Le printemps arabe profite à l’immobilier de luxe parisien

Face aux inquiétudes suscitées par les changements de régimes et aux risques de guerre civile dans la région, les grandes familles du Maghreb et du Machreq achètent des biens dans la capitale.

La transaction a été signée cet été. Une riche famille égyptienne a racheté à un groupe français un immeuble de 1000 m² à Paris pour un peu moins de 10 millions d’euros. Une opération mûrement réfléchie. Une fois qu’il aura refait à neuf ce bâtiment situé rue Saint-Philippe-du-Roule, dans le quartier de l’Élysée, le nouveau propriétaire compte le redécouper en grands appartements de 180 m² qu’il louera.

«Aujourd’hui, quelques ressortissants des nations concernées par le printemps arabe commencent à se positionner sur des immeubles à vendre à Paris alors qu’on n’en voyait pas avant», explique Nicolas Pettex, directeur général du réseau d’agences immobilières de luxe Féau. Leurs motivations sont simples: ils envisagent des investissements dans la pierre à Paris pour se constituer un patrimoine. Une poire pour la soif si leur fortune était brutalement réduite à néant dans leur pays à cause d’un changement politique.

Mais avant d’acheter des immeubles, ils commencent par acquérir des appartements dans les quartiers chic de Paris. Des pied-à-terre suffisamment grands pour devenir leur résidence principale en cas de coup dur. «En 2012, nous aurons réalisé 50% de notre chiffre d’affaires avec des particuliers venus de ces pays (Liban, Syrie, Tunisie, Égypte…)», souligne Jean-Philippe Roux, directeur de John Taylor Paris, un spécialiste de l’immobilier haut de gamme.

Les Libanais en pointe

Les plus actifs? Les Libanais. Effrayés par le risque de voir la guerre civile en Syrie gagner leur pays, ils investissent d’autant plus facilement à Paris que beaucoup sont francophones. Récemment, l’un d’eux a acheté près de 7 millions d’euros un appartement dans le VIIe arrondissement. Un bien d’un peu moins de 300 m² avec vue sur la tour Eiffel. «J’ai même eu un client libanais qui a acquis 100 m² à 1,3 million d’euros avenue Victor-Hugo sans visiter l’appartement mais en visionnant des photos», témoigne Frank Sylvaire, directeur de l’agence immobilière haut de gamme Sotheby’s Realty Paris Ouest.

Et ce flot de clients venus du Maghreb et du Proche-Orient n’est pas près de se tarir. Actuellement, deux Égyptiens recherchent une propriété de 600 à 700 m² avec six ou sept chambres du côté de l’avenue Foch. Pour réaliser leur rêve, ils disposent d’un budget de 30 à 45 millions.

Toutefois, l’État français, via Tracfin, fait la chasse aux investissements susceptibles d’être du blanchiment d’argent. Ou aux opérations réalisées par des persona non grata. «Nous avons refusé de nous occuper de la vente d’un immeuble place des États-Unis, dans le XVIe arrondissement, appartenant à la famille de l’ex-dictateur tunisien Ben Ali, car nous savions que la vente serait bloquée», raconte Thibault de Saint-Vincent, président du réseau d’agences immobilières de luxe Barnes.


Eclaircie pour le tourisme tunisien

Le tourisme reprend en Tunisie après l’année catastrophique enregistrée en 2011 en raison de la prise du pouvoir par les révolutionnaires tunisiens. Toutefois, la fréquentation des étrangers reste encore sensiblement inférieure à 2010 et les autorités pensent que le retour à la situation antérieure interviendra en 2013.

Avec les troubles politiques, le nombre de touristes était passé à moins de 5 millions en 2011 contre 7 millions l’année précédente.

La reprise s’annonce bien avec une fréquentation en hausse de 40% au premier semestre 2012 par rapport au premier semestre 2011, au plus fort de la crise.

Les prévisions pour les mois à venir sont bonnes également : le ministre du Tourisme tunisien a annoncé un taux de réservation de 85% en juillet, 68% en août et encore 60% en septembre.

Toutefois, le nombre de touristes français, de loin les plus nombreux devant les Allemands, est encore inférieur d’un tiers aux 8,7 millions de nuitées par an d’avant les événements politiques. Les Tunisiens pensent revenir à la normale dès l’année prochaine.

Le tourisme représente 7% du PIB tunisien et 400 000 emplois directs ou indirects. En 2010, le secteur touristique a rapporté plus de 3 milliards d’euros au pays. La Tunisie a également des ambitions de développement. Le gouvernement attend 10 millions de touristes en 2016 pour près de 5 milliards d’euros de recettes.

Début des élections législatives en Algérie

Les électeurs algériens ont commencé à se rendre aujourd’hui aux urnes pour élire leurs députés lors d’un premier scrutin test organisé après le Printemps arabe. Les bureaux de vote ont ouvert à 8h pour permettre à plus de 21,5 millions d’électeurs de voter jusqu’à 19h00 locales pour désigner 462 députés au cours de ce scrutin à la proportionnelle à un tour, selon les autorités.

Rachid Zeroual, ancien militant du Front de Libération Nationale et ancien adjoint au maire d’Alger, faisait partie des premiers électeurs à glisser le bulletin dans l’urne dans un bureau installé dans le quartier historique d’Alger. “Il faut donner plus de chance à cette jeunesse après 50 ans au pouvoir. L’ancienne génération doit maintenant passer le flambeau. Moi j’ai voté pour un profond changement comme l’a déclaré le président Bouteflika”, a déclaré M. Zeroual.

Hier, le président Abdelaziz Bouteflika a incité les Algériens, surtout les jeunes, à voter alors que la plupart d’entre eux se déclarent indifférents à la vie politique. M. Bouteflika, 75 ans, leur a assuré que “sa génération avait fait son temps” en Algérie, qui fête cette année ses 50 ans d’indépendance.

Le taux de participation devrait être connu après la fermeture des bureaux de vote et les premiers résultats annoncés demain dans la matinée. Le scrutin sur l’ensemble du territoire a été placé sous l’observation de quelque 500 étrangers, dont près de 150 observateurs de l’Union européenne, d’autres de la Ligue arabe, de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) de l’ONU et d’ONG militantes américaines.

Les premiers scrutins itinérants ont également commencé dans le sud désertique du pays où vivent des populations nomades, tandis qu’à l’étranger les Algériens ont commencé à voter depuis le 5 mai pour élire 8 députés.


Enquête ASDA’A Burson-Marsteller 
sur les aspirations de la jeunesse arabe

Un an après le Printemps arabe, les préoccupations économiques prennent le pas sur les aspirations politiques.

Paris, le 3 mai 2012 – Un salaire jugé « décent » et l’accession à la propriété sont les deux principales priorités des jeunes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, supplantant la démocratie en tête de leurs aspirations. C’est ce qui ressort des résultats de l’enquête d’ASDA’A Burson-Marsteller sur la jeunesse arabe 2012, la plus vaste de ce type menée dans la région.


La 4ème enquête annuelle d’ASDA’A Burson-Marsteller sur la jeunesse arabe est basée sur 2 500 entretiens menés en tête-à-tête entre décembre 2011 et janvier 2012 par le cabinet international de sondage Penn Schoen Berland (PSB), un an après le début du Printemps arabe. Agées de 18 à 24 ans, les personnes interrogées sont issues de 12 pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord : Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie Saoudite et Emirats Arabes Unis, Égypte, Liban, Jordanie, Irak et pour la première fois Libye et Tunisie.

 

Les enseignements principaux de l’enquête d’ASDA’A Burson-Marsteller :

 

·         L’augmentation du coût de la vie est la préoccupation n°1 de la jeunesse arabe

o   63 % se disent « très préoccupés » par le coût de la vie, contre 57 % en 2011 ;

o   Bénéficier d’un salaire « décent » est « très important » pour 82 % d’entre eux.

 

·         La démocratie reste perçue comme un facteur majeur de progrès

o   72 % estiment que le Printemps arabe a été bénéfique pour la région ;

o   41 % considèrent le déficit de démocratie comme le principal obstacle au développement de la région ;

o   Dans le même temps, on observe une baisse de 10 points du nombre de jeunes jugeant « très important » de vivre en démocratie (58 % en 2012 contre 68 % en 2011).

 

·         Les valeurs traditionnelles en perte de vitesse mais toujours centrales

o   La plupart des jeunes des 12 pays de l’étude estiment que les valeurs traditionnelles sont essentielles ; le pourcentage de jeunes considérant que ces valeurs sont démodées continue cependant de croître.

 

·         Les Émirats Arabes Unis et la France érigés en modèles

o   Les jeunes Arabes citent les Émirats Arabes Unis comme le pays où ils préféreraient vivre et dont leur propre pays devrait s’inspirer.

o   Parmi les pays étrangers, c’est la France qui obtient leur faveur, 46 % indiquant avoir des sentiments « très favorables » à son endroit.

 

·         L’intérêt de la jeunesse arabe pour l’actualité et les médias explose, et place Internet en réel challenger des médias traditionnels

o   52 % des personnes interrogées disent se tenir au courant de l’actualité et de la situation politique chaque jour, contre 18 % en 2011.

o   Aujourd’hui, la lecture ou la rédaction de blogs est la première activité online des jeunes de la région, 61 % affirmant s’intéresser aux blogs contre 29 % en 2011.

o   Malgré une baisse, la télévision reste la source d’information de prédilection des jeunes arabes (62 %).

 

« Les formidables promesses de la jeunesse arabe transparaissent dans toute l’enquête : le niveau croissant d’engagement en politique, le recours de plus en plus poussé à la technologie et les espoirs raisonnables placés dans l’ère post-Printemps arabe », déclare Jeremy Galbraith, Directeur Général de Burson-Marsteller EMEA. « En recueillant les opinions de jeunes issus tant des villes modernes des pays riches du Golfe que des zones rurales du Levant et d’Afrique du Nord, poursuit Galbraith, l’enquête d’ASDA’A Burson-Marsteller auprès de la jeunesse arabe offre des données vérifiables de grande valeur à ceux qui s’intéressent au futur de cette région jeune en rapide mutation. »

 

« Dix-huit mois après le début du Printemps arabe, nous savons tous que les jeunes du Moyen-Orient sont décidés à se forger un futur plus prometteur encore », déclare pour sa part Joseph Ghossoub, P-dg du groupe MENACOM, le groupe régional auquel appartient ASDA’A Burson-Marsteller. « Si ces jeunes gens font part de leur profonde inquiétude en matière de coût de la vie et de prix de l’immobilier notamment, ils restent résolument optimistes. Il est très encourageant de constater que la jeunesse arabe envisage l’avenir avec sérénité. »

 

« Depuis 2008, nous menons l’étude la plus vaste et rigoureuse sur l’attitude des jeunes Arabes au bénéfice des parties-prenantes de la région : gouvernements, entreprises privées et groupes de la société civile » explique Sunil John, Directeur Général d’ASDA’A Burson-Marsteller. « Cela représente pour nous un investissement considérable mais il est essentiel de pouvoir nous appuyer sur des données fiables ici, au Moyen-Orient, où les informations sur l’opinion publique ne sont disponibles qu’au compte-gouttes. L’enquête d’ASDA’A Burson-Marsteller fournit un large éventail de données clés qui aideront les gouvernements et nos clients dans leur prise de décision dans la région. »

 

Pour consulter l’intégralité des résultats de l’enquête :

http://www.arabyouthsurvey.com


Sommet de l’UA sous influence occidentale: hommage au «printemps arabe» et appel au respect des droits des homosexuels

Le 18ème sommet des dirigeants de l’Union africaine s’est ouvert ce dimanche 29 janvier à Addis-Abeba, en Ethiopie. L’Union africaine a élu son nouveau président : le chef de l’Etat du Bénin, Thomas Boni Yayi. Plusieurs personnalités ont déjà pris la parole à la tribune. Parmi elles, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, qui a défendu les droits des homosexuels sur le continent ; et le nouveau président tunisien Moncef Marzouki, qui faisant éloge du « printemps arabe » a mis en garde « tous les régimes dictatoriaux ».

En revanche, signe de l’influence politique occidentale, rien de concret n’a été dit sur l’alimentation, la santé, le travail, l’eau, l’éducation, etc.

Sur la forme, comme sur le fond, le nouveau président tunisien s’est distingué. Vêtu d’une simple veste, sans cravate, Moncef Marzouki s’est fait en arabe, en français et en anglais l’avocat des printemps arabes. « Notre révolution a envoyé un message », a-t-il déclaré. « Les révolutions vont balayer tous les régimes dictatoriaux, rien ne pourra arrêter les peuples qui décident de rompre les chaînes », a prévenu Moncef Marzouki.

Un tabou a été brisé lors de cette cérémonie d’ouverture. Pour la première fois à la tribune de l’Union africaine, l’homosexualité africaine a été publiquement évoquée. Le secrétaire des Nations unies a lancé un appel à la fin des discriminations homosexuelles en Afrique, une allusion à peine voilée aux législations homophobes en Ouganda et au Cameroun.

Et alors que ce sommet est officiellement consacré au renforcement du commerce entre les Etats d’Afrique, Ban Ki-moon a aussi rappelé que le futur du continent dépend également du développement des droits de l’homme. Le Premier ministre libyen s’est également exprimé pour signifier que la Libye nouvelle avait définitivement tourné la page du colonel Kadhafi le roi des rois d’Afrique.

A l’issue de cette cérémonie, l’Equato-Guinéen Obiang Nguema a cédé le marteau de président de séance à son homologue béninois Boni Yayi qui va présider l’organisation pendant un an.


Le Printemps arabe inquiète Benoît XVI

    • La liberté religieuse est le «premierdes droits de l’homme», estime le Saint Père.
    • coeur-.gifLa cérémonie est d’une courtoisie exquise mais elle était, lundi, emprunte d’une certaine gravité. Elle se déroule dans la salle royale du Vatican. Chaque début d’année les 178 ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège présentent leurs vœux à Sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Il leur répond par un discours de géopolitique, toujours très attendu dans les chancelleries. Le texte est rédigé en français, qui reste la langue de la diplomatie du Vatican.
    • Mais, lundi matin, dans cette langue qu’il manie avec un plaisir évident, Benoît XVI n’a pas caché ses inquiétudes pour commenter l’année écoulée et envisager l’avenir. «Le moment actuel, a-t-il confié, est malheureusement marqué par un profond malaise et les diverses crises, économiques, politiques et sociales, en sont une expression dramatique. »
    • Une crise économique et financière sur laquelle il ne s’est pourtant pas étendu. Sinon pour rappeler à l’Occident qu’elle touche encore plus «les pays en voie de développement ». Et que cette «crise peut et doit être un aiguillon pour réfléchir sur (…) l’importance de sa dimension éthique avant même de le faire sur les mécanismes qui gouvernent la crise économique ».
    • Benoît XVI estime certes qu’il faut chercher «à endiguer les pertes individuelles ou celles des économies nationales » mais qu’il faut surtout que la communauté internationale se donne de «nouvelles règles ».
    • La pointe de son propos de lundi était toutefois ailleurs. Sans le nommer explicitement il a commenté comme jamais le printemps arabe. «Il est difficile actuellement de tracer un bilan définitif des récents événements et d’en comprendre pleinement les conséquences pour les équilibres de la région », a-t-il analysé, mais «l’optimisme initial a cédé le pas à la reconnaissance des difficultés».
    • « Droits fondamentaux »
    • Le Saint Père a aussitôt placé, comme «voie adéquate » pour la reconstruction, la «reconnaissance» des «droits fondamentaux » de la personne humaine. Ils sont les remparts contre «toute discrimination injuste, en particulier d’ordre religieux ». Et Benoît XVI de marteler: «Le respect de la personne doit être au centre des institutions et des lois et doit conduire à la fin de toute violence (…).»
    • Évoquant alors la Syrie, le Pape a fait part de sa «grande préoccupation » et de son souhait de voir «une rapide fin des effusions de sang et le commencement d’un dialogue fructueux entre les acteurs politiques favorisé par la présence d’observateurs indépendants ».
    • Mais la question de la «liberté religieuse » est très vite revenue quand il a rendu hommage au ministre pakistanais Shahbaz Bhatti, «dont l’infatigable combat pour les droits des minorités s’est achevé par une mort tragique. Il ne s’agit pas, malheureusement, d’un cas unique », a-t-il constaté.
    • La liberté religieuse, «premier des droits de l’homme », est ainsi «trop souvent» «limité ou bafoué», a-t-il alors dénoncé. Ainsi «dans de nombreux pays, les chrétiens sont privés des droits fondamentaux et mis en marge de la vie publique ; dans d’autres, ils souffrent des attaques violentes contre leurs églises et habitations», évoquant, au passage, le Nigeria. Quand ces chrétiens ne sont pas contraints, a-t-il déploré, à «abandonner des pays qu’ils ont contribué à édifier » parce qu’ils sont relégués au rôle de «spectateurs secondaires de la vie nationale ».
    • Profitant de ce parterre international, Benoît XVI a alors repris le cri qu’il avait poussé à Assise en octobre dernier: «Le terrorisme motivé religieusement a fauché l’an passé de nombreuses victimes, surtout en Asie et en Afrique.» Mais «telle n’est pas la vraie nature de la religion, c’est au contraire son antithèse », a-t-il assuré. Ce message, estime-t-il, les responsables religieux «doivent le répéter avec force et fermeté ».

Erasmus Mundus: soutien financier accru aux insurrections du Printemps arabe

La Commission européenne a plus que doublé le nombre de subventions réservées aux jeunes étudiants et au personnel universitaire originaires des pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient qui ont été le théâtre des soulèvements connus sous le nom de «Printemps arabe» ou “Printemps islamiste”. Les pays du pourtour méditerranéen obtiennent ainsi 559 bourses qui viennent s’ajouter à celles – au nombre de 525 – qui leur avaient été réservées pour l’année 2011-2012 dans le contexte du programme Erasmus Mundus, version internationale d’Erasmus, un programme de la Commission européenne voué aux échanges d’étudiants et de personnel universitaires. Les boursiers pourront faire une partie de leurs études ou de leurs travaux de recherche, ou encore enseigner pendant un certain temps dans les États membres de l’Union européenne. Par un tel accroissement des moyens financiers consacrés à ces subventions, la Commission entend multiplier les possibilités d’étude et de formation au profit de personnes considérées comme essentielles au renforcement de la démocratie dans la région. Cette décision s’inscrit dans la stratégie élaborée par l’Union européenne en réponse au Printemps arabe (voir MEMO/11/918 – disponible à 15:00).

«Je suis très heureuse que la Commission renforce les moyens financiers destinés à des jeunes et à des enseignants qui se sont trouvés en première ligne du mouvement de démocratisation de la Méditerranée méridionale. De cette façon, elle manifeste clairement son attachement à leur cause», a déclaré la commissaire européenne à l’éducation, à la culture, au multilinguisme et à la jeunesse, Mme Androulla Vassiliou.

Erasmus Mundus est accessible à des demandeurs originaires du monde entier, Union européenne comprise. Depuis son lancement, en 2004, plus de douze mille étudiants, trois cents doctorants et deux mille professeurs ont bénéficié de bourses relatives à des cours de master ou programmes de doctorat communs.

Pour l’année universitaire 2011-2012, quelque six mille étudiants et chercheurs de cent cinquante pays ont déjà reçu des bourses d’un montant total de 210 millions d’euros. La Commission a ajouté dix millions pour les 559 bourses destinées aux pays de Méditerranée méridionale, lesquels devraient bénéficier d’une nouvelle augmentation des bourses et des subventions relevant d’Erasmus Mundus pour l’année 2012-2013.

 

Plus des trois quarts des subventions d’Erasmus Mundus versées depuis 2004 ont été octroyées à des citoyens de pays tiers, dont plus de trois mille ressortissants de pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient. Leur montant varie en fonction de la durée de la période d’étude ou de formation, du niveau d’études du demandeur et du pays d’origine. Les frais de subsistance des ressortissants de pays tiers qui poursuivent des études dans l’Union européenne sont pris en charge à concurrence d’au moins mille euros par mois ; quant aux étudiants européens qui étudient dans un pays tiers, ils reçoivent une subvention mensuelle d’un montant minimal de cinq cents euros.

Contexte

Les aides financières d’Erasmus Mundus sont destinées à trois grandes catégories : les étudiants qui entreprennent des cours de master ou des doctorats communs, les partenariats interuniversitaires et les projets visant à soutenir l’enseignement supérieur européen.

Les programmes de master et de doctorats communs

Un consortium d’au moins trois établissements d’enseignement supérieur de l’Union ou de pays tiers peut solliciter de l’Union les moyens d’offrir une bourse aux étudiants qui s’inscrivent à des cours de master ou de doctorats communs. Les programmes doivent se distinguer par leur qualité universitaire et prévoir nécessairement des périodes d’étude et de recherche dans deux universités au minimum. Les «diplômes communs» sont des diplômes uniques délivrés par au moins deux établissements d’enseignement supérieur et sanctionnant un programme d’études intégré. Les étudiants bénéficient de bourses octroyées en fonction de critères définis par les universités concernées.

Plus de cent soixante établissements d’enseignement supérieur, dont vingt-cinq de pays tiers, participent actuellement à des programmes communs. Pour l’année 2012-2013, il sera possible de demander une bourse pour cent trente et un cours de master communs et trente-quatre programmes de doctorat communs, et ce dans un large éventail de disciplines allant de l’informatique à la chimie et de la criminologie à la chorégraphie.

La liste exhaustive des masters et doctorats communs Erasmus Mundus pour l’année universitaire 2012-2013 peut être consultée à l’adresse suivante:

http://eacea.ec.europa.eu/erasmus_mundus/results_compendia/selected_projects_en.php

Les partenariats Erasmus Mundus

Des subventions sont également octroyées par l’intermédiaire de partenariats Erasmus Mundus, lesquels permettent à des étudiants, à des chercheurs et à des membres du personnel éducatif de se rendre dans les établissements partenaires à l’étranger pour y étudier ou y enseigner pendant une période de trois mois à trois ans. En juillet 2011, quarante-six nouveaux partenariats ont été admis à bénéficier d’un financement ; ils rassemblent 369 universités de l’Union et 450 universités de pays tiers. Les consortiums doivent comporter un minimum de cinq établissements d’enseignement supérieur d’au moins trois pays européens et des établissements d’enseignement supérieur de pays tiers. Une attention particulière est accordée aux groupes défavorisés et plus vulnérables.

Une liste de tous les partenariats Erasmus Mundus peut être consultée à l’adresse suivante:

http://eacea.ec.europa.eu/erasmus_mundus/results_compendia/selected_projects_action_2_en.php

 

Le soutien à l’enseignement supérieur européen

Un soutien est également apporté à des projets de coopération ou d’amélioration de l’attrait du secteur de l’enseignement supérieur européen. En 2011, sept projets de ce type ont été retenus, auxquels étaient associés plus de cent partenaires de pays tiers; les thèmes abordés vont du changement climatique à l’architecture, en passant par le tourisme culturel, et la dimension régionale est souvent un élément important. Une liste de ces projets peut être consultée à l’adresse suivante:

http://eacea.ec.europa.eu/erasmus_mundus/results_compendia/selected_projects_promote_ehe_en.php

Erasmus pour tous

Erasmus Mundus sera intégré dans Erasmus pour tous, nouveau programme proposé par la Commission dans le domaine de l’éducation, de la formation, de la jeunesse et du sport, qui devrait être lancé en 2014 (Voir IP/11/1398).

Poussée “printanière” de l’arabe sur Twitter

L’arabe a fortement progressé sur twitter, avec plus de 2 millions de messages publics par jour en octobre 2011, par rapport aux 99.000 tweets quotidiens enregistrés un an plus tôt, selon une étude publiée aujourd’hui par Semiocast, institut spécialisé dans les réseaux sociaux.

Le volume des tweets en arabe a été multiplié par 22 depuis octobre 2010, durant une période marquée par des bouleversements politiques dans plusieurs pays arabes. L’arabe, qui a connu la plus forte progression, est désormais la 8e langue la plus utilisée sur le site de microblogs, même si les messages en arabe ne représentent encore que 1,2% du volume globale des tweets publics.

L’anglais reste la langue dominante, avec plus de 70 millions de tweets quotidiens en octobre 2011, mais s’est stabilisé sur les 12 derniers mois, en passant en dessous du seuil des 40% du volume global, par rapport aux deux-tiers enregistrés en 2009. La part du japonais, qui reste la deuxième langue de Twitter, a également décru et ne représentait plus que 14,2% du volume global en octobre 2011 (26 millions de tweets quotidiens), contre 19% en juillet 2010. Le thaï, désormais la 9ème langue la plus utilisée dans les tweets, a fortement progressé (+470% en un an).

Twitter est toujours interdit en République Populaire de Chine et moins de 0,5% de tous les tweets sont en chinois (520.000 par jour), relève aussi l’institut. L’analyse est une mise à jour de l’étude de la part des langues sur Twitter publiée en février 2010. Elle a été réalisée sur un échantillon de 5,6 milliards de tweets collectés du 1er juillet 2010 au 31 octobre 2011, soit 10% du volume global, pour déterminer l’évolution des langues les plus utilisées sur Twitter. Semiocast a étendu ses algorithmes d’identification de la langue de tweets, commentaires et articles de blogs à 61 langues incluant aussi l’espganol, le portugais, le grec, l’hébreu, le coréen, le tamoul et le malais.

Le “Printemps arabe” récompensé par l’UE

Le Parlement européen a décerné jeudi son prestigieux prix Sakharov pour la liberté de l’esprit à cinq militants du “Printemps arabe”.

Les lauréats sont le protestataire tunisien Mohamed Bouazizi (honoré à titre posthume), la militante égyptienne Asmaa Mahfouz, le dissident libyen Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, l’avocate syrienne Razan Zeitouneh et le caricaturiste syrien Ali Farzat.

Le Prix Sakharov – qui au fil des ans s’est imposé comme une sorte d’équivalent européen du Prix Nobel de la Paix – récompense chaque année un défenseur des droits de l’homme et de la démocratie.

« Printemps arabe » : la facture se monte à 56 milliards de dollars

Les soulèvements populaires et coups d’Etat qui ont secoué l’Afrique du Nord et le Proche-Orient ces dix derniers mois ont coûté près de 56 milliards de dollars selon une analyse se basant sur les données du Fonds monétaire international (FMI) réalisée par le cabinet de consultants Geopolicity. La Libye et la Syrie où les conflits les plus violents continuent supportent le plus gros de la charge, suivies par l’Egypte, la Tunisie, Bahreïn et le Yémen.

Fin 2010, ce qui devait prendre le nom de « Printemps arabe » touchait la Tunisie. Puis, de semaine en semaine, des soulèvements populaires se sont produits en Libye, en Syrie, en Egypte, à Bahreïn et au Yémen. Mises à part les pertes humaines importantes et inestimables, Geopolicity a évalué les pertes de revenus des pays les plus touchés à 55,84 milliards de dollars.

Une facture lourde

Le cabinet Geopolicity détaille ainsi l’impact qu’a eu le « Printemps arabe » sur chaque pays tout en précisant bien qu’il ne s’agit que d’un bilan provisoire compte tenu de la difficulté à accéder à certains indicateurs économiques et de la situation qui demeure instable dans ces pays :

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Geopolicity

On peut voir que le produit intérieur brut de ces six pays (PIB) a subi une perte de 20,56 milliards de dollars alors que leurs finances publiques se voyaient priver de plus de 35 milliards de dollars du fait de la baisse des recettes et de la hausse des dépenses.

En Libye, où les combats se poursuivent, la guerre civile a coûté 7,7 milliards de dollars, ce qui représente plus du quart du PIB alors que les comptes publics perdent 6,5 milliards de dollars avec l’arrêt complet du secteur pétrolier. L’étude de Geopolicity rappelle que le prix du Brent était de 90 dollars le baril au début 2011 avant de grimper à 130 dollars en mai puis de revenir à 113 dollars actuellement.

Pour la Syrie où la répression de la révolte toujours en cours aurait fait 3 000 morts civils selon l’ONU, les données sont de fait plus compliquées à obtenir. Mais les experts estiment néanmoins que les violences auraient coûté environ 6 milliards de dollars, soit 4,5% du PIB.

Les pauvres régleront la note
Au Yémen, la contestation se poursuit depuis fin janvier et selon un courrier des « jeunes de la révolution » à l’ONU, plus de 860 personnes y ont trouvé la mort au cours d’affrontements. Et, selon Geopolicity, la facture des troubles (120 millions de dollars) sera d’abord réglée par les plus fragiles, les 45% de la population qui vivent, plutôt survivent, avec moins de deux dollars par jour.

Neuf mois de secousses ont fragilisé l’Egypte tant au plan politique qu’économique. Durant cette période, le nombre de touristes étrangers a diminué de près de la moitié ; en 2010, le tourisme avait rapporté 12,5 milliards de dollars au pays des pharaons. Selon Geopolicity, le PIB a baissé de 4, 2%, résultat d’une importante hausse des dépenses publiques couplées à une perte de recettes de 75 millions de dollars.

Pays d’où sont parties les révoltes, la Tunisie trinque également en perdant 2 milliards de dollars, ce qui représente 5,2% de son PIB. Le tourisme (premier pourvoyeur de devises), les mines et la pêche sont les principaux secteurs touchés, contribuant à un déficit budgétaire estimé à 489 millions de dollars.

Quant à Bahreïn, gouverné par une minorité sunnite, ébranlé par un soulèvement de sa population chiite et qui n’a dû son « salut » qu’à l’appui militaire de l’Arabie Saoudite, il ne s’en sort pas trop mal. Son PIB chute de 2,77% mais ses dépenses publiques remontent de 2,1 milliards de dollars, notamment grâce au 2 600 dollars distribués à chaque famille pour désamorcer la colère.