Le Nobel de la Paix décerné à trois femmes du Sud

Décerné par l’Occident, le prix Nobel de la paix  a été conjointement attribué vendredi, pour la première fois de son histoire, à trois femmes: deux Libériennes, la présidente Ellen Johnson Sirleaf – actuellement en campagne – et la militante Leymah Gbowee. La troisième est une Yéménite, la journaliste Tawakkol Karman.

Première femme arabe à recevoir la prestigieuse récompense, la Yéménite a été la première à réagir. Elle a immédiatement dédié son prix au «printemps arabe», cet élan de révolte populaire qui a renversé ou ébranlé plusieurs régimes autoritaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient cette année.

Les trois lauréates sont récompensées «pour leur lutte non violente en faveur de la sécurité des femmes et de leurs droits à participer aux processus de paix», a déclaré à Oslo le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland.

Première femme à être démocratiquement élue à la tête d’un pays africain en 2005, Ellen Johnson Sirleaf, 72 ans, a oeuvré pour la reconstruction d’un pays ravagé par 14 ans de guerres civiles, qui ont fait quelque 250.000 morts et laissé une économie exsangue. Elle reçoit le Nobel quatre jours seulement avant une élection présidentielle incertaine au cours de laquelle elle brigue un second mandat. «Depuis son investiture en 2006, elle a contribué à assurer la paix au Liberia, à promouvoir le développement économique et social, et à renforcer la places des femmes», a fait valoir Thorbjoern Jagland.

D’abord soutien de Charles Taylor entré en rébellion contre le régime de Samuel Doe, elle en devient l’adversaire à la lumière des violences qui vaudront au chef de guerre devenu président (1997-2003) d’être jugé à La Haye pour des crimes de guerre et contre l’humanité.

Dès son investiture, elle a entrepris une opération de charme auprès des institutions financières internationales qui la connaissent bien: économiste formée à Harvard, cette mère de quatre enfants et grand-mère de huit petits-enfants a travaillé pour l’ONU et la Banque mondiale.

Ministre des Finances dans les années 1960 et 1980, son objectif est d’effacer la dette et d’attirer les investisseurs pour la reconstruction, ce qu’elle a en partie obtenu.

La lutte contre la corruption et pour de profondes réformes institutionnelles dans la plus vieille République d’Afrique subsaharienne, fondée en 1822 par des esclaves noirs affranchis venus des Etats-Unis, a toujours été au coeur de son action politique. Ce combat, d’où elle tire son surnom de «Dame de fer», lui a valu d’être envoyée deux fois en prison dans les années 1980 sous le régime de Samuel Doe. Mais la tâche est ardue, tant le Liberia est gangrené par les scandales de corruption et miné par les profondes déchirures issues des guerres fratricides.

L’accession au pouvoir d’Ellen Johnson Sirleaf a été rendue possible par le travail sur le terrain de Leymah Gbowee, «guerrière de la paix» à l’origine d’un mouvement pacifique qui contribuera, notamment à l’aide d’une «grève du sexe», à mettre fin à la deuxième guerre civile en 2003. Lancée en 2002, son initiative originale voit les femmes – toutes confessions religieuses confondues – se refuser aux hommes tant que les hostilités se poursuivent, ce qui oblige Charles Taylor, ex-chef de guerre devenu président, à les associer aux négociations de paix.

 

Contre les démons de la guerre, Leymah Roberta Gbowee a également recours à la prière. Elle exhorte les femmes à faire comme elle, à prier pour la paix, ce qu’elles font sans distinction de religion, souvent vêtues de blanc.

«Leymah Gbowee a mobilisé et organisé les femmmes au-delà des lignes de division ethniques et religieuses pour mettre fin à une longue guerre au Liberia et assurer la participation des femmes aux élections», a noté Thorbjoern Jagland.

Tawakkol Karman, journaliste féministe, symbole du printemps arabe

Issue d’un autre continent, la troisième lauréate, Tawakkol Karman, «aussi bien avant que pendant le printemps arabe», a elle aussi joué «un rôle prépondérant dans la lutte en faveur des droits des femmes, de la démocratie et de la paix au Yémen», a ajouté Thorbjoern Jagland.

Journaliste née en 1972, cette jeune femme frêle est une figure emblématique du soulèvement populaire contre le président contesté Ali Abdallah Saleh dans un pays conservateur où les femmes ne jouent pas de rôle de premier plan en politique. Elle a été l’un des principaux meneurs des manifestations estudiantines de janvier qui ont donné le coup d’envoi au soulèvement, ce qui lui valu d’être brièvement arrêtée.

Jusqu’à présent, seules 12 femmes avaient reçu le prix Nobel de la paix en 110 ans d’histoire, la dernière étant l’écologiste kényane Wangari Maathai qui vient de décéder.

Un record de 241 individus et organisations étaient en lice cette année pour le Nobel de la paix, une édition pour laquelle des acteurs du «printemps arabe» étaient donnés comme favoris.

Le prix sera remis à Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, l’industriel en explosifs et philanthrope suédois Alfred Nobel. Il consiste en une médaille, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (environ un million d’euros).

 

Les blogueurs activistes arabes se rencontrent à Tunis

La troisième rencontre des blogueurs arabes s’est ouverte lundi 3 octobre à Tunis. Des blogueurs venus d’une quinzaine de pays de la région vont échanger leurs expériences pendant quatre jours. Cette rencontre prend un sens particulier cette année dans le contexte des révolutions arabes, dans lesquelles le rôle des réseaux sociaux a été mondialement salué.

Tunis s’est imposée comme une évidence. Le premier pays arabe à avoir fait sa révolution accueille cette semaine quelque 80 internautes venus d’une quinzaine de pays de la région. Au programme des discussions, les blogueurs et la politique ou encore l’activisme en réseau.

« Nous devons redéfinir notre rôle, estime Doreen Khouri, membre du comité d’organisation. Que fait-on pour la transition démocratique ? Quel rôle joue-t-on en faveur de la transparence et pour que les gouvernements rendent compte de leurs décisions ? En même temps, nous devons nous concentrer sur les blogueurs qui couvrent les révolutions en cours. Il est plus important que jamais que les blogueurs s’entraident ». Elle est convaincue que les liens tissés pendant les précédentes rencontres des blogueurs arabes en 2008 et 2009 à Beyrouth ont aidé la blogosphère à s’organiser pour jouer un rôle dans le printemps arabe.

Emna el-Hammi, une blogueuse tunisienne de 30 ans, veut désormais être actrice de la transition démocratique. « On a vraiment une responsabilité. Le journalisme citoyen prend maintenant je pense un grand rôle après la révolution. Il alerte l’opinion public, il doit être vigilant, c’est les yeux du peuple », assure-t-elle.

Cette blogueuse tunisienne se présente à l’élection de l’assemblée constituante le 23 octobre. Trois jeunes cyber-activistes, une Tunisienne et deux Egyptiens, sont aussi cités pour le Prix Nobel de la Paix qui sera décerné vendredi 7 octobre à Oslo.


Programme chargé de Caïd Essebsi la semaine prochaine à Washington

L’invitation officielle adressée par le président américain au Premier ministre M. Béji Caïd Essebsi pour se rendre la semaine prochaine à Washington (du 3 au 7 octobre) ne manque pas de signification malgré les déclarations pro-israéliennes du président Obama qui décrédibilisent son soutien annoncé au Printemps arabe. Hommage à la révolution tunisienne, première à déclencher le Printemps arabe, soutien renouvelé au processus de transition démocratique, à la veille du scrutin du 23 octobre, mais aussi appréciation de l’œuvre accomplie par le gouvernement transitoire, précise-t-on à Leaders dans la capitale fédérale.

La rencontre Obama – Caïd Essebsi aura lieu le vendredi 7 octobre et sera marquée par un « entretien approfondi », c’est-à-dire bénéficiant d’une durée prolongée. Il sera suivi d’une conférence de presse commune à la Maison Blanche. Mais dès son arrivée à Washington, le Premier ministre aura un agenda fort chargé. C’est ainsi qu’il s’entretiendra avec  la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Hillary Rodham Clinton, des congressmen américains, notamment les sénateurs John Kelly et John MacCain, le président de la Banque mondiale, Robert Zoelick et hommes d’affaires.

M. Caïd Essebsi a été invité par l’Université de George Washington University pour donner une conférence sur la révolution tunisienne et le Printemps arabe.

Au cours de sa visite, le Premier ministre recevra les représentants de la communauté tunisienne établie aux Etats-Unis d’Amérique.

Signe d’intérêt des milieux universitaires américains pour la Tunisie, l’Ambassadeur des Etats-Unis à Tunis, M. Gordon Gray, était l’invité, lundi dernier de l’université de Wyoming, aux Etats-Unis pour donner une conférence sur la révolution tunisienne.

Source Leaders.com

Le Maroc accueille «les Assises sur les médias publics audiovisuels» 


Rabat accueille les 23 et 24 septembre 2011, «les Assises sur les médias publics audiovisuels». La rencontre, organisée par la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT) -l’établissement de radio et de télévision publique au Maroc-, s’inscrit pleinement dans la dynamique créée au Maroc, et dans le monde arabe, par le Printemps arabe.
Elle devra s’intéresser à de nombreux aspects relatifs aux mutations qu’engendre le Printemps arabe dans le monde des médias audiovisuels.
Les intervenants devront faire le tour de la question des mutations qui se dessinent pour l’audiovisuel public à travers de nombreux aspects aussi bien au niveau du contenu (ligne éditoriale et liberté d’expression) qu’à celui du droit (restructuration et organigrammes) et de l’économie (coûts et financement).
Une partie des travaux sera consacrée à des ateliers et à des témoignages. La rencontre verra la participation de professionnels des médias, d’experts et d’universitaires aussi bien marocains qu’étrangers.

De jeunes révolutionnaires tunisiens, libyens et syriens sur “le Campus“ de l’UMP

Organisé à Marseille, du 2 au 4 septembre prochain, le Campus de l’UMP va inviter des jeunes venus de Libye (proches du Conseil national de transition), de Tunisie et de Syrie (des jeunes opposants) afin de débattre du Printemps arabe. C’est-ce qu’a appris notre confrère lefigaro.fr auprès de la direction du parti présidentiel français, classé à droite.

La même source précise que “cette rencontre prendra la forme d’une table ronde programmée le vendredi 2 à 15H00, en ouverture des journées d’été du parti présidentiel“, et sera animée par Nadine Morano, déléguée générale de l’UMP aux élections et ministre de l’Apprentissage.

Mais en attendant, c’est le Parti socialiste qui ouvrira le bal sur les événements dans le monde arabe, et ce dès ce week-end à La Rochelle à l’occasion de son université d’été, avec notamment une réunion qui aura pour thème “les lendemains des printemps arabes”.


La Grande-Bretagne inquiète pour un Printemps arabe pro-occidental

 

Le chef de la diplomatie britannique William Hague craint que les mouvements engendrés par «le Printemps arabe» ne dérapent en raison de l’économie chancelante de ces pays, des luttes entre différentes factions et de mouvements contre-révolutionnaires.

Les pays impliqués dans “le Printemps arabe” risquent de connaître à l’avenir une période “turbulente et difficile”, prévoit le chef de la diplomatie britannique William Hague, quelques heures après l’expulsion par Londres de diplomates pro-Kadhafi.

Dans une interview au Times de jeudi, William Hague craint que les mouvements engendrés par “le Printemps arabe” ne dérapent en raison de l’économie chancelante de ces pays, des luttes entre différentes factions et de mouvements contre-révolutionnaires.

Dans les années à venir, le chef du Foreign Office prévoit “beaucoup de problèmes et de convulsions”, concernant ces pays.

“Les prochains mois pourraient être vraiment mouvementés et difficiles en Egypte”, juge M. Hague, ajoutant que “ce pays est la pièce du puzzle la plus importante dans le monde du Printemps arabe”.

Rejetant les critiques selon lesquelles la mission de l’Otan visant à déloger le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi prend trop de temps, M. Hague estime que le mouvements insurrectionnels en Libye pourraient se jouer sur une génération avant de porter ses fruits.

“On ne doit pas s’attendre à ce que tout soit réglé sans problèmes dans chaque pays (arabe). Ce n’est pas un jeu sur ordinateur, qui prend fin quand vous en avez assez de jouer”, estime le ministre britannique.

L’ancien responsable du parti conservateur britannique demeure toutefois optimiste. Il estime que la région ne devrait pas retourner sur la voie du despotisme, estimant même que le président syrien Bachar al-Assad, dont les forces ont tué des centaines de civils, pourrait être délogé dans les six prochains mois.


Algérie : Bouteflika promet de nouvelles réformes

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a promis samedi une “nouvelle page sur la voie des réformes globales”, y compris politiques, a rapporté l’agence APS. Cette annonce survient alors que des jeunes ont été tenus à l’écart de la Grande Poste d’Alger par la police. Des appels à la manifestation avaient été lancés sur Facebook.

“La levée de l’état d’urgence sera une nouvelle page ouverte sur la voie des réformes globales (…) qui ne sauront être fructueuses en l’absence de réformes politiques”, a dit le chef de l’Etat, dans un message adressé à une conférence à Mostaganem, dans l’ouest du pays.

Le 24 février, l’Algérie avait officiellement levé l’état d’urgence en vigueur depuis 19 ans. Cette mesure répondait à une exigence de l’opposition dans le contexte du printemps arabe, notamment au Maghreb.