Sommet Afrique-UE: renforcer «l’investissement, la croissance économique et la création d’emplois»

Les 29 et 30 novembre, le président du Conseil européen Herman van Rompuy, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Andris Piebalgs, commissaire au développement, participeront au sommet Afrique-UE à Tripoli, en Libye. Sous le thème général «Investissement, croissance économique et création d’emplois», quatre-vingts chefs d’État et de gouvernement européens et africains se réuniront afin de donner une dimension nouvelle et plus ambitieuse à la coopération entre les deux continents. Dans le contexte du partenariat Afrique-UE établi en 2007, les deux continents poursuivent, en tant que partenaires égaux, des intérêts et des objectifs stratégiques communs, au?delà de la politique traditionnelle d’aide au développement.

Au cours du sommet, les participants devraient prôner une croissance inclusive et durable en tant que principal moteur du développement et de la lutte contre la pauvreté. Un renforcement du secteur privé et une participation accrue de celui-ci sont indispensables pour y parvenir, de même qu’une plus grande coopération dans les domaines du changement climatique et de la paix et de la sécurité.

Le président du Conseil européen, Herman van Rompuy, a déclaré à la veille de la réunion : « Dans un contexte de globalisation croissante et de crise économique et financière, le partenariation de l’Union avec l’Afrique est d’une importance stratégique. Nous aborderons des sujets clés comme la paix et la sécurité, la gouvernance globale et l’intégration régionale. Nous allons également renforcer nos efforts conjoints pour encourager l’investissement, la création d’emplois et la croissance ».

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a déclaré avant cette réunion: «L’Union européenne construit un partenariat solide et toujours plus étroit avec l’Afrique. En 2007, lors du sommet de Lisbonne, nous avons accompli d’excellents progrès en adoptant une stratégie commune. Nous devons désormais consolider et approfondir nos liens, en nous appuyant sur le potentiel encore inexploité des relations UE-Afrique. Une coopération plus solide et plus intense profitera considérablement au développement de l’Afrique et jouera un rôle important dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Ce partenariat représente également pour l’Europe un véritable atout et une opportunité à ne pas manquer de promouvoir les relations avec un continent toujours plus important dans un monde de plus en plus interdépendant.»

Les quatre-vingts chefs d’État et de gouvernement, qui représentent plus d’un milliard et demi de personnes, axeront leurs discussions sur la façon dont les deux continents peuvent progresser en vue d’atteindre leurs objectifs prioritaires communs, à savoir favoriser la croissance durable et l’emploi et surmonter les effets de la crise économique et financière, notamment par la création d’un environnement plus propice aux entreprises et aux investissements.

Depuis 2007, la stratégie commune UE-Afrique a permis des progrès notables dans des domaines tels que les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), la paix et la sécurité, l’intégration régionale et le commerce (des exemples concrets sont présentés dans le MEMO/10/604). Parallèlement, l’Europe et l’Afrique doivent faire plus pour remédier à la fragmentation des politiques et des instruments financiers. Pour atteindre leurs objectifs communs, elles doivent aussi assurer une meilleure participation de toutes les parties prenantes – parlements, société civile et secteur privé.

Les discussions menées lors du Sommet porteront sur les thèmes suivants:

–       intégration régionale, infrastructures, TIC, sciences et développement du secteur privé;

–       énergie et changement climatique;

–       OMD, agriculture et produits alimentaires;

–       paix et sécurité;

–       gouvernance et droits de l’homme;

–       migration, mobilité et création d’emplois.

Dans leur déclaration commune, les chefs d’État et de gouvernement devraient mettre l’accent sur l’importance stratégique que revêt au niveau mondial leur partenariat stratégique, le seul conclu entre deux continents. Le sommet devrait aussi relancer les efforts en vue d’atteindre les OMD, notamment dans le cas des pays dont le retard est le plus important. Un plan d’action conjoint 2011-2013 sera adopté pour définir les mesures concrètes qu’il convient de poursuivre ou de lancer dans les domaines stratégiques, compte tenu de ce qui a été accompli depuis 2007.

Avant le sommet, MM. Barroso et Piebalgs, ainsi que M. Tajani, vice?président de la Commission, participeront au forum des affaires UE-Afrique et à la table ronde des P-dg, organisés le 28 novembre en marge de la manifestation principale. Le forum portera notamment sur la manière d’élaborer une stratégie conjointe afin de disposer de modèles inclusifs pour un développement et une croissance durables en Afrique.

Historique

En 2007, les chefs d’État et de gouvernement d’Europe et d’Afrique ont lancé le partenariat stratégique conjoint Afrique-UE afin de poursuivre des intérêts communs, au-delà de la politique traditionnelle d’aide au développement. Huit partenariats thématiques assurent le suivi opérationnel: paix et sécurité; gouvernance démocratique et droits de l’homme; commerce, intégration régionale et infrastructures; OMD; énergie; changement climatique; migration, mobilité et emploi; sciences, société de l’information et espace.

Le 10 novembre 2010, la Commission européenne a publié ses propositions sur la manière de consolider les relations Afrique-UE, reconnaissant que le partenariat devait encore évoluer. Elle a suggéré d’axer la coopération au développement sur le soutien à une croissance inclusive et durable en Afrique, en privilégiant des activités à fort impact, de manière à attirer des investissements en vue de concrétiser l’immense potentiel du partenariat.

Pour plus d’informations, voir aussi:

MEMO/10/604

IP/10/1495 et MEMO/10/566 à propos de la communication sur la consolidation des relations entre l’UE et l’Afrique

IP/10/1494 et MEMO/10/565 à propos du Livre vert «La politique de développement de l’UE en faveur de la croissance inclusive et du développement durable – Accroître l’impact de la politique de développement de l’Union européenne»

Site web du partenariat Afrique-UE: http://www.africa-eu-partnership.org/

Site web de la direction générale du développement:

http://ec.europa.eu/development/index_fr.cfm

Site web d’EuropeAid (Aidco): http://ec.europa.eu/europeaid/index_fr.htm

Site web de José Manuel Barroso, président de la Commission:

http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/president/index_fr.htm

Site web de Andris Piebalgs, commissaire au développement:

http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/piebalgs/index_fr.htm

Site web du forum des affaires UE-Afrique: http://www.euafrica-businessforum.org


Exclusif – Marc-Philippe Daubresse, ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, à propos de 2010, Année internationale de la Jeunesse : « Une opportunité pour la formation humaine des jeunes »

Sur initiative du président Zine el-Abidine Ben Ali, l’ONU a consacré l’année 2010, année internationale de la jeunesse. Marc-Philippe Daubresse, ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, – devenu depuis SG-adjoint de l’UMP (parti au pouvoir) – revient sur cette proclamation qui met en lumière le succès de l’expérience tunisienne.

– Propos recueillis par Hugues Wagner pour

europemaghreb.fr

afrique-asie.fr

Monsieur le ministre, votre ministère participe de quelle façon à cette année 2010, proclamée Année internationale de la jeunesse?

Une série d’évènements sont organisés dans le cadre de cette année internationale de la Jeunesse. Dans cet état d’esprit, le ministère de la Jeunesse et des Solidarités actives développe une politique cohérente et concertée en faveur des jeunes sur la base du plan « Agir pour la jeunesse » annoncé par le président de la République en septembre 2009.

Vos projets phares en la matière?

J’en citerai deux : la création début 2009 d’un « Fonds d’expérimentation pour la jeunesse » doté de près de 300 millions d’euros et permettant à toute structure publique ou privée de proposer une action innovante pour la jeunesse, et la mise en place d’un Service civique, qui devrait concerner 10 000 jeunes de 16 à 25 ans cette année et, à terme, concerner 10% de cette classe d’âge. Il consiste en un engagement citoyen des jeunes âgés de 16 à 25 ans dans une structure associative, humanitaire, ou au sein d’une collectivité locale d’une durée de 6 à 12 mois. C’est une véritable opportunité, un complément fort à la formation humaine et citoyenne de chaque jeune.

Développez-vous une coopération particulière avec la Tunisie qui a fait de ses jeunes sa principale priorité?

Une coopération institutionnelle très active entre les deux ministères de la Jeunesse, français et tunisien, avait débouché fin 1995 sur l’ouverture à Tunis d’un « Centre Information Jeunesse » transformé depuis en « Observatoire national de la jeunesse ».

Nos deux pays ont également mis en œuvre une coopération tant dans le domaine des échanges de cadres de jeunesse institutionnels et associatifs que des échanges de jeunes. Le programme européen « Jeunesse en action » qui encourage la coopération entre partenaires « des pays programmes » et « des pays partenaires voisins » a désormais pris le relais de cette coopération bilatérale.

Par ailleurs, la Tunisie et la France sont membres de la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports (CONFEJES) des pays ayant le français en partage. Au cours de la dernière réunion de son bureau en mars à Marrakech, la CONFEJES s’est d’ailleurs félicitée de la proclamation par l’ONU, sur proposition tunisienne, de l’année 2010, année internationale de la jeunesse et a inscrit dans ce cadre toutes les actions de sa programmation 2010 pouvant s’y rattacher.

« La Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports s’est félicitée de la proclamation par l’ONU, sur proposition tunisienne, de l’année 2010, année internationale de la jeunesse »

Que pensez-vous des initiatives tunisiennes de créer un Parlement ou Conseil des enfants, de mettre les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) au service de la formation, etc.?

Ce sont de bonnes initiatives, et, en outre, le ministère de la Jeunesse français apporte lui-même son soutien à l’Association nationale des conseils d’enfants et des jeunes qui œuvre au développement des Conseils d’enfants et de jeunes, dispositifs de participation à la vie locale pour les enfants et les jeunes, de 7 à 25 ans qui s’inscrivent dans une dynamique de démocratie locale. Grâce à ces Conseils, les jeunes s’exercent à la citoyenneté et découvrent la démocratie. Le même raisonnement peut s’appliquer aux initiatives visant à développer les NTIC au service de la formation ; ces dispositifs permettent de favoriser la réduction de la fracture numérique, de garantir la bonne information de tous. C’est essentiel pour favoriser l’engagement citoyen.

« Grâce à ces Conseils, les jeunes s’exercent à la citoyenneté et découvrent la démocratie »

Que peut-on attendre du sommet de Leon, au Mexique?

La Conférence Mondiale pour la Jeunesse était une initiative du gouvernement mexicain avec l’appui d’autres gouvernements, de la société civile ainsi que des Nations Unies. Je note avec satisfaction que pour la première fois, un représentant du Forum européen jeunesse était membre de la délégation officielle de l’UE. Les pays présents ont ainsi reconnu le lien qui existe entre la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et l’investissement dans les politiques de jeunesse. Ils se sont engagés à demander à l´Assemblée Générale des Nations unies de reconnaître, de renforcer et de mandater le Réseau Inter Agences des Nations unies sur le développement de la Jeunesse afin d’évaluer et d´assurer le suivi des déclarations existantes, des mécanismes et des structures d’engagement spécifiques aux jeunes, à savoir la Déclaration de la Conférence de la Jeunesse, le Programme d’Action Mondial pour la Jeunesse et les OMD en relation avec les jeunes.

Peut-on croire aux objectifs du Millénaire dont une bonne part concerne la jeunesse ?

Je le crois. La lutte contre la pauvreté et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement nécessitent de s’appuyer sur des institutions publiques stables et reconnues, capables de garantir aux populations sécurité et accès aux services publics essentiels.

Le ministère des Affaires étrangères et européennes français appuie ainsi les processus d’intégration régionale, porteurs de synergies entre les politiques nationales de développement, et considère les villes comme un enjeu privilégié du développement durable ; elles sont aussi un lieu crucial du développement des politiques de jeunesse.

OMD : Rester mobilisés dans un environnement international difficile

La conférence de haut niveau de l’ONU sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) a pris fin mercredi au siège de l’ONU à New York après l’adoption d’un document final.

Quelque 140 chefs d’Etats et de gouvernement se sont réunis pour ce sommet de trois jours sur les OMD tenu au siège de l’ONU à New York, au cours duquel ils ont pris de nouveaux engagements pour accomplir les OMD avant la date butoir de 2015.

Les OMD portent sur l’élimination de la pauvreté, la lutte contre les maladies, la lutte contre la famine, la protection de l’environnement et la promotion de l’éducation.

Le document final, qui compte 28 pages et a pour titre « Tenir la promesse : unis pour réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement », exprime de profondes préoccupations sur le fait que les progrès sont loin d’être satisfaisants. Toutefois, les dirigeants mondiaux se sont déclarés convaincus qu’avec de nouveaux engagements mondiaux, les objectifs sur la réduction de la pauvreté et de la famine, des maladies ainsi que d’autres fléaux sociaux peuvent encore être atteints à l’horizon 2015.

« Nous sommes convaincus que les Objectifs du millénaire pour le développement seront atteints, y compris par les pays les plus pauvres, avec des engagements renouvelés, l’application efficace des mesures et des actions collectives renforcées par tous les pays membres ainsi que d’autres acteurs », ont déclaré les dirigeants dans le document.

Mercredi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a dévoilé une stratégie globale pour la santé maternelle et infantile, annonçant que plus de 40 milliards de dollars ont été promis par la communauté internationale pour la mise en oeuvre de cette stratégie.

« Ce sommet a forgé une base solide pour les progrès dont nous avons besoin pour atteindre les OMD avant la date internationalement convenue de 2015 », a déclaré M. Ban Ki-moon dans son discours de clôture.

« Le document final du sommet envoie un message clair pour que vous demeuriez engagés dans la réalisation des objectifs même dans un environnement international difficile », a-t-il souligné.