L’ONU accuse les rebelles libyens de crimes de guerre, de racisme, et l’Otan de passivité

Si les forces loyales au colonel Kadhafi se sont rendues coupables de massacres et de tortures à l’encontre des insurgés, les rebelles n’en ont pas moins, eux aussi, commis des crimes de guerre en Libye. La commission d’enquête de l’ONU sur la Libye, mise en place par le Conseil des droits de l’homme, accuse les « Thuwar » (combattants révolutionnaires) d’exécutions sommaires, de tortures, de disparitions forcées, d’attaques indiscriminées et de pillages au cours de leur avancée vers Tripoli.

Le rapport de 220 pages, rédigé par trois juristes internationaux cite notamment l’offensive contre la ville de Syrte, un bastion pro-Kadhafi, bombardée à l’arme lourde de manière « indiscriminée » malgré la présence de populations civiles. A plusieurs reprises, des combattants pro- Kadhafi ont été exécutés, en dépit des lois de la guerre.

Le rapport note que les représailles se poursuivent encore aujourd’hui à l’encontre des partisans supposés de l’ancien régime et des minorités noires de Libye comme les Tawergha.

Si les pays de la coalition ont crié fort à l’encontre des crimes du colonel Kadhafi leurs critiques sont beaucoup plus discrètes quand il s’agit de leurs aliiés rebelles et du nouveau gouvernement libyen. « La tendance est de se féliciter de la chute de Kadhafi et de ne rien dire des crimes commis par ses opposants, note Fred Abrahams de Human Right Watch. Les condamnations de la part de la France, de la Grande-Bretagne ou du Qatar sont trop faibles. Ces pays qui ont soutenu l’opération en Libye doivent faire pression », ajoute t-il.

La Commission déplore également le manque de coopération des nouvelles autorités libyennes qui ont refusé de remettre les rapports d’autopsie concernant la mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Moatassim. « Bien que blessés, les deux hommes étaient vivants lors de leur capture et sont donc morts alors qu’ils étaient détenus par les thuwars » peut-on lire dans ce rapport qui conclut, faute de preuves, à « l’incapacité de confirmer que la mort de Mouammar Kadhafi est un assassinat illégal » et réclame un complément d’enquête.

Le rapport vise également l’Otan, accusé de n’avoir pas suffisamment enquêté sur cinq raids qui ont tué 60 civils libyens et en ont blessé 55 autres. A deux reprises, la commission de l’ONU n’a pu identifier « aucune cible militaire » sur les lieux des bombardements. C’est la première fois que les raids de l’Otan en Libye sont critiqués dans un rapport des Nations unies. La Commission estime toutefois qu’au regard des quelque 18 000 sorties aériennes effectuées par les avions de la coalition, l’Otan  « a mené une campagne très précise avec une détermination notable pour éviter les pertes civiles ».

Pour Human Right Watch, la réponse de l’Otan sur ces « bavures » reste insatisfaisante. « Nous ne disons pas que l’Otan a délibérément visé des cibles civiles, mais ils font preuve d’un manque de transparence terrible, explique Fred Abrahams. L’Otan doit faire une enquête sérieuse et expliquer pourquoi ces cibles ont été choisies ».

Tunisie : Des postes de police attaqués

Des postes de police à Tunis et à Menzel Bourguiba (65 km au nord de la capitale) ont été attaqués la nuit dernière, et au moins quatre personnes ont été gravement blessées.

A Tunis, dans la cité populaire d’Intilaka, 300 à 400 personnes, dont certains armés de pierres et de cocktails molotov, ont tenté de pénétrer dans le principal poste de police et les affrontements ont duré plusieurs heures. « Ils sont venus exprès pour incendier le poste, certains avaient des sabres, d’autres ont jeté des cocktails molotov », a déclaré à l’AFP un agent sous couvert de l’anonymat.

Des pneus incendiés, des pierres et des restes de barricades jonchaient la route devant le poste de police, a constaté l’AFP. Dans l’enceinte du poste, des traces de cocktail molotov et des vitres brisées témoignaient de la tentative d’assaut.

A peu près à la même heure, des attaques contre la police et des magasins se sont produites à Menzel Bourguiba, ville industrielle au nord de Tunis, a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur Mohamed Hichem Moueddeb. Quatre personnes ont été gravement blessées et transférées à Tunis, a-t-il ajouté, précisant qu’il ne s’agissait pas de policiers.

Tunisie : Couvre-feu décrété à Tunis

Un couvre-feu nocturne a été décrété samedi à Tunis et dans sa banlieue après plusieurs jours de violences et de pillages, ont annoncé les ministères de la Défense et de l’Intérieur.

Le couvre-feu s’applique de 21 heures à 5 heures (22H00 à 06H00 GMT) pour une durée indéterminée, ont précisé les ministères dans un communiqué cité par la télévision et l’agence TAP.

Les autorités ont justifié la mesure en affirmant que des pillages et violences s’étaient produits dans la capitale tunisienne et sa banlieue au cours des deux derniers jours. « Le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Défense annoncent qu’un couvre-feu a été décidé avec interdiction de circuler dans Tunis et sa grande banlieue à partir d’aujourd’hui de 21 heures jusqu’à 5 heures en raison des violences et pillages commis dans la banlieue de Tunis vendredi et samedi et surtout dans la nuit de vendredi à samedi », selon le texte.

Des manifestations anti-gouvernementales depuis jeudi

Selon une habitante, des jeunes ont saccagé et pillé un grand magasin d’électroménager, une pharmacie et ont incendié plusieurs véhicules dans la banlieue défavorisée d’Ethadamen où des manifestations s’étaient déroulées en janvier, avant la chute du président Ben Ali, le 14 janvier dernier.

Des informations non confirmées font aussi état de violences dans la ville de Gabes, dans le sud, et à Sidi Bouzid, dans le centre, d’où était parti le mouvement de contestation en décembre.

Des manifestations anti-gouvernementales se sont déroulées chaque jour depuis jeudi à Tunis et ont été parfois durement réprimées par les forces de l’ordre. Un rassemblement a réuni plusieurs centaines de personnes aujourd’hui avant d’être dispersé au gaz lacrymogène par les forces de l’ordre. Massés devant le ministère de l’Intérieur, les manifestants scandaient des slogans comme « Gaz lacrymogènes et cartouches, les Tunisiens n’ont pas peur », « Peuple tunisien révolte-toi », « ministère de l’Intérieur, ministère terroriste ».

Hier et jeudi, la police avait violemment dispersé des manifestants qui réclamaient la « démission » du gouvernement transitoire et « une nouvelle révolution ». Quinze journalistes couvrant ces événements ont été brutalisés par des policiers, selon le syndicat national des journalistes tunisiens.

Avenue Bourguiba, dans le centre de Tunis, aucun véhicule ne circulait à part quelques voitures de police ce soir. Des barbelés bloquaient les accès au ministère de l’Intérieur.

 

Tunisie/révolution : Les pertes des entreprises tunisiennes évaluées à 400MD selon l’UTICA

400 millions de dinars, c’est le coût estimatif des pertes des entreprises tunisiennes engendrées par les actes de vandalisme, de pillage et d’incendie ainsi que les sit-in et les grèves observées durant la période de révolution, selon M. Hamadi Ben Sedrine, président du bureau exécutif provisoire de l’UTICA.

Il a appelé « à indemniser, le plutôt possible, les entreprises touchées, afin qu’elles puissent reprendre leurs activités ». Tout retard dans le paiement de ces indemnisations ces entreprises exposerait « des dizaines de milliers » d’employés au chômage.

Le président du BE de l’UTICA a encore souligné le besoin d’arrêter les sit-in et les grèves sur les lieux de travail, relevant que ces « manifestations » ont été à l’origine du départ de certains investisseurs de la Tunisie et ont même dissuadé d’autres promoteurs étrangers à s’installer dans le pays.

Sur un autre plan, le responsable a déclaré que l’UTICA participera au prochain round de négociations sociales, faisant remarquer que « la situation actuelle n’est pas  » favorable » aux augmentations de salaires ».

S’agissant des élections, prévues les prochains mois, pour le renouvellement des structures de l’UTICA, M. Ben Sedrine a déclaré qu’elles « se dérouleront dans un climat d’ouverture, de démocratie et de transparence totale ». Il n’y aura aucune place pour « le favoritisme », a-t-il lancé.

Source leaders.com

 

Les sites égyptiens inquiètent l’Unesco

L’Unesco a fait part mardi de son inquiétude grandissante pour les sites archéologiques en Egypte,estimant qu’ils sont en danger en raison des pillages qui sévissent dans ce pays depuis la révolution. L’agence de l’ONU pour la science, la culture et l’éducation, dont le siège est à Paris, avait déjà lancé le 1er février un appel à la sauvegarde du patrimoine égyptien, au lendemain de vols importants commis au musée du Caire.

« Nous recevons de nouvelles informations alarmantes sur différents sites et d’autres musées », a déclaré la directrice générale de l’Unesco Irina Bokova, au cours d’un colloque destiné à célébrer les 40 ans de la Convention sur la lutte contre le trafic illicite de biens culturels. « Nous sommes inquiets », a-t-elle ajouté. Mme Bokova a dit avoir écrit la semaine dernière aux autorités égyptiennes afin de les encourager à « prendre des mesures concrètes pour protéger les sites ». « Nous avons besoin également d’une mobilisation internationale » pour bloquer les objets lorsqu’ils se retrouveront sur le marché de l’art, a-t-elle souligné.

L’Unesco avait invité Zahi Hawass, longtemps patron des Antiquités égyptiennes, à venir s’exprimer à l’occasion de ce colloque. Mais M. Hawass, personnalité controversée qui a été pendant une courte durée secrétaire d’Etat aux Antiquités égyptiennes avant de démissionner de ce poste début mars après des pillages, n’a pas pu quitter l’Egypte, a indiqué l’Unesco. M. Hawass a adressé un message écrit à l’occasion de ce colloque dans lequel il lance « un appel solennel à la communauté internationale » à aider « l’Egypte à retrouver les oeuvres volées ».

 

Tunisie : Gouverneurs contestés, pillages et vandalisme

Le nouveau gouverneur de la région de Sousse (150 km au sud de Tunis) en Tunisie a été contraint aujourd’hui de quitter ses bureaux par une foule en colère qui réclamait son départ en raison de son appartenance au parti de l’ex-président Ben Ali, le RCD, a rapporté l’agence TAP. Dans la journée, plusieurs commerces de la localité ont été vandalisés et pillés « par un groupe de personnes armés de couteaux et de massues », a précisé l’agence tunisienne.

Dans la ville touristique voisine de Monastir, des manifestants ont également réclamé la démission pour les mêmes raisons du gouverneur récemment nommé par les autorités de transition tunisiennes. La même scène s’est reproduite à Medenine (sud) où des centaines de personnes se sont massées devant le gouvernorat.

Dans le bassin minier du centre-ouest, le gouverneur de Gafsa fraîchement nommé, Mohamed Gouider, avait déjà connu le même sort dimanche et avait été exfiltré de ses bureaux à bord d’une voiture de l’armée. Après avoir nettoyé la police héritée du président déchu, le gouvernement avait poursuivi mercredi dernier la purge de l’appareil de l’Etat en remplaçant les 24 gouverneurs provinciaux.

Ces nominations ont rapidement été contestées, 19 des personnes choisies étant des adhérents ou des proches du Rassemblement constitutionnel démocratique.
« Le peuple sait lire les CV », commentait ironiquement mardi le quotidien La Presse de Tunisie dans un éditorial.

Tunisie/Troubles : 700 arrestations pour pillage

Le ministre tunisien de la Justice, Lazhar Karoui Chebbi, a annoncé aujourd’hui que 698 personnes avaient été arrêtées pour implication dans les troubles qui ont précédé et suivi la chute de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier. Ces personnes sont soupçonnées de « sabotage, agressions et pillages », a précisé le ministre lors d’une conférence de presse.

Parmi ces personnes, 133 ont été remis en liberté conditionnelle, dont 31 ont été blanchies par l’enquête. Chebbi a par indiqué que son département examinait la possibilité de libérer parmi les détenus de droit commun les prisonniers de plus de 60 ans qui n’ont pas été jugés pour crimes graves ainsi que les jeunes de 18 à 20 ans qui répondent à ce même critère.

Il a également indiqué que les membres des services pénitentiaires qui ont manifesté mardi devant le siège de son département pour exiger des améliorations de salaires et de condition de travail auraient le droit à constituer un syndicat comparable à celui des personnels du ministère de l’Intérieur. Par ailleurs, il a été décidé, selon lui, de lever toutes les sanctions disciplinaires prises contre les gardiens de prison et de leur accorder une prime mensuelle de 120 dinars (environ 60 euros), dont ont déjà bénéficié les employés du ministère de l’Intérieur.

Irak : les « libérateurs » rendent quelques oeuvres d’art volées

L’Irak a annoncé le retour de centaines d’antiquités volées depuis le début de l’intervention américaine dans le pays, témoignages de son immense passé culturel. Un sujet sensible loin d’être réglé.

Les irakiens se disent fiers du retour des oeuvres volées dans leur pays. Elles sont arrivées par vol spécial, emballées dans des caisses de bois. Parmi les pièces rendues cette semaine, une statue millénaire du roi Entemena, subtilisée en 2003 au musée national de Bagdad, peu après l’intervention américaine et 362 tablettes d’argile en écriture cunéiforme.

Ils ont parfois été retrouvés lors de ventes aux enchères à l’étranger. Le trafic d’oeuvres d’art avait déjà commencé sous Saddam Hussein, et il continue d’ailleurs aujourd’hui. Beaucoup de pièces volées sur les sites archéologiques n’étaient pas référencées.

Les Américains font remarquer que mille pièces ont été rapatriées depuis 2003, dont 632 pièces l’an dernier. On ne sait d’ailleurs pas ce qu’elles sont devenues. La dernière fois qu’elles ont été vues, s’était dans le bureau du Premier ministre, explique l’ambassadeur d’Irak aux Etats-Unis.

Le musée national de Bagdad a certes rouvert ses portes, mais la plupart des galeries sont fermées et l’établissement n’est pas en mesure de pouvoir exposer et protéger les oeuvres qui sont de retour. Ce charter d’oeuvres d’art envoyé en début de semaine en Irak est surtout un geste politique. Les pillages avaient en effet provoqué beaucoup d’animosité. Mais les oeuvres revenues au bercail le sont sans garantie de conservation.