Tunisie: Le président Essebsi « hors de danger » selon son fils

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, victime d’un grave malaise jeudi, est « hors de danger » et pourrait sortir de l’hôpital en début de semaine, a assuré son fils Hafedh Caïd Essebsi. 

« Le Président va mieux, il est hors de danger et nous espérons qu’il va quitter l’hôpital lundi ou mardi, », a déclaré à l’AFP M. Essebsi, qui est également le dirigeant du parti présidentiel Nidaa Tounès. 

Béji Caïd Essebsi, 92 ans, est soigné à l’hôpital militaire de Tunis, où il a reçu vendredi le Premier ministre Youssef Chahed. 

Le plus vieux chef de l’Etat au monde après la reine d’Angleterre se trouvait dans un état « critique » jeudi, selon la présidence, le jour même où Tunis était visé par un double attentat suicide contre la police revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI). 

Un policier a été tué et huit autres personnes blessées dans ces attaques ayant fait ressurgir la terreur jihadiste. 

Pionnière des mal nommés Printemps arabes de 2011, la Tunisie est allée doucement vers la démocratisation à l’occidental ces huit dernières années, avec ses soubresauts politiques, sa morosité économique et les attaques jihadistes. 

Une éventuelle absence prolongée du Président a toutefois fait craindre de nouvelles incertitudes politiques, notamment à l’approche des législatives puis de la présidentielle en fin d’année.

Tunisie: 2019, année électorale chargée d’incertitudes

Grève générale inédite, création d’un parti censé servir les ambitions prêtées au Premier ministre… La Tunisie, pionnière et unique rescapée du mal nommé Printemps arabe, est entrée de plain-pied dans une année électorale à hauts risques pour sa jeune démocratie. 

Tour d’horizon à quelques mois de ces scrutins législatifs et présidentiel, huit ans après le renversement du président Ben Ali. 

– LES DATES SONT-ELLES CONNUES ? 

L’Instance supérieure indépendante chargée d’organiser les élections (Isie) doit les fixer prochainement. 

La Constitution, dont l’adoption en 2014 fut saluée comme une grande réussite de la transition démocratique, prévoit que les législatives aient lieu dans les 60 jours avant la fin du mandat de l’Assemblée, soit entre début octobre et début décembre. La présidentielle est prévue entre fin octobre et fin décembre. 

Les législatives sont prévues avant la présidentielle, à moins qu’un parti ne parvienne à convaincre la majorité des députés de bousculer ce calendrier ou que le Président ne démissionne. 

La Cour constitutionnelle, saisie en cas de litiges, n’est pas encore constituée, et l’Isie est fragilisée, le Parlement n’ayant notamment toujours pas désigné de nouveau Président. Mais la majorité des élus et les bailleurs de fonds sont opposés à tout report. 

– LE PRESIDENT SERA-T-IL CANDIDAT ? 

Premier Président élu démocratiquement au suffrage universel en 2014, Béji Caïd Essebsi, 92 ans, est le doyen des chefs d’Etat avec la reine d’Angleterre. 

M. Essebsi est envisagé comme candidat par Nidaa Tounes, parti qu’il a co-fondé en 2012 et qui est déchiré par des luttes de pouvoir. 

Il a indiqué récemment dans un entretien à un journal arabophone qu’il ne visait pas « la présidence à vie » et qu’il ne briguerait un second mandat que « dans l’intérêt de la Tunisie » et à condition que Nidaa se ressoude. 

Il a par ailleurs attaqué son Premier ministre Youssef Chahed, accusé de s’accrocher au pouvoir via un pacte « secret » avec les islamistes d’Ennahdha. 

Le fils du Président, Hafedh Caïd Essebsi, dont la mainmise sur Nidaa Tounes a précipité les tensions, est lui très largement rejeté, jusque dans son camp. 

– QUELS CANDIDATS POSSIBLES ? 

Si aucun ne s’est prononcé, le Premier ministre, ex-dauphin du Président, rassemble ses troupes. 

Fin janvier a été annoncée la création prochaine d’un mouvement dont les référents politiques sont très proches de ceux de Nidaa Tounes (« modernisme », libéralisme…). Si M. Chahed était absent, c’est autour de sa personne et des 44 députés l’ayant rallié cet automne que le mouvement « Tahia Tounes » (« Vive la Tunisie ») se constitue. 

Tahia Tounes, tout comme Nidaa, doit organiser son congrès en mars. 

Ennahdha, formation qui s’en est la mieux tirée lors des municipales de 2018, apparaît pour sa part comme la plus structurée pour les législatives. Elle s’est en outre efforcée d’acter sa mutation en parti à simple « référent » islamiste, ou « islamo-conservateur ». 

Mais Ennahdha n’a pas encore décidé s’il allait présenter un candidat à la présidentielle ou trouver un allié, tel l’ex-président Moncef Marzouki en 2014. Après ce scrutin perdant, Ennahdha avait scellé une alliance surprise avec M. Essebsi, rompue fin 2018. 

Le chef de file historique d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a déclaré qu’il ne souhaitait pas être candidat. Mais la décision relève des instances du parti. 

D’autres personnalités sont évoquées pour ce scrutin, dont l’ex-président Marzouki (2011-14), le chef de file de la gauche Hamma Hammami ou la mécène Olfa Rambourg, dont la Fondation soutient divers projets socio-culturels. 

– QUELS THEMES DE CAMPAGNE ? 

Les 11 millions de Tunisiens attendent avant tout des réponses à la profonde crise sociale et économique qui a suivi le départ du président Ben Ali, alors que la menace jihadiste a reflué. 

La reprise de la croissance n’a pas permis de juguler le chômage, et l’inflation a rogné le pouvoir d’achat. 

Une grève générale inédite a été observée le mois dernier, et un nouvel appel a été lancé par le puissant syndicat UGTT. 

Mais la tentation reste forte de placer le débat sur des questions polarisantes comme les droits des femmes ou la religion. 

« Si Tahia Tounes s’installe et récupère l’électorat de Nidaa, elle pourra décliner » un programme de « réformes économiques », estime Khayam Turki, du centre de réflexion Joussour. 

« Mais si elle peine à s’affirmer », la campagne pourrait tourner « autour de l’identitaire pour gêner Ennahdha ». 

– QUEL TYPE DE SCRUTIN ? 

Les conditions pour postuler à la présidentielle sont aussi souples que lors du scrutin historique de 2014, et il pourrait y avoir foule de postulants, ouvrant la voie à des candidatures visant à négocier un ministère ou l’abandon de dossiers judiciaires, estime un observateur. 

Pour les législatives, un projet de loi visant à relever le seuil électoral à 5 % est à l’étude, ce qui accentuerait la domination des gros partis. 

« Le risque est d’appauvrir le débat parlementaire, ce qui n’est pas indiqué dans une démocratie de transition nécessitant des contre-pouvoirs forts », estime Selim Kharrat, de l’observatoire de la vie politique Al-Bawsala.

Avec AFP

Tunisie: rien ne va plus à Nida Tounes

La première force politique du pays, vainqueur des dernières législatives, et fondée par l’actuel chef de l’Etat, Beji Caïd Essebsi, est au bord de l’implosion. En début de semaine, une soixantaine des 86 députés que compte la formation ont déclaré qu’ils ne reconnaissaient plus l’actuel comité exécutif du parti et ont appelé à un congrès national dès samedi prochain, 14 mars. Une crise qui couvait depuis bien longtemps.

L’élection de Beji Caïd Essebsi à la magistrature suprême a laissé un vide abyssal à la tête du parti. Car c’était lui, le ciment de Nida Tounes, cette coalition hétéroclite rassemblant aussi bien des personnalités de gauche que des hommes de droites, des proches de l’ancien régime que d’anciens opposants à Ben Ali. Un parti, surtout, qui a grandi très vite, mais n’a jamais tenu son premier congrès. Résultat, trois ans après sa création, Nida Tounes ne dispose d’aucune instance de direction claire, reconnue par tous.

« Les ambitions personnelles se révèlent. C’est une véritable guerre des chefs », confie un membre du parti qui préfère rester anonyme. Dimanche dernier, le parti devait justement élire son bureau politique mais le vote a été reporté en raison de dissensions internes. Et depuis, les ténors du parti s’invectivent par médias interposés.

A la tête des frondeurs, il y a Hafedh Caid Essebsi, le fils du chef de l’Etat, accusé par ses détracteurs de vouloir faire main basse sur le parti. Autre ligne de fracture qui alimente la bataille en cours : la stratégie vis-à-vis des islamistes d’Ennahda. Faut-il se réjouir de leur entrée au sein de la coalition au pouvoir ou bien s’opposer coûte que coûte à ce parti longtemps présenté comme l’ennemi à abattre ? Sur ce point aussi, Nida Tounes est divisé. Au point, selon certains, de menacer l’existence même du parti.

Mardi soir, le comité fondateur du parti a fixé une nouvelle date pour l’élection du bureau politique, le 22 mars, et promis l’organisation d’un congrès avant la fin du mois de juin. Plus tôt dans la journée, le chef de l’Etat avait reçu le directeur exécutif du parti pour lui demander de rechercher au plus vite un « consensus ».

source RFI

Tunisie : un gouvernement de coalition formé

  • Le premier ministre tunisien Habib Essid a annoncé aujourd’hui la composition de son nouveau gouvernement, une large coalition dominée par le vainqueur des dernières législatives, le parti Nidaa Tounès, mais comptant des représentants de son rival islamiste Ennahda.

 

« Nous avons procédé à des changements, il s’agit d’élargir la composition du gouvernement avec l’entrée d’autres partis », a déclaré depuis la présidence Habib Essid dont la composition initiale du gouvernement avait été critiquée.

Schématiquement, l’équipe est dominée par Nidaa Tounes, le parti majoritaire, sorti vainqueur des élections législatives d’octobre. La formation hérite de six portefeuilles, dont celui des Affaires étrangères qui reste confié à Taieb Baccouche, par ailleurs secrétaire général de Nidaa Tounes. Les Finances vont à Slim Chaker qui n’est pas un nouveau venu dans le paysage politique. Il a été plusieurs fois ministre, au Tourisme ou à la Jeunesse et aux Sports. Dans le premier gouvernement Essid, il était ministre du Commerce et de l’Artisanat. Les ministères de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice ont, pour leur part, été confiés à des indépendants.

Quant à Ennahdha, il obtient trois secrétariats d’Etat et surtout le portefeuille de l’Emploi, dont Zied Ladhari sera le patron. L’ancien porte-parole du parti, avocat de formation, s’est toujours gardé d’adhérer aux positions extrémistes du mouvement et passe donc pour un modéré. Compte tenu des divisions qui existent à l’intérieur d’Ennahdha, cette nomination montre que ce n’est pas la ligne dure qui l’a emporté. Il n’empêche, en donnant le ministère de l’Emploi à Ennahdha, Habib Essid« ne leur fait pas un cadeau », confie Khadija Mohsen Finan, chercheur à l’IRIS. « C’est un portefeuille risqué, important, qui est associé aux difficultés et aux défis. » Mais il n’est pas non plus stratégique. « En cas d’échec, l’image du pays n’est pas engagée », poursuit le chercheur. Aux islamistes à présent de remonter leurs manches et de savoir se montrer inventifs pour combattre le chômage et prendre des positions inédites.


Tunisie: Beji Caïd Essebsi prête serment ce mercredi

En Tunisie, le vainqueur de la présidentielle sera investi ce mercredi 31 décembre à la présidence. Beji Caïd Essebsi va prêter serment devant le Parlement, avant la passation de pouvoir avec le sortant Moncef Marzouki, perdant de la présidentielle. Une journée essentiellement protocolaire, la grande cérémonie d’investiture en présence de plusieurs chefs d’Etat aura lieu le 14 janvier.

Dès 10h, le président tunisien élu se rendra à l’Assemblée nationale. Beji Caïd Essebsi, 88 ans, y sera reçu par le nouveau président de l’Assemblée issu de son parti Nidaa Tounes et par le chef du gouvernement Mehdi Jomaa. Devant le Parlement, BCE viendra prêter serment et livrer un bref discours.

Deuxième étape de son investiture : le palais de Carthage, siège de la présidence pour la passation de pouvoirs avec Moncef Marzouki, son rival perdant de la présidentielle. Conformément au protocole Beji Caïd Essebsi doit raccompagner le président sortant vers la sortie de ce palais qu’il occupe depuis les élections de 2011, remportées à l’époque par ses alliés islamistes d’Ennahda.

Dans l’après-midi, Beji Caïd Essesbi recevra ensuite la démission du Premier ministre Mehdi Jomaa qui continue cependant de gérer les affaires courantes en attendant l’investiture du prochain gouvernement.

Les négociations se poursuivent justement pour former une alliance gouvernementale. Sans majorité absolue à l’Assemblée, Beji Caïd Essebsi doit trouver une coalition avec d’autres partis pour gouverner. Ces discussions doivent être achevées avant le 14 janvier, jour anniversaire du renversement de Ben Ali, choisi pour la deuxième grande cérémonie d’investiture de Beji Caïd Essebsi, en présence, cette fois, de plusieurs chefs d’Etat amis de la Tunisie.


Le vice-président de Nidaa Tounès élu à la tête du Parlement tunisien

  • Mohamed Nacer, vice-président de Nidaa Tounès, a été élu aujourd’hui président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) issue des élections d’octobre dernier.

 

Agé de 80 ans, Mohamed Nacer a occupé plusieurs postes ministériels sous la présidence d’Habib Bourguiba (1957-1987). Avec 86 élus, l’alliance Nidaa Tounès est la première force politique à l’Assemblée, où siègent 217 députés.

Cette nouvelle assemblée, qui siège depuis mardi, est l’une des dernières étapes de la transition amorcée après le coup d’Etat appelé « révolution du jasmin » qui a lancé en janvier 2011 le mouvement des printemps arabes. La Tunisie attend désormais le second tour de l’élection présidentielle, qui doit opposer d’ici la fin de l’année le président sortant, Moncef Marzouki, au candidat de Nidaa Tounès, Béji Caïd Essebsi.

 

Au premier tour, le 23 novembre, Essebsi est arrivé en tête avec un peu moins de 39,5% des voix contre 33,4% pour Marzouki. Le futur gouvernement tunisien ne devrait pas être formé avant l’issue du second tour.

 

Les députés doivent encore élire deux vice-présidents de l’Assemblée des représentants du peuple, postes pour lesquels sont notamment en lice Abdelfattah Mourou, l’un des fondateurs d’Ennahda, et Mbarka Brahmi, la veuve de Mohamed Brahmi, député de la gauche nationaliste assassiné en 2013 par des jihadistes, provoquant une profonde crise politique.

Le vote aurait dû avoir lieu mardi, lors de la première réunion du Parlement, mais il avait été repoussé faute d’accord sur un candidat susceptible d’obtenir la majorité absolue des votes des députés.

 

Tunisie : le nouveau Parlement entre en fonction

Le nouveau Parlement tunisien, issu des élections d’octobre dernier, a pris ses fonctions ce mardi avec l’ouverture de la séance inaugurale qui doit aboutir à l’élection du président de cette chambre, a rapporté l’agence de presse TAP.

Le président de la Constituante, Mustapha Ben Jaafar, a donné le coup d’envoi de cette première réunion des 217 membres de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), élus le 26 octobre. Un scrutin remporté par le parti Nidaa Tounès (86 élus) devant celui d’Ennahda (69 députés).

« Nous ouvrons avec la bénédiction de Dieu cette première séance de l’Assemblée des représentants du peuple et j’appelle à sa présidence Ali Ben Salem », doyen du Parlement et élu de Nidaa Tounès, a dit M. Ben Jaafar.

M. Ben Salem présidera avec deux vice-Présidents, les benjamins de l’Assemblée, cette séance inaugurale qui doit aboutir à l’élection du président de l’ARP. Les candidatures à cette fonction n’ont dans l’immédiat pas été annoncées.

Si le parti Nidaa Tounès constitue la principale force au Parlement, il devra composer avec les autres forces politiques en présence pour dégager une majorité absolue stable et constituer un gouvernement.

Nidaa Tounès a indiqué qu’il ne s’attellera pas à former cette majorité avant la tenue d’une second tour de la présidentielle qui opposera son président Béji Caïd Essebsi, 88 ans, au chef de l’Etat sortant Moncef Marzouki.

Tunisie/législatives: Nidaa Tounès en tête

  • Le parti politique tunisien Nidaa Tounès a remporté les législatives de dimanche, devançant ses rivaux d’Ennahda, selon les résultats officiels préliminaires annoncés dans la nuit de mercredi à jeudi par l’instance chargée d’organiser le scrutin.

Nidaa Tounès a remporté 85 des 217 sièges de l’Assemblée des représentants du peuple, tandis qu’Ennahda en a engrangé 69, a annoncé l’ISIE lors d’une conférence de presse.


Législatives en Tunisie: l’alliance laïque en tête?

  • L’alliance laïque Nidaa Tounes aurait remporté plus de 80 sièges aux élections législatives organisées hier en Tunisie, contre 67 pour les islamistes modérés d’Ennahda, selon une source tierce proche des laïques se basant sur un décompte préliminaire.
  • Le parlement tunisien compte 217 membres.

 

Les autorités électorales doivent annoncer un décompte préliminaire des suffrages exprimés dans la matinée. Si ces résultats se confirment, ce sera un revers pour Ennahda, qui avait remporté davantage de sièges en 2011 lors de la première élection libre organisée depuis le renversement de Zine El Abidine Ben Ali.

Ces législatives et le scrutin présidentiel, prévu en décembre, doivent parachever la transition vers la démocratie en Tunisie en dotant le pays de nouvelles institutions, près de quatre ans après la « révolution de jasmin ».


Législatives en Tunisie, quel gagnant?

Avec 13’000 candidats pour 217 sièges et une menace djihadiste grandissante, les législatives en Tunisie s’annoncent très tendues. Le point sur les forces en présence et le contexte politique.

Le contexte

Après le renversement du régime de Ben Ali en janvier 2011, les Tunisiens ont élu une Assemblée constituante en octobre de la même année. Trois ans après, ils sont à nouveau appelés aux urnes pour élire les membres du futur Parlement, le premier élu démocratiquement.

Les premières élections avaient vu la victoire des islamistes d’Ennahda. Mais, sous les protestations, ceux-ci ont laissé la place en janvier 2014 à un gouvernement non partisan chargé de continuer les réformes et organiser les élections.

Mais vu le nombre important de Tunisiens qui se disent déçus de la classe politique, l’abstention pourrait être le vainqueur du scrutin.

Les résultats seront connus au plus tard le 29 octobre.

Ces législatives précèdent un autre vote important, l’élection présidentielle du 23 novembre prochain.

Les chiffres-clés

– 13.000 candidats répartis sur 33 circonscriptions.

– 1.300 listes

– 217 sièges du Parlement à repourvoir.

– 5,3 millions d’électeurs inscrits sur les 11 millions d’habitants.

– 45,3% du corps électoral n’est pas inscrit et n’ira donc pas voter.

– 80.000 policiers et militaires doivent être déployés

Le mode de scrutin

L’adoption en mai 2014 d’une nouvelle loi électorale instaure des législatives au scrutin proportionnel à un tour par circonscription, sans seuil minimal à atteindre.

Ce mode de scrutin favorisant les petites formations, les principales forces politiques ont d’ores et déjà souligné qu’aucun parti ne sera à même de gouverner seul.

Le Parlement devrait être très fragmenté et des coalitions devront se former.

Le favori: Ennahdha

 

Le parti islamiste Ennahdha (la Renaissance) avait remporté la majorité des sièges de l’Assemblée constituante en 2011. Il a dirigé le parti jusqu’au début de l’année.

Affaibli par de graves crises et l’assassinat de deux opposants aux islamistes en 2013, Ennahdha a quitté le pouvoir pour laisser la place à un gouvernement apolitique chargé de préparer les législatives.

Axant sa campagne sur le « consensus » et un discours plus adouci et consensuel, Ennahdha, qui revendique 80.000 membres, n’a pas retenu les candidatures les plus controversées, notamment les ténors de la frange dure du parti appelant à l’application de la loi islamique.

Face à une opposition morcelée, ce parti qui était interdit et violemment réprimé jusqu’à la révolution reste le pivot de la scène politique et fait figure de favori.

Les adversaires: Nidaa Tounès et les Bénalistes

 

 

Une multitude de partis allant de l’extrême gauche au centre-droit font campagne en se positionnant en alternative à Ennahda.

Malgré une brève tentative d’union en 2013, au pic de la crise politique qui a mené Ennahdha à quitter le pouvoir, ces différents mouvements font finalement cavalier seul pour les législatives tout en se disant prêts à former des coalitions après les élections.

Un parti sort néanmoins du lot, Nidaa Tounès, conduit par Béji Caïd Essebsi, 87 ans, qui ambitionne d’arracher la présidentielle en novembre. Il avait occupé le poste de Premier ministre après la révolution et organisé les élections remportées par Ennahdha.

Ancien ministre du père de l’indépendance Habib Bourguiba, ex-chef du Parlement sous Ben Ali, il cherche à unir les adversaires des islamistes.

Le parti est cependant tiraillé en interne, de nombreux cadres craignant la trop grande influence laissée à des personnalités issues du régime Ben Ali.

Nidaa Tounès est aussi concurrencé par des partis dits « destouriens », revendiquant eux aussi l’héritage de Bourguiba et ayant des liens étroits avec d’ex-responsables du régime déchu.

Avec TV5Monde et afp