L’ancien ambassadeur Boris Boillon sera jugé en correctionnelle

  • L’ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Elysée sera jugé en mars prochain pour «blanchiment de fraude fiscale». Il avait été intercepté à Paris le 31 juillet 2013 alors qu’il s’apprêtait à monter dans un train à destination de Bruxelles avec 350.000 euros en liquide.

● Un procès en mars pour «blanchiment de fraude fiscale»

Le diplomate et ancien «Sarko boy» Boris Boillon, interpellé mi-2013 avec 350.000 euros et 40.000 dollars en liquide sur lui à la Gare du Nord, sera jugé le 23 mars devant le tribunal correctionnel de Paris.

Boris Boillon devra répondre, sur le banc des prévenus, de «blanchiment de fraude fiscale», «faux et usage de faux», «manquement à l’obligation déclarative de transfert de capitaux» et «abus de biens sociaux». Le parquet de Paris a décidé de faire citer à comparaître le diplomate de 46 ans à l’issue de son enquête préliminaire.

Diplomate et Sarko boy

La loi impose de déclarer tout transfert international en liquide, à l’intérieur de l’Union européenne, au-delà de 10.000 euros, selon le code des douanes, qui prévoit, dans le cas contraire, une amende égale au quart de la somme non déclarée.

Boris Boillon avait expliqué aux enquêteurs que ces sommes provenaient de ses activités professionnelles privées en Irak, a précisé une source proche de l’enquête. D’après lui, ces prestations étaient rémunérées en liquide du fait des carences du système bancaire irakien. Les investigations n’ont pas permis de retracer l’origine des espèces.

Outre la non-déclaration des sommes, la justice le soupçonne de les avoir éludées au fisc et d’avoir produit un faux document pour justifier ces prestations. Des sommes qui ne sont pas ensuite rentrées en comptabilité dans sa société.

● Bientôt suspendu par le Quai d’Orsay

Le Quai d’Orsay a annoncé mardi la suspension prochaine de Boris Boillon en raison de ses ennuis judiciaires. «Compte tenu des derniers développements de la procédure judiciaire, le ministère des Affaires étrangères a décidé d’interrompre immédiatement sa mission à New York et de procéder à son rappel en vue d’une mesure de suspension».

Boris Boillon avait été réintégré au ministère à l’été 2016, après quatre années de disponibilité, et affecté sur une mission de renfort à l’ONU à New York. «Lors de sa réintégration, le ministère des Affaires étrangères n’avait aucune connaissance des suites qu’entendait donner la justice à l’enquête préliminaire qui avait été ouverte à son encontre, en 2013», indique le ministère.

● Un mandat mouvementé sous la présidence Sarkozy

Boris Boillon (ci-contre avec Christian Estrosi) avait été nommé par l’ancien président de la République ambassadeur de France en Irak en juillet 2009, où il était surnommé le Babouin de Bagdad par la résistance irakienne. Avec le  proconsul américain Paul Bremer. ils partagaient tous les deux le même nom et son étymologie. Les Iraqiens appellent Paul Bremer, Bol – pisse – et Boillon signifie en arabe pisseurs avérés…

Il était devenu, en janvier 2011, ambassadeur en Tunisie, pour redresser, en plein « Printemps arabe », une image marquée de la France très liée à l’ex-président Ben Ali.

Mais son mandat avait débuté avec fracas: il avait dû, peu après son arrivée, présenter ses excuses publiques aux Tunisiens, après avoir répondu à la presse nationale d’une manière jugée «agressive». Des centaines de personnes avaient manifesté leur colère aux cris de «Boris dégage!» ou de « Casse toi pauv’Boillon ».

Il avait quitté son poste en août 2012, après l’arrivée de François Hollande à l’Elysée.

Revenu au ministère des Affaires étrangères, le diplomate est actuellement affecté en renfort à New York, aux Nations unies.

● Une possible participation au financement libyen

Son nom est aussi apparu dans l’enquête – distincte – qui vise des accusations et des soupçons de financement libyen lors de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007. Il n’est pas mis en cause judiciairement dans ce dossier.

Un témoignage anonyme, non étayé à ce stade, d’un proche de Mouammar Kadhafi, l’ex-leader libyen tué en octobre 2011, le désigne aussi comme l’un des récipiendaires, avec un autre proche de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, d’un versement de 20 millions d’euros en liquide, destinés au financement de la campagne. Une somme ramenée par avion privé, selon ce témoin.

Contacté par l’AFP, l’avocat de Boris Boillon, Jean-Marc Fedida, n’était pas disponible.

COP22: Ban ki-Moon exprime sa « profonde admiration » pour le roi Mohammed VI

Le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban ki-Moon, a exprimé, à Marrakech, sa “profonde admiration et son respect à l’égard de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à son gouvernement et à l’égard du peuple marocain”, en faisant part de sa “gratitude” suite à la décision du Souverain d’accueillir à la 22ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique.

“Tout au long de mon mandat à la tête des Nations Unies, j’ai travaillé en étroite collaboration avec Sa Majesté le Roi et j’attends avec impatience la rencontre bilatérale avec le Souverain”, a souligné le Secrétaire Général de l’ONU, lors d’une conférence de presse en marge des travaux de la COP22.

 

Tout en faisant part de sa “gratitude” à l’endroit de Sa Majesté le Roi, M. Ban ki-Moon a mis en avant “l’importance cruciale de la COP22, qui a pour mission de s’assurer que le monde est uni face aux défis du changement climatique”, affirmant avoir constaté “un grand enthousiasme et passion de la part des Etats membres des Nations Unies”.

“C’est bien là la manifestation du leadership du Royaume du Maroc lors de cette COP22”, a déclaré le SG de l’ONU.

Le Maroc “est un pays membre important des Nations Unies, non seulement en Afrique et dans la région d’Afrique du nord et du Moyen-Orient, mais au sein du concert des nations”, a affirmé M. Ban ki-Moon, saluant la contribution du Maroc pour le maintien de la paix et de la sécurité de par le monde.

“Le Royaume a de tous temps donné l’exemple à travers ses institutions démocratiques et son action pour le développement durable en étant à l’avant-garde des efforts visant à relever les défis liés au changement climatique”, a encore indiqué le chef de l’ONU.

Et de souligner : “Je forme le voeu sincère qu’ici à Marrakech, nous formulerons un autre engagement passionné de la première importance pour un monde meilleur pour tous et je compte, à ce propos, sur le leadership et sur les orientations de Sa Majesté le Roi dans ce domaine”.

COP 22 : Smoove en roue libre à Marrakech !

La société montpelliéraine Smoove (concepteur, constructeur et distributeur de vélos en libre-service), vient de remporter un appel d’offres organisé par l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI, organisme rattaché à l’ONU), portant sur le déploiement d’une flotte de vélos en libre-service à l’occasion de la COP 22 qui se tiendra du 7 au 18 novembre à Marrakech. Smoove devient ainsi le premier opérateur à équiper une ville du continent africain. Composée de 300 vélos et d’une dizaine de stations, la flotte sera installée dans les lieux emblématiques de la ville. Baptisée “Medina Bike“, elle sera mise en service pour une durée renouvelable de cinq ans. Ce projet répond à une volonté du roi Mohammed VI de lancer des initiatives concrètes autour du développement durable à l’occasion de la COP 22.

Libye: 235.000 clandestins prêts à partir en Italie

  • Il y a environ 235.000 migrants en Libye prêts à partir pour l’Italie dès que l’occasion s’en présentera, a affirmé l’émissaire de l’ONU dans ce pays, l’Allemand Martin Kobler, dans une interview aujourd’hui au quotidien La Stampa.

« Sur nos listes, il y a 235.000 migrants qui n’attendent que la bonne occasion pour partir en Italie, et ils le feront », a-t-il dit.

« Le renforcement de la sécurité est la question la plus importante en ce moment. Si nous avons une armée forte et unie, pas morcelée, alors les dangers du terrorisme et de la traite des êtres humains finiront », a ajouté M. Kobler.

Selon des chiffres du ministère italien de l’Intérieur en date d’hier, le nombre de migrants arrivés en Italie par la Méditerranée depuis le début de l’année a atteint 128.397, en hausse de 5,15% par rapport à la même période en 2015.

La communauté internationale est préoccupée actuellement par les risques d’une guerre civile frontale entre les forces du gouvernement d’union (GNA), basé à Tripoli et soutenu par l’ONU, et celles du gouvernement parallèle siégeant dans l’Est.

La Libye demande à Paris de s’expliquer sur sa présence militaire dans le pays

Le chef du Gouvernement libyen d’union nationale (GNA) a réclamé à la France des explications sur la présence militaire française dans l’est du pays, où siège un gouvernement non reconnu par la communauté internationale, dénonçant une « ingérence inacceptable ».

 

Fayez al-Sarraj a « convoqué » l’ambassadeur de France en Libye, Antoine Sivan, qu’il a rencontré lundi à Nouakchott en marge d’un sommet de la Ligue arabe, « pour lui faire part des protestations officielles de la Libye sur la présence (militaire) française dans l’est du pays » a indiqué mardi le GNA.

 

Selon un communiqué publié sur Facebook, M. Sarraj a exigé de l’ambassadeur « des explications officielles du gouvernement français ».

 

La France avait annoncé la semaine dernière la mort de trois de ses militaires dans un accident d’hélicoptère en Libye, où ils menaient une mission de renseignement auprès des forces conduites par le général Khalifa Haftar.

 

Cet officier controversé soutient une autorité politique basée dans l’est du pays, contrairement aux grandes puissances – dont la France – qui, elles, reconnaissent la légitimité du GNA, basé à Tripoli et issu d’un accord politique scellé fin 2015 sous l’égide de l’ONU.

 

Pour M. Sarraj, la présence militaire française représente « une ingérence inacceptable », le GNA étant opposé à l’implication de forces étrangères en Libye sans son consentement.

 

Selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, les trois militaires décédés menaient des missions « contre le terrorisme ».

 

Les forces du général Haftar combattent depuis plus de deux ans à Benghazi (1.000 km à l’est de Tripoli) des groupes islamistes dont l’organisation Etat islamique (EI), également combattue par les forces pro-GNA dans son fief de Syrte (450 km à l’est de Tripoli).

 

Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi organisé avec la France en 2011, la Libye est livrée aux milices armées et minée par des luttes de pouvoir et des violences qui ont favorisé la montée en puissance des jihadistes de l’EI.

 

Avec AFP

Paris aurait tué 164 civils syriens dans un raid raté après l’attentat de Nice

Selon la Syrie, la France aurait tué 164 civils dans un raid mené après l’attaque terroriste de Nice. La diplomatie syrienne déplore un manque de communication entre les autorités syriennes et les forces de la coalition menée par les Etats-Unis.

Selon le représentant syrien auprès de l’Onu, Bachar Al-Jaafari, les forces aériennes françaises ont frappé le village de Toukhan al-Koubra dans le nord du pays, en représailles à l’attentat terroriste du 14 juillet dernier à Nice, mais les combattants de Daech avaient auparavant quitté la localité.

Le bombardement demandé dans la précipitation par le président Hollande a causé la mort de 164 civils, soit près de deux fois le nombre de victimes de la Promenade des Anglais, à Nice.

Le diplomate syrien a mis cet incident sur le compte du manque de communication entre les autorités syriennes et les forces de la coalition menée par les Etats-Unis au sein de laquelle la France est un membre actif. Selon lui, une meilleure coordination aurait pu permettre d’éviter ce genre de drame.

L’agence Sputnik a interrogé le député du Parti socialiste et président du groupe d’amitié France-Syrie, Gérard Bapt, sur la question de savoir si la coalition allait changer sa ligne politique après la mort de ces civils.

« Je pense d’abord qu’il s’agit d’un drame épouvantable et il faut exprimer toute notre compassion aux familles qui ont été ainsi victimes de dégâts collatéraux« , a déclaré M.Bapt.

En ce qui concerne le bombardement de la coalition, il faut, selon lui, multiplier les efforts pour éviter ces dégâts collatéraux.

« Je crois qu’il serait temps que les échanges d’informations ne se fassent plus par intermédiaire semble-t-il américain, entre Syriens et Américains, mais que la coalition occidentale travaille désormais en coopération avec les autres adversaires qui luttent contre Daech et al-Nosra et je pense bien entendu à l’armée syrienne, aux éléments iraniens, ainsi qu’à l’armée russe« , a fait remarquer le député français

La coalition internationale contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a ouvert une « enquête formelle » pour déterminer si ces frappes la semaine dernière près de Manbij, nord de la Syrie, ont causé des victimes civiles, a indiqué mardi un porte-parole de la coalition.

Le principal groupe d’opposition syrien avait appelé la coalition à suspendre ses bombardements après ces frappes, qui ont fait plusieurs dizaines de morts civils selon des sources locales.

 

Libye : l’envoyé de l’ONU s’inquiète d’attaques récentes de Daech contre des installations pétrolières

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye, Martin Kobler (photo), s’est dit mercredi profondément préoccupé par les récentes incursions de Daech dans le « croissant pétrolier libyen » et les assauts menés par le groupe terroriste contre des installations pétrolières de la zone côtière, dans le nord du pays.

« Les attaques [de Daech] et son intention de contrôler des zones stratégiques vitales constituent une grave menace pour les installations pétrolières de la Libye », a déclaré M. Kobler dans un communiqué de presse, soulignant que ces attaques visent non seulement le cœur de l’économie nationale de la Libye, mais aussi les moyens de subsistance de millions de Libyens, dont beaucoup sont déjà en difficulté en raison du conflit en cours.

Prenant note de la déclaration du Conseil de la présidence de la Libye, du 24 avril dernier, le Représentant spécial, qui est également chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), s’est joint aux appels de ce Conseil à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les champs pétroliers et leurs installations.

« Je demande à tous les acteurs sécuritaires de respecter l’autorité du Conseil de la présidence s’agissant des ressources naturelles de la Libye », a appelé le chef de la MANUL.

En outre, M. Kobler a rappelé à toutes les parties libyennes la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies 2278, adoptée le 31 mars 2016, qui condamne les tentatives d’exportation illégale de pétrole brut libyen, y compris par des institutions parallèles n’agissant pas sous l’autorité du gouvernement d’entente nationale.

Cette résolution, a-t-il dit, souligne également la responsabilité du gouvernement d’entente nationale concernant la prise de mesures appropriées pour empêcher l’exportation illicite de pétrole brut en provenance de Libye.

Dans un second communiqué de presse, publié également mercredi, M. Kobler a condamné le meurtre de trois Libyens et 12 ressortissants égyptiens dans une série d’incidents à Bani Walid, les 26 et 27 avril.

« Je déplore vivement ces terribles tueries et demande à ceux qui ont autorité sur le terrain à Bani Walid de veiller à ce que des enquêtes soient menées sur ces incidents et de faire en sorte que des meurtres supplémentaires n’aient pas lieu », a-t-il déclaré.


COP 21 / Rapport sur l’énergie en Afrique : De 2015 à horizon 2050

Le continent africain comptera plus de deux milliards d’habitants d’ici une trentaine d’années. Ce boom démographique sans précédent confronte l’Afrique au défi majeur du développement d’une énergie durable, dont les fondements permettront d’accompagner sa transformation économique, tout en intégrant les préoccupations environnementales de la planète. Le rapport « L’énergie en Afrique à horizon 2050 » donne les différentes orientations qui permettront à l’Afrique de répondre à ses besoins en matière d’énergie.

 

Alors que les discussions de la COP 21 visent à un accord mondial tentant de limiter le réchauffement climatique à deux degrés, l’Afrique entend peser sur le débat.

Et pour cause, le continent africain est la première victime des conséquences du dérèglement climatique, alors qu’il émet moins de 3,8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le constat est d’autant plus accablant pour un continent qui, concentre 15% de la population mondiale, mais représente seulement 3% de la demande mondiale en énergie primaire.

Cette faible consommation constitue un véritable frein à son « décollage » économique et social. L’accès à l’électricité est indispensable pour sortir le continent africain de la pauvreté et améliorer ses infrastructures de santé et d’éducation. Il y a urgence : l’Afrique doit définir une politique énergétique qui lui permette de s’engager sur le chemin d’une croissance durable.

 

Mais comment éviter que le réveil industriel de l’Afrique ne passe par une consommation massive d’énergies fossiles, comme en Chine ou en Inde ?

 

Le rapport « L’énergie en Afrique à horizon 2050 », fruit d’un travail collectif réalisé par l’Association pour le Développement de l’Énergie en Afrique (ADEA) et Eurogroup Consulting avec la participation du think tank Club 2030 Afrique, a pour ambition de répondre à ces différents enjeux.

 

 

Un défi vital pour un continent sous-alimenté en énergie

 

Sur l’ensemble du continent, plus de la moitié des 54 pays africains affichent un taux d’électrification de moins de 20%. Les taux sont notamment très bas pour la Centrafrique (3%), le Tchad (4%), le Congo Kinshasa (9%), mais atteignent 85% en Afrique du Sud.

Au niveau géographique, alors que l’Afrique du Nord affiche un taux d’électrification de 99%, celui de l’Afrique subsaharienne se limite à 32% et il est de seulement 14% en zone rurale.

Seuls 42% des Africains ont accès à l’électricité, contre 75% dans les pays développés. Le continent souffre également de fortes disparités : 30 % de la population africaine vit en Afrique du Nord ou en Afrique du Sud, mais ces deux régions représentent à elles seules 80 % de l’énergie consommée par l’ensemble du continent (hors biomasse).

 

L’électricité produite en Afrique est très onéreuse pour les ménages : le coût de revient d’un kWh pour un ménage africain peut monter jusqu’à 4 €, contre 0,15 € pour un ménage européen. C’est pourquoi la consommation de la biomasse, énergie gratuite, représente 80% de l’énergie consommée en Afrique subsaharienne (principalement bois de chauffe et charbon de bois). Bien qu’elle soit polluante et néfaste pour la santé, la consommation de charbon représente ainsi 60% environ de la consommation d’énergie de l’Afrique subsaharienne, principalement destinée à la cuisson et au chauffage.

 

Mais en ce qui concerne l’énergie commerciale, le pétrole reste la plus importante en Afrique subsaharienne, hors Afrique du Sud.

 

Gouvernance et financement : les fondements du développement énergétique de l’Afrique

 

Il n’est pas possible d’envisager à court terme la disparition de l’utilisation du bois de feu, souvent la seule énergie dont disposent les ménages ruraux. Il apparaît donc urgent de développer sur une échelle massive la distribution de foyers améliorés, une mesure simple et peu coûteuse, mais pourtant peu mise en œuvre.

 

Pour favoriser l’électrification rurale, l’une des solutions réside dans la production et la distribution décentralisée, à partir de solutions hors réseau et mini réseaux. Ces solutions font appel au solaire photovoltaïque, à la micro-hydraulique, ou encore à la méthanisation. Mais les difficultés à surmonter restent significatives : problèmes techniques, problèmes politiques et de financement.

 

A l’autre bout du spectre, le développement de distribution d’électricité aux populations pauvres et le développement d’infrastructures de production centralisées reste très cher et compliqué à mettre en œuvre.

 

Sur le front de la gouvernance, Club 2030 Afrique recommande de renforcer les cadres réglementaires pour sécuriser les investissements et instaurer une fiscalité transparente.

Parce que les projets énergétiques sont très consommateurs de capitaux, les partenariats publics-privés (contrats BOT, BOO, BOOT) doivent être encouragés. « Le mouvement de privatisation des réseaux électriques, conceptualisé et généralisé par la Banque mondiale, a été un échec manifeste en Afrique, car les pays n’avaient pas achevé leur électrification. Les obligations de rentabilité des compagnies privées les obligeant à considérer des temps de retour très courts, ce qui les a détourné des populations pauvres à la solvabilité insuffisante », souligne le rapport.

Sur le plan des financements, l’Agence internationale de l’énergie estime à 50 milliards de dollars par an, d’ici 2030, les investissements nécessaires pour atteindre un taux d’accès à l’électricité proche de 80%. Parallèlement, il s’agira de mettre en place des mécanismes et des alternatives pour diminuer l’usage des énergies fossiles.

Qui paiera pour assurer cette transition énergétique en Afrique ?

Club 2030 Afrique demande que la part du Fonds vert de l’ONU consacrée à l’Afrique, soit portée à 50% contre 27% aujourd’hui. Le Fonds vert, abondé par les pays développés pour aider les pays les plus exposés au changement climatique, devrait atteindre 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020, si les promesses sont tenues.

L’intégralité du rapport « L’énergie en Afrique à horizon 2050 » est téléchargeable via le lien suivant : http://jmp.sh/VGemGwj

A propos du think tank Club 2030 Afrique :

Présidé par Khaled Igué, le think tank Club 2030 Afrique a pour ambition de devenir la première plateforme de réflexion en Afrique, porteuse des débats entre la société civile, les entrepreneurs et les décideurs politiques. A travers ses idées et ses recommandations, Club 2030 Afrique entend peser sur les dynamiques de transformation du continent, qui touchent à l’économie, au développement humain (éducation et santé), à la gouvernance et à la sécurité.

 


Afghanistan : crime de guerre américain à Kunduz

Plusieurs enquêtes sont en cours pour comprendre comment l’aviation américaine, lors de raids visant les talibans, a pu bombarder à plusieurs reprises l’hôpital de Médecins Sans Frontières / Médecins Sans Frontières (MSF) centre de traumatologie / à Kunduz où elle prétend que des rebelles étaient retranchés.

C’est une bavure que l’armée américaine essaye de justifier en prétendant avoir agi à la demande des autorités militaires afghanes. Vingt et une personnes sont mortes dans la nuit de vendredi à samedi dans ce bombardement aérien, à Kunduz. Cette ville du nord de l’Afghanistan était tombée lundi aux mains des talibans et l’armée afghane, appuyé par l’aviation américaine et des forces spéciales, tente depuis de la reprendre.

Enquête menée par … le principal suspect!

Parmi les victimes figurent douze employés de MSF et sept patients, dont trois enfants. Trente-six personnes ont été blessées. Le chef du Pentagone, Ashton Carter, a affirmé qu’une « enquête exhaustive » était en cours. Quant à l’Otan (créée par les Américains) qui dispose toujours de 13.000 hommes en Afghanistan, dont 10.000 Américains, elle, se limitait à parler de « possibles dommages collatéraux ». Son chef de mission en Afghanistan, le général américain John Campbell, a pourtant téléphoné au président Ashraf Ghani pour lui « présenter ses excuses ».

L’ONU, par le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al-Hussein, a déjà prévenu : cette frappe aérienne pourrait relever du « crime de guerre » si elle était jugée « délibérée » par la justice. Le récit livré par MSF est en ce sens accablant. L’ONG affirme que des bombardements se sont poursuivis « pendant plus d’une demi-heure » après qu’elle eut averti les armées afghane et américaine que son établissement, où étaient traités 105 patients, avait été touché par des premiers tirs. MSF assure avoir transmis préventivement les coordonnées GPS de son hôpital à « toutes les parties » du conflit, et « notamment à Kaboul et Washington ».

Les accusés, eux, s’enferrent dans des défenses fragiles : l’Otan n’évoque qu’une « frappe aérienne » américaine, sans préciser combien de bombes ont été larguées. Le ministre afghan de la Défense a expliqué que l’opération visait sans doute « des terroristes armés qui ont attaqué l’hôpital de MSF et l’ont utilisé en tant que base pour attaquer les forces afghanes et les civils ». C’est exactement ce que disent les Israéliens à chaque fois qu’ils bombardent un centre de soins à Gaza. Et dans la plus totale impunité…

« Nous sommes profondément choqués par l’attaque, le meurtre de notre personnel et les patients et le lourd tribut qu’elle a infligé à la santé, à Kunduz, » explique Bart Janssens, directeur des opérations de MSF. « Nous ne disposons pas encore des chiffres définitifs de victimes, mais notre équipe médicale fournit les premiers soins et le traitement des patients blessés. Nous exhortons toutes les parties à respecter la sécurité des installations et du personnel de santé « .

Le centre de soins de MSF a apporté une aide cruciale à la population depuis lundi, et 394 blessés, majoritairement civils, y ont été soignés. C’est le seul établissement de la région capable de traiter les grands blessés.


Libye: toujours pas d’accord entre les Parlements rivaux

Le consensus n’aura pas duré 48 heures. Dimanche, Bernardino Leon, le chef de la mission des Nations unies en Libye, avait annoncé un texte sur lequel les deux Parlements rivaux se mettraient d’accord pour arriver à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Mardi, le Parlement de Tobrouk a demandé à sa délégation de revenir à Skhirat, au Maroc, lieu des négociations.

Les représentants du Parlement de Tobrouk étaient arrivés confiants au Maroc, jeudi dernier. Ils avaient en main une liste de noms pour le poste de Premier ministre du futur gouvernement d’union nationale. Mardi, le président de l’assemblée leur a demandé de revenir au plus vite.

Le Parlement de Tobrouk, pourtant reconnu par l’ONU, s’est senti trahi par les Nations unies. Bernardino Leon, le chef de la mission de l’ONU en Libye, a accepté dimanche d’inclure neuf amendements proposés par son rival, l’assemblée de Tripoli. Deux points semblent irréconciliables.

Le premier concerne la personne de Khalifa Haftar. Les députés de Tobrouk l’ont nommé chef de leur armée. Le pouvoir à Tripoli considère l’ancien général sous Kadahfi comme un traître. Le second point refusé par le Parlement de Tobrouk est le trop grand pouvoir législatif donné aux élus de Tripoli qui siégeraient au sein d’un nouveau Conseil d’Etat.

Il reste quatre jours à Bernardino Leon pour rapprocher physiquement et psychologiquement les deux camps. L’ONU avait annoncé la formation d’un gouvernement d’union nationale le 20 septembre au plus tard.

Source RFI