Tunisie : Soutien européen de 110 millions d’euros pour la relance de l’économie

Le 23 août, l’Union Européenne (UE) a approuvé deux nouveaux programmes d’assistance financière pour la Tunisie, d’un montant total de 110 millions d’euros. Ces deux programmes s’inscrivent dans le cadre de l’appui renforcé de l’UE à la Tunisie suite à la révolution de janvier 2011 et visent à soutenir le processus de transition politique et économique, notamment par l’amélioration des conditions économiques et sociales et le développement de nouveaux gisements d’emplois.

Le premier programme, doté d’un budget de 90 millions, soutient les mesures de relance économique récemment adoptées par le gouvernement tunisien et vise notamment les groupes sociaux particulièrement défavorisés jusqu’à présent – les régions de l’intérieur, les chômeurs diplômés, les familles les plus pauvres – l’amélioration de la gouvernance, et le développement de l’emploi. Ces mesures seront également soutenues par des prêts de la Banque Mondiale, de la Banque Africaine de Développement et de l’Agence Française de Développement.

Le deuxième programme est consacré à accroître le dynamisme et la compétitivité de l’économie tunisienne de demain grâce à un budget de 20 millions d’euros en faveur des politiques nationales de modernisation du secteur des services.

Štefan Füle, Commissaire responsable de l’élargissement et de la politique européenne de voisinage a déclaré: « A travers le Programme d’appui à la relance économique, la Commission européenne marque son soutien aux mesures de relance prises par le gouvernement tunisien et sa confiance dans le potentiel futur de l’économie tunisienne. La Commission est déterminée à soutenir les efforts des autorités visant à rétablir rapidement une croissance plus forte, qui permette de créer des emplois, d’améliorer les conditions sociales des Tunisiens les plus défavorisés et de résorber les disparités entre les régions.  »

Cette approche est fondée sur un partenariat plus étroit avec la Tunisie qui a été renforcé par l’adoption des communications conjointes de la Commission européenne et de la haute représentante de l’UE pour les Affaires Etrangères et la Politique de Sécurité « Un partenariat pour la démocratie et une prospérité partagée avec le sud de la Méditerranée »  et « Une stratégie nouvelle à l’égard d’un voisinage en mutation ».

Depuis le début de la révolution tunisienne, la Commission européenne a déjà débloqué une assistance supplémentaire au bénéfice de la Tunisie, notamment pour soutenir le processus électoral, les organisations de la société civile, le renforcement des libertés fondamentales, le développement local. Par ailleurs, la Commission prépare actuellement un nouveau Programme d’Appui aux Zones défavorisées qui devrait être décidé prochainement.


 Le programme d’appui à la relance économique, doté d’un budget de 90 millions d’euros, soutiendra les réformes économiques formulées par le gouvernement pour renforcer le processus de transition économique et politique. Les mesures prises contribueront au retour rapide de la croissance économique, à travers des mesures ambitieuses de soutien à l’activité économique; la réduction des inégalités, grâce au réajustement des interventions publiques en faveur des régions et des groupes sociaux particulièrement défavorisés jusqu’à présent – les régions de l’intérieur, les chômeurs diplômés, de même que les familles les plus pauvres; et l’amélioration de la gouvernance, en garantissant une plus grande transparence autour des activités de l’administration publique.

Le Programme prévoit ainsi des actions dans les domaines des marchés publics, pour en améliorer l’efficacité et la transparence; de la micro-finance, pour généraliser et pérenniser son développement sur tout le territoire; du secteur financier, pour améliorer le mode de gouvernance des banques; et de l’administration publique, pour garantir l’accès aux documents administratifs à tous les citoyens. Ces diverses mesures contribuent au renforcement de la transition économique et politique mais jettent également les bases de nouveaux modes de gestion plus transparents et plus en phase avec les besoins des Tunisiens.

Le programme d’appui à la compétitivité des services, doté d’un budget de 20 millions, vise, en priorité, le renforcement des capacités institutionnelles des organisations intermédiaires, l’amélioration de la capacité des entreprises tunisiennes à développer une offre exportable performante au niveau international et l’amélioration de l’environnement entrepreneurial du secteur par une meilleure définition de ses besoins. Le programme européen permettra ainsi de renforcer la politique tunisienne de libéralisation et d’intégration, et qui n’a pas atteint les résultats escomptés, notamment en termes de taux de croissance et de productivité du secteur des services qui demeurent inférieurs à leur potentiel véritable.

Tourisme : Comment vendre la Tunisie nouvelle?

  • Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme, était à son aise, ce 2 mars 2011 lors de la conférence de presse qu’il a tenue en présence de Frédéric Lefebvre, ministre français du Tourisme, du Commerce et de l’Artisanat, et Boris Boillon, ambassadeur de France en Tunisie. Bien que l’on assiste à une valse de démissions au sein du gouvernement, suscitant un certain scepticisme, M. Houas ne compte pas quand à lui quitter le navire, une chose qu’il a confirmée aujourd’hui devant les journalistes tunisiens et français, venus nombreux.
    La visite du ministre français avait pour objectif de donner un coup de pouce à la coopération bilatérale dans le secteur du tourisme. Un secteur qui a été profondément touché par les derniers événements, bien qu’ils ne se soient pas produits durant la période de pointe de la saison touristique en Tunisie. Frédéric Lefebvre est venu, accompagné des patrons des fédérations françaises et de représentants des médias français. «Des millions de Français regardent la Tunisie avec beaucoup de respect. A partir du 15 février 2011, nous avons levé toutes les interdictions sur la côte tunisienne. Il ne faut pas oublier que la Tunisie est la première destination des touristes, hors Europe, et accueille 1,4 million de Français, chaque année», affirme M. Lefebvre.
    Face aux affirmations considérant la Tunisie comme une destination à haut risque, M. Houas indique qu’elle est loin de l’être, en ajoutant que «la réponse que nous allons apporter est de communiquer sur le vrai visage de la Tunisie. Nous ne voulons plus présenter une Tunisie masquée mais la Tunisie telle qu’elle est». Pour Frédéric Lefèvre, il s’agit aussi de faire découvrir la Tunisie au-delà de ce qu’on voyait avant, avec pour objectif de développer d’autres formes de tourisme.
    Lors de la visite, les deux parties ont entamé la discussion sur une campagne gratuite en France au profit de la destination Tunisie, qui s’adressera aux Français mais aussi aux Européens de passage. Il s’agit également de développer le partenariat au niveau de la formation. Le ministre français compte, ainsi, visiter un centre de formation financé par l’Agence Française de Développement. Un séminaire est également prévu avant l’été pour échanger les expériences et discuter de l’avenir du secteur.
    De l’optimisme…
    Concernant la campagne «I love Tunisia», lancée le 14 février 2011, Slim Chaker, secrétaire d’Etat auprès du ministre du Commerce et du Tourisme, a expliqué qu’il s’agit d’un simple slogan qui a été conçu à l’occasion du premier mois de la révolution. «Ce n’est pas un travail sur l’image de la Tunisie. Ceci demande l’instauration de la bonne gouvernance et un travail sur l’histoire, la culture et les droits de l’homme. Ce travail sera fait par des agences spécialisées sur le long terme», souligne-t-il.
    D’un autre côté, M. Houas se déclare très optimiste face à l’avenir, en indiquant que le pays a encore le temps pour rattraper le temps perdu, surtout que les perturbations sont arrivées avant la saison touristique. L’objectif étant de positionner le secteur sur d’autres créneaux, lui permettant de se développer tout au long de l’année, comme c’est le cas pour la France… Il estime que les mouvements sociaux ne sont pas de nature à faire couler le secteur, soulignant que le processus démocratique demande un long souffle.
    «L’année 2011 sera sûrement une année difficile sur le plan économique, mais c’est le prix à payer pour avoir 2012 et 2013», indique le ministre tunisien. «Il faut sauver en construisant l’avenir. 2011 est une année d’investissement pour relancer la Tunisie sur une dynamique différente. Nous allons pouvoir rêver et vendre notre savoir-faire et notre service. Il ne faudra pas non plus hypothéquer sur notre saison touristique. Nous avons aujourd’hui un élan de sympathie qui nous permettra de libérer notre énergie. C’est à nous de jouer maintenant et être acteur de notre destination».

Source WMC  Maha Ouelhezi