Tunisie/UE: Journée d’information et de consultation sur le Statut Avancé

Dans le cadre des négociations en cours entre la Tunisie et l’Union Européenne (UE) sur le Statut Avancé, le ministère tunisien des Affaires étrangères et la Délégation de l’UE à Tunis ont organisé, conjointement, lundi, à Tunis, une journée d’information et de consultation sur le Statut Avancé, coprésidée par Mohamed Lessir, Directeur général au ministère des Affaires étrangères et l’ambassadeur Adrianus Koetsenruijter, Chef de la Délégation de l’UE à Tunis.

Cette journée s’est déroulée dans un esprit ouvert et constructif en présence des représentants des différentes composantes de la société civile tunisienne ainsi que des institutions de l’Etat, des structures nationales consultatives, des organisations nationales et socioprofessionnelles et des Organisations Non-Gouvernementales.

Par ailleurs, les Ambassadeurs de l’UE accrédités à Tunis, ainsi que certains responsables tunisiens ont pris part à cette manifestation en tant qu’observateurs.

Cette journée intervient en consécration de la tradition perpétuée par le président Zine El Abidine Ben Ali d’organiser des consultations élargies auprès des acteurs de la société tunisienne sur les questions liées à l’avenir de la Tunisie. Ainsi, cette journée d’information et de consultation a permis aux participants de prendre part à la réflexion générale engagée par la Tunisie au sujet de la prochaine étape de renforcement des liens avec l’Union Européenne en vue d’accéder au Statut Avancé.

Les interventions qui ont été présentées dans le cadre de cette journée ont porté sur :

Les relations Tunisie-UE : l’acquis de l’accord d’association,

Le partenariat économique tunisie-UE : Etat des lieux,

Evaluation de la politique européenne de voisinage,

Le Statut Avancé : principes et objectifs.

Le débat qui a suivi, a permis de refléter l’intérêt que porte la société civile tunisienne à la nouvelle étape de l’évolution des relations Tunisie-Union européenne.

Les discussions ont, également, permis de dégager les attentes de la société civile tunisienne relatives au Statut Avancé, dont notamment un partenariat pour la mobilité, une intégration économique plus renforcée et un accompagnement financier plus conséquent à même d’assurer une meilleure mise en oeuvre des actions prévues dans le plan d’action Tunisie-UE 2011-2016 en cours de négociation.

Source TAP

Pierre Lellouche souligne le caractère particulier des relations franco-marocaines

Le secrétaire d’Etat français chargé des Affaires européennes, Pierre Lellouche, a souligné que les relations franco-marocaines sont « exceptionnelles et fraternelles », notant la concordance de vues entre les deux pays sur de nombreuses questions d’intérêt commun.

Dans une déclaration à la MAP à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre marocain, Abbas El Fassi, en marge d’une réunion informelle des dirigeants du Groupe 5+5 tenue dans la capitale libyenne, M. Lellouche a indiqué que ses entretiens avec M. El Fassi ont été l’occasion de passer en revue les relations entre l’Union européenne et le Maroc, qui bénéficie d’un « statut avancé » auprès de l’UE.

La réunion a également abordé plusieurs projets économiques qui s’inscrivent dans le cadre de la coopération entre les deux parties, tels le projet de Train à grande vitesse (TGV) qui reliera Tanger à Casablanca, et d’autres projets d’infrastructures et de développement économique, a affirmé le haut responsable français.

Le devenir du groupe 5+5 et son rôle dans l’accompagnement de la coopération et du développement des pays membres a également été au centre de cet entretien, a ajouté M. Lellouche qui a salué les grands chantiers mis en oeuvre au Maroc dans plusieurs domaines, notamment les grands projets économiques, le processus démocratique, la lutte contre la corruption et la réforme de la justice.

Ces entretiens, qui ont eu lieu en marge de la participation des deux pays aux festivités de la Révolution du 1er Septembre, se sont déroulés en présence d’une délégation marocaine comprenant notamment l’ambassadeur du Maroc en Libye, Moulay Mehdi Alaoui, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, Youssef Lamrani et le conseiller du Premier ministre, Omar Ait Saleh.

La C. E. accorde une aide financière de 135 millions d’euros au Maroc

La Commission européenne a approuvé lundi une nouvelle aide financière de 135 millions d’euros, sous forme de dons, au profit du Maroc, en vue de soutenir les réformes engagées par le Royaume dans le domaine de la politique agricole et sociale.

« Notre programme d’aide reflète le caractère privilégié du partenariat entre l’Union européenne et le Maroc dans le cadre du Statut avancé. Il démontre également la très grande importance que nous attachons aux réformes mises en place par le Royaume du Maroc pour renforcer la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté », a affirmé, dans un communiqué, le commissaire européen chargé de l’élargissement et de la politique européenne de voisinage, Stefan Fule.

Dans le cadre de cette aide, 70 millions d’euros seront destinés au Programme d’appui à la politique sectorielle agricole, 55 millions d’euros au Programme d’appui sectoriel à la stratégie de désenclavement des populations isolées et 10 millions d’euros pour le renforcement du programme d’appui à la mise en oeuvre de la stratégie d’alphabétisation.

Le programme d’appui à la politique sectorielle agricole soutiendra en priorité le deuxième pilier du Plan Maroc Vert, ciblant la petite agriculture dite « solidaire ». Il contribuera à la mise à niveau des filières animales et végétales (principalement les filières oléicole, phénicicole, viandes rouges et produits de terroir), en mettant l’accent sur la commercialisation et la qualité de la production, l’augmentation des revenus des producteurs et l’accroissement de l’emploi.

L’enveloppe prévue initialement par la Commission européenne pour le soutien au plan Maroc Vert a fait l’objet d’un renforcement budgétaire supplémentaire de 10 millions d’euros.

Le Programme d’appui sectoriel à la stratégie de désenclavement des populations isolées soutiendra la mise en oeuvre du Programme National des Routes Rurales (PNRR II), visant à augmenter l’accès des communes enclavées au réseau routier par des voies praticables.

Il insistera plus particulièrement sur la mise en place de plans d’entretien du réseau routier et le développement des capacités des communes concernées en matière de gestion de ce réseau.

Le programme d’appui à la mise en oeuvre de la stratégie d’alphabétisation vise notamment l’amélioration de la qualité des apprentissages, la mise en place d’une certification des acquis des formations dispensées et l’organisation de perspectives d’insertion sociale et socioprofessionnelle.

La Commission européenne est le plus important donateur au Maroc, avec un Programme Indicatif National (PIN) doté d’un montant de 654 millions d’euros pour la période 2007-2010.

MAP


Pierre Ménat, ambassadeur de France : « La Tunisie gagnerait à être connue dans sa diversité »

Par Amel Belhadj Ali
La France reste le premier partenaire européen de la Tunisie «considérée comme l’une des économies les plus solides d’Afrique». Les échanges entre les deux pays sont de l’ordre de 6 milliards d’euros, et les 1 200 entreprises françaises implantées en Tunisie emploient près de 150 000 personnes.

De bons indicateurs, serions-nous tentés de dire, d’autant plus que le Forum de l’emploi, organisé les 21 et 22 avril 2010 à l’UTICA,  serait considéré comme une réussite pour une première. Les chiffres sont parlents : 3 000 visiteurs, 1 280 emplois proposés, 519 formations et 360 recrutements. La Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (CTFCI), le ministère tunisien de la Formation professionnelle et de l’Emploi, patronat, syndicats, tous ont mis du leur pour assurer le succès de cette initiative.Il faut reconnaître que la thématique de l’emploi est une priorité nationale en Tunisie, étant un point noir dans une économie stable.  Pierre Ménat, ambassadeur de France, depuis bientôt 8 mois, estime que la Tunisie et la France peuvent travailler ensemble sur cette problématique importante et précise lors d’un point presse organisé mardi 8 juin 2010 «qu’un forum pour l’emploi permanent est en train d’être mis en place via un site Internet dédié».

La France soutiendra également et sans conditions préalables la requête de la Tunisie pour accéder au Statut avancé au sein de l’Union européenne : «Tout le monde est d’accord sur le principe», indique le diplomate français. Il y aura bien entendu des négociations touchant aux volets politique, économique, à la participation de la Tunisie au programme sur le rapprochement des peuples et la facilitation de la libre circulation des personnes, ainsi que son adoption du principe de la coopération centralisée. Le Statut avancé permettra à la Tunisie de bénéficier de lignes de financements européennes pour la recherche scientifique et du Fonds de développement solidaire.

La coopération économique entre les deux pays n’a pas été altérée, même en temps de crise, d’ailleurs deux importantes missions sont prochainement attendues à Tunis, l’une de la région Paca et l’autre en provenance de l’Hérault.
Tout récemment, on a assisté au lancement d’Orange Tunisie et à la pose de la première pierre de l’unité de production d’Aerolia.

Rappelons à ce propos que le positionnement de la Tunisie sur l’aéronautique s’est rapidement développé. En 2009, on a comptabilisé 46 unités de production employant 3.900 personnes. La production est passée, pour sa part, de 17 MDT en 2003 à 116 MDT en 2008. L’avionnaire Zodiac est, pour sa part, en train de renforcer sa place en Tunisie. La France veut également accompagner la Tunisie dans sa quête vers un positionnement en tant que plateforme technologique en Méditerranée. Les entreprises françaises sont très présentes dans les techno-parcs, et en matière de partenariat entre entreprises françaises et tunisiennes, l’exemple Telnet/Altran Technologies est plus qu’édifiant, aujourd’hui, grâce à cette fusion, le nom d’Altran Telnet Corporation est plus que connu sur les deux places.

La profondeur des relations économiques privilégiées entre les deux pays est due, entre autres, à la francophonie, la langue des affaires est le français, assure Pierre Ménat, d’où l’importance de renforcer la présence de la langue française en Tunisie. «7.000 élèves sont inscrits dans les écoles françaises, sans oublier que désormais l’Ecole internationale de Carthage sera homologuée jusqu’au baccalauréat».

Le nombre d’inscrits tunisiens dans les universités françaises est en hausse avec une évolution vers la spécialisation après la licence soit le quart de ceux qui poursuivent leurs études dans l’Hexagone. Trois accords de formation dans le secteur des télécommunications ont été signés entre les deux pays et des diplômes reconnus mutuellement seront décernés aux étudiants, sans oublier une coopération de plus en plus développée dans le domaine de la recherche.
La Francophonie ne doit cependant pas être considérée comme un acquis, d’où l’importance d’avoir un centre culturel intégré qui regroupera tous les services et supervisera toutes les activités culturelles. L’édification du centre démarre incessamment. En attendant, des journées audiovisuelles  seront organisées à Tunis les 26 et 27 octobre 2010 prochain, parallèlement aux Journées cinématographiques de Carthage. Les médias français y seront présents, à commencer par France télévision. Il est aujourd’hui important de récupérer le terrain perdu par les médias français  en Tunisie. Pour cela, des professionnels des deux pays seront amenés à proposer des projets concrets de partenariat. «Nous voulons mieux faire connaître la Tunisie en France, indique Pierre Ménat, le pays gagnerait à être connue dans sa diversité».