Libye : les biens immobiliers de Claude Guéant saisis par la justice

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le quartier de la porte Dauphine ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur.

Les juges d’instruction qui enquêtent sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ont récemment ordonné la saisie des biens immobiliers de Claude Guéant, plus de deux ans après sa mise examen dans cette affaire.

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le XVIe arrondissement ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur, selon cette source qui confirmait une information du Parisien.

L’ancien secrétaire général de l’Elysée peut continuer d’occuper ces logements. “Il s’agit d’une mesure conservatoire pour empêcher Claude Guéant de vendre ses biens immobiliers”, a expliqué à l’AFP son avocat Claude Bouchez El Ghozi.

“Je m’étonne que l’on procède à cette saisie maintenant, des années après l’ouverture de l’instruction, alors qu’il n’y rien de nouveau concernant Claude Guéant qui ne justifie cette mesure”, a commenté l’avocat. A travers cette décision, “c’est l’aveu de faiblesse d’un dossier qui piétine totalement”, a-t-il dénoncé.

Un curieux virement de 500.000 euros

Dans ce dossier tentaculaire, les juges s’intéressent à des flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de Kadhafi. D’anciens dignitaires de Tripoli et des témoins ont évoqué la thèse de versements, mais les magistrats n’ont pas la preuve que des fonds aient alimenté la campagne.

Les enquêteurs s’interrogent également à un virement de 500.000 euros en provenance d’une société d’un avocat malaisien, perçu en mars 2008 sur un compte de Claude Guéant. Il a affirmé qu’il s’agissait du fruit de la vente de deux tableaux, sans convaincre les magistrats qui l’avaient mis en examen en mars 2015 notamment pour blanchiment de fraude fiscale.

L’enquête a rebondi en novembre dernier avec les déclarations dans Mediapart de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine qui a assuré avoir remis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur et à son directeur de cabinet Claude Guéant, trois valises contenant 5 millions d’euros en provenance du gouvernement du leader Kadhafi, entre novembre 2006 et début 2007. Il a été mis en examen 7 décembre notamment pour complicité de corruption et complicité de détournements de fonds publics en Libye.

Depuis, le député LR Eric Woerth, trésorier de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy a été entendu ainsi que Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne en 2012. Ce dernier avait affirmé que d’importantes sommes d’argent en liquide avaient circulé pendant lors de la course à la présidentielle de 2007.

(Avec AFP)

Soupçons de corruption autour du Mondial 2018 de football

Des officiels de la Fifa, prêts à monnayer leur vote pour les États-Unis, ont été piégés par le Sunday Times. Une enquête a été ouverte.

coeur-.gifDes chèques, contre un soutien indéfectible à la candidature des États-Unis. C’est le marché que deux officiels de la Fédération internationale de football (Fifa), piégés par le Sunday Times, auraient été prêts à accepter.

Filmé par des journalistes qui se sont présentés comme des lobbyistes envoyés par un consortium américain, Amos Adamu, membre nigérian du comité exécutif de la Fifa, aurait ainsi réclamé 570.000 euros pour «garantir» de voter pour les États-Unis. Cette somme devait servir à financer quatre terrains de football avec pelouse artificielle au Nigeria et non pas à des fins personnelles, précise le Sunday Times.

Reynald Temarii, vice-président de la Fifa et président de Confédération océanique de football, aurait lui demandé 1,6 million d’euros au profit d’une académie de sports. Il a affirmé que deux candidats à l’organisation du Mondial auraient déjà offert de l’argent à l’Océanie pour obtenir son vote.

Après ces révélations, la Fifa a annoncé qu’elle avait demandé au journal d’avoir accès aux éléments qui ont permis de publier cet article et qu’elle allait mener sa propre enquête. «La Fifa et son comité éthique ont soigneusement examiné le processus de candidatures pour 2018 et 2022 et elle continuera à agir de la sorte», ajoute l’instance internationale. «En l’état, la Fifa n’est pas en mesure de faire d’autres commentaires et une fois qu’elle aura analysé ces documents, elle décidera des éventuelles mesures à prendre», poursuit le communiqué.

Le secrétaire général de la Fédération de football du Nigeria (NFF), Musa Amadu, a déclaré que cette instance attendait «de recevoir une communication officielle de la Fifa sur cette affaire». «Nous ne sommes au courant que par la presse. La Fifa mène une enquête. Aussi nous attendrons son résultat pour faire un communiqué, a-t-il dit.

La Fifa désignera le 2 décembre les pays organisateurs des Coupes du monde 2018 et 2022. Les États-Unis ont renoncé vendredi à leur candidature pour 2018 afin de se concentrer sur celle de 2022. Les pays restant en course pour ce Mondial sont l’Angleterre, un duo Belgique/Pays-Bas, un duo Espagne/Portugal et la Russie. Pour 2022, les candidats sont l’Australie, la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon et le Qatar.