La Libye demande à Paris de s’expliquer sur sa présence militaire dans le pays

Le chef du Gouvernement libyen d’union nationale (GNA) a réclamé à la France des explications sur la présence militaire française dans l’est du pays, où siège un gouvernement non reconnu par la communauté internationale, dénonçant une « ingérence inacceptable ».

 

Fayez al-Sarraj a « convoqué » l’ambassadeur de France en Libye, Antoine Sivan, qu’il a rencontré lundi à Nouakchott en marge d’un sommet de la Ligue arabe, « pour lui faire part des protestations officielles de la Libye sur la présence (militaire) française dans l’est du pays » a indiqué mardi le GNA.

 

Selon un communiqué publié sur Facebook, M. Sarraj a exigé de l’ambassadeur « des explications officielles du gouvernement français ».

 

La France avait annoncé la semaine dernière la mort de trois de ses militaires dans un accident d’hélicoptère en Libye, où ils menaient une mission de renseignement auprès des forces conduites par le général Khalifa Haftar.

 

Cet officier controversé soutient une autorité politique basée dans l’est du pays, contrairement aux grandes puissances – dont la France – qui, elles, reconnaissent la légitimité du GNA, basé à Tripoli et issu d’un accord politique scellé fin 2015 sous l’égide de l’ONU.

 

Pour M. Sarraj, la présence militaire française représente « une ingérence inacceptable », le GNA étant opposé à l’implication de forces étrangères en Libye sans son consentement.

 

Selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, les trois militaires décédés menaient des missions « contre le terrorisme ».

 

Les forces du général Haftar combattent depuis plus de deux ans à Benghazi (1.000 km à l’est de Tripoli) des groupes islamistes dont l’organisation Etat islamique (EI), également combattue par les forces pro-GNA dans son fief de Syrte (450 km à l’est de Tripoli).

 

Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi organisé avec la France en 2011, la Libye est livrée aux milices armées et minée par des luttes de pouvoir et des violences qui ont favorisé la montée en puissance des jihadistes de l’EI.

 

Avec AFP

Paris aurait tué 164 civils syriens dans un raid raté après l’attentat de Nice

Selon la Syrie, la France aurait tué 164 civils dans un raid mené après l’attaque terroriste de Nice. La diplomatie syrienne déplore un manque de communication entre les autorités syriennes et les forces de la coalition menée par les Etats-Unis.

Selon le représentant syrien auprès de l’Onu, Bachar Al-Jaafari, les forces aériennes françaises ont frappé le village de Toukhan al-Koubra dans le nord du pays, en représailles à l’attentat terroriste du 14 juillet dernier à Nice, mais les combattants de Daech avaient auparavant quitté la localité.

Le bombardement demandé dans la précipitation par le président Hollande a causé la mort de 164 civils, soit près de deux fois le nombre de victimes de la Promenade des Anglais, à Nice.

Le diplomate syrien a mis cet incident sur le compte du manque de communication entre les autorités syriennes et les forces de la coalition menée par les Etats-Unis au sein de laquelle la France est un membre actif. Selon lui, une meilleure coordination aurait pu permettre d’éviter ce genre de drame.

L’agence Sputnik a interrogé le député du Parti socialiste et président du groupe d’amitié France-Syrie, Gérard Bapt, sur la question de savoir si la coalition allait changer sa ligne politique après la mort de ces civils.

« Je pense d’abord qu’il s’agit d’un drame épouvantable et il faut exprimer toute notre compassion aux familles qui ont été ainsi victimes de dégâts collatéraux« , a déclaré M.Bapt.

En ce qui concerne le bombardement de la coalition, il faut, selon lui, multiplier les efforts pour éviter ces dégâts collatéraux.

« Je crois qu’il serait temps que les échanges d’informations ne se fassent plus par intermédiaire semble-t-il américain, entre Syriens et Américains, mais que la coalition occidentale travaille désormais en coopération avec les autres adversaires qui luttent contre Daech et al-Nosra et je pense bien entendu à l’armée syrienne, aux éléments iraniens, ainsi qu’à l’armée russe« , a fait remarquer le député français

La coalition internationale contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a ouvert une « enquête formelle » pour déterminer si ces frappes la semaine dernière près de Manbij, nord de la Syrie, ont causé des victimes civiles, a indiqué mardi un porte-parole de la coalition.

Le principal groupe d’opposition syrien avait appelé la coalition à suspendre ses bombardements après ces frappes, qui ont fait plusieurs dizaines de morts civils selon des sources locales.

 

Libye : l’envoyé de l’ONU s’inquiète d’attaques récentes de Daech contre des installations pétrolières

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye, Martin Kobler (photo), s’est dit mercredi profondément préoccupé par les récentes incursions de Daech dans le « croissant pétrolier libyen » et les assauts menés par le groupe terroriste contre des installations pétrolières de la zone côtière, dans le nord du pays.

« Les attaques [de Daech] et son intention de contrôler des zones stratégiques vitales constituent une grave menace pour les installations pétrolières de la Libye », a déclaré M. Kobler dans un communiqué de presse, soulignant que ces attaques visent non seulement le cœur de l’économie nationale de la Libye, mais aussi les moyens de subsistance de millions de Libyens, dont beaucoup sont déjà en difficulté en raison du conflit en cours.

Prenant note de la déclaration du Conseil de la présidence de la Libye, du 24 avril dernier, le Représentant spécial, qui est également chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), s’est joint aux appels de ce Conseil à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les champs pétroliers et leurs installations.

« Je demande à tous les acteurs sécuritaires de respecter l’autorité du Conseil de la présidence s’agissant des ressources naturelles de la Libye », a appelé le chef de la MANUL.

En outre, M. Kobler a rappelé à toutes les parties libyennes la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies 2278, adoptée le 31 mars 2016, qui condamne les tentatives d’exportation illégale de pétrole brut libyen, y compris par des institutions parallèles n’agissant pas sous l’autorité du gouvernement d’entente nationale.

Cette résolution, a-t-il dit, souligne également la responsabilité du gouvernement d’entente nationale concernant la prise de mesures appropriées pour empêcher l’exportation illicite de pétrole brut en provenance de Libye.

Dans un second communiqué de presse, publié également mercredi, M. Kobler a condamné le meurtre de trois Libyens et 12 ressortissants égyptiens dans une série d’incidents à Bani Walid, les 26 et 27 avril.

« Je déplore vivement ces terribles tueries et demande à ceux qui ont autorité sur le terrain à Bani Walid de veiller à ce que des enquêtes soient menées sur ces incidents et de faire en sorte que des meurtres supplémentaires n’aient pas lieu », a-t-il déclaré.


COP 21 / Rapport sur l’énergie en Afrique : De 2015 à horizon 2050

Le continent africain comptera plus de deux milliards d’habitants d’ici une trentaine d’années. Ce boom démographique sans précédent confronte l’Afrique au défi majeur du développement d’une énergie durable, dont les fondements permettront d’accompagner sa transformation économique, tout en intégrant les préoccupations environnementales de la planète. Le rapport « L’énergie en Afrique à horizon 2050 » donne les différentes orientations qui permettront à l’Afrique de répondre à ses besoins en matière d’énergie.

 

Alors que les discussions de la COP 21 visent à un accord mondial tentant de limiter le réchauffement climatique à deux degrés, l’Afrique entend peser sur le débat.

Et pour cause, le continent africain est la première victime des conséquences du dérèglement climatique, alors qu’il émet moins de 3,8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le constat est d’autant plus accablant pour un continent qui, concentre 15% de la population mondiale, mais représente seulement 3% de la demande mondiale en énergie primaire.

Cette faible consommation constitue un véritable frein à son « décollage » économique et social. L’accès à l’électricité est indispensable pour sortir le continent africain de la pauvreté et améliorer ses infrastructures de santé et d’éducation. Il y a urgence : l’Afrique doit définir une politique énergétique qui lui permette de s’engager sur le chemin d’une croissance durable.

 

Mais comment éviter que le réveil industriel de l’Afrique ne passe par une consommation massive d’énergies fossiles, comme en Chine ou en Inde ?

 

Le rapport « L’énergie en Afrique à horizon 2050 », fruit d’un travail collectif réalisé par l’Association pour le Développement de l’Énergie en Afrique (ADEA) et Eurogroup Consulting avec la participation du think tank Club 2030 Afrique, a pour ambition de répondre à ces différents enjeux.

 

 

Un défi vital pour un continent sous-alimenté en énergie

 

Sur l’ensemble du continent, plus de la moitié des 54 pays africains affichent un taux d’électrification de moins de 20%. Les taux sont notamment très bas pour la Centrafrique (3%), le Tchad (4%), le Congo Kinshasa (9%), mais atteignent 85% en Afrique du Sud.

Au niveau géographique, alors que l’Afrique du Nord affiche un taux d’électrification de 99%, celui de l’Afrique subsaharienne se limite à 32% et il est de seulement 14% en zone rurale.

Seuls 42% des Africains ont accès à l’électricité, contre 75% dans les pays développés. Le continent souffre également de fortes disparités : 30 % de la population africaine vit en Afrique du Nord ou en Afrique du Sud, mais ces deux régions représentent à elles seules 80 % de l’énergie consommée par l’ensemble du continent (hors biomasse).

 

L’électricité produite en Afrique est très onéreuse pour les ménages : le coût de revient d’un kWh pour un ménage africain peut monter jusqu’à 4 €, contre 0,15 € pour un ménage européen. C’est pourquoi la consommation de la biomasse, énergie gratuite, représente 80% de l’énergie consommée en Afrique subsaharienne (principalement bois de chauffe et charbon de bois). Bien qu’elle soit polluante et néfaste pour la santé, la consommation de charbon représente ainsi 60% environ de la consommation d’énergie de l’Afrique subsaharienne, principalement destinée à la cuisson et au chauffage.

 

Mais en ce qui concerne l’énergie commerciale, le pétrole reste la plus importante en Afrique subsaharienne, hors Afrique du Sud.

 

Gouvernance et financement : les fondements du développement énergétique de l’Afrique

 

Il n’est pas possible d’envisager à court terme la disparition de l’utilisation du bois de feu, souvent la seule énergie dont disposent les ménages ruraux. Il apparaît donc urgent de développer sur une échelle massive la distribution de foyers améliorés, une mesure simple et peu coûteuse, mais pourtant peu mise en œuvre.

 

Pour favoriser l’électrification rurale, l’une des solutions réside dans la production et la distribution décentralisée, à partir de solutions hors réseau et mini réseaux. Ces solutions font appel au solaire photovoltaïque, à la micro-hydraulique, ou encore à la méthanisation. Mais les difficultés à surmonter restent significatives : problèmes techniques, problèmes politiques et de financement.

 

A l’autre bout du spectre, le développement de distribution d’électricité aux populations pauvres et le développement d’infrastructures de production centralisées reste très cher et compliqué à mettre en œuvre.

 

Sur le front de la gouvernance, Club 2030 Afrique recommande de renforcer les cadres réglementaires pour sécuriser les investissements et instaurer une fiscalité transparente.

Parce que les projets énergétiques sont très consommateurs de capitaux, les partenariats publics-privés (contrats BOT, BOO, BOOT) doivent être encouragés. « Le mouvement de privatisation des réseaux électriques, conceptualisé et généralisé par la Banque mondiale, a été un échec manifeste en Afrique, car les pays n’avaient pas achevé leur électrification. Les obligations de rentabilité des compagnies privées les obligeant à considérer des temps de retour très courts, ce qui les a détourné des populations pauvres à la solvabilité insuffisante », souligne le rapport.

Sur le plan des financements, l’Agence internationale de l’énergie estime à 50 milliards de dollars par an, d’ici 2030, les investissements nécessaires pour atteindre un taux d’accès à l’électricité proche de 80%. Parallèlement, il s’agira de mettre en place des mécanismes et des alternatives pour diminuer l’usage des énergies fossiles.

Qui paiera pour assurer cette transition énergétique en Afrique ?

Club 2030 Afrique demande que la part du Fonds vert de l’ONU consacrée à l’Afrique, soit portée à 50% contre 27% aujourd’hui. Le Fonds vert, abondé par les pays développés pour aider les pays les plus exposés au changement climatique, devrait atteindre 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020, si les promesses sont tenues.

L’intégralité du rapport « L’énergie en Afrique à horizon 2050 » est téléchargeable via le lien suivant : http://jmp.sh/VGemGwj

A propos du think tank Club 2030 Afrique :

Présidé par Khaled Igué, le think tank Club 2030 Afrique a pour ambition de devenir la première plateforme de réflexion en Afrique, porteuse des débats entre la société civile, les entrepreneurs et les décideurs politiques. A travers ses idées et ses recommandations, Club 2030 Afrique entend peser sur les dynamiques de transformation du continent, qui touchent à l’économie, au développement humain (éducation et santé), à la gouvernance et à la sécurité.

 


Afghanistan : crime de guerre américain à Kunduz

Plusieurs enquêtes sont en cours pour comprendre comment l’aviation américaine, lors de raids visant les talibans, a pu bombarder à plusieurs reprises l’hôpital de Médecins Sans Frontières / Médecins Sans Frontières (MSF) centre de traumatologie / à Kunduz où elle prétend que des rebelles étaient retranchés.

C’est une bavure que l’armée américaine essaye de justifier en prétendant avoir agi à la demande des autorités militaires afghanes. Vingt et une personnes sont mortes dans la nuit de vendredi à samedi dans ce bombardement aérien, à Kunduz. Cette ville du nord de l’Afghanistan était tombée lundi aux mains des talibans et l’armée afghane, appuyé par l’aviation américaine et des forces spéciales, tente depuis de la reprendre.

Enquête menée par … le principal suspect!

Parmi les victimes figurent douze employés de MSF et sept patients, dont trois enfants. Trente-six personnes ont été blessées. Le chef du Pentagone, Ashton Carter, a affirmé qu’une « enquête exhaustive » était en cours. Quant à l’Otan (créée par les Américains) qui dispose toujours de 13.000 hommes en Afghanistan, dont 10.000 Américains, elle, se limitait à parler de « possibles dommages collatéraux ». Son chef de mission en Afghanistan, le général américain John Campbell, a pourtant téléphoné au président Ashraf Ghani pour lui « présenter ses excuses ».

L’ONU, par le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al-Hussein, a déjà prévenu : cette frappe aérienne pourrait relever du « crime de guerre » si elle était jugée « délibérée » par la justice. Le récit livré par MSF est en ce sens accablant. L’ONG affirme que des bombardements se sont poursuivis « pendant plus d’une demi-heure » après qu’elle eut averti les armées afghane et américaine que son établissement, où étaient traités 105 patients, avait été touché par des premiers tirs. MSF assure avoir transmis préventivement les coordonnées GPS de son hôpital à « toutes les parties » du conflit, et « notamment à Kaboul et Washington ».

Les accusés, eux, s’enferrent dans des défenses fragiles : l’Otan n’évoque qu’une « frappe aérienne » américaine, sans préciser combien de bombes ont été larguées. Le ministre afghan de la Défense a expliqué que l’opération visait sans doute « des terroristes armés qui ont attaqué l’hôpital de MSF et l’ont utilisé en tant que base pour attaquer les forces afghanes et les civils ». C’est exactement ce que disent les Israéliens à chaque fois qu’ils bombardent un centre de soins à Gaza. Et dans la plus totale impunité…

« Nous sommes profondément choqués par l’attaque, le meurtre de notre personnel et les patients et le lourd tribut qu’elle a infligé à la santé, à Kunduz, » explique Bart Janssens, directeur des opérations de MSF. « Nous ne disposons pas encore des chiffres définitifs de victimes, mais notre équipe médicale fournit les premiers soins et le traitement des patients blessés. Nous exhortons toutes les parties à respecter la sécurité des installations et du personnel de santé « .

Le centre de soins de MSF a apporté une aide cruciale à la population depuis lundi, et 394 blessés, majoritairement civils, y ont été soignés. C’est le seul établissement de la région capable de traiter les grands blessés.


Libye: toujours pas d’accord entre les Parlements rivaux

Le consensus n’aura pas duré 48 heures. Dimanche, Bernardino Leon, le chef de la mission des Nations unies en Libye, avait annoncé un texte sur lequel les deux Parlements rivaux se mettraient d’accord pour arriver à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Mardi, le Parlement de Tobrouk a demandé à sa délégation de revenir à Skhirat, au Maroc, lieu des négociations.

Les représentants du Parlement de Tobrouk étaient arrivés confiants au Maroc, jeudi dernier. Ils avaient en main une liste de noms pour le poste de Premier ministre du futur gouvernement d’union nationale. Mardi, le président de l’assemblée leur a demandé de revenir au plus vite.

Le Parlement de Tobrouk, pourtant reconnu par l’ONU, s’est senti trahi par les Nations unies. Bernardino Leon, le chef de la mission de l’ONU en Libye, a accepté dimanche d’inclure neuf amendements proposés par son rival, l’assemblée de Tripoli. Deux points semblent irréconciliables.

Le premier concerne la personne de Khalifa Haftar. Les députés de Tobrouk l’ont nommé chef de leur armée. Le pouvoir à Tripoli considère l’ancien général sous Kadahfi comme un traître. Le second point refusé par le Parlement de Tobrouk est le trop grand pouvoir législatif donné aux élus de Tripoli qui siégeraient au sein d’un nouveau Conseil d’Etat.

Il reste quatre jours à Bernardino Leon pour rapprocher physiquement et psychologiquement les deux camps. L’ONU avait annoncé la formation d’un gouvernement d’union nationale le 20 septembre au plus tard.

Source RFI

Libye: l’Europe envisage l’envoi d’une mission

  • L’Union européenne pourrait envoyer une mission civile ou militaire en Libye si un gouvernement d’unité nationale, actuellement en pourparlers au Maroc, était formé, ont indiqué des sources concordantes aujourd’hui.

 

« Nous avons en tête des missions civiles et militaires pour contribuer à la protection d’un éventuel gouvernement d’unité nationale » et l’aider « à fonctionner dans son combat contre les activités terroristes », a indiqué un responsable européen. « Le jour où il y aura une percée » dans les négociations entre les deux parlements rivaux de Libye qui se tiennent près de Rabat sous l’égide de l’ONU, « nous devons être prêts à les soutenir », a-t-il ajouté.

 

« L’UE ne peut rester les bras croisés », a souligné une autre source. La chef de la diplomatie européenne, l’ancienne ministre italienne des Affaires étrangères Federica Mogherini, « en fait une affaire personnelle », a-t-elle expliqué. L’Italie, située à 350 km des côtes libyennes, est en première ligne pour accueillir les migrants fuyant par milliers le pays, et des groupes liés à l’Etat islamique ont profité du chaos ambiant pour s’implanter.

 

Si les pourparlers, suspendus pendant une semaine, n’aboutissent pas, « il n’y a pas de plan B », selon le responsable. « Personne ne sait ce qu’il faudra faire au cas où » le pays s’enfoncerait dans une guerre civile, offrant ainsi une plateforme inédite aux jihadistes au sud de l’Europe.

 

Le service diplomatique de l’UE a fait aujourd’hui des propositions d’intervention variées aux 28 Etats membres. Il a ainsi défendu une mission de sécurisation de certains sites sensibles comme des aéroports ou des bâtiments gouvernementaux, de surveillance d’un éventuel cessez-le-feu, ou encore un déploiement naval au large des côtes libyennes.

 

« Les ministres vont en discuter lundi, on verra ce qu’ils ont en tête ou si cela est totalement écarté », a indiqué le responsable européen, prédisant que les 28 pourraient demander dans un premier temps au service diplomatique de continuer ses préparatifs sans se prononcer sur le scénario.

 

Libye: le Conseil de sécurité salue l’annonce d’un cessez-le-feu

Le Conseil de sécurité de l’ONU a salué samedi l’annonce par une coalition de milices, notamment islamistes, d’un cessez-le-feu en Libye et a menacé de sanctions ceux qui feraient obstacle aux efforts de paix dans ce pays.

Le Conseil a en outre fait part de son soutien à la tenue la semaine prochaine à Genève d’une deuxième session des pourparlers de l’ONU sur la paix en Libye en demandant instamment à tous les belligérants d’y prendre part.
Une première session de négociations a débuté mercredi dernier, et l’ONU a annoncé dans un communiqué que les participants étaient parvenus vendredi à un accord sur un calendrier en vue de former un gouvernement d’unité.
La coalition de milices Fajr Libya, qui contrôle notamment Tripoli, a annoncé vendredi un « cessez-le-feu » sur tous les fronts.
« Il ne peut y avoir de solution militaire à la crise en Libye », affirme une déclaration unanime du Conseil de sécurité de l’ONU diffusée samedi.
Le Conseil de sécurité « est prêt à sanctionner ceux qui menacent la paix en Libye, sa stabilité ou sa sécurité, qui font obstruction ou minent le succès de sa transition politique », ajoute cette déclaration.
Plusieurs parties libyennes ont participé mercredi et jeudi à Genève à une réunion sous l’égide de l’ONU pour tenter de sortir la Libye du chaos dans lequel elle s’est enfoncée depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, avec deux gouvernements rivaux, ainsi que de puissantes milices se battant pour le contrôle des villes et la manne du pétrole.
Le cesse-le-feu annoncé par Fajr Libya, qui s’est emparée de la capitale Tripoli l’été dernier et contrôle également Misrata, la troisième ville du pays, a conforté les efforts de l’ONU en vue de persuader les principaux acteurs du conflit de négocier la fin des combats.

L’ONU accepte la demande d’adhésion de la Palestine à la Cour pénale internationale

C’est une victoire pour la Palestine, qui prend désormais une place plus forte sur la scène internationale. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a accepté, mercredi 7 janvier, la demande d’adhésion des Palestiniens à la Cour pénale internationale (CPI).

Cette décision va permettre au tribunal de La Haye, qui a pour mission de poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l’humanité ou crimes de guerre, d’enquêter à partir du 1er avril (date effective de cette adhésion) sur les allégations de crimes commis dans les territoires palestiniens.

Riposte israélienne

La Palestine avait formellement présenté sa demande d’accession à la CPI le 2 janvier dans le but d’engager des actions légales contre des dirigeants israéliens pour leur conduite lors des guerres, comme celle de juillet-août à Gaza, contre les enlèvements de civils ou encore contre la colonisation de territoires palestiniens.

Cette adhésion intervient au terme d’une année qui a vu l’éclatement d’un nouveau conflit à Gaza, un regain de violences à Jérusalem et de plus en plus de pays demander la reconnaissance d’un Etat palestinien. Elle est aussi une alternative après le rejet d’une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU sur la fin de l’occupation israélienne.

Au lendemain de la demande d’adhésion, Israël avait réagi en gelant le transfert de 106 millions d’euros de taxes collectées pour le compte de l’Autorité palestinienne. Les Etats-Unis ont vivement condamné cette riposte.


Libye « libérée » : Cinq pays du Sahel appellent l’ONU ou l’OTAN à ré-intervenir

Cinq pays du Sahel, en accord avec l’Union africaine (UA), ont appelé vendredi 19 décembre l’ONU à mettre en place une force internationale « pour neutraliser les groupes armés » en Libye.

Le Tchad, le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso, rassemblés au sein du Groupe des cinq du Sahel – aussi appelé G5 Sahel – à Nouakchott, capitale de la Mauritanie, saluent « les efforts déployés par les pays voisins » de la Libye et l’ONU « en vue de réunir les conditions d’un dialogue entre toutes les parties libyennes à l’exception des groupes terroristes reconnus comme tels », selon le communiqué final de leur sommet. « Néanmoins, le G5 Sahel lance un appel au Conseil de sécurité des Nations unies pour la mise en place, en accord avec l’Union africaine, d’une force internationale pour neutraliser les groupes armés, aider à la réconciliation nationale et mettre en place des institutions démocratiques stables » en Libye, ajoute le communiqué.

Lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet, le chef de l’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, également président en exercice de l’Union africaine, a assuré que le G5 Sahel avait « officiellement » saisi l’UA et l’ONU de la question, sans préciser la forme de la requête ni indiquer à quelle date elle a été formulée.

 

« Les instances élues, notamment le Parlement libyen élu, ont besoin de force pour mettre en œuvre leurs programmes de développement, dans la paix et la stabilité », a-t-il estimé. La Libye est plongée dans le chaos depuis le renversement du colonel Mouammar Kadhafi par la France de Sarkozy au terme de huit mois de conflit en 2011. Livré aux milices, le pays est dirigé par deux Parlements et deux gouvernements – l’un proche des milices islamistes et l’autre reconnu par les Occidentaux – qui se disputent le pouvoir.

 

Ces derniers jours, plusieurs dirigeants africains ont souligné la menace que constituent pour les pays sahélo-sahariens le djihadisme et les trafics transfrontaliers en tous genres en provenance du sud de la Libye, aux confins de l’Algérie, du Niger et du Tchad.

Une partie des djihadistes refoulés du Mali, dont l’Algérien Mokhtar Belmokhtar et le Malien Iyad Ag Ghali, se sont retranchés dans cette région par où transitent les trafics d’armes prélevées sur les gigantesques stocks du colonel Kadhafi. « Aucune armée africaine ne peut aller détruire en Libye le terrorisme (…). Il n’y a que l’OTAN qui en a les moyens », avait soutenu à Dakar le président tchadien, Idriss Déby.

 

« Si on veut résoudre le problème du Sahel, il faut s’occuper de la Libye. Nous pourrons les accompagner », a insisté M. Déby, dont le pays, puissance régionale, est militairement présent au Mali pour lutter contre les djihadistes depuis 2013.