Algérie/Espagne: les réformes en Algérie, un exemple pour les pays de la région

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia Margallo, a qualifié mercredi à Alger les réformes politiques engagées par l’Algérie d’ »exemple » pour les pays de la région.

« L’Espagne salue les réformes engagées en Algérie qui aboutiront aux élections législatives du 10 mai et qui se poursuivront par une révision de la Constitution », a indiqué M. Margallo qui animait une conférence de presse conjointe avec son homologue algérien, Mourad Medelci, à l’issue d’une séance de travail.

« C’est tout à fait un exemple (réformes) pour les pays de la région qui ont souffert de troubles politiques importantes », a souligné le chef de la diplomatie espagnole.

Maroc: le Premier ministre Benkirane présente les grands axes de son programme

Seize jours après la formation du gouvernement marocain, le tout nouveau Premier ministre islamiste Abdelilah Benkirane a passé son grand oral devant le Parlement. Une déclaration de politique générale pour présenter les grands axes du programme de son équipe et de faire de nouvelles promesses de changement.

Baisser le chômage, maintenir la croissance, et lutter contre l’économie de rente : les promesses de Benkirane ont avant tout été économiques et sociales. Preuve que c’est sur ce front que se situe la priorité. L’hiver au Maroc a été particulièrement sec, et déjà tout le monde craint une immense grogne si les récoltes devaient être mauvaises. L’agriculture est le premier employeur du pays, et fait vivre plus de la moitié des Marocains.

Par ailleurs, si le roi a très vite canalisé la contestation en proposant des réformes politiques, le front social a, pour le moment, été délaissé. Or avec un taux de chômage de plus de 31% pour les jeunes de moins de 34 ans, les attentes sont immenses.

Résultat : le Premier ministre a fait des promesses très populaires voir populistes comme celle de s’attaquer à l’économie de rentier et à la corruption ou encore de réduire ce chômage à 8% sur les cinq prochaines années. Mais la grande question c’est de savoir si on lui laissera le temps de tenir ses promesses ?

Mercredi, pour la première fois, quatre diplômés chômeurs ont tenté de s’immoler dans la capitale juste devant le Parlement. Deux sont dans un état grave.


Algérie: les islamistes du MSP se retirent de l’alliance présidentielle

En vue des échéances électorales de 2012 en Algérie, le Mouvement de la société pour la paix (MSP, parti islamiste modéré) a annoncé dimanche son retrait de l’Alliance présidentielle, au sein de laquelle il côtoyait le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND, du Premier ministre Ahmed Ouyahia), les deux partis du système.

Cette décision a été prise lors de la réunion du Conseil consultatif et devrait déboucher sur le départ du gouvernement des quatre ministres islamistes.

« Le MSP ne partage plus la position de ses partenaires au sein de l’Alliance quant à la philosophie des réformes politiques », a déclaré Aboudjerra Soltani, président du MSP.

Dans son intervention à l’ouverture des travaux du Conseil, il a dénoncé les deux autres partis membres de la coalition présidentielle, les accusant d’avoir, « au nom des intérêts partisans, vidé de leur substance les réformes politiques », annoncées par le président Abdelaziz Bouteflika le 15 avril, dans sa tentative de prévenir en Algérie des soulèvements comme en Tunisie et en Egypte.

Ces réformes, dont une nouvelle loi sur les partis politiques, un nouveau code électoral, la promesse de l’ouverture de l’audiovisuel et un nouveau statut pour les élus, avaient été rejetées par les députés du MSP (au nombre de 52), mais adoptées à la majorité des voix du FLN, du RND et des députés indépendants.

Pour A. Soltani, la page du « partenariat politique » avec le tandem FLN-RND se tourne donc, et l’année 2012 sera « l’année de la compétition politique, dans le cadre d’élections intègres et non celle de l’Alliance » synonyme selon lui de « médiocrité politique qui ne sert ni le pays, ni le citoyen ».

Le FLN et le RND ont rejeté les critiques du chef du MSP à leur égard, l’accusant en retour de rompre le lien avec l’Alliance par « calcul tactique », pour ne pas être comptable du bilan du gouvernement, à la veille des élections législatives prévues pour le courant du mois d’avril.

En passant ainsi dans l’opposition, le chef du MSP cherche en effet à se donner une virginité politique afin de capitaliser sur la vague islamiste actuellement envogue dans les pays arabes et d’arriver ainsi en tête aux élections comme partout ailleurs dans la région.

Le retrait du MSP du gouvernement ne risque cependant pas de provoquer une crise politique majeure en Algérie, ses quatre ministres n’occupant que des portefeuilles relativement mineurs: Pêche, Tourisme, Travaux publics et Commerce.

Mais la défection attendue de ces quatre ministres obligera certainement le président Bouteflika à procéder à un remaniement de l’exécutif.

Maroc : Manif dispersée à Casablanca

Des dizaines de personnes ont été blessées dimanche après que la police marocaine ait dispersé par la force à Casablanca plusieurs centaines de jeunes du « Mouvement du 20 février », les empêchant de se rassembler dans un quartier populaire pour revendiquer des réformes politiques. « La police s’est déployée dans toutes les rues entourant le boulevard où la manifestation était prévue. Il y a des dizaines de blessés », a déclaré Abdelmounaim Ouhetti, un militant du Mouvement du 20 février, qui revendique des réformes politiques et constitutionnelles ainsi qu’une limitation des pouvoirs du roi Mohammed VI. Selon une source sécuritaire contactée par l’AFP, il « y a 29 blessés légers, dont certains membres des forces de l’ordre ».

Un important déploiement des force de l’ordre a été constaté dès le début de l’après midi au quartier populaire de Sbata, à Casablanca, où la manifestation devait commencer, a constaté un journaliste de l’AFP. Les manifestants, pour la plupart des jeunes du 20 février, ont été dispersés à coups de matraques. Sur des affiches collées devant certains magasins, des commerçants ont demandé aux jeunes de ne « plus perturber » leurs activités avec leurs manifestations.

A Tanger, au nord du Maroc, la police a également dispersé plusieurs dizaines de manifestants du Mouvement du 20 février dans le quartier populaire de Beni Makada. Les autorités considèrent ces manifestations comme non autorisées. Une ONG a demandé samedi une enquête pour déterminer les responsabilités dans ces violences contre le Mouvement.  « Nous appelons à l’ouverture d’une enquête impartiale pour déterminer les responsabilités concernant l’utilisation de la force contre une large partie des jeunes du 20 février », selon un communiqué de l’Organisation marocaine des droits de l’homme (OMDH, indépendante) parvenu samedi à l’AFP.

Le 9 mars, le roi Mohammed VI a annoncé d’importantes réformes constitutionnelles prévoyant notamment le principe de séparation des pouvoirs et un renforcement des pouvoirs du Premier ministre. Ces annonces ont été jugées insuffisantes par le Mouvement.