaux et internationaux de la transformation numérique de l’Afrique :

  • E-Commerce, Mpaiement, transfert de fonds : les Postes face aux défis du numérique
  • Aménagement numérique des territoires : quel modèle de financement (Partenariat Public-Privé) ?
  • Datacenter & Energie : anticiper l’accroissement des données pour faire face à l’explosion des besoins
  • Le numérique dans la perspective du Sommet UA-UE d’Abidjan
  • Formation et management des talents
  • Open Data/ Données ouvertes : partage d’expériences pour un développement durable
  • Financer le développement du numérique en Afrique
  • Cybersécurité : défis et réalités en Afrique
  • Identité numérique et E-Citoyenneté : lever les écueils de la conduite aux changements
  • Gouvernance électronique : comment réussir le pari de la modernisation de l’Etat ?
  • Startups & innovation : quelle stratégie pour renforcer l’écosystème des startups ?
  • Diaspora africaine : l’autre vivier de talents pour réussir la transformation numérique

 

 

  • Le programme complet de la sixième édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique, est disponible ici

 

  • Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site officiel des ATDA 2017

 

 

Communiqué

Lavrov : «Nous soutenons les efforts de l’Algérie en Libye»

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réaffirmé le soutien de son pays aux efforts «intenses» consentis par l’Algérie afin de parvenir à une solution politique à la crise libyenne, a appris l’agence officielle APS auprès du ministère des Affaires étrangères. Lors de ses entretiens avec le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel, en marge des travaux du 4e Forum de coopération arabo-russe à Abu Dhabi, Lavrov a salué «les efforts intenses consentis par l’Algérie pour le rapprochement de vues entre belligérants Libyens afin de parvenir à la solution politique escomptée», exprimant le soutien de son pays à ces efforts. Les deux parties ont souligné la nécessité d’«œuvrer à la promotion des relations bilatérales». Elles ont évoqué la situation en Libye et dans le Sahel, outre les efforts déployés pour une solution politique des crises que connaît la région, soulignant «la convergence des vues et d’analyses de l’ensemble des questions régionales». Ils ont mis l’accent sur la «nécessité d’œuvrer à la réunion des conditions nécessaires à la promotion de solutions politiques aux crises dans la région», a indiqué la même source.

Concernant la question libyenne, Messahel et Lavrov ont appelé à «a nécessité de soutenir les démarches visant à lever les obstacles devant la mise en œuvre de l’accord politique libyen, à travers le dialogue inclusif et la réconciliation nationale entre belligérants libyens, de façon à mettre un terme à la crise libyenne et permettre aux Libyens de construire leur avenir et relever les différents défis dont l’édification des institutions libyennes et la lutte antiterroriste».

Les deux ministres ont exprimé leur «satisfaction du niveau exceptionnel» des relations bilatérales, basées sur «une amitié et solidarité séculaires», réaffirmant leur «souci commun» de poursuivre «l’intensification de la coordination et de la concertation politiques» entre les deux pays sur les différentes questions, à l’instar de la dernière session de concertation stratégique et sécuritaire tenue en juillet dernier à Moscou.

Quant à la coopération bilatérale, les deux ministres ont réaffirmé la nécessité de poursuivre leur action en vue de renforcer le partenariat économique entre les deux pays, notamment après la visite effectuée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, en avril 2016 à Moscou, et la visite prochaine du chef du gouvernement russe, Dimitri Medvedev, en Algérie, lesquelles s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration de partenariat stratégique, signée en 2001 entre les deux pays.

Source algeriepatriotique

Le Maroc réintègre l’Union africaine

A l’occasion du 28e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba en Ethiopie, le Maroc a effectué son retour au sein de l’organisation panafricaine. Rabat avait quitté l’UA en 1984 pour marquer son désaccord sur le dossier du Sahara occidental.

C’est un jour historique. Trente-trois ans après son départ, le Maroc revient dans la maison africaine. Le débat à huis clos entre les chefs d’Etat a très vite tourné en faveur du Royaume. C’est une victoire personnelle pour le roi Mohammed VI, qui est arrivé à Addis-Abeba dès le vendredi 27 janvier et a mobilisé tous les amis du Maroc en faveur du retour de son pays au sein de l’organisation panafricaine.

Pendant ce huis clos, le Sud-Africain Jacob Zuma et le Zimbabwéen Robert Mugabe ont pris la parole pour exprimer de sérieuses réserves. Robert Mugabe a même été jusqu’à proposer que le Maroc soit admis le jour où les soldats marocains quitteraient le territoire du Sahara.

Mais après cette intervention très militante, de nombreux chefs d’Etat se sont ensuite exprimés en faveur du Maroc. Ce fut le cas du Sénégalais Macky Sall, mais aussi du Gabonais Ali Bongo, de l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema ou encore du Congolais Denis Sassou Nguesso. Avec un argument imparable : si le Maroc ne pose plus comme préalable l’exclusion de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), il n’y a plus de raisons de s’opposer à son retour. Même l’Algérie se félicite du retour du Maroc dans l’Union africaine.

Réactions unanimes

Mohamed Salek Ould Salek, ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique : « Le Maroc a accepté sans condition les principes et les objectifs contenus dans l’acte constitutif, et c’est pour cela que nous avons accepté que le Maroc réintègre l’Union africaine. Il est important que les deux pays s’asseoient, comme le disait le président du Gabon : “nous avons la République sarahouie, nous avons le Maroc, nous allons aider les deux.” »

Abdelkader Messahel, ministre algérien des Affaires maghrébines et africaines : « L’Algérie ne vit pas d’inconvénient à la nouvelle admission (du Maroc) à condition que l’acte constitutif soit respecté. Ce qui est important, c’est qu’aujourd’hui, le Maroc et la République sarahouie siègent dans la même organisation. C’est un pas positif important qui est peut-être un nouveau départ, pour que les deux parties trouvent dans le cas du respect de la Constitution et des principes fondateurs de l’Union africaine et qu’une solution soit trouvée à ce différend entre deux Etats membres, et qui ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. La rentrée du Maroc va consolider davantage l’Afrique. »

Jean-Claude Gakosso, ministre des Affaires étrangères du Congo-Brazzaville : « Je crois que cette décision relève de la maturité. Parce que le retour du Maroc est un événement très attendu. Voilà une grande nation qui compte parmi les fondateurs de notre Union, qui s’est retrouvée pendant de trop longues années en-dehors de l’Union africaine, alors qu’elle est présente sur le terrain, dans la plupart des pays, par ses investissements, par des interventions diverses. Il était temps que le Maroc revienne dans sa famille naturelle. Les chefs d’Etat lui ont fait comprendre que même s’il y a des problèmes, il vaut mieux les résoudre en famille. Le président Sassou a fait une brillante intervention, en rappelant l’histoire, le rôle que le Maroc a joué aux premières heures de ce qui est devenue l’Union africaine. L’opinion la plus partagée ici à Addis Abeba, c’était d’accueillir le Maroc à bras ouverts. C’est un événement qu’il faut saluer. »

 

Libye “libérée” : Cinq pays du Sahel appellent l’ONU ou l’OTAN à ré-intervenir

Cinq pays du Sahel, en accord avec l’Union africaine (UA), ont appelé vendredi 19 décembre l’ONU à mettre en place une force internationale « pour neutraliser les groupes armés » en Libye.

Le Tchad, le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso, rassemblés au sein du Groupe des cinq du Sahel – aussi appelé G5 Sahel – à Nouakchott, capitale de la Mauritanie, saluent « les efforts déployés par les pays voisins » de la Libye et l’ONU « en vue de réunir les conditions d’un dialogue entre toutes les parties libyennes à l’exception des groupes terroristes reconnus comme tels », selon le communiqué final de leur sommet. « Néanmoins, le G5 Sahel lance un appel au Conseil de sécurité des Nations unies pour la mise en place, en accord avec l’Union africaine, d’une force internationale pour neutraliser les groupes armés, aider à la réconciliation nationale et mettre en place des institutions démocratiques stables » en Libye, ajoute le communiqué.

Lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet, le chef de l’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, également président en exercice de l’Union africaine, a assuré que le G5 Sahel avait « officiellement » saisi l’UA et l’ONU de la question, sans préciser la forme de la requête ni indiquer à quelle date elle a été formulée.

 

« Les instances élues, notamment le Parlement libyen élu, ont besoin de force pour mettre en œuvre leurs programmes de développement, dans la paix et la stabilité », a-t-il estimé. La Libye est plongée dans le chaos depuis le renversement du colonel Mouammar Kadhafi par la France de Sarkozy au terme de huit mois de conflit en 2011. Livré aux milices, le pays est dirigé par deux Parlements et deux gouvernements – l’un proche des milices islamistes et l’autre reconnu par les Occidentaux – qui se disputent le pouvoir.

 

Ces derniers jours, plusieurs dirigeants africains ont souligné la menace que constituent pour les pays sahélo-sahariens le djihadisme et les trafics transfrontaliers en tous genres en provenance du sud de la Libye, aux confins de l’Algérie, du Niger et du Tchad.

Une partie des djihadistes refoulés du Mali, dont l’Algérien Mokhtar Belmokhtar et le Malien Iyad Ag Ghali, se sont retranchés dans cette région par où transitent les trafics d’armes prélevées sur les gigantesques stocks du colonel Kadhafi. « Aucune armée africaine ne peut aller détruire en Libye le terrorisme (…). Il n’y a que l’OTAN qui en a les moyens », avait soutenu à Dakar le président tchadien, Idriss Déby.

 

« Si on veut résoudre le problème du Sahel, il faut s’occuper de la Libye. Nous pourrons les accompagner », a insisté M. Déby, dont le pays, puissance régionale, est militairement présent au Mali pour lutter contre les djihadistes depuis 2013.

La sécurité en Afrique en congrès à Dakar

Au Sénégal, le premier Forum sur la paix et la sécurité en Afrique s’est ouvert ce lundi matin. Ce rendez-vous est destiné à mobiliser le continent face au jihadisme au Sahel ou encore contrer les insurgés islamistes armés de Boko Haram au Nigeria. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian s’est rendu sur place ainsi que plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement africains.

C’est le commissaire de l’Union africaine pour la paix et la sécurité, Smain Chergui, qui a ouvert les débats ce lundi. Il a rappelé « la nécessité pour l’Afrique et les Africains de prendre en compte les enjeux sécuritaires sur le continent ». « Autrefois berceau de l’humanité, l’Afrique peut devenir la locomotive de l’économie mondiale, mais nos efforts de développement seront vains sans préservation de la sécurité dans le respect des droits de l’homme », a ajouté le commissaire.

C’est ensuite Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense qui s’est exprimé : « A ceux qui s’inquiètent de voir la France endosser le rôle de gendarme de l’Afrique ». Il a, à son tour, salué les sacrifices des soldats de l’Union africaine : « Au Soudan, en Somalie et ailleurs, c’est la voie du l’Union africaine qui s’est fait entendre ! », a martelé le ministre français. « La France prend part à cet effort pour la sécurité africaine, a-t-il dit. Mais avant tout, elle viendra appuyer ce processus d’appropriation des questions de sécurité africaine, par les Africains. La coopération doit être la règle et non plus l’exception ».

La Libye sans Kadhafi au centre des préoccupations

Le ministre français de la Défense a aussi abordé la situation qui prévaut en Libye. Il a une nouvelle fois évoqué la menace de déstabilisation venant du sud de la Libye, zone refuge des jihadistes de la zone sahélienne et source de ravitaillement pour les groupes armés. « La menace se nourrit de l’absence de frontières et de leurs porosités, le sud de la Libye en est aujourd’hui l’exemple le plus dramatique », a dit Jean-Yves Le Drian.

Il a enfin évoqué la menace liée à Boko Haram : « La question n’est plus nationale ou régionale et les attaques sur le Cameroun en apportent la réponse », a assuré Jean-Yves Le Drian. Boko Haram qui sera au cœur de ce Forum, même si finalement peu de responsables Nigérians ont fait le détour par Dakar.


Le sommet de l’UA critique vis-à-vis de la CPI pro-occidentale

Les dirigeants africains se réunissent, à partir de ce vendredi 11 octobre, pendant deux jours, à Addis-Abeba, en sommet extraordinaire, pour discuter d’un éventuel retrait collectif de la Cour pénale internationale (CPI). Depuis sa création, en 2002, ce tribunal a inculpé une trentaine de personnes, tous des Africains. De nombreux dirigeants ont ainsi le sentiment que le continent fait l’objet d’un traitement spécial, voire que la Cour sert d’outil politique à ses initiateurs occidentaux.

Lors de ce sommet, on attend une déclaration hostile à la Cour de La Haye, un peu dans l’esprit du dernier sommet en mai 2013. Mais selon les analystes, il n’est pas forcément obligé que ce sommet aboutisse à un retrait massif. D’abord, il faut deux tiers des votes pour parvenir à une décision et le continent africain est divisé sur la question de la CPI. Tout le monde n’a pas intérêt à ce retrait. Le Botswana, le Malawi, ou encore la Côte d’Ivoire ou la RDC, sont plutôt en faveur de la CPI.

L’Afrique du Sud pour sa part semble avoir évolué sur sa position auparavant favorable à la Cour pénale internationale. Le pays se pose désormais plus comme un soutien à Uhuru Kenyatta. Et d’ailleurs lors de ce sommet, les débats devraient beaucoup tourner autour du président élu du Kenya dont le procès doit démarrer, en novembre, à La Haye.

Il n’est d’ailleurs pas dit qu’Uhuru Kenyatta aille à son procès. Il y a eu des déclarations assez, ambiguës, notamment par exemple, de la ministre des Affaires étrangères kényane qui a affirmé que le gouvernement avait toujours coopéré avec la CPI, mais que les circonstances étaient maintenant totalement différentes, que c’était la première fois qu’un président en exercice allait comparaître devant la justice internationale. Et de ce fait, elle suggérait qu’il pourrait ne pas y aller.

Jeudi ce sont les avocats d’Uhuru Kenyatta qui ont transmis une requête de trente-huit pages au juge de la Cour, affirmant que le témoin de la défense avait été intimidé, et qu’il était par conséquent nécessaire d’abandonner les accusations contre leur client.

Lors du dernier sommet de l’Union africaine, en mai, Uhuru Kenyatta avait été accueilli très chaleureusement par ses pairs. Fraîchement élu à la présidence du Kenya, il était pourtant déjà dans le viseur de la Cour pénale internationale qui l’accuse de crimes contre l’humanité lors de la crise postélectorale de 2007-2008. À la fin des débats, le président de l’Union africaine (UA) – Hailemariam Desalegn – avait ainsi estimé que la CPI se livrait à une « chasse raciale » envers les Africains.


L’Union Africaine accuse la CPI de racisme

  • Le président de l’Union africaine (UA) a accusé aujourd’hui à Addis Abeba la Cour pénale internationale (CPI) de mener “une sorte de chasse raciale” contre les Africains, à l’issue d’un sommet de l’organisation.

“La CPI doit bien voir qu’elle ne devrait pas pourchasser que des Africains”, a déclaré le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, président en exercice de l’UA. Il a assuré que les dirigeants africains ne comprennent pas les poursuites contre le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto, inculpés depuis janvier 2012 de crimes contre l’humanité par la CPI. Ces derniers sont poursuivis pour leur rôle présumé dans l’organisation des terribles violences ayant suivi le précédent scrutin présidentiel de décembre 2007 au Kenya, durant lequel ils appartenaient à deux camps différents.

 

De son côté, la CPI a rejeté ces accusations de racisme et annoncé qu’elle ignorerait l’appel de l’UA au transfert des procès des deux principaux dirigeants kényans dans leur pays.

Union Africaine : la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma élue présidente de la Commission

C’est la fin d’un bras de fer qui durait depuis six mois. Les chefs d’Etat africains réunis à Addis-Abeba pour le sommet de l’Union africaine ont élu le 15 juillet, le nouveau président de la Commission de l’UA. La ministre sud-africaine de l’Intérieur, Nkosazana Dlamini-Zuma, l’a emporté au quatrième tour, par 37 voix, sur le gabonais Jean Ping.

Trente-sept voix. A l’issue du quatrième tour de scrutin. Grâce au SMS, le secret du huis clos a été rapidement éventé. Une clameur a accueilli ce chiffre. Les diplomates d’Afrique australe se sont congratulés.

Madame Nkosazana Dlamini-Zuma remporte facilement cette élection après avoir échoué il y a six mois, là même, à Addis-Abeba. Elle a été en tête dès le premier tour avec 27 voix contre 24 pour Jean Ping. Au fil des scrutins, le Gabonais a perdu des voix y compris dans son camp, avant de se retirer au troisième tour. Le quatrième tour n’était donc plus qu’une formalité.

La diplomatie sud-africaine triomphe. Le président Jacob Zuma a bataillé ferme pendant plus de six mois pour imposer son ex-épouse à la tête de l’Union africaine, une organisation affaiblie en raison de la rivalité qui opposait les deux camps : l’Afrique australe d’un côté et l’Afrique centrale – soutenue pour l’occasion par l’Afrique de l’Ouest – de l’autre.

Mais la volonté d’en finir avec cette querelle stérile et le désir de doter cette organisation d’un véritable exécutif l’ont emporté sur les autres considérations. Enfin, et c’est notable, pour la première fois dans l’histoire de l’Union africaine, une femme va diriger l’organisation.

Sommet de l’UA sous influence occidentale: hommage au «printemps arabe» et appel au respect des droits des homosexuels

Le 18ème sommet des dirigeants de l’Union africaine s’est ouvert ce dimanche 29 janvier à Addis-Abeba, en Ethiopie. L’Union africaine a élu son nouveau président : le chef de l’Etat du Bénin, Thomas Boni Yayi. Plusieurs personnalités ont déjà pris la parole à la tribune. Parmi elles, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, qui a défendu les droits des homosexuels sur le continent ; et le nouveau président tunisien Moncef Marzouki, qui faisant éloge du « printemps arabe » a mis en garde « tous les régimes dictatoriaux ».

En revanche, signe de l’influence politique occidentale, rien de concret n’a été dit sur l’alimentation, la santé, le travail, l’eau, l’éducation, etc.

Sur la forme, comme sur le fond, le nouveau président tunisien s’est distingué. Vêtu d’une simple veste, sans cravate, Moncef Marzouki s’est fait en arabe, en français et en anglais l’avocat des printemps arabes. « Notre révolution a envoyé un message », a-t-il déclaré. « Les révolutions vont balayer tous les régimes dictatoriaux, rien ne pourra arrêter les peuples qui décident de rompre les chaînes », a prévenu Moncef Marzouki.

Un tabou a été brisé lors de cette cérémonie d’ouverture. Pour la première fois à la tribune de l’Union africaine, l’homosexualité africaine a été publiquement évoquée. Le secrétaire des Nations unies a lancé un appel à la fin des discriminations homosexuelles en Afrique, une allusion à peine voilée aux législations homophobes en Ouganda et au Cameroun.

Et alors que ce sommet est officiellement consacré au renforcement du commerce entre les Etats d’Afrique, Ban Ki-moon a aussi rappelé que le futur du continent dépend également du développement des droits de l’homme. Le Premier ministre libyen s’est également exprimé pour signifier que la Libye nouvelle avait définitivement tourné la page du colonel Kadhafi le roi des rois d’Afrique.

A l’issue de cette cérémonie, l’Equato-Guinéen Obiang Nguema a cédé le marteau de président de séance à son homologue béninois Boni Yayi qui va présider l’organisation pendant un an.