Algérie : Sonatrach résilie un contrat d’un milliard avec le Français Technip

Le groupe énergétique algérien Sonatrach a résilié le contrat conclu avec le groupe français d’ingénierie Technip pour la réhabilitation de la raffinerie de Sidi Arcine près d’Alger. Depuis, les deux entreprises sont en conflit.

La Sonatrach a résilié le contrat conclu en 2010 avec le groupe français Technip pour un montant d’un milliard de dollars (880 millions d’euros). Technip avait trois ans pour réhabiliter une partie de la raffinerie de Sidi Arcine dans la banlieue d’Alger afin d’augmenter sa production d’un tiers. Les carburants raffinés devaient aussi répondre aux normes internationales. Construite en 1964, cette raffinerie produit 2,7 millions tonnes de pétrole par an.

Mais, selon le quotidien El Watan, quand Technip s’est aperçu que les travaux étaient beaucoup plus importants que prévu, compte tenu de l’état des canalisations, les relations entre le groupe d’ingénierie et la Sonatrach se sont rapidement détériorées. Une bataille de procédure s’est engagée au terme de laquelle la Sonatrach a finalement résilié le contrat.

L’histoire ne s’arrête pas là, car le géant pétrolier algérien a l’intention de demander des dédommagements à hauteur de 1,3 milliard d’euros et a transmis le dossier à l’arbitrage international.


Schiste: l’Algérie poursuit malgré la contestation

Le groupe pétrolier algérien Sonatrach poursuivra ses forages exploratoires de gaz de schiste par fracturation hydraulique dans le Sahara, en dépit de l’hostilité grandissante des populations vivant près des gisements, a indiqué dimanche son P-dg Said Sahnoun.

 

La Sonatrach “ne va pas interrompre” les forages d’exploration de gaz de schiste à In Salah, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Alger. L’Algérie compte investir massivement dans le gaz de schiste afin d’augmenter sa production et faire face à la hausse de sa consommation intérieure, selon M. Sahnoun. “La consommation interne devrait atteindre 35 milliards de m3 de gaz en 2015 et 50 milliards de m3 en 2025”, a-t-il ajouté.

 

L’Algérie, qui tire la majeure partie de ses revenus des exportations d’hydrocarbures, produit actuellement quelque 80 milliards de m3 de gaz par an. Depuis que le groupe public a annoncé fin décembre avoir effectué avec succès son premier forage pilote dans la région d’In Salah, les manifestations anti-gaz de schiste se sont multipliées dans les villes du Sahara algérien.

 

M. Sahnoun a précisé que son groupe allait terminer dans quelques jours un deuxième puits d’exploration à Ahnet, près du premier forage déjà réalisé dans la région d’In Salah. “Nous allons ensuite démonter les installations qui seront transportées vers un autre site d’exploration”, a-t-il ajouté, sans autre précision.

 

M. Sahnoun a assuré que ces forages visaient uniquement à évaluer les ressources présentes dans le sous-sol du Sahara algérien. “La Sonatrach ne fera rien qui puisse être nuisible à l’environnement”, a-t-il assuré. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika avait affirmé fin janvier que les forages pilotes seraient “achevés à brève échéance” mais que l’exploitation proprement dite n’était “pas encore à l’ordre du jour”.

 

A la question de savoir si la Sonatrach coopérait avec le géant pétrolier français Total dans l’exploration du gaz de schiste, comme rapporté récemment par des médias, M. Sahnoun a répondu: “Total n’a jamais été impliqué dans l’exploration du gaz de schiste en Algérie”. “Nos partenaires sont Anadarko (USA), ENI (Italie), Shell (Anglo-néerlandais), BP (GB) et Talisman (Canada)”, a-t-il précisé.

 

Selon des études internationales, l’Algérie possède les quatrièmes réserves mondiales récupérables de gaz de schiste, après les Etats-Unis, la Chine et l’Argentine.


Algérie : Sonatrach et Gazprom annoncent une découverte d’hydrocarbures

Le groupe pétrolier public algérien Sonatrach et le Russe Gazprom ont annoncé mercredi une découverte d’hydrocarbures dans le Sahara, à quelque 800 km au sud d’Alger.

Cette découverte a été réalisée dans le bassin de Berkine, à 250 km de Hassi Messaoud, le plus important champ pétrolier d’Algérie, a précisé Sonatrach dans un communiqué diffusé par l’agence de presse APS.

“Ce forage, qui a atteint une profondeur finale de 4.120 mètres, a donné lieu à une découverte d’hydrocarbures avec des débits de 8,5 m3/h d’huile, et 7.930 m3/h de gaz”, selon la même source.

Sonatrach et Gazprom, implanté en Algérie depuis 2008, avaient déjà réalisé en association deux découvertes d’hydrocarbures dans ce même périmètre.

Les deux groupes ont convenu d’entreprendre des travaux complémentaires sur cette découverte pour en apprécier l’étendue en vue de les développer, selon la même source.

Sonatrach, troisième fournisseur de gaz de l’Europe derrière la Russie et la Norvège, prévoit d’investir quelque 100 milliards de dollars d’ici 2018 pour augmenter ses capacités de production et d’exportation.

Ces trois dernières années, Sonatrach a effectué 112 nouvelles découvertes, augmentant les réserves récupérables de 5% par rapport à 2010.


L’Algérie découvre un important gisement de pétrole

La compagnie nationale algérienne d’hydrocarbures Sonatrach a découvert un nouveau champ pétrolier d’environ 1,3 milliard de barils dans le bassin d’Amguid Messaoud,  dans le centre-nord de l’Algérie, rapporte l’agence APS. “C’est l’une des plus importantes découvertes réalisées par Sonatrach ces vingt dernières années”, a déclaré, samedi 26 octobre, le ministre de l’Energie et des mines, Youcef Yousfi.

Le quotidien algérien El Moudjahid rapporte que “la profondeur du puits est de 3 700 mètres avec une accumulation de 1,3 milliard de barils, soit 1,84 million de mètres cubes, à Hassi Toumiat”. Le site se trouve à une centaine de kilomètres de Hassi Massaoud, le plus grand champ pétrolier d’Algérie.

 

FRACTURATION HYDRAULIQUE

 

Le ministre de l’Energie a expliqué que la Sonatrach devra recourir à la fracturation hydraulique pour extraire jusqu’à 50 % des réserves, au lieu de 10 à 15 % avec des techniques conventionnelles. Selon un haut responsable de l’entreprise, Saïd Sahnoun, le recours à la fracturation hydraulique représentera une hausse d’environ 10 % des coûts pour le projet global. Le développement du champ est prévu dans trois à quatre ans.

En 2011, l’Algérie était le quinzième producteur de pétrole à l’échelle mondiale – et le deuxième en Afrique derrière le Nigeria, selon l’Agence internationale de l’énergie. Récemment, Alger a décidé d’alléger la fiscalité dans ce secteur crucial, afin d’encourager le retour des compagnies étrangères.

En effet, en 2005, le gouvernement avait abandonné la libéralisation promise du  secteur, imposant une taxe sur le revenu pétrolier, assortie d’une taxe sur les profits exceptionnels en cas de prix du pétrole supérieur à 30 dollars le baril. Il obligeait aussi les compagnies à s’associer à l’entreprise d’Etat Sonatrach, majoritaire à hauteur de 51 % dans tous les projets d’investissement.

Algérie/”Sonatrach 1″ : l’instruction a révélé un véritable réseau international de corruption

L’instruction en cours dans l’affaire “Sonatrach 1” a révélé la présence d’un “véritable réseau international de corruption dont les ramifications s’étendent à tous les continents”, a déclaré mardi le ministre de la Justice garde des Sceaux, Mohamed Charfi.

Intervenant devant les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) à l’issue de l’adoption du projet de loi organisant la profession d’avocat, le ministre a indiqué que l’instruction a révélé la présence d’un réseau international qui couvre tous les continents et dont le but “est d’absorber la substance de la Sonatrach à travers des mécanismes financiers complexes visant à couvrir les crimes commis”.


Nouvelle découverte de gaz en Algérie

La compagnie pétrolière espagnole Repsol annonce une nouvelle découverte de gaz dans le bassin d’Ilizi dans le sud-est de l’Algérie. Le permis d’exploration sud-est Illizi est détenu par un consortium qui allie la compagnie publique algérienne Sonatrach (51%), l’Espagnol Repsol (25,725%), l’Italien Enel Trade (13,475%) et le Français GDF Suez 9,8%.
Source : www.econostrum.info

Les cadres de la  société d’hydrocarbures Sonatrach sont-ils les seuls responsables des gros contrats et de la politique énergétique de l’Algérie?

—   —   Professeur des Universités Expert International Dr Abderrahmane MEBTOUL (1)

 

Il  s’agit de bien cerner  les problèmes afin de ne pas se tromper de cibles stratégiques.  La  question centrale objet de notre problématique : qui est   responsable des gros contrats de Sonatrach  et des axes  de la  stratégie énergétique du pays: Sonatrach ou d’autres institutions  prévues  par la Loi ?   Le management  de Sonatrach   est –il  inséparable de la gouvernance interne d’un pays lui-même inséparable  des mutations mondiales et ne doit-on pas éviter d’isoler la micro- gouvernance de la  macro-gouvernance qui sont  inextricablement liées? Avec les scandales  qui touchent  cette société  stratégique, n’est-il pas  urgent d’avoir un autre management stratégique et une transparence de la gestion de Sonatrach?  Aussi, en nous en tenant à l’organisation actuelle du secteur des hydrocarbures, il y a lieu de distinguer plusieurs structures opérationnelles.

 

1.-Les différentes institutions  impliquées dans la  gestion de Sonatrach

Créée le 31 décembre 1963, la Sonatrach a vu ses statuts modifiés à trois reprises par décrets présidentiel, dont le dernier  été pris le 11 février 1998  avec pour souci de  mettre en adéquation les statuts de la Sonatrach ( sociétés par actions)  suite à la création, en avril 1995, du Conseil national de l’énergie. Le chapitre III du décret du 11 février 1998 consacré à «l’organisation et au fonctionnement des organes» la  dote de trois organes : l’assemblée générale, le conseil d’administration et  l’exécutif. Un décret présidentiel  en date du 13 septembre 2000, apporte une légère modification au décret portant statuts de la Sonatrach,  concernant  exclusivement les aliénas 2 et 5 de l’article 11, qui stipule que «les vice-présidents et les directeurs généraux adjoints sont nommés par décret présidentiel» au même titre que le président-directeur général de la compagnie.

a- Le conseil national de l’Energie

C’est l’organe suprême selon la Loi. Il a été créé par décret présidentiel le 19 avril 1995, qui dans  son article 6, stipule que «le Conseil se réunit périodiquement sur convocation de son président»,   le  président de la République  dont le secrétariat ( article 5) est assuré par le Ministre de l’Energie  et composé des ministres dits de souveraineté (Défense nationale, Affaires étrangères, Energie et Finances), du gouverneur de la Banque d’Algérie et du délégué à la planification. L’article 6, stipule que  «le Conseil national de l’énergie est chargé d’assurer le suivi et l’évaluation de la politique énergétique nationale à long terme, notamment de la mise en œuvre d’un plan à long terme destiné à garantir l’avenir énergétique du pays; d’un modèle de consommation énergétique en fonction des ressources énergétiques nationales, des engagements extérieurs et des objectifs stratégiques à long terme du pays ; de la préservation des réserves stratégiques du pays en matière d’énergie; des stratégies à long terme de renouvellement et de développement des réserves nationales en hydrocarbures et leur valorisation ; de l’introduction et du développement des énergies renouvelables ; des schémas d’alliances stratégiques avec les partenaires étrangers intervenants dans le secteur de l’énergie  et des engagements commerciaux à long terme».

b.-L’Assemblée générale

Elle  est composée du Ministre de l’Energie et des Mines -du Ministre des Finances -du gouverneur de al banque d’Algérie -du Délégué à la Planification -d’un représentant  de la présidence  de la république. L’article 9.3 précise que l’assemblée générale est tenue de se réunir «au moins deux fois par an en session ordinaire» et en «session extraordinaire à l’initiative de son président ou à la demande d’au moins trois de ses membres, du ou des commissaires aux comptes  ou du président directeur général de la Sonatrach». Au terme de chaque session, l’assemblée générale est tenue d’adresser son rapport au président du Conseil national de l’énergie qui est le président de la République.

c.- Le  Conseil d’Administration

Il est  composé  du président directeur général de Sonatrach-du président directeur général de Sonelgaz -du Vice président Amont-du Vice président Aval-du vice président  transport par  canalisation- du vice président  de la commercialisation -du directeur général des hydrocarbures du Ministère – un autre représentant du Ministère – de deux représentants  du syndicat de Sonatrach.

d.-Le comité executive

Il est  composé qui est la véritable cheville ouvrière  de Sonatrach du président   directeur général de Sonatrach – du secrétaire général de Sonatrach  – des  vices présidents amont, aval, canalisation et commercialisation  – du directeur  exécutif  des finances – du directeur exécutif des ressources humaines- du directeur exécutif des activités centrales ( DAG)- du directeur  stratégie, planification- économie- du  directeur exécutif  santé, sécurité, environnement. Des Holdings sont annexés au vice présidents dont pour l’amont il lui est rattaché le holding services pétroliers et parapétroliers, pour  l’aval,  le holding raffinage, chimie hydrocarbures  (exemple Naftec ) , pour  le transport par il lui est rattaché canalisation   le holding  et participation et enfin pour  la commercialisation  le holding Sonatrach, il lui est rattaché le holding Sonatrach/ valorisation des hydrocarbures  ( exemple Naftal ). Au niveau international, le Groupe Sonatrach a mis en place un système de réorganisation de ses activités  par le regroupement des compagnies filiales à l’étranger autour d’un Holding international (S.I.H.C) crée en Juillet 1999 qui opère  actuellement dans différents pays tels que : le Yémen, Pérou, Venezuela et Espagne, Sipex une filiale de Sonatrach présente dans plusieurs pays d’Afrique notamment au Mali, en Mauritanie, en Egypte en Libye et au Niger. C’est une organisation   qui combine à la fois l’organisation hiérarchique et l’organisation divisionnelle ce qui ne lui acquiert pas  la souplesse de ses concurrents au niveau international sans compter la rigidité du système bancaire et surtout les interférences politiques

2.- La Lutte contre de la mauvaise gestion et la corruption implique la  démocratisation de la gestion de la rente

Au niveau des prérogatives,  ce n’est plus à Sonatrach d’octroyer les périmètres d’exploitation selon  la nouvelle loi sur les hydrocarbures   du 28 avril 2005   amendée  par l’ordonnance  du 29 juillet 2006 et  de février 2013 ,  mais à une agence dépendante du Ministère de l’Energie Alnaft, entretenant donc des relations fonctionnelles avec cette structure autant qu’avec une autre agence,  l’autorité de régulation  chargée de suivre les mécanismes des prix. La nouvelle loi  a fixé à au moins 51% la part de Sonatrach   sur les périmètres octroyés par ALNAFT et moins de 49%  aux compagnies pétrolières et l’assiettte fiscale, régissant notamment les companies  étrangères  dans la loi de 2013 repose dorénanvant sur  la  rentabilité d’où l’importance d’audits financiers pointus pour éviter que certaines  companies ne gonflent les charges. Signalons que le partenariat a toujours existé même du temps du socialisme  des années 1970. Car il y a lieu d’éviter  la vision essentiellement négative car cette association a permis  de redynamiser la production pétrolière et gazière en chute libre. D’où les amendements   des années 1990 qui en fait étendaient la loi de 1986, de la loi de 2005 amendée  en 2006 et la dernière en date celle  de février 2013. Le constat  est que Sonatrach en ce mois de mars 2013,  s’assimile à toute l’économie algérienne. Le groupe au niveau intérieur est le véritable moteur de l’économie algérienne, un fournisseur essentiel de revenus d’exportations, de revenus fiscaux,  et  des emplois indiects. Sonatrach a  engrangé selon les bilans officiels de Sonatrach entre 2000/2012 plus de 600 milliards de dollars en devises, permis près de 200 milliards de dollars  de réserves de change, ayant épongé artificiellement tant la dette extérieure qu’”intérieure,   exportant pour 98%    et important à plus de 70/75% des  besoins pour les ménages   et les entreprises publiques et privées dont les matières premières et équipement et assurant une  paix sociale fictive  par la  distribution de revenus sans contreparties productives. Elle est la plus importante société algérienne, qui emploie  environ   50.000 salariés   et avec l’ensemble des autres   filiales plus de 125.000 personnes, sa vocation n’étant pas la création d’emplois  pouvant être assimilée à une banque. Elle représente 45% du produit intérieur brut   mais en réalité avec les effets indirects   plus de 80% ,  le bâtiment travaux publics , hydraulique  et bon nombre d’autres secteurs étant tirées par la dépense publique:  500 milliards de dollars dont une grande faction en devises entre 2004/2013 via les hydrocarbures. Si on avait réduit seulement 10% de ce montant  par une bonne gestion,  l’Algérie aurait économisé 50 milliards de dollars. Aussi, devant  pour  toute  démarche scientifique et opératoire, partir   du général au particulier, afin  de saisir les interactions et pouvoir procéder à des  actions par touches successives.  rendre plus efficiente  Sonatrach suppose  plusieurs  actions  stratégiques : la replacer dans le contexte  international et national ; un système d’organisation  au temps réel se fondant sur des réseaux et non plus  sur l’actuelle organisation marquée  essentiellement  sur une   vision hiérarchique,  des centres de coûts  transparents   incluant  la gestion du partenariat ;   une gestion rationnelle  des ressources humaines  et élément essentiel du management  stratégique impliquer les cadres et  être à l’écoute du collectif des travailleurs par un dialogue constructif permanent.

En résumé, l’ensemble de ces actions stratégiques afin d ‘éviter les délits d’initiés et délimiter les responsabilités ,  renvoie en la réactivation du Conseil de l’Energie , de l’urgence de l’instauration de l’Etat de droit  et  d’une gouvernance renouvelée das le cadre des nouvelles mutations géostratégiques mondiales. La sécurité du pays étant posée, cela implique une  volonté politique d’amorcer une production et exportation hors hydrocarbures loin de la logique rentière, supposant un réaménagement profond de la logique du pouvoir.

 

(1) Pr Abderrahmane Mebtoul ( docteur d’Etat 1974) Expert comptable (1973)-ademmebtoul@gmail.


L’Algérie et la corruption à  Sonatrach

 

…   …   Interview du professeur  des Universités, Expert International,

Abderrahmane MEBTOUL à la télévision internationale satellitaire – libanaise (Bir Hassan, Beirut, Lebanon)

Al Alam TV

 

 

Question1. La presse internationale relate des scandales financiers à Sonatrach, qu’en pensez-vous ?

 

Au départ je voudrais souligner que la majorité des cadres algériens sont honnêtes, vient de leur travail   et  que c’est une minorité de prédateur qui  s’adonnent à cette pratique. Et  que dans un Etat de droit supposant une indépendance de la justice, réelle et non formelle, qu’une personne est innocente, toute inculpation devant reposer sur des preuves concrètes.  C’est désolant pour mon pays qui recèle d’importantes potentialités  nuisant à son  image internationale. Effectivement, la presse italienne  a mis en examen  le n°1 d’ENI, Paolo Scaroni, l’ex-dirigeant de Saipem qui  aurait affirmé avoir versé des spots de vin à des responsables algériens d’un montant avoisinant 200 millions de dollars  par le le truchement d’une société établie à Hong Kong, Pearl Partners Limited, en contrepartie  de  huit contrats portant sur plus de 11 milliards de dollars, dont le projet de la construction du deuxième gazoduc reliant l’Algérie à l’Italie, le Galsi (Algérie-Sardaigne-Italie) dont le projet est toujours en gestation. Vient ensuite la mise en cause  de  Sonatrach Petrolum corporation dont le siège est situé aux Îles Vierges britanniques, British Virgin Islands, situées dans la mer des Caraïbes qui fait l’objet d’un redressement fiscal au Royaume-Uni, réclamant  45 millions de dollars d’impôts pour le recouvrement de ses impôts impayés dans ce pays depuis l’année 2008. La police  fiscale justice britannique enquête actuellement les activités de cette société  soupçonnée de « fraude fiscale »où selon la presse britannique  durant les exercices 2009, 2010 et 2011 et 2012, les autorités financières britanniques soupçonnent les gestionnaires de cette filiale de Sonatrach de s’être adonnés à des manipulations financières. Et récemment le scandale  est remonté au Canada où la  selon  l’enquête conjointe menée par les journaux canadien et italien – « The Globe and Mail » et «  Il Sole 24 ore » en date du 21 février 2013, la  multinationale SNC-Lavalin, présente en Algérie  depuis les  années 1980 qui avait obtenu le marché du  Mémorial du martyr Maqam E’chahid,  ayant  décroché des contrats ces dernières années d’une valeur de six à sept milliards de dollars,  aurait obtenu des contrats  en contrepartie de pots de vin .Cette nouvelle affaire de corruption impliquant le groupe Sonatrach a été révélée suite à l’enquête engagée par la justice suisse qui a abouti à l’incarcération, en 2012, de Riadh Ben Aïssa, ancien dirigeant des activités internationales, pour paiements douteux de 160 millions de dollars à l’un des fils de l’ex-dirigeant  Libyen Mouammar Kadhafi..

 

Question 2- Comment combattre cette corruption en Algérie ?

 

C’est que  l’Algérie Sonatrach c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach. Les hydrocarbures   représentent 98% des exportations en devises du pays en 2012 et permettant l’importation  de la majorité des biens tant des ménages que des entreprises publiques et privées dont le taux d’intégration ne dépasse pas 10/15%. Cela s’appelle le syndrome hollandais posant d’ailleurs pour Algérie l’urgence d’une stratégie hors rente  dans le cadre de la mondialisation. Horizon 2020,  l’Algérie sera importateur net de pétrole et horizon 2030 importateur de gaz conventionnel tenant compte, de la nouvelle transition énergétique, de  la concurrence internationale,( bon nombre  des clients de Sonatrach demanderont certainement à l’Algérie courant 2014 une baisse des prix de cession du gaz, aussitôt les contrat à terme arrivé à expiration, l’indexation sur le prix  du pétrole n’étant plus à l’ordre du jour),  de la  révolution du gaz de schiste aux USA,  des couts, des exportations prévues et surtout de la forte consommation intérieure,  avec le doublement des capacités d’électricités à partir des turbines  de gaz horizon 2017. Que deviendra la population algérienne de 50 millions en 2030? Uniquement entre 2000 et 2012 Sonatrach a pu engranger 600 milliards de dollars selon les bilans officiels de Sonatrach . Cela a permis d’avoir des réserves de change  de plus de 200 milliards de dollars  fin 2012 mais 86% y compris els DTS au FMI, étant placées à l’étranger mais faute  de transparence on ne connait pas leur rentabilité réelle. Qu’en a-t-il été  entre 1971 date e la nationalisation des hydrocarbures  et 2012 : en tout cas, en termes de parité de pouvoir d’achat 2013,  plusieurs milliers de milliards de dollars. Car il  faut éviter de raisonner à prix courants de peu de signification, la parité du dollar et le pouvoir d’achat mondial ayant évolué, devant donc déflater  pour avoir le montant réel aux prix de 2013. Par exemple un baril de 20 dollars en 2000 équivaut à prix constant à plus de 90 dollars prix 2013.  On combat la corruption par l’approfondissement de la démocratisation de la  société tenant compte e son anthropologie culturelle et un Etat de Droit. L’Algérie a déversé une grâce toujours à Sonatrach, une dépense publique faramineuse de 500 milliards de dollars((dont une partie faible en dinars)  entre 2004/2013 sans mettre en place tant le contrôle  démocratique  que technique ce qui a conduit à cette situation déplorable. Pour répondre directement à votre question, il s’ensuit qu’il ne pourra pas avoir une véritable démocratisation de la société algérienne sans une démocratisation de la gestion de la rente des hydrocarbures impliquant un réaménagement dans les structures du pouvoir pour se libérer des aléas de la rente. Cela mettra du temps, il ne faut pas être utopiste. D’où l’importance d’un large débat national sur la gestion de cette rente qui irrigue tous les segments de la société, de la rentabilité des investissements et des réserves de change, placées à l’étranger,  produit de cette rente si l’on veut combattre réellement la corruption.