Libye: l’Otan occulte les victimes civiles de ses frappes

Plus de quatre mois après la fin de l’opération militaire de l’Otan en Libye, aucune enquête n’a été menée par l’Organisation concernant les victimes civiles dues à ses frappes dénonce Amnesty international, lundi 19 mars, dans un rapport intitulé “Libye : les victimes oubliées des frappes de l’Otan”.

Amnesty, dont les équipes ont recensé sur place 55 victimes civiles identifiées, dont 16 enfants et 14 femmes tuées dans le cadre de frappes aériennes à Tripoli, Zlitan, Majer, Syrte et Brega, note que nombre de ces pertes sont dues “à des frappes aériennes lancées contre des logements privés, où Amnesty International, pas plus que d’autres, n’a découvert d’éléments prouvant qu’ils étaient utilisés à des fins militaires au moment de l’attaque”.

Un bilan d’ailleurs très proche de celui de la Commission internationale d’enquête sur la Libye dans son rapport final rendu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. La commission conclu en effet dans ce dernier que “sur vingt raids de l’Otan examinés, la Commission a recensé cinq raids durant lesquels 60 civils au total avaient été tués et 55 autres blessés”.

Pas d’investigations

L’ONG insiste sur le fait que “l’Otan n’a pas mené les investigations nécessaires, ni même tenté d’entrer en contact avec les survivants et les familles des victimes”.

“Il est profondément décevant que les victimes qui ont survécu et les familles des personnes tuées par les frappes aériennes de l’OTAN ne sachent toujours pas ce qui s’est passé ni qui était responsable”, souligne Donatella Rovera, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International.

Celle-ci, qui a passé de longues semaines en Libye, d’abord à Bengazi lors du pilonnage par les troupes de Kadhafi et par la suite dans d’autres villes du pays, rappelle que “les dirigeants de l’OTAN ont mis en avant à plusieurs reprises leur détermination à protéger les civils” et indique qu’à ce titre “ils ne sauraient aujourd’hui balayer d’un revers de main la mort de nombreux civils en se contentant de vagues déclarations de regret, sans enquêter dûment sur ces funestes événements.”

Minimiser les risques

L’Otan, qui agissait en Libye sur la base de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies qui autorisait les Etats membres “à prendre toutes les mesures nécessaires (…) à la protection des civils” en Libye, a semble-t-il “fait de nombreux efforts pour minimiser les risques de dommages sur les civils, notamment grâce à des munitions à guidage de précision et, parfois, en avertissant au préalable les habitants des zones visées”, souligne Amnesty international dans son rapport.

Mais les dommages collatéraux sont pourtant là. Et ils ne concernent pas que des biens matériels. Certains bâtiments visés n’étaient autre que des habitations occupées par des familles.

Je ne peux comprendre pourquoi ils ont frappé ma maison. Nous sommes des civils et n’avons rien à voir avec la guerre, la politique et toutes ces choses”

affirme à Amnesty Ali Ali Hamed Gafez dont la maison à Majer a été détruite le 8 août lors d’un raid. “Jusqu’à aujourd’hui ni l’Otan ni le CNT n’ont pris contact avec nous, ni pour s’excuser, ni même pour s’inquiéter pour les victimes” affirme ce père de famille qui a perdu plusieurs membres de ses proches ce jour-là. “Nous avons été oubliés”.

Selon les survivants, 34 civils dont huit femmes et huit enfants ont été tués lors de trois attaques séparées ce jour-là.

De vifs regrets

C’est pourquoi Amnesty insiste sur le fait que “les enquêtes doivent déterminer si les pertes en vies humaines au sein de la population civile sont la conséquence de violations du droit international et, le cas échéant, les responsables présumés doivent être déférés à la justice”.

Dans sa dernière réponse adressée à Amnesty International le 13 mars, l’OTAN a affirmé qu’il “regrette vivement tous les dommages qui ont pu être induits par ces frappes aériennes”, mais “n’a pas reçu de mandat pour mener une action en Libye lorsque l’opération Unified Protector s’est achevée le 31 octobre 2011”, et que la “responsabilité première” de conduire des enquêtes revient aux autorités libyennes.

Refus d’assumer les responsabilités

Mais pour Donatella Rovera, “la réponse de l’OTAN équivaut à un refus d’assumer la responsabilité de ses actes. Elle donne aux victimes et à leurs familles le sentiment qu’elles ne sont pas prises en compte et n’ont aucunement accès à la justice.”

En outre, Amnesty souligne dans son rapport que “l’OTAN n’a pas pris de mesures afin d’enquêter sur les informations faisant état de victimes parmi la population civile causées par ses frappes dans des zones qui étaient passées sous contrôle du Conseil national syrien avant le 31 octobre 2011, et étaient donc accessibles de manière sûre”.

C’est pourquoi Amnesty appelle l’Otan et le Conseil national de transition à “veiller à ce que des enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies soient menées dans les meilleurs délais sur toutes les allégations de graves violations du droit international et à ce que leurs conclusions soient rendues publiques. Lorsqu’il existe suffisamment de preuves recevables, les suspects doivent être poursuivis.”

Source nouvelobs.com

Afghanistan: un soldat américain massacre au moins 16 civils

En Afghanistan, au moins 16 civils ont été tués par un soldat américain ce dimanche 11 mars 2012 dans la province de Kandahar. L’homme a été placé en détention. La police afghane et la force de l’Otan en Afghanistan enquêtent pour connaître les circonstances exactes de ce drame qui risque d’aggraver le ressentiment de la population vis à vis des forces américaine.

C’est la thèse d’un coup de folie qui est privilégiée pour l’instant. C’est en pleine nuit, à 3h du matin, que le soldat américain serait sorti de sa base militaire. Seul et armé, il serait entré dans plusieurs maisons et aurait ouvert le feu à l’aveugle sur des civils afghans. La plupart des victimes seraient des femmes et des enfants selon les autorités locales.

Cette fusillade intervient dans un contexte déjà très tendu. La confiance, les relations entre la population afghane et les forces étrangères se détériorent. Le sentiment anti-américain est même à son comble depuis 2001. Le mois dernier, le pays s’était embrasé après l’incinération de corans dans une base américaine. De violentes manifestations et six militaires américains abattus par leurs collègues afghans.

La force de l’Otan en Afghanistan et l’ambassade américaine ont présenté leurs condoléances aux familles des victimes de ce crime de guerre. Mais plusieurs sources militaires étrangères craignent, à juste titre, des représailles dans les jours qui viennent. D’autant plus que le drame a touché la province de Kandahar, un bastion des talibans.


Libye: une liste de criminels pour l’ONU

La commission d’enquête indépendante de l’ONU sur la Libye a indiqué aujourd’hui qu’une liste confidentielle d’individus soupçonnés d’avoir commis des crimes ou des violations des droits de l’homme dans ce pays sera remise au Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.

Le président de la commission, le juge Philippe Kirsch, présentant son rapport final au Conseil des droits de l’homme, a indiqué qu’il “remettra une liste confidentielle” composée d’individus directement ou indirectement impliqués dans des “crimes ou des violations de droits de l’homme” au Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.


L’ONU accuse les rebelles libyens de crimes de guerre, de racisme, et l’Otan de passivité

Si les forces loyales au colonel Kadhafi se sont rendues coupables de massacres et de tortures à l’encontre des insurgés, les rebelles n’en ont pas moins, eux aussi, commis des crimes de guerre en Libye. La commission d’enquête de l’ONU sur la Libye, mise en place par le Conseil des droits de l’homme, accuse les « Thuwar » (combattants révolutionnaires) d’exécutions sommaires, de tortures, de disparitions forcées, d’attaques indiscriminées et de pillages au cours de leur avancée vers Tripoli.

Le rapport de 220 pages, rédigé par trois juristes internationaux cite notamment l’offensive contre la ville de Syrte, un bastion pro-Kadhafi, bombardée à l’arme lourde de manière « indiscriminée » malgré la présence de populations civiles. A plusieurs reprises, des combattants pro- Kadhafi ont été exécutés, en dépit des lois de la guerre.

Le rapport note que les représailles se poursuivent encore aujourd’hui à l’encontre des partisans supposés de l’ancien régime et des minorités noires de Libye comme les Tawergha.

Si les pays de la coalition ont crié fort à l’encontre des crimes du colonel Kadhafi leurs critiques sont beaucoup plus discrètes quand il s’agit de leurs aliiés rebelles et du nouveau gouvernement libyen. « La tendance est de se féliciter de la chute de Kadhafi et de ne rien dire des crimes commis par ses opposants, note Fred Abrahams de Human Right Watch. Les condamnations de la part de la France, de la Grande-Bretagne ou du Qatar sont trop faibles. Ces pays qui ont soutenu l’opération en Libye doivent faire pression », ajoute t-il.

La Commission déplore également le manque de coopération des nouvelles autorités libyennes qui ont refusé de remettre les rapports d’autopsie concernant la mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Moatassim. « Bien que blessés, les deux hommes étaient vivants lors de leur capture et sont donc morts alors qu’ils étaient détenus par les thuwars » peut-on lire dans ce rapport qui conclut, faute de preuves, à « l’incapacité de confirmer que la mort de Mouammar Kadhafi est un assassinat illégal » et réclame un complément d’enquête.

Le rapport vise également l’Otan, accusé de n’avoir pas suffisamment enquêté sur cinq raids qui ont tué 60 civils libyens et en ont blessé 55 autres. A deux reprises, la commission de l’ONU n’a pu identifier « aucune cible militaire » sur les lieux des bombardements. C’est la première fois que les raids de l’Otan en Libye sont critiqués dans un rapport des Nations unies. La Commission estime toutefois qu’au regard des quelque 18 000 sorties aériennes effectuées par les avions de la coalition, l’Otan  « a mené une campagne très précise avec une détermination notable pour éviter les pertes civiles ».

Pour Human Right Watch, la réponse de l’Otan sur ces « bavures » reste insatisfaisante. « Nous ne disons pas que l’Otan a délibérément visé des cibles civiles, mais ils font preuve d’un manque de transparence terrible, explique Fred Abrahams. L’Otan doit faire une enquête sérieuse et expliquer pourquoi ces cibles ont été choisies ».

Libye/guerre: l’Otan a tué 60 civils (ONU)

Des raids de l’Otan lors du conflit en Libye en 2011 ont tué 60 civils et en ont blessé 55 autres, selon un rapport de la commission de l’ONU sur les crimes de guerre et les violations des droits de l’homme en Libye. “Sur 20 raids de l’Otan examinés, la Commission a recensé cinq raids durant lesquels 60 civils au total avaient été tués et 55 autres blessés”, affirme une version encore non-publiée du rapport que l’AFP a pu consulter. Mais pourquoi seulement ces 20 là alors que des centaines de raids ont eu lieu?

Deux autres raids ont endommagé des infrastructures civils sans qu’aucune cible militaire n’ait pu être identifiée, ajoute le rapport. En dépit de ces informations, le rapport conclut que l’Otan “a mené une campagne très précise avec une détermination notable pour éviter les pertes civiles”.

La Commission internationale d’enquête sur la Libye souligne en outre que le régime de Mouammar Kadhafi a déformé les bilan des pertes civiles dues aux raids aériens de l’Alliance atlantique. “Plusieurs accusations contre l’Otan examinées par la Commission étaient soit exagérées soit une tentative délibérée de désinformation”, affirme le rapport.
La Commission a en outre affirmé avoir reçu “un rapport crédible” faisant état du transport par les troupes libyennes de cadavres d’enfants depuis une morgue vers le site d’un raid de l’Otan.


Algérie/Syrie: Abdelaziz Belkhadem fustige la Ligue arabe

  • Le SG du FLN et représentant personnel du président Bouteflika relève la dérive de la Ligue arabe.
  • La Ligue arabe ” a besoin d’être profondément revue “, a estimé à Alger le ministre d’Etat et secrétaire général du Front de libération national (FLN), Abdelaziz Belkhadem, qui s’exprimait sur la situation en Syrie à la radio nationale.
  • ” La Ligue n’est pas une ligue et (…) encore moins arabe. C’est une Ligue qui fait appel au Conseil de sécurité contre un de ses membres fondateurs ou à l’Otan pour détruire les capacités de pays arabes. Elle a besoin d’être profondément revue.”
  • La situation en Syrie ” est tragique. Les Syriens sont en train de s’entretuer. Il faut mettre un terme à cette tragédie et permettre aux Syriens de décider seuls de leur avenir, de la forme du régime qu’ils veulent et des dirigeants qu’ils veulent “, a souligné M. Belkhadem.
  • Lors d’une conférence de presse, le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, avait expliqué les réserves d’Alger sur la saisine du Conseil de sécurité de l’ONU au sujet de la crise syrienne en estimant que l’initiative arabe devait demeurer la ” référence principale ” pour son règlement.
  • Lors du vote d’une résolution condamnant la Syrie à l’Assemblée générale de l’Onu, l’Algérie s’était abstenue considérant que ce n’est ni le lieu approprié, ni la méthode opportune pour aider la Syrie à sortir d’elle-même de cette impasse.
  • Source  www.afrique-asie.fr

La mission en Libye, un an après : les règles d’engagement

  • Par : David Pugliese
  • Libye : après des mois de propagande, l’heure de vérité va sonner.
  • Nous sommes encore tout près de l’anniversaire du déclenchement des évènements qui ont permis l’intervention militaire de l’OTAN contre la Libye, avec un résultat dont il y a quelques jours encore le Premier ministre Britannique David Cameron et le président Nicolas Sarkozy se félicitaient.
  • Mais de quoi se félicitent-ils au juste ? Parce qu’après les mois de propagande, c’est l’heure de vérité qui commence à sonner pour ce qui s’est passé en Libye.
  • Je n’en veux pour indication que ce long article qui ferait un très bon réquisitoire contre la bande de criminels en col blanc qui a ordonné la destruction de la Libye et la mort de milliers de ses habitants dont celle du colonel Mouammar Kadhafi.
  • Et cet article nous montre que la véritable nature de l’intervention occidentale avait toujours été clairement énoncée par ses chefs miliaires et politiques mais qu’elle était simplement noyée dans le flot propagandiste dont la presse «libre» aime à se faire le véhicule.
  • Et surtout, il faut noter que cet article n’est pas tiré d’un journal ou d’un blog militant mais est paru dans un quotidien tout ce qu’il y a de grand public, en l’espèce The Ottawa Citizen.Lire la suite sur www.afrique-asie.fr

Libye: les dédommagements tardent pour les habitants de Syrte, ville ravagée par l’Otan

    • A Syrte, ville natale du colonel Mouammar Kadhafi et celle où il a été capturé le 20 octobre dernier, près de 3 000 maisons selon le comité révolutionnaire local, ont été sévèrement endommagées par les combats. 70% des 80 000 habitants de Syrte qui avaient fui les affrontements d’une intensité sans pareille durant le conflit, ont regagné leur ville. Les habitants de Syrte, le berceau de la tribu Gadafa (celle de Kadhafi) longtemps choyés par Mouammar Kadhafi, ont retrouvé une ville en ruine. Ils réclament des dédommagements qui tardent à venir.
    • Le quartier résidentiel numéro deux de Syrte qui donne sur la mer a des allures de Grozny. Sur plusieurs kilomètres, les bâtiments éventrés par les roquettes et les obus, sont comme des morceaux de gruyère dévorés par des souris.
    • Abdel Bassali Sidaï, un ingénieur nous fait visiter ce qui reste de sa demeure. Elle a reçu trois obus qui ont incendié tout le premier étage. Il vit désormais au rez-de-chaussée où habitent ses beaux parents. « J’ai subi des dégâts considérables j’ai perdu ma maison, la révolution était censée faire en sorte que l’on vive tous mieux mais moi je ne vis pas mieux j’ai perdu ma maison ! »
    • Les habitants du quartier ont l’impression que Syrte paie sa loyauté envers les forces du Guide assassiné. Ils s’en défendent et affirment avoir été pris en otage durant les combats. La maison de cet ancien fonctionnaire à la garde nationale a également été bombardée puis pillée. « Si j’ai été loyal c’était d’abord pour protéger mes enfants. Nous avons été pris en otage, nous avions des armes pointées sur nous. C’est pour cela que nous n’avons pas rejoint les rebelles d’en face ! »
    • Les autorités locales à Syrte ont mis sur pied des commissions pour évaluer les dégâts, elles affirment verser les loyers des foyers qui ont dû être relogés, et peinent à les convaincre que leurs sinistres sont des dégâts collatéraux d’une lutte nécessaire pour la liberté. Les forces de la Coalition sont intervenues officiellement en Libye pour épargner la population civile de Benghazi. En revanche, elles ont participé au massacre de celle de Syrte. Selon certaines sources, près de 50 000 civils auraient été tués par les forces de l’Otan et associés.

Libye: une délégation de Pékin pour préparer le retour des entreprises chinoises

Une équipe de fonctionnaires et de patrons chinois doit arriver ce samedi 4 février 2012 à Tripoli. Le groupe de décideurs, envoyé par le ministère chinois du Commerce, devrait rester en Libye jusqu’à mercredi prochain. Objectif : préparer le retour des entreprises chinoises dans le pays, alors que l’opinion publique se montre de plus en inquiète sur les dangers encourus par les travailleurs chinois envoyés à l’étranger.

Cette mission des fonctionnaires chinois en Libye était prévue de longue date a indiqué Pékin. Elle intervient malgré tout dans le contexte tendu des enlèvements dont été victimes des ressortissants chinois en Egypte et au Soudan.

Après la «marche vers l’extérieur», à savoir cette formidable expansion des entreprises chinoises ces dernières années en Afrique et notamment dans des régions à risques, Pékin avance aujourd’hui avec prudence. Les images des 36 000 Chinois rapatriés de Libye, l’hiver dernier, sont encore dans toutes les mémoires.

Du 4 au 8 février, «l’équipe se rendra à Tripoli et à Benghazi pour vérifier les dommages endurés par les entreprises chinoises lors du conflit» précise le communiqué officiel. Il s’agira aussi «d’échanger des points de vues avec des responsables libyens sur de futurs projets ou la reprise de projets déjà engagés par les entreprises chinoises avant la guerre civile».

La délégation est composée de fonctionnaires du ministère de la Coopération économique et de patrons. Les autorités évoquent notamment la présence du groupe du BTP Gezhouba chargé de la construction de plus de 7 000 habitations. Autres participants, les leaders de la téléphonie Hua Wei ou ZTE également, qui ont déjà des équipes sur place.

Réseau électrique, chemins de fers, raffineries, infrastructures: avant la guerre soutenue par la Coalition occidentale, 75 entreprises chinoises étaient présentent en Libye avec près de 18, 8 milliards de dollars de contrats. Mais c’est un beaucoup plus gros gâteau que visent aujourd’hui les Chinois : selon les experts, la reconstruction en Libye devrait coûter au moins 100 milliards de dollars.

L’Otan accusée de crimes en Libye

Par : afrique-asie.fr

Des sites civils considérés comme objectifs militaires par l’Otan

Selon un nouveau rapport publié par l’Independant Civil Society Mission en Libye, qui regroupe trois organisations de défense des droits de l’homme du Moyen-Orient – Arab Organisation for Human Rights, Palestinian Centre for Human Rights et International Legal Assistance Consortium –, l’Otan aurait considéré certains sites civils comme des cibles militaires pendant ses opérations. Le rapporte corrobore ainsi les enquêtes menées par des experts en crimes de guerre. Les agissements de l’Otan sont contraires à la résolution 1973 de l’Onu qui autorisait les forces alliées à intervenir pour protéger les populations civiles contre le régime Kadhafi. Des enquêteurs des trois ONG confirment, par exemple, que quarante-sept civils ont été tués à Syrte en septembre 2011 par les missiles de l’Otan.
Ce nouveau rapport devrait gêner Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’Alliance atlantique, qui assurait avoir « mené ces opérations très soigneusement, sans victimes civiles confirmées ». Et, plus encore, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, qui a déclaré : « La résolution 1973 du Conseil de sécurité a été appliquée dans ses limites, dans le cadre de son mandat. » Le document fait également état, de la part des forces alliées du Conseil national de transition (CNT), de torture, détentions abusives et mauvais traitements, assassinats de fidèles à l’ancien régime ou déplacements forcés de populations suspectées d’être des « ennemis de la révolution ». Comme à Tawertha, près de Misrata, où la ville « fantôme » a été vidée de ses 30 000 habitants par vengeance et punition collective infligée par les combattants anti-Kadhafi.