La France pourrait enter en guerre contre la Syrie dans les 70 heures

Alors que la Syrie est quasiment libérée des groupes terroristes et extrémistes soupçonnés d’être soutenus par la coalition américaine, Washington

abat sa dernière carte, celle tronquée d’une prétendue attaque chimique perpétrée le 7 avril dans Douma, encore gouvernée par les terroristes.

Cette attaque au gaz, sans aucun intérêt pour Assad, bien au contraire, était pressentie depuis quelques semaines par de nombreux analystes et médias indépendants. Ce n’est donc une surprise pour personne.

Comme pour l’Irak

Ce 11 avril au soir, les vols civils auraient été interdits dans et à proximité de l’espace aérien syrien pendant 70 heures ce qui prouverait que l’attaque est imminente. Le même scénario avait précédé l’agression contre l’Irak en 2003.

L’Etat major militaire ne serait pas favorable à la participation de la France à une action contre l’armée syrienne. Présentée comme ciblé par les autorités politiques françaises cet acte de guerre pourrait évoluer vers un conflit majeur. Des officiers français, qui se battent depuis des années contre l’islamisme armé, envisageraient même de démissionner estimant que l’on se trompe d’adversaires…

Raqqa: Les Occidentaux auraient permis à des centaines de soldats de Daech de fuir avec leurs armes

Après la reconquête de Raqqa par les forces alliées, l’État islamique serait maintenant un califat sans capitale. Dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu, 200 à 300 combattants de l’État islamique ont pu fuir sans obstacle des zones libérées. C’est ce qu’avaient rapporté des médias occidentaux le 18 octobre.
Mais la vérité serait totalement différente, montre un excellent rapport de Quentin Somerville, le correspondant au Moyen-Orient de la chaîne publique britannique BBC. Une vidéo terrible de 7 minutes, disponible notamment sur le site de l’Express, révèle aussi les images d’une ville totalement détruite.
Voici les détails de l’accord de cessez-le-feu réel :
1 Des centaines de combattants de l’EI ont quitté Raqqa en compagnie de leurs familles. Au total, on aurait dénombré 50 camions, 13 bus et plus de 100 véhicules privés. Le convoi faisait près de 7 km de long, et comptait 4000 personnes.
2 Contrairement à ce qui a été dit, les djihadistes étaient armés et équipés lors de leur fuite.
3 Des combattants ont également pu fuir à l’étranger.
4 La plupart d’entre eux sont aujourd’hui en Turquie.
5 Selon un djihadiste français, la plupart des combattants français de l’EI sont rentrés en France, où ils prépareraient une « journée de la colère ».
La coalition contre l’État islamique, qui est dirigée par les États-Unis, et dont notre pays fait partie, était au courant de l’affaire, mais a tout fait pour l’étouffer. Les chauffeurs de camions qui ont participé à cette évacuation ont été payés contre leur silence, mais la BBC a parlé à plusieurs témoins qui ont confirmé ces informations.
Sous protection de l’aviation alliée
Dans ces camions, des combattants, leurs femmes et enfants, mais aussi «des tonnes d’armes et de munitions», selon les chauffeurs.
Le convoi est parti de Raqqa en traversant le désert durant des jours pour rejoindre les zones contrôlées par l’État islamique, entre les localités d’Al-Suwar et Markadah, plus à l’Est. Dans son enquête, la BBC publie notamment des vidéos inédites montrant le convoi long de sept kilomètres progresser à travers le désert. Selon ces mêmes chauffeurs, des avions de la coalition internationale, menée par les États-Unis, auraient survolé à plusieurs reprises le convoi pour larguer des fusées éclairantes «pour éclairer la région».
De retour en France ils organiseront une « journée de la colère »
Parmi les combattants évacués, figurent de nombreux étrangers, contrairement à l’accord traité au préalable entre la coalition alliée et les Forces démocratiques syriennes (opposition soutenue par l’Occident).

Certains sont restés dans les zones encore contrôlées par l’EI. D’autres ont rejoint la Turquie. Un Français, un certain Abu Basir al-Faransy, témoigne pour sa part depuis la localité d’Idlib, où de nombreux combattants ont trouvé refuge. «Certains de nos frères français sont repartis pour la France pour mener des attaques», indique-t-il.
Parmi les rares pays à avoir réagi officiellement, la Turquie a déploré mardi soir une «révélation (…) grave et édifiante». Ankara estime qu’elle montre le bien-fondé de ses mises en garde à Washington contre sa collaboration avec les milices kurdes. «Cet accord est un nouvel exemple que combattre une organisation terroriste en s’aidant d’une autre se traduira par une collusion entre ces deux organisations», a écrit le ministère turc des Affaires étrangères.

Paris aurait tué 164 civils syriens dans un raid raté après l’attentat de Nice

Selon la Syrie, la France aurait tué 164 civils dans un raid mené après l’attaque terroriste de Nice. La diplomatie syrienne déplore un manque de communication entre les autorités syriennes et les forces de la coalition menée par les Etats-Unis.

Selon le représentant syrien auprès de l’Onu, Bachar Al-Jaafari, les forces aériennes françaises ont frappé le village de Toukhan al-Koubra dans le nord du pays, en représailles à l’attentat terroriste du 14 juillet dernier à Nice, mais les combattants de Daech avaient auparavant quitté la localité.

Le bombardement demandé dans la précipitation par le président Hollande a causé la mort de 164 civils, soit près de deux fois le nombre de victimes de la Promenade des Anglais, à Nice.

Le diplomate syrien a mis cet incident sur le compte du manque de communication entre les autorités syriennes et les forces de la coalition menée par les Etats-Unis au sein de laquelle la France est un membre actif. Selon lui, une meilleure coordination aurait pu permettre d’éviter ce genre de drame.

L’agence Sputnik a interrogé le député du Parti socialiste et président du groupe d’amitié France-Syrie, Gérard Bapt, sur la question de savoir si la coalition allait changer sa ligne politique après la mort de ces civils.

“Je pense d’abord qu’il s’agit d’un drame épouvantable et il faut exprimer toute notre compassion aux familles qui ont été ainsi victimes de dégâts collatéraux“, a déclaré M.Bapt.

En ce qui concerne le bombardement de la coalition, il faut, selon lui, multiplier les efforts pour éviter ces dégâts collatéraux.

Je crois qu’il serait temps que les échanges d’informations ne se fassent plus par intermédiaire semble-t-il américain, entre Syriens et Américains, mais que la coalition occidentale travaille désormais en coopération avec les autres adversaires qui luttent contre Daech et al-Nosra et je pense bien entendu à l’armée syrienne, aux éléments iraniens, ainsi qu’à l’armée russe“, a fait remarquer le député français

La coalition internationale contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a ouvert une “enquête formelle” pour déterminer si ces frappes la semaine dernière près de Manbij, nord de la Syrie, ont causé des victimes civiles, a indiqué mardi un porte-parole de la coalition.

Le principal groupe d’opposition syrien avait appelé la coalition à suspendre ses bombardements après ces frappes, qui ont fait plusieurs dizaines de morts civils selon des sources locales.

 

Comment Laurent Fabius a ruiné, décrédibilisé et démoralisé la diplomatie française(*)

Le pire ministre des Affaires étrangères jamais offert à la France a déguerpi. Il laisse derrière lui une diplomatie ruinée, décrédibilisée et démoralisée : seraient-ils les meilleurs de la planète, nos diplomates ne peuvent faire de miracles lorsqu’ils sont amenés à ne défendre que des dossiers indéfendables, qui les placent systématiquement du mauvais côté de l’Histoire. C’est là que le bât blesse.
Le départ d’un ministre aussi étranger aux affaires étrangères, qui ne se réveillait qu’au nom de Bachar Al-Assad, ne fera guère pleurer que lui-même et ses complices. Mais les optimistes inoxydables, inondés d’espoir l’espace d’un adieu, devraient se méfier : si le pire n’est jamais sûr, le meilleur l’est encore moins.
Le partant était un pilier du «groupe des amis de la Syrie», dont la liste des Etats membres illustrait alors parfaitement la sentence bien connue : avec de tels amis, plus besoin de se chercher des ennemis. Reprenant le flambeau brandi par la France lors du rezzou de l’Otan sur la Libye, Fabius a tout fait pour propulser [la France] à l’avant-garde des va-t-en-guerre de la vertueuse «communauté internationale». N’est-ce pas lui qui, mi-dépité mi-gourmand, estimait en juillet 2012 qu’il «reste encore quelques renforcements possibles en matière de sanctions», insistant pour que la Grèce cesse d’importer du phosphate syrien ?
Le club Elisabeth Arden (Washington, Londres, Paris), qui prétend depuis un quart de siècle incarner la «communauté internationale», s’est transformé au fil des dernières années en un directoire de pères fouettards ayant pour inspirateurs les néoconservateurs de «l’Etat profond» des pays d’Occident et d’ailleurs, et pour alliés privilégiés les régimes moyen-orientaux les plus portés sur la flagellation. En 2011, après l’Irak, le Soudan, l’Afghanistan, la Somalie, la Palestine, la Yougoslavie, l’Iran ou l’Ukraine et quelques autres, nos pères fouettards, pourtant bien absorbés par leur tâche du moment (protéger les populations civiles de la Jamahiriya libyenne en les bombardant, avant de liquider physiquement Kadhafi, ndlr), vont réserver à la Syrie un traitement de choix. C’est ainsi que les sanctions vont pleuvoir en giboulées dès les premiers beaux jours.
En juillet 2012 (on taira par décence le nom du journal et ceux des journalistes), une vidéo apparaît sur le Net avec un titre en forme de question qui tue : «A quoi servent les sanctions contre la Syrie ?» Celle-ci, note le commentaire écrit, «fait depuis plus d’un an l’objet de mesures de rétorsion de la part de la communauté internationale, avec un succès mitigé». Il faut «punir et étouffer économiquement le régime de Bachar Al-Assad, qui réprime dans le sang ses opposants : tel est l’objectif». On n’aura pas fini d’entendre cette rengaine.
Notre vidéo précise que, le 23 juillet 2012, l’Union européenne a adopté un nouveau train de sanctions, pour la dix-septième fois en un an (sic). Elle rappelle que les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Suisse, la Turquie et la Ligue arabe (kidnappée par le Qatar et les régimes du Golfe) ont pris des mesures équivalentes.
Sans dresser une liste interminable des sanctions imposées, renouvelées et renforcées les années suivantes, il n’est pas inutile de rappeler au passage, à l’attention des distraits, des ignorants ou des bonnes consciences, le script général du chef-d’œuvre des dirigeants occidentaux et de leurs bureaucraties sadiques :
1 – D’abord viennent les sanctions classiques «de mise en situation» par le Conseil de Sécurité, prises en mai 2011 :
Les premières mesures prises par l’Union européenne concernent la mise au ban (refus de délivrer des visas) et le gel des avoirs de 150 personnalités du «régime syrien».
Par ailleurs, une cinquantaine de sociétés «soutenant le régime» sont soumises à boycott dont cinq organismes militaires, conformément à l’embargo adopté «sur les exportations d’armes et de matériel susceptible d’être utilisé à des fins de répression». Il est ainsi interdit d’exporter vers la Syrie des équipements, des technologies ou des logiciels destinés à surveiller ou intercepter des communications sur Internet ou les téléphones.
2 – Le 10 août 2011, le gouvernement américain prend des sanctions économiques contre les sociétés de télécommunications syriennes et les banques liées à Damas, empêchant les citoyens étatsuniens de mener des affaires avec la Banque commerciale de Syrie, la Banque syrienne libanaise commerciale ou Syriatel. Les avoirs de ces sociétés aux Etats-Unis sont gelés, autant dire volés. Hillary Clinton annonce dans la foulée un embargo total sur les importations de pétrole et de produits pétroliers en provenance de Syrie.
Imitant aussitôt ses maîtres, l’Union européenne décide de plusieurs trains de sanctions supplémentaires, y compris un embargo sur le pétrole.
La dernière salve visera à réduire les échanges commerciaux afin de finir d’asphyxier l’économie du pays.
3 – Viendront ensuite les sanctions diplomatiques (rappel des ambassadeurs en consultation) décidées dès l’automne 2011, après le double véto russo-chinois sur le projet de résolution islamo-occidental visant à provoquer en Syrie un processus à la libyenne. Les Etats-Unis ayant rappelé de Damas leur ambassadeur du troisième type, plusieurs Etats de l’Union européenne rappellent les leurs.
Juppé rappellera le sien une première fois le 17 novembre 2011 : «erreur fatale» pour le ministre ordinateur. Après un faux retour, ce sera le départ définitif en février 2012. Nommé en mai 2012, Fabius fera encore mieux : à peine intronisé, il expulsera l’ambassadrice de Syrie à Paris, ayant oublié que cette dernière est également représentante auprès de l’Unesco et qu’il ne peut la contraindre au départ.
4 – En 2012, ce sera la fermeture de la compagnie aérienne Syrianair à Paris, puis l’interdiction de toute liaison aérienne entre la France et la Syrie et, plus généralement, entre les capitales européennes et Damas. Etc.
Hélas, se lamentent des experts pleins d’onction et de componction, tout le monde n’est pas d’accord pour mettre en place un embargo, ce qui en limite la portée. La belle unanimité qui, de 1991 à 2011, a rassemblé les cinq permanents du Conseil de sécurité autour des trois Occidentaux n’existe plus et c’est un élément déterminant qui permet de briser l’arrogance et la toute-puissance des puissances atlantiques. Des doigts accusateurs pointent «certains pays qui ne jouent pas le jeu» (sic). Mais est-ce bien un jeu ? La Russie et la Chine soutiennent le gouvernement et l’Etat syriens : ils seront priés de «rejoindre la communauté internationale» (sic). La Syrie peut également compter sur l’aide multiforme de son allié, l’Iran, mais celui-ci est déjà sous de lourdes sanctions. D’autres pays, comme le Brésil, ne soutiennent pas les Occidentaux. En outre, certains Etats traînent les pieds au sein de l’Union européenne, et les accrocs aux engagements pris contre Damas se multiplient.
Ce blocus qui asphyxie progressivement la Syrie est certes difficile à mettre en œuvre, mais que nos perfectionnistes se consolent : il est indéniable que les résultats escomptés sont là. Après cinq années de sanctions et d’acharnement collectif, le peuple syrien est épuisé et vit dans des conditions terrifiantes. Nos grands dirigeants, si bons et si pudiques, ne connaissent-ils pas la vérité, non pas celle de leurs protégés émigrés qui vivent au chaud ou au frais à l’ombre de leurs protecteurs, mais la vérité des habitants qui ont tenu bon dans leur pays. Loin du paradis de la révolution auquel les premiers feignent de croire, loin du paradis auquel aspirent les djihadistes démocratiques et les terroristes modérés, c’est un enfer que vivent les Syriens de la Syrie réelle, un enfer qu’ils doivent au fanatisme de leurs «libérateurs» et de leurs alliés turcs ou arabes ainsi qu’au sadisme de l’«Axe du Bien», parrain des terroristes et grand déverseur de punitions devant l’éternel.
Les sanctions sont parvenues à détruire un pays qui était plutôt prospère, quasiment sans endettement, autosuffisant pour l’essentiel de ses besoins et globalement bien parti. Elles ont fini par entamer le tissu national syrien, soudé par une tolérance «laïque» assez exemplaire, sans réussir toutefois à le déstructurer. Le but de ce politicide était (et reste toujours) de démoraliser les populations, en les amenant à perdre confiance dans la légitimité de leur Etat, de leur gouvernement, de leurs dirigeants, de leurs institutions, de leur armée, tout en leur donnant l’illusion que l’Occident est heureusement là pour les «sauver du tyran qui les massacre» et accueillir en son sein les réfugiés et les transfuges.
Le terrible bilan enregistré en Irak – un million et demi de morts, dont 500 000 enfants – est là pour rappeler que les sanctions sont une arme de destruction massive, utilisée avec un total cynisme par les «maîtres du monde». Pour Madeleine Albright évoquant sans doute des «dégâts collatéraux», «cela en valait la peine». On voit le résultat.
En Syrie, les «punitions» occidentales ne sont pas mieux intentionnées. Elles visent à mater un peuple résistant et à le forcer à accepter la fatalité d’un changement de régime, ou bien à l’amener à fuir ou à déserter… Quitte à saigner le pays de sa jeunesse déjà formée, de ses cadres aspirant à vivre mieux dans un climat de paix… Quitte à faire de ces réfugiés un peuple de mendiants, à la merci des trafiquants de toutes spécialités : en témoignent ces femmes et enfants installés la nuit au coin des boulevards parisiens par des équipes inquiétantes.
Depuis cinq ans, nos politiciens combinards, nos journalistes complaisants, nos intellectuels perdus ou dévoyés participent, à quelques exceptions près, à l’énorme conspiration du mensonge qui fait passer la Syrie souveraine et légale pour usurpatrice et massacreuse, et ses agresseurs et leurs parrains, orientaux ou occidentaux, pour des libérateurs révolutionnaires. Outre l’horreur et l’effroi que soulèvent les images de cette guerre sauvage, comment ne pas avoir la nausée devant l’aveuglement, volontaire ou non, de nos élites qui préfèrent donner du crédit aux mensonges de leurs alliés et protégés criminels plutôt qu’aux témoignages innombrables des victimes qui désignent sans ambiguïté leurs bourreaux ? Comment ne pas avoir la nausée devant cette complicité assumée, à peine camouflée par une omerta systématique ? Comment enfin ne pas frémir devant cet aplomb et cette bonne conscience bétonnée de nos faiseurs d’opinion ?
La solution ne consiste pas à accueillir en Europe les réfugiés que l’on a d’une façon ou d’une autre créés en alimentant la guerre universelle d’agression et le djihad en Syrie. Il faut lever immédiatement, sans délai et sans conditions, les sanctions qui sont destinées à briser tout un peuple. Il faut mettre fin à la guerre et non en décupler l’impact par les moyens minables, sournois et iniques que sont les sanctions à la mode occidentale.
Il faut rendre justice à ce peuple martyrisé et humilié. Et la plus élémentaire des justices, la première, est de ne plus couvrir d’un voile de vertu les criminels féroces qui cherchent à détruire au nom de l’intolérance la Syrie tolérante. Elle implique également de ne plus cautionner les impudeurs des maîtres fouettards qui punissent en toute impunité avec la morgue des arrogants. Assez de mensonges, assez d’hypocrisie, assez de leçons.
Répétons-le, il faut lever les sanctions criminelles et scélérates qui tuent la Syrie et son peuple. Ni dans un mois, ni dans un an, mais maintenant. Ce n’est pas une question de diplomatie, c’est une affaire d’honneur, et la France s’honorerait en prononçant, pour sa part et à titre national, la levée des sanctions.

Par Michel Raimbaud
In Afrique Asie
(*)Titre originel : Le mensonge, la nausée et les sanctions.

L’armée française opère “secrètement” contre Daech en Libye

  • La France interviendrait militairement, en toute discrétion, en Libye pour lutter contre les djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI). Selon Le Monde, François Hollande a ordonné diverses opérations clandestines en Libye afin de freiner la montée en puissance de l’organisation Etat islamique (EI). La France exclut, pour l’heure, toute intervention officielle et revendiquée.

L’intervention militaire en Libye sous Nicolas Sarkozy a commencé comme celle de François Hollande: par la clandestinité. Dans une longue enquête publiée ce mercredi, Le Monde raconte que la France mène des opérations militaires “secrètes” dans ce pays du Maghreb, en proie à une instabilité qui profite à l’organisation Etat islamique (EI). Et l’urgence à agir est la suivante: depuis plusieurs mois, les djihadistes gagnent du terrain, comme l’illustre notamment la prise de Syrte.

Là où l’ancien président a fini par mener une guerre ouverte contre l’ancien guide Khadafi, l’actuel, échaudé, opterait pour la discrétion histoire de s’épargner un front potentiellement long et difficile et dont les conséquences seraient imprévisibles. D’autant que les autorités libyennes refusent, pour l’heure, toute intervention officielle d’une coalition occidentale, comme c’est le cas en Irak.

La doctrine du hit and run

Le quotidien explique la stratégie française: des agents du service action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE/ renseignements extérieurs) sont disséminés sur le sol libyen incognito, remontent des informations puis des frappes ciblées sont ordonnées par Paris après en avoir référé aux Etats-Unis qui mènent la Coalition, déjà impliqués dans la lutte antiterroriste en Syrie et en Irak. Le 19 février, un raid aérien américain, qui aurait prévenu la France, a ainsi été mené sur un camp d’entraînement de l’EI. Une quarantaine de personnes ont été tuées. Parmi eux, vraisemblablement un haut cadre tunisien de l’organisation, à l’origine des attentats de Sousse et du Bardo en Tunisie.

Toujours selon Le Monde, l’élimination du chef de Daech en Libye en novembre dernier, là encore dans une frappe américaine, a été permise grâce à un renseignement français. Cette stratégie s’appellerait “hit and run” (littéralement “frappe et fuis”), que l’on pourrait comparer à une forme de guerre discrète. Certains diraient du terrorisme… En plus des agents de la DGSE, des forces spéciales françaises évolueraient également sur le territoire libyen.

Vers une intervention navale?

A en croire le quotidien, la France serait aussi “présente dans le ciel libyen”, mais le ministère de la Défense refuse de détailler dans quelle mesure l’armée française se préparerait aussi à intervenir sur mer étant donné que l’EI est implanté sur les côtes libyennes. Une première.

Toutefois, plusieurs spécialistes émettent des réserves sur cette orientation militaire. “Cela fait des années que Washington mène des frappes ponctuelles contre Al-Qaïda au Yémen et au Pakistan. On voit que cela n’a rien donné”, estime, par exemple, Mattia Toaldo, spécialiste de la Libye, dans une interview à L’Express. Selon l’analyste, seule une réponse politique pourrait redonner de l’air au pays.


Syrie/ Accord de paix : Hollande et Fabius n’auront pas leur guerre

  • Après 5 ans d’un conflit sanglant, qui a déchiré la Syrie, faisant plus de 250000 morts et des millions de réfugiés, le Conseil de sécurité de l’ONU a pour la première fois adopté, à l’unanimité de ses membres, une résolution qui a appelé à un cessez le feu et à l’ouverture de négociations de paix entre le pouvoir et les groupes d’opposition syrienne dès le mois de janvier.

L’objectif est que ces discussions commencent «au début janvier 2016» et coïncident avec un cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien, que l’ONU devra aider à mettre en place et à surveiller. «En janvier nous espérons être en mesure d’appliquer un cessez-le-feu complet, ce qui veut dire plus de largages de barils d’explosifs, plus de bombardements, plus de tirs ni d’attaques d’un côté comme de l’autre», a déclaré M. Kerry à la presse après le vote. S’appuyant sur le Communiqué de Genève du 30 juin 2012, accord jugé central pour une sortie de crise par les grandes puissances, la feuille de route prévoit aussi un gouvernement de transition doté de pleins pouvoirs dans les six mois, ainsi que des élections dans les 18 mois. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon et le médiateur onusien Staffan de Mistura vont être chargés d’organiser le processus de pourparlers qui va s’ouvrir en janvier.

La question du départ d’Assad

Le texte «envoie un message clair à tous pour dire qu’il est temps de mettre fin aux tueries en Syrie», s’est réjoui John Kerry, saluant l’ «unité sans précédent» des grandes puissances. Mais les doutes sont réels sur la suite. De profondes divergences demeurent, notamment sur le sort qui sera réservé au président Assad, une réalité qui rend le processus semé d’obstacles. Nul n’est d’accord sur la liste des organisations terroristes contre lesquelles il faut continuer de se battre, à l’exception de l’Etat islamique et Al Nosra. «Nous sommes sans illusion, ce ne sera pas une route dorée», a dit Kerry, d’ordinaire excessivement optimiste.

Les Occidentaux souhaitent le départ d’Assad, sans dire à quel moment, contrairement à la Russie, une divergence qui est un des principaux obstacles à un règlement. Pour John Kerry, le président Assad «a perdu la capacité et la crédibilité nécessaires pour unir et diriger son pays». «Si l’on veut que la guerre se termine, il est impératif que le peuple syrien se mette d’accord sur une alternative», a-t-il dit.

Mais son homologue russe Sergueï Lavrov a réaffirmé que pour Moscou, c’est aux Syriens de décider: «seul un large dialogue mené par les Syriens eux-mêmes peut mettre un terme aux souffrances du peuple syrien». Les lourdes tensions entre puissances régionales – d’un côté l’Iran et de l’autre l’Arabie saoudite, la Turquie et les états du golfe, sont plus sensibles encore que le désaccord russo-américain. Lors d’une réunion tenue à Ryad du 9 au 11 décembre, l’Arabie saoudite a rassemblé une partie de l’opposition syrienne qui a désigné un représentant aux pourparlers. Mais si ces opposants ont accepté de négocier avec Damas, ils ont exigé le départ de Bachar el Assad dès le début de la transition politique. L’une des questions clé concerne la capacité des Russes à convaincre les Iraniens de lâcher Assad, si eux mêmes finissent par se résoudre à le faire.

Le vote du Conseil s’est tenu à l’issue d’une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie, coprésidé par Moscou et Washington. Cette réunion avait rassemblé notamment toute la journée les ministres des affaires étrangères américain et russe, mais aussi ceux d’Arabie Saoudite, dIran, de Turquie, de Jordanie et d’Egypte et des pays du golfe, ainsi que de plusieurs pays de l’Union européenne.

Pour de nouvelles politiques en faveur de l’investissement des Diaspora en Méditerranée

A la suite de la réunion de haut niveau de Marseille en juin 2014 avec l’appui du projet MedGénération, du Conseil Régional PACA et en partenariat avec l’Assemblée Parlementaire de Méditerranée, ANIMA et ACIM relaient les six recommandations formulées lors de la réunion pour mieux valoriser les talents expatriés et les impliquer dans le développement économique des pays de la Méditerranée.

Synthèse publique


Maroc: le nombre d’affaires de terrorisme en hausse de plus 129 % en 2014

Le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat El Hassan Eddaki a indiqué que le nombre des affaires de terrorisme enregistrées au cours de l’année 2014 a atteint 147 affaires contre 64 affaires en 2013, soit une hausse de 129,68 %.

 

Quelque 323 personnes ont été déférées devant le procureur général l’année dernière contre 138 personnes en 2013, a-t-il ajouté, mardi, à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire au niveau de la cour d’appel de Rabat et des tribunaux de première instance relevant de son ressort.

 

La hausse enregistrée dans le nombre des affaires de terrorisme est due aux “développements dans certains foyers de tension liés notamment à la situation dans des pays du Sahel, en Syrie et en Irak et au retour de ces foyers de certains jeunes marocains ou à leur tentative de s’y rendre”.

 

En 2014, les affaires de terrorisme enregistrées devant la chambre criminelle (1er degré) ont été de 118 dossiers auxquelles s’ajoutent six autres précédant cette année pour porter le nombre total à 124 affaires, a-t-il fait savoir, relevant que 88 affaires ont été jugées.

 

Au niveau de la Chambre criminelle d’appel, 89 affaires ont été enregistrées en plus de quatre autres précédents, soit un total de 93 dont 70 ont été liquidées (75,26 %).

 

En ce qui concerne les mandats d’arrêt internationaux dans le cadre des affaires de terrorisme, le procureur général a indiqué que le parquet général a émis cinq mandats dont un a été exécuté alors que le nombre des commissions rogatoires émises par le parquet ou lui ayant été parvenu ont été au nombre de 13 dont 10 exécutées, soit un taux de 76,92 %.

Tunis annonce avoir arrêté 32 islamistes

  • Le gouvernement tunisien a annoncé samedi avoir arrêté 32 militants islamistes dont plusieurs rentraient de Syrie et qui préparaient des “attentats spectaculaires” à Tunis et dans d’autres villes du pays.

La cellule démantelée projetait de s’en prendre à des “installations vitales” du pays, dont le siège du ministère de l’Intérieur et des sites militaires et civils, a précisé un porte-parole du ministère de l’Intérieur.

 

Les arrestations ont été menées ces trois derniers jours, a poursuivi Mohammed Ali Aroui. “Plusieurs terroristes rentraient de Syrie”, a-t-il dit.

Des islamistes tunisiens et algériens ont par ailleurs été tués par des soldats dans le secteur du Mont Chaambi, près de la frontière algérienne, a ajouté le porte-parole.

 

On estime que 3.000 ressortissants tunisiens ont rejoint les groupes islamistes armés en Syrie depuis 2011, ce qui fait de la Tunisie l’un des principaux pourvoyeurs de djihadistes étrangers engagés dans les combats. Plusieurs centaines d’entre eux sont rentrés.

“Notre priorité sera de renforcer les mesures pour combattre l’extrémisme et renforcer nos capacités de sécurité pour faire face au terrorisme et protéger la transition démocratique”, a déclaré cette semaine le Premier ministre Habib Essid, dont le gouvernement de coalition entre les laïcs de Nidaa Tounès et les islamistes d’Ennahda a obtenu jeudi la confiance du Parlement.

Les technologies propres représentent un marché prometteur en règion MENA

La Banque mondiale estime à 154 milliards d’euros le marché des technologies propres dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient, dans un rapport sur le développement des technologies vertes.