Maroc: lancement des travaux du premier TGV d’Afrique en présence de Nicolas Sarkozy

Le président Nicolas Sarkozy est, ce jeudi 29 septembre 2011, à Tanger pour inaugurer le lancement des travaux du futur TGV qui reliera Tanger à Casablanca via Rabat à partir de 2015. Le Maroc est le premier pays d’Afrique à se doter d’un train à grande vitesse. Avec ce déplacement, Nicolas Sarkozy poursuit son travail de président malgré les affaires de corruption du parti majoritaire.

Ce déplacement est effectué pour respecter la promesse faite, il y a quatre ans, à Tanger, de revenir poser la première pierre du TGV Tanger-Casablanca. Ainsi, dans la tourmente des « mallettes d’argent », le chef de l’Etat a plus que jamais à cœur de montrer qu’il fait son « job de président » comme dit l’un de ses conseillers.

Au Maroc, aux côtés du roi Mohammed VI, Nicolas Sarkozy ventera ainsi, au travers du lancement de la ligne TGV, l’extraordinaire coopération économique entre la France et le Maroc, qui n’a d’égal à ses yeux que la parfaite entente sur les grands dossiers diplomatiques et politiques.

Pour sa première sortie dans le monde arabe après Benghazi en Libye, Nicolas Sarkozy saluera avec force les réformes politiques engagées par le souverain marocain en juillet dernier. Des réformes qu’il n’hésite pas à comparer aux révolutions égyptiennes, tunisiennes et libyennes. Selon l’un des très proches conseillers du président, « l’évolution au Maroc s’inscrit pleinement dans les printemps arabes, à sa manière, exemplaire ».


Accord de coopération franco-marocain dans le nucléaire

La préparation de cet accord avait été lancée lors d’une visite du président Nicolas Sarkozy au Maroc en octobre 2007. Mal doté en énergies fossiles, le royaume chérifien, qui n’a qu’un réacteur nucléaire, compte construire sa première centrale nucléaire entre 2022 et 2024. Des appels d’offres internationaux pourraient être lancés entre 2011 et 2014.

« C’est un accord général, un accord cadre qui permet d’accompagner le Maroc sur le chemin de la préparation à son entrée dans le champ de l’énergie nucléaire », a déclaré le Premier ministre français François Fillon, à l’issue de la 10e rencontre de haut niveau franco-marocaine, à Paris. L’accord prévoit une coopération en matière technologique et dans les domaines de la formation et de la sûreté.

« Ce n’est pas un accord commercial pour la construction aujourd’hui d’un réacteur nucléaire. C’est dans une deuxième étape que la France fera des propositions en ce sens compte tenu de l’excellence de sa technologie et de ses entreprises », a dit François Fillon lors d’une conférence de presse commune avec son homologue marocain, Abbas El Fassi.

SOLAIRE ET FERROVIAIRE

Le Premier ministre marocain a déclaré plus tard, à l’issue d’un entretien avec le président Nicolas Sarkozy, que la France était aussi intéressée par une participation dans des projets marocains importants touchant aux énergies renouvelables. Le Maroc veut produire 2 000 Mégawatts à l’horizon 2020 par l’énergie solaire et autant par l’énergie éolienne.

« On a choisi cinq sites pour le solaire et le premier sera à Ouarzazate (sud marocain). La France va intervenir dans ce premier site », a expliqué Abbas El Fassi. Au total, la réunion de haut niveau franco-marocaine a été marquée par la signature d’une douzaine d’accords, a-t-il dit.

Le Premier ministre marocain a par ailleurs déclaré que le bouclage financier du train à grande vitesse Tanger-Casablanca, un projet de deux milliards d’euros, était achevé, avec des contributions françaises, saoudiennes et koweïtiennes. La France et le Maroc avaient signé un protocole d’accord sur la construction de ce TGV par des groupes français lors de la visite de Nicolas Sarkozy dans le royaume chérifien.

Abbas El Fassi a également dit avoir parlé avec le président français du rôle que pouvaient jouer la France et le Maroc en Afrique sub-saharienne. « Nous sommes déjà installés en Afrique dans les domaines des banques, des services, de l’informatique, et nous voulons un partenariat franco-marocain pour le développement de l’Afrique », a dit le Premier ministre marocain. « C’est une chose qui est acceptée par la France. »