Libye : Les soldats mutins “graciés”

Les soldats qui ont rejoint les insurgés contre le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi seront “graciés” s’ils se rendent, a annoncé aujourd’hui la télévision d’Etat citant l’armée libyenne.
Les forces gouvernementales progressaient ce matin vers Benghazi, siège de l’opposition libyenne, à coups d’artillerie lourde et de raids aériens, mais la question d’une zone d’exclusion aérienne restait au stade du débat.

L’armée libyenne est en marche “pour purger” l’ensemble du pays, a déclaré hier un de ses porte-parole. La ligne de front s’est déplacée encore davantage vers l’Est, les villes contrôlées par les rebelles tombant l’une après l’autre aux mains des troupes du colonel Mouammar Kadhafi, qui s’est dit déterminé à venir à bout de l’insurrection malgré les protestations et sanctions internationales.

A Benghazi, deuxième ville du pays à un millier de kilomètres à l’est de Tripoli, l’euphorie des premières semaines de la révolte a fait place à l’inquiétude. “Nous avons peur de ce qui va arriver, peur de bombardements”, a déclaré Mohammed Gepsi, un ancien fonctionnaire. Toutes les lignes de téléphones portables étaient coupées, et les regards tournés vers l’étranger: “Les Occidentaux vont nous sauver. Avec l’aide de Dieu et avec l’imposition d’une interdiction de survol du pays, nous allons reprendre l’avantage”, espérait Abdul Salam Elamari, un employé de bureau.

La communauté internationale semblait cependant lente à agir. Après des réunions de l’Otan et l’Union européenne qui n’ont abouti à aucune décision concrète, une rencontre ministérielle du G8 était prévue aujourd’hui à Paris, où la France comptait faire avancer l’idée d’une zone d’exclusion aérienne.

 

Hugo Chavez propose une mission de paix en Libye

  • Le Venezuela, qui entretient de bons rapports avec la Libye de Mouammar Kaddafi, a proposé la constitution d’une mission de paix pour tenter de résoudre le conflit qui oppose pouvoir et insurgés libyens depuis plus de deux semaines.
  • Le président du Venezuela, Hugo Chavez, s’est entretenu avec le numéro un libyen Mouammar Kaddafi. Alors que certains pays occidentaux appellent à une intervention militaire internationale pour mettre fin aux violents combats qui se déroulent en Libye, Chavez a plutôt évoqué l’envoi d’une mission de paix en Libye, pour apporter une solution au conflit né de la révolte populaire gravement réprimée par les forces armées. En deux semaines, la répression a causé la mort de milliers de personnes à travers le pays.
  • Chavez avait émis cette suggestion lundi, proposant qu’une mission de pays amis effectue une médiation de paix auprès de Mouammar Kaddafi et des insurgés. Pour lui, toute intervention armée extérieure « serait une catastrophe ». « Et si au lieu d’envoyer des marines et des avions nous envoyions une mission de bonne volonté pour aider à ce que nos frères cessent de s’entretuer ? », avait-il déclaré.
  • Pays ami de la Libye, le Venezuela a tancé l’Occident, accusant certains pays de vouloir spolier l’État pétrolier. « Les États-Unis se sont déjà dit disposés à envahir la Libye. Et presque tous les pays d’Europe » ont condamné la Libye. « Que veulent-ils ? Le pétrole libyen. »
  • « Oui, nous appuyons le gouvernement de Libye, l’indépendance de la Libye. Nous voulons la paix pour la Libye et nous devons nous opposer radicalement aux volontés d’intervention », a-t-il ajouté, se gardant néanmoins de soutenir l’offensive menée par les forces demeurées loyales à Kaddafi qui ont tenté de récupérer par la force les villes de l’Est aux mains des insurgés.

 

Mauritanie : L’Otan engagée à soutenir les efforts du pays

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan) est engagée à soutenir les efforts du gouvernement mauritanien en matière de sécurité, de lutte contre la criminalité transfrontalière et le terrorisme.

C’est ce qu’à indiqué vendredi soir à Lisbonne M. James Apathurai, porte parole de l’Otan qui a déclaré à l’Agence Mauritanienne d’Information organisation :

«Notre Organisation est décidée à appuyer les efforts louables du gouvernement mauritanien dans sa lutte contre le crime organisé et les bandes criminelles et terroristes, ajoutant que cela constitue «une priorité pour les autorités de ce pays.»

Il a également affirmé que la nouvelle restructuration de l’Otan dans le cadre de la nouvelle approche stratégique ne fera que renforcer les liens de coopération existant entre son organisation et la Mauritanie, avant de poursuivre : «cette coopération portera sur la formation des forces armées qui reste un outil et un axe de notre partenariat avec la Mauritanie.»

Le porte parole de l’Otan a fait cette déclaration en marge des travaux du 24ème sommet de l’Otan qui se déroule actuellement à Lisbonne au Portugal.

Au cours de ce sommet, il a été question de l’examen par les dirigeants de l’Otan portant sur le retrait d’ici à 2014 du gros de leurs troupes d’Afghanistan et la mise en place d’un bouclier antimissile en Europe.

La Russie qui participe pour la première fois avec une délégation présidée par le Chef de l’Etat Dimitri Medvedev tentera d’examiner plusieurs dossiers épineux dans ses relations avec l’Otan, comme l’élargissement de l’Organisation, le bouclier anti-missiles, l’Afganistan, l’Iran pour ne citer que ceux-là.


Afghanistan : WikiLeaks prêt à publier de nouveaux documents secrets

WikiLeaks se prépare à rendre public, d’ici quelques semaines, le reste de ses dossiers secrets sur la guerre en Afghanistan au grand dam du Pentagone qui dénonce “un sommet d’irresponsabilité” risquant de mettre des vies (amies) en danger.

Le Département américain de la Défense assure que cette publication pourrait se révéler plus dommageable encore que celle des 76 000 précédents documents diffusés par le site Internet.

La révélation de ces données, des documents militaires classifiés sur le conflit en Afghanistan couvrant la période 2004-2010, a déjà suscité le courroux des autorités américaines, renforcé les détracteurs de l’intervention de l’OTAN en Afghanistan et attiré l’attention des talibans, qui ont promis de s’en servir pour traquer ceux qu’ils considèrent comme des traîtres.

Le Pentagone a fait savoir jeudi qu’il pensait avoir identifié les quelque 15 000 documents classés supplémentaires qui pourraient être publiés par WikiLeaks et prévenu que leur publication pourrait fait encore plus de tort à l’armée que celle des dossiers précédents.

Cette nouvelle publication annoncée constituerait à un “sommet d’irresponsabilité”, a affirmé le porte-parole du Département américain de la Défense Geoff Morrell. “Cela aggraverait une erreur qui a déjà mis bien trop de vies en danger”, a-t-il assuré.

Certains documents font état de pertes civiles afghanes provoquées par les forces de l’OTAN qui n’avaient pas été rendues publiques et révèlent des opérations clandestines contre d’importants responsables talibans. Julian Assange a ajouté que des centaines de ces documents devraient faire l’objet d’enquête des médias pour trouver des preuves de crimes de guerre.

Les partisans de WikiLeaks estiment que ces fuites permettent de mettre en lumière l’horreur quotidienne de l’intervention en Afghanistan. Ses détracteurs l’accusent de mettre en danger les militaires et les informateurs afghans qui luttent contre les insurgés talibans.

Le Pentagone a mobilisé une équipe d’une centaine de personnes chargée d’étudier les documents aux mains de WikiLeaks pour mesurer les dégâts qui pourraient être causés et avertir le cas échéant les Afghans qui pourraient être identifiés par le nom et se retrouvaient en danger.

AP


Le roi dollar règne en maître à Bagdad

L’Irak n’a toujours pas de Premier ministre ni de gouvernement, mais on oublie qu’il n’a pas, non plus, de Président de l’assemblée nationale ni de Président de la République. Bien que sommés par leurs opposants d’expédier les affaires courantes, Jalal Talabani et Nouri al-Maliki, vissés à leur siège, font ce que bon leur semble, hors de tout contrôle.

Le Conseil de sécurité de l’ONU exhorte la classe politique irakienne à « former aussi rapidement que possible un gouvernement ouvert » son représentant à Bagdad, Ad Melkert, craint que le vide institutionnel ne soit exploité par « des individus opposés à la transition démocratique ». Parallèlement, les Etats-Unis font pression sur Iyad Allaoui, arrivé en tête des législatives du 7 mars, et Nouri al-Maliki pour qu’ils acceptent de gouverner le pays ensemble et mettent sur la touche Moqtada al-Sadr. Arrivé à mi- mandat, Barack Obama ne veut pas qu’une nouvelle dégradation de la situation en Irak, ajoutée à la déroute de l’OTAN en Afghanistan,  perturbe la campagne pour sa réélection. Ce n’est évidement pas l’intérêt de l’Iran où l’ayatollah Khameini, « guide suprême de la révolution », tient à ce que le régime de Bagdad soit dirigé par une coalition chiite safavide, c’est-à-dire pro-iranienne.

Mais, au-delà des marchandages entre Washington et Téhéran et des ambitions politiques, tribales, ethniques ou religieuses inhérentes à la vie politique irakienne depuis 2003, il est un sujet dont personne ne parle, ou presque : les salaires mirifiques et les prébendes des dirigeants du pays. Sarmad al-Taie, rédacteur en chef du quotidien indépendant Al-Alam (1), a levé une partie du voile sur ce que touchent officiellement certains membres de la clique au pouvoir, qui expliquent aussi pourquoi ils sont scotchés à leur poste :

– Jalal Talabani, Président de la République : 700 000 $ par an.

– Adel Abdul Mahdi et Tariq al-Hashimi, vice-présidents de la République : 600 000 $ par an.

– Nouri al-Maliki, Premier ministre : 360 000 $ par an.

(Mais, selon certaines sources, son salaire serait en fait identique à celui du Président de la République)

– Rowsch Nouri Shaways, vice- Premier ministre : 172 000 $ par an.

Les salaires des hauts fonctionnaires choisis par les dirigeants, des gouverneurs de province, ne sont pas rendus publics. Des primes, notamment de risques, peuvent les augmenter de façon spectaculaire. Leurs frais d’hospitalisation sont à la charge de l’Etat.

Aucun journaliste, à moins d’être suicidaire, ne s’avisera à enquêter sur les prébendes des dirigeants, mais la rue irakienne, elle, n’hésite pas à dénoncer les doubles salaires versés par la CIA, le MI6, les Gardiens de la Révolution iranienne, le Mossad ou d’autres services secrets, les avances sur commission des entreprises étrangères, l’accès à des caisses noires, les trafics divers, la contrebande…

On comprend qu’aucun des nouveaux voleurs de Bagdad ne veuille quitter son poste. Ceux qui y seront contraints n’ont pourtant pas de souci à se faire: il leur sera versé 80% de leur dernier salaire jusqu’à la fin de leurs jours, auxquels ils pourront additionner le montant des retraites des autres fonctions gouvernementales qu’ils ont occupées.

Notes :

(1) Iraq’s Top Ten Salaries… And The Best Pension in The World, I guess

http://blogs.mcclatchydc.com/iraq/2010/06/iraqs-top-ten-salaries-and-the-best-pension-in-the-world-i-guess.html

Lire aussi : Les députés irakiens s’empiffrent

http://www.france-irak-actualite.com/article-les-deputes-irakiens-s-empiffrent–40658329.html

Par Gilles Munier – France Irak Actualité