Oussama Romdhani: La Tunisie, l’Occident et le « printemps arabe »

Bien que la Tunisie continue à bénéficier d’un préjugé favorable à Washington, il est peu probable que cela puisse se traduire par l’octroi d’une assistance à même de permettre au pays de surmonter les défis économiques et sécuritaires auxquels il est confronté.

 

 

Oussama Romdhani

D’aucuns à Washington, et dans le monde occidental en général, estiment que la Tunisie est l’exemple de ce que le « printemps arabe » aurait pu apporter. Pour d’autres, le cas de la Tunisie a parfois représenté le seul argument pouvant être invoqué pour justifier les attentes optimistes suite aux soulèvements qui ont secoué le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord après 2010.
L’expérience tunisienne est restée un cas à part malgré les généralisations impétueuses au sujet d’un invraisemblable effet de domino démocratique dans le monde arabe. Le Président tunisien Béji Caïd Essebsi a lui-même réfuté cette tendance. « Il n’y a pas ‘de printemps arabe’, a-t-il dit, « en fait, il n’y a qu’un début de « printemps tunisien ».
Pour la plupart des occidentaux, le cas de la Tunisie vient tout simplement rappeler, a contrario, les guerres, la violence et la dévastation qui continuent de ravager nombre de pays de la région depuis 2011. 
Aujourd’hui, la question qui revient à l’esprit de la majorité des Américains et des Européens est de savoir pourquoi la transition pacifique qui a été possible en Tunisie ne l’a pas été dans d’autres pays arabes.
La réponse, qui échappe toujours à de nombreux Occidentaux est que, depuis son indépendance voire même depuis le XIXe siècle, la Tunisie a connu une évolution différente de celles de la plupart des autres pays arabes. En 2010, la société tunisienne était nettement en avance par rapport au régime politique en place; et c’était seulement la réticence du pouvoir d’introduire les réformes idoines qui avait précipité la révolution. Pareilles conditions n’existaient pas dans d’autres pays arabes et leur absence ne pouvait être compensée ni par les interventions étrangères ni par les violences. Celles-ci ne pouvaient qu’aggraver la situation, chose qu’elles n’ont pas tardé à occasionner.
Tout en bataillant pour préserver ses acquis, la Tunisie n’est pas pour autant au bout de ses peines. Elle cherche toujours les moyens lui permettant de remettre son économie sur les rails, de donner de l’espoir à sa jeunesse mécontente et de protéger le pays du terrorisme.
Les responsables et experts américains savent pertinemment les nombreux défis devant être relevés par la Tunisie. Seulement, les Américains, comme les Européens, sont trop absorbés par leurs propres préoccupations internes pour envisager une initiative majeure de soutien économique à la Tunisie.
De toute évidence, le temps des Plans Marshall est définitivement révolu.
S’il est vrai que pratiquement toute la classe politique et les experts US souhaitent voir la Tunisie réussir sa transition démocratique, il faut vraiment chercher longtemps pour trouver parmi eux quelqu’un qui soit disposé à prôner la prise en charge de la facture des défis économiques et sociaux en Tunisie.
Aussi paradoxal que cela puisse paraitre,  il est relativement décevant pour certains que la transition démocratique et paisible en Tunisie soit en fait une exception et non un modèle pouvant être dupliqué dans le reste de la région.
Dans le discours politique américain, l’on peut déceler des traces du  « Freedom Agenda » du président américain George W. Bush ou des autres incarnations connexes de l’ère Obama.  Mais désormais face aux situations actuelles de crises et de conflits, les décideurs politiques européens et américains sont de plus en plus enclins à se contenter d’objectifs moins ambitieux que la promotion de la démocratie. La recherche de la paix et de la sécurité est désormais un objectif plus réaliste et suffisant.
Bien que l’expérience tunisienne trouve toujours une place importante au cœur du débat sur l’engagement américain dans le monde arabe, la nature du débat lui-même a cependant beaucoup changé. La détérioration de la situation dans la région depuis 2011 a engendré une quête non avouée d’hommes forts pouvant au moins maîtriser les événements. Il fait dire qu’une telle tendance se constate aussi bien au sein de la classe politique en Occident que dans de nombreux pays arabes.
La politique libyenne de l’Occident en est la meilleure illustration. La priorité, pour les Etats-Unis et l’Europe, serait de trouver quelqu’un ou quelque chose à même de contrecarrer les risques de l’immigration illégale et de la contagion djihadiste. De nombreux Libyens voudraient eux-aussi trouver quelqu’un ou quelque chose qui leur rendrait la vie supportable. Pour l’instant, les citoyens de la Libye, ainsi que ceux de la Syrie, de l’Irak et du Yémen, sont beaucoup plus préoccupés par leur survie plutôt que par la promotion de la démocratie. 
Face à l’expérience tunisienne, de nombreux défenseurs occidentaux de la démocratie sont plutôt déçus de constater qu’une transition démocratique réussie ne se soit pas révélée être un antidote efficace contre l’extrémisme et le terrorisme ; d’où leur incapacité à comprendre comment un pays qui a reçu le prix Nobel de la paix pour avoir réussi sa transition démocratique soit en même temps un pays exportateur de terroristes.
La relation entre la Tunisie et l’Occident n’est pas sans autres paradoxes.
Tout comme les Américains et les autres occidentaux qui arrivent à peine à dépasser leur conviction simpliste que l’expérience tunisienne pourrait être d’une façon ou d’une autre reproduite à travers la région, les Tunisiens sont en train de se libérer doucement de l’idée chimérique que l’Occident viendrait à leur secours avec des moyens conséquents.
La Tunisie ne doit pas, et ne devrait pas, s’attendre à ce que les Etats-Unis ou l’Europe viennent la sauver.
Bien que la Tunisie ait encore un long et difficile chemin à parcourir, elle est cependant en mesure d’arriver à bon port en comptant sur ses propres ressources, et ce, tout en prenant en compte certaines considérations.

 

 

 

 

– Une vue générale des équipements militaires offerts par les Etats-Unis à la Tunisie- REUTERS/Zoubeir Souissi

Il est du devoir de la classe politique en Tunisie de concentrer son énergie sur la bataille de la transition socio-économique — bataille qu’elle peut remporter — plutôt que sur les querelles intestines inutiles.
Toutefois, la relance économique en Tunisie d’une manière durable est tributaire dans une large mesure d’une solution permanente au problème libyen. C’est justement là où les Etats-Unis et l’Occident pourraient apporter leur aide à la Tunisie en redoublant d’effort à l’échelle internationale pour arriver à un règlement permanent et réel de la crise libyenne.
Les Etats-Unis disent appuyer l’initiative des Nations Unis en Libye conduite par le médiateur libanais Ghassan Salamé. Fort du soutien de l’opinion US, Washington semble aussi déterminé  à entrer en action en Libye si « l’Etat Islamique » relève trop la tête de nouveau en Libye. Une enquête récente du Middle East Institute à Washington a indiqué que 82% des Américains interrogés seraient favorables à l’entrée en guerre des Etats-Unis contre « l’Etat Islamique ».
Même si les Etats-Unis décidaient de s’engager davantage en Libye pour faire face à une résurgence de « l’Etat Islamique », il est peu probable que cela puisse mener à un progrès tangible sur la voie d’un règlement durable du conflit en Libye. Comme ce fut le cas pendant l’Opération “ Odyssey Lightning ” en Libye en 2016 et, comme c’est le cas actuellement en Syrie, l’engagement américain est essentiellement militaire et fait la distinction entre efforts militaires et efforts politiques nécessaires pour une solution globale du problème. Les Européens, quant à eux, avancent en rangs dispersés et dans le sens de leurs propres intérêts nationaux.
Pourtant, une solution en Libye apporterait la paix aux Libyens et une meilleure sécurité pour l’Europe. Pour la Tunisie, cela se traduirait en frontières plus sûres, davantage d’emplois et de plus grandes opportunités en matière de commerce. « Nous estimons que la crise en Libye aurait contribué à hauteur de 24%  dans la chute du taux de croissance économique en Tunisie pendant les cinq années de 2010 à 2015 », relève la Banque mondiale dans un récent rapport.  C’est justement cette relation entre conditions socio-économiques et considérations sécuritaires qui devrait motiver les Etats-Unis et l’Europe pour aider la Tunisie.
Toutefois, la Tunisie ne peut pas se permettre le luxe d’attendre jusqu’à ce que les Etats-Unis et l’Europe perçoivent un tel objectif comme étant une priorité ou qu’ils se penchent sérieusement et constructivement sur le règlement du dossier libyen.
Des facteurs régionaux et locaux font que la Tunisie aura à mener elle-même sa  bataille pour s’assurer que les transformations politiques déjà réalisées puissent mener à des changements socio-économiques tout aussi significatifs. Des succès socio-économiques en Tunisie garantiraient à long terme la sécurité et la stabilité de la Tunisie ainsi que celles des autres pays de la Méditerranée. Mais, aujourd’hui, aussi bien l’Europe que l’Amérique ne sont préoccupées malheureusement que par le court terme.
Le pire des scénarios pour la Tunisie et l’Occident serait que les pays occidentaux n’optent pour l’indifférence à l’égard de l’avenir de la Tunisie et que les Tunisiens sombrent quant à eux dans le désenchantement. Mais, quoi qu’il en soit, le « printemps tunisien  » ne saurait être que la résultante de l’effort des Tunisiens eux-mêmes. Le soutien occidental viendra après.

Oussama Romdhani

Rédacteur-en-chef de l’hebdomadaire The Arab Weekly

Une version anglaise de cette analyse a été précédemment publiée par le site du think tank américain The Atlantic Council.
Source : The Arab Weekly et Leaders / Afrique-Asie.fr
http://www.leaders.com.tn/article/23444-oussama-romdhani-la-tunisie-l-occident-et-le-printemps-arabe

 

Mohamed Bouazizi, l’ivrogne qui a mis le feu à la Tunisie

Aujourd’hui, quatre années jour pour jour se sont écoulées sur le 17 décembre 2010, lorsqu’un jeune homme de Sidi Bouzid s’est immolé, mettant ainsi le feu à la Tunisie, qui a servi de mèche à la poudrière arabe. Au bout de quatre semaines d’émeutes, de désinformation intense et de trahison de certains hauts gradés de l’armée et du ministère de l’Intérieur, l’Etat tunisien est tombé, ouvrant ainsi la voie à sa mise sous tutelle américaine et à la déflagration des Etats-Nations arabes. Retour sur un fait divers qui a fait basculer le destin de la Tunisie, de la défunte Libye, de l’Egypte, du Yémen et de la pauvre Syrie.

 

 

Du nom du suicidé à la raison de son acte, en passant par son niveau scolaire, tout était faux dès le début de ce qu’on allait bientôt appeler la « révolution du jasmin ». Le marchand de légumes ne s’appelait pas Mohamed mais Tarek Bouazizi, né le 24 mars 1984 à Sidi Bouzid. Fayda Hamdi, l’agente de la mairie, et non pas policière, ne l’a jamais giflé. C’est plutôt ce jeune alcoolique sans éducation qui l’avait bousculé et traité de tous les noms parce qu’elle a voulu faire respecter la loi. Tarek Bouazizi n’était pas un bac plus quatre mais un bac moins trois.

 

Tarek Bouazizi n’appartenait pas à une famille extrêmement pauvre de Sidi Bouzid mais à une famille moyenne, comme 50% des Tunisiens, les pauvres, les vrais pauvres, représentants 17% de la population tunisienne. Il ne faisait pas le marchand ambulant pour nourrir sa famille mais pour se saouler tous les soirs avec des rebuts comme lui. Après chaque beuverie, il battait sa mère Mannoubia, que rien n’intéressait plus que l’argent et avec laquelle il avait un compte psychologique à solder et un lourd contentieux psychiatrique à régler : après le décès de son mari Taïeb avec lequel elle a eu trois enfants dont Tarek, elle a épousé son beau-frère, c’est-à-dire l’oncle paternel de Tarek, avec lequel elle a eu quatre autres enfants.

 

Fayda Hamdi, le bouc-émissaire parfait

 

Le 17 décembre 2010, Fayda Hamdi (47 ans), une agente municipale Bac plus trois et ex-secrétaire au gouvernorat de Sidi Bouzid rétrogradée pour laisser son poste à un candidat pistonné, contrôle Tarek Bouazizi, qui est un marchand de légumes ambulants et sans patente. « Tu dois faire comme tous les marchands ici, obtenir une autorisation pour exercer en toute légalité », lui dit-elle. Vulgaire et violent, celui-ci lui répond, « Vas te faire… » ! Elle fait alors semblant de lui confisquer sa balance et lui rétorque, « avec quoi tu vas peser maintenant ? » Toujours violent et menaçant, il lui répond : « avec tes seins de pu… ».

 

Fayda Hamdi raconte : « Je lui ai dit de partir. Il a commencé à crier. Il m’a bousculée. J’ai voulu confisquer sa balance et sa marchandise. Il a résisté, me blessant à la main. Il m’a insultée, dit de très gros mots. Il a essayé d’arracher les épaulettes de mon uniforme. Des renforts sont arrivés… ». C’est  alors que tout le matériel de cet ivrogne a été confisqué par d’autres agents municipaux arrivés à la rescousse. Après une soûlerie de trois heures, Tarek Bouazizi se rend au gouvernorat où personne n’a voulu le recevoir. Moins d’une heure plus tard, il s’immole par le feu devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid.

 

Le 19 avril 2011, après quatre mois de détention arbitraire à la prison de Gafsa, le tribunal de première instance de Sidi Bouzid a ordonné un non lieu qui innocente totalement Fayda Hamdi. Comme beaucoup d’autres femmes tunisiennes autrefois émancipées et sans complexe grâce au Code du Statut Personnel de Bourguiba, elle a mis le voile et intégrée un poste de secrétaire dans une ville loin de Sidi Bouzid.

 

Selon Farhat Rajhi, Bouazizi « était un clochard, un moins que rien »

 

Contrairement aux cybers-collabos qui ont gardé l’omerta, Lamine al-Bouazizi, un syndicaliste vendu à l’ambassade des Etats-Unis à Tunis et en contact permanent avec la cellule noire d’Al-Jazeera, a eu l’imprudence de tout avouer à un journaliste de Libération. Ce mercenaire raconte: « En fait, on a tout inventé moins d’une heure après sa mort. On a dit qu’il était diplômé chômeur pour toucher ce public, alors qu’il n’avait que le niveau bac et travaillait comme marchand des quatre-saisons. Pour faire bouger ceux qui ne sont pas éduqués, on a inventé la claque de Fayda Hamdi. Ici, c’est une région rurale et traditionnelle, ça choque les gens (…) Il a suffi de quelques coups de fil pour répandre la rumeur. De toute façon, pour nous, c’était un détail, cette claque. Si Bouazizi s’est immolé, c’est parce qu’on ne voulait pas le recevoir, ni à la mairie ni au gouvernorat » (article de Christophe Ayad, « La révolution de la gifle », Libération du‎ 11 juin 2011). Ce syndicaliste vendu aux USA et au Qatar a oublié seulement de dire que cette opération de désinformation n’était pas un produit du terroir mais venait d’Outre-Atlantique !

 

Mohamed Bouazizi, le tunisien qui a mis le feu dans le monde arabe, ne travaillait pas pour sa famille, qui n’en avait pas besoin, contrairement aux milliers d’autres familles démunies de cette région et d’autres encore plus paupérisées, mais pour se saouler la gueule tous les soirs avec la racaille de son espèce. De la bouche même de Farhat Rajhi, ministre de l’Intérieur du premier gouvernement postrévolutionnaire, Tarek Bouazizi « est un clochard, un moins que rien, le genre de type à éviter quand tu te promènes dans la rue avec ta femme ou ta sœur » (« Tunisie, grandeur et décadence de Mohamed Bouazizi », Kapitalis du 23 juin 2011).

 

Selon Adnène Mansar, Bouazizi « n’était pas la victime mais le contraire »

 

Historien de formation, le conseiller de Moncef Marzouki  et porte-parole de la Présidence a eu la sincérité et le courage de dire la vérité aux Tunisiens. Dans une interview accordée au quotidien jordanien Al-Doustour, le 11 mars 2014, Adnène Mansar, a fini par reconnaitre que « l’affaire Bouazizi est une pure légende, et il n’y a pas de révolution sans légendes ». Pour lui, « cette affaire n’était pas inédite. Six ou sept mois auparavant, un citoyen de Monastir, un vendeur ambulant, s’est immolé par le feu parce que les autorités locales l’empêchaient de travailler. Il ne s’est rien passé alors. De même que lors des événements du bassin minier  de Gafsa, où il y a eu des morts par balles…Seulement, avec l’affaire Bouazizi, il y a eu des jeunes qui ont fait de lui une légende. On lui a alors attribué un niveau d’étude supérieur, ce qui était totalement faux : Bouazizi n’avait même pas le baccalauréat, il n’était pas la victime dans e qui s’est passé mais le contraire. C’est lui qui avait tort, c’est lui qui a agressé l’agente municipale et l’a humilié verbalement et physiquement. Mais les jeunes ont construit cette légende grâce à facebook et aux vidéos envoyées à Al-Jazeera…Même sa photo qui a été diffusée était trafiquée…Cet incident a pris de telles proportions en raison du tribalisme et du clanisme qui sont encore très forts à Sidi Bouzid…Après six ou sept mois, plus personne en Tunisie ne parlait de Mohamed Bouazizi. Bien au contraire, sa famille est devenue détestée…Certains membres de la famille Bouazizi ont profité de cette image et de cette propagande, mais les habitants de Sidi Bouzid savent que c’est une légende mensongère que la famille a exploité pour réaliser des profits. Certains émirs ont invité la mère de Bouazizi et lui ont donné de l’argent. Elle a fini par quitter son village pour acheter une maison dans la banlieue chic de Tunis… ».

 

’auteur de ce témoignage capital n’est pas un nostalgique de Ben Ali, ni un « suppôt » de l’ancien régime, mais un historien devenu conseiller politique de Moncef Marzouki et porte-parole de la présidence.

 

Le rôle des cybers-collabos à la solde des USA

 

Tout ce qu’a dit Adnène Mansar est parfaitement vrai, et nous le savions depuis le début. Les jeunes dont il parle et qui ont fabriqué le mythe Bouazizi sont la quinzaine de cybers-collabos dont nous avons dévoilé le véritable visage de traitres et de mercenaires, qui ont été formé par Freedom House par Open Society de George Soros et par l’organisation américano-serbe Otpor, pour déstabiliser la Tunisie et anéantir le monde arabe. Formatés, équipés et payés par leurs commanditaires, ils ont désinformé et induit en erreur des milliers de jeunes Tunisiens les transformant ainsi en soldats de l’impérialisme américain.

 

C’est à partir du suicide de Tarek Bouazizi que la machine de désinformation et de propagande s’est mise en branle. En relation directe avec des officines étrangères (américaines et européennes), un ramassis de cybers-collabos va créer une fiction tragique qui ne laissera pas indifférent la jeunesse tunisienne : l’histoire de « Mohamed » Bouazizi, un jeune chômeur bac plus quatre, humilié et giflé par une policière de Ben Ali. Le soir même, la chaîne de télévision islamo-sioniste, Al-Jazeera, relayait en boucle cette fiction tragique. Parmi ce ramassis de cybers-collabos initiés aux méthodes de l’organisation serbe OTPOR, une officine de la CIA, et financièrement soutenu par Freedom House, il y avait ceux qui étaient parfaitement conscients de travailler pour des puissances étrangères et ceux qui suivaient comme des moutons. Ces cybers-collabos sont connu de tous et il n’est pas nécessaire de rappeler ici leurs noms.

 

Initiés par leurs maîtres instructeurs aux techniques américaines les plus sophistiquées de la subversion et de la propagande, ces cybers-collabos tunisiens ont parfaitement bien rempli leur mission. Le changement de prénom (de Tarek à Mohamed Bouazizi ) était un clin d’œil à l’islamisme mobilisateur. Le bac plus 4 était une captation de la colère légitime des milliers de jeunes chômeurs diplômés. Le changement du statut professionnel de Fayda Hamdi, d’agente municipale à « flic de Ben Ali », était un moyen pour galvaniser les citoyens contre leur police nationale. L’armée, dont les cybers-collabos connaissaient le rôle « salvateur » le jour J, devait être épargnée. Consigne américaine oblige.

 

La nouvelle « sainte » Manoubia, mère du « martyr » Mohamed Bouazizi

 

Il n’y avait pas que des émirs du Golfe à récompenser la mère de la « révolution du jasmin », la nouvelle « sainte » Manoubia, à laquelle John McCain avait rendu visite pour lui rendre l’hommage qu’elle mérite, tout comme Jared Cohen, l’instructeur en chef des cybers-collabos Tunisiens et Arabes en général, que Samy Ben Gharbia appelait dans ses correspondances « Mon cher frère ». A la suite de la sortie de son livre, coécrit avec Eric Schmidt, « The New Digital Age », Jullian Assange, le créateur de Wikileaks, les avait publiquement accusés d’être des agents de la CIA au service de l’impérialisme.

 

Alors qu’elle avait été reçue en janvier 2011 par Ben Ali et perçu 80 000 dinars de « compensation », Manoubia Bouazizi a fait de son fils d’un premier mariage une marque de fabrique. « Jamais sans doute suicide n’aura été plus fécond que celui du fils de Manoubia Bouazizi », écrit Jeune Afrique dans son édition du 3 janvier 2012. La charrette de son fils « martyr » a été vendue à 160 000 dinars à un « philanthrope » qatari !

Contre argent, la chaine des Frères musulmans, Al-Jazeera a consacré deux reportages à cette femme vulgaire et agressive, qui a été d’ailleurs condamné en juillet 2012 à 4 mois de prison pour outrage à magistrat. Le premier reportage a été tarifé à 100 000 dinars, et le second, avec « l’option » larmes, à 250000 dinars. Avant de se raviser, le célèbre homme d’affaire Tarek Ben Ammar avait même l’intention de réaliser un film sur la vie du « martyr » Mohamed Bouazizi, dont sa sœur Hélé Ben Ammar, épouse Béji, avait fait un saint dans son article très révolutionnaire du 10 janvier 2011, dans le Nouvel Observateur.

 

Quatre ans après, plus personne ne parle de Tarek Bouazizi

 

Du 17 décembre 2010 au 17 décembre 2014, que de chemin parcouru dans la décadence politique, dans la ruine économique et dans la désolation sociale. Personne n’a célébré le quatrième anniversaire de la mort du « martyr », ni les ONG, ni les médias locaux, ni les partis politiques, à l’exception du microscopique CPR dont le fondateur Moncef Marzouki s’est rendu aujourd’hui à Sidi Bouzid pour entretenir la flamme éteinte de la “révolution” islamo-atlantiste. Populiste et imposteur, le mercenaire No 1 du Qatar a dit aux quelques habitants de cette ville venus le soutenir que ” Sidi Bouzid doit être fière du héro qu’elle a donné à l’humanité entière et qu’elle n’est pas uniquement le berceau de la révolution tunisienne mais aussi l’origine du printemps arabe”. En d’autres termes, que Sidi Bouzid est la cause de la mort de 320 000 Syriens, Irakiens, Egyptiens, Libyens, Yémenites et Tunisiens, et des 600 milliards de dollars que ce “printemps arabe” a coûté. 

La « sainte » Manoubia n’a pas assisté au meeting de Moncef Marzouki. Voisine des bourgeois de La Marsa, elle n’ose plus se rendre à Sidi Bouzid où sa côte de popularité est encore plus inférieur à celle du mercenaire No 1 du Qatar. Depuis déjà deux ans, la plaque honorant la mémoire de son fils à Sidi Bouzid même, a été détruite par les enfants du pays, des diplômés au chômage, des gens humbles, des personnes honnêtes et dignes, malgré la pauvreté et l’injustice sociale.

Tarek Bouazizi n’était pour rien dans la destruction de la Tunisie. Ce jeune paumé et ivrogne, comme il y en a des milliers en Tunisie, dont certains se sont d’ailleurs recyclés depuis dans le terrorisme local et international, notamment en Syrie et en Irak, n’a pas prémédité son acte suicidaire, encore moins la déstabilisation, l’occupation et l’islamisation de la Tunisie. Ceux qui en assument la responsabilité devant l’Histoire sont le ramassis de cybers-collabos activés par la CIA, sous le parapluie d’Alec Ross, le conseiller spécial d’Hillary Clinton, et Jared Cohen, l’organisateur de l’Alliance for Youth Movement (AYM), qui s’est tenue en décembre 2008 à Washington et qui a réunie tous les petits rats tunisiens, égyptiens, libyens, yéménites, syriens, algériens, marocains, du futur « printemps arabe ».

 

Ceux qui en assument la responsabilité devant l’Histoire c’est également l’armée virtuelle (facebook et tweeter) de renégats involontaires qui ont été trompés par les cybers-collabos et qui ont été galvanisés par la télévision islamo-atlantiste, Al-Jazeera. C’est aussi le général qui aurait dit Non à Ben Ali et Oui à Barack Hussein Obama, ainsi que l’autre général qui a trahi son Président en le persuadant de monter dans l’avion de la honte et de la félonie qui devait le conduire en Arabie Saoudite.

source tunisie-secret.com    par Karim Zmerli