Algérie : Vers un désengagement de l’Etat des hôtels publics

L’Etat ira-t-il vers l’ouverture du capital des établissements hôteliers publics ? Cette option n’est en tout cas pas à écarter, voire même fortement envisagée, surtout dans la délicate conjoncture économique que traverse l’Algérie.
Lors de la cérémonie de signature des contrats de performance, lundi dernier, à l’hôtel El Aurassi (Alger), Lazhar Bounafaa, président-directeur général (PDG) du groupe Hôtellerie Tourisme et Thermalisme (HTT), n’a pas fait dans la nuance.
Il a mis en exergue dans son discours un état des lieux qui fait ressortir les paramètres suivants : «Fort endettement, situation financière déstructurée avec certaines filiales au bord de la faillite, management archaïque loin des réalités managériales des structures touristiques d’aujourd’hui, ressource humaine à la fois pléthorique et insuffisamment formée, sensibilisée et impliquée, qualité des services loin des standards internationaux à l’exception des trois établissements : El Aurassi, Sofitel et Mercure.» Il faut ajouter à ce sombre tableau les équipements et infrastructures vétustes et inadaptés aux attentes du marché et des touristes. Il s’agit dorénavant de «bien conduire sa filiale selon des repérages négociés et consensuels entre la filiale et le groupe HTT».
Certains analystes affirment que l’Etat n’a pas vocation à gérer un hôtel. S’il y a un secteur dans lequel l’Etat devait se désengager, c’est bien celui du tourisme.
D’autres nuancent néanmoins en ajoutant qu’il y a peut-être des joyaux et des fleurons qui doivent rester dans le giron de la puissance publique (des hôtels historiques à Alger) tels qu’El Djazaïr ou El Aurassi, qui ont un cachet particulier.
Les schémas managériaux d’autrefois ont conduit à la situation catastrophique d’aujourd’hui. Le groupe HTT est obligé de changer son modèle de gestion.

Des défaillances en série
En gros, on distingue trois catégories d’hôtels en Algérie : le groupe HTT public, les privés avec une dominance de gestion familiale et la Société d’investissement hôtelier (SIH), chargée de construire des infrastructures hôtelières et de les mettre sous management international afin de donner l’exemple aux investisseurs et attirer les grands groupes hôteliers à investir en Algérie, et dirigé par le très influent directeur de Club des Pins, Hamid Melzi.
Une vaste opération de modernisation du parc hôtelier public a été lancée il y a quelques années. Elle vise non seulement la réhabilitation et la modernisation des infrastructures hôtelières publiques, dans l’objectif de les aligner sur les normes internationales en matière de prestations à la clientèle, mais aussi l’extension de leurs capacités d’accueil et la création de nouvelles prestations. Mais le rythme de concrétisation de ces projets a été jusque-là lent et les retards s’accumulent…
Selon Lazhar Bounafaa, «fin janvier 2018 est le délai fixé pour que tous les travaux de réhabilitation soient lancés et l’opération de réhabilitation des hôtels publics se terminera en 2021».
L’arrivée des chaînes est un élément créateur de valeurs pour le marché algérien, puisque chaque groupe va contribuer à travers ses propres réseaux de distribution internationaux, notamment les centrales de réservations et les bureaux de vente régionaux à l’échelle mondiale, à générer des clients et des nuitées pour les hôtels qui n’auraient pas existé sans leur présence. La présence des chaînes hôtelières est également bénéfique pour élever le niveau des produits et des prestations qui seront proposés à travers tout le pays.

Face à l’impasse financière, l’ouverture du capital des hôtels publics peut être une manière d’accroître leur rentabilité et renflouer les caisses. Mais selon les observateurs, l’Etat doit revoir les outils et les instruments réglementaires, former le personnel, créer un environnement propice et mettre l’accent sur le management.
Source El Watan

Les entreprises à privatiser en 2010

La décision de l’Etat tunisien d’aller vers une libéralisation progressive des entreprises publiques se poursuit. Les dernières en date prévues pour 2009/2010 sont au nombre de 12 :

– La Société Tunisienne de Sidérurgie “El Fouledh” : Augmentation de capital au profit d’un investisseur stratégique.

– La Compagnie Tunisienne de Navigation (CTN) : Ouverture de capital à hauteur de 25% dans le cadre d’une augmentation de capital par offre publique de souscription.

– La Société Nationale de Distribution de Pétrôle (SNDP) : Ouverture du capital à hauteur de 20% par offre publique de vente.

– La Société Tunisienne des Industries Pneumatiques ( STIP ) : Cession des participations publiques (51,59% du capital).

– La Société Tunisienne de Sucre (STS) : Cession des participations publiques (68% du capital).

– La Société Tunisienne de Réassurance (Tunis Ré) : Ouverture de capital dans le cadre d’une augmentation de capital par Offre Publique de Souscription (OPS).

– Les Assurances SALIM : Ouverture de capital dans le cadre d’une augmentation de capital par Offre Publique de Souscription (OPS).

– La Société Modern Leasing : Ouverture de capital dans le cadre d’une augmentation de capital par Offre Publique de Souscription (OPS)

– L’immobilière de l’Avenue : Introduction de la société dans le Marché alternatif.

– La Société Hôtelière Africa Sousse : (SHAS), Hôtel Sousse Palace : Vente de l’unité hôtelière.

– La Société Tunisienne d’Aviculture (SOTAVI) : Offre Publique de Vente (OPV) à hauteur de 19,84% du capital.

– La Société de Développement Agricole Lakhmès : SODAL (Gouvernorat de Siliana). 1 ferme : Cession des actifs et location des terres domaniales.

De nouvelles privatisations de banques en préparation

Pendant longtemps détenteur de 90% de six banques publiques, la Banque centrale de Libye prépare l’ouverture du capital de quatre autres banques : “Libyan Arab Foreign Bank”, “NCB”, et du mastodonte né de la fusion de “Jumhouria Bank” et “UMMA Bank, après avoir cédé 19% de “Sahara Bank” à la BNP, et de la “Wahda Bank”, à l’Arab Bank.

Ces opérations s’inscrivent dans le cadre de la réforme du système bancaire libyen, entamée en 2007.