Nicolas Sarkozy juge «positif » le mouvement enclenché dans le monde arabe…

C’était la deuxième fois depuis son élection que Nicolas Sarkozy participait mercredi soir au 26e dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France, une association pro-israélienne).

A cette occasion, le chef de l’État a, notamment, jugé «positif » le mouvement enclenché dans le monde arabe par les manifestations de Tunisie et d’Égypte et jugé du devoir des démocraties de soutenir ce «début de printemps des peuples». « Le peuple tunisien et le peuple égyptien, avec une audace qui les a surpris eux-mêmes, ont dit avec force qu’ils voulaient vivre autrement », a-t-il estimé. «Nul n’a le droit de les condamner pour ce qu’ils ont eu le courage de dire.»

« Ce début d’un printemps des peuples est encourageant parce qu’il est positif et parce qu’il est authentique. Les manifestants de Tunisie ou d’Égypte n’ont pas crié ‘à bas l’Occident, à bas l’Amérique, ou à bas Israël’. Ils n’ont pas prôné un retour vers le passé d’un âge d’or islamique mythifié. Ils ne se sont attaqués à aucune minorité », a-t-il fait valoir.

« Je me garderai bien de conclure trop vite », a toutefois ajouté le président, car « qui peut dire quelles seront les étapes à venir? Nous avons déjà eu tant de mal à distinguer les étapes précédentes! Qui peut exclure des dérives brutales ou totalitaires? Personne. Mais c’est notre devoir d’aider ces mouvements, ce qui ne veut pas dire nous ingérer, avec parfois un certain manque de dignité », a-t-il mis en garde.
Aux yeux de M. Sarkozy, « c’est notre devoir car ce sont nos valeurs dont ces peuples se réclament. Pourquoi ce qui est bon pour nous leur serait interdit ? Au nom de quelle fatalité le monde arabe serait exclu de cette marche inexorable des peuples vers la liberté? », s’est-il également interrogé.

(Photo prise à l’occasion du somment de l’Union pour la Méditerranée)

Libye : Livraison d’un paquebot français

La France et la Libye ont conclu officiellement, le 30 juin 2010, un contrat de livraison par les chantiers navals STX de Saint-Nazaire d’un paquebot de croisière à la compagnie publique libyenne GNMTC. « Face aux enjeux industriels, économiques et sociaux, et dans la continuité de sa prise de participation dans STX France, l’État est pleinement mobilisé aux côtés de l’entreprise« , a indiqué le président Nicolas Sarkozy.


Accord de coopération franco-marocain dans le nucléaire

La préparation de cet accord avait été lancée lors d’une visite du président Nicolas Sarkozy au Maroc en octobre 2007. Mal doté en énergies fossiles, le royaume chérifien, qui n’a qu’un réacteur nucléaire, compte construire sa première centrale nucléaire entre 2022 et 2024. Des appels d’offres internationaux pourraient être lancés entre 2011 et 2014.

« C’est un accord général, un accord cadre qui permet d’accompagner le Maroc sur le chemin de la préparation à son entrée dans le champ de l’énergie nucléaire », a déclaré le Premier ministre français François Fillon, à l’issue de la 10e rencontre de haut niveau franco-marocaine, à Paris. L’accord prévoit une coopération en matière technologique et dans les domaines de la formation et de la sûreté.

« Ce n’est pas un accord commercial pour la construction aujourd’hui d’un réacteur nucléaire. C’est dans une deuxième étape que la France fera des propositions en ce sens compte tenu de l’excellence de sa technologie et de ses entreprises », a dit François Fillon lors d’une conférence de presse commune avec son homologue marocain, Abbas El Fassi.

SOLAIRE ET FERROVIAIRE

Le Premier ministre marocain a déclaré plus tard, à l’issue d’un entretien avec le président Nicolas Sarkozy, que la France était aussi intéressée par une participation dans des projets marocains importants touchant aux énergies renouvelables. Le Maroc veut produire 2 000 Mégawatts à l’horizon 2020 par l’énergie solaire et autant par l’énergie éolienne.

« On a choisi cinq sites pour le solaire et le premier sera à Ouarzazate (sud marocain). La France va intervenir dans ce premier site », a expliqué Abbas El Fassi. Au total, la réunion de haut niveau franco-marocaine a été marquée par la signature d’une douzaine d’accords, a-t-il dit.

Le Premier ministre marocain a par ailleurs déclaré que le bouclage financier du train à grande vitesse Tanger-Casablanca, un projet de deux milliards d’euros, était achevé, avec des contributions françaises, saoudiennes et koweïtiennes. La France et le Maroc avaient signé un protocole d’accord sur la construction de ce TGV par des groupes français lors de la visite de Nicolas Sarkozy dans le royaume chérifien.

Abbas El Fassi a également dit avoir parlé avec le président français du rôle que pouvaient jouer la France et le Maroc en Afrique sub-saharienne. « Nous sommes déjà installés en Afrique dans les domaines des banques, des services, de l’informatique, et nous voulons un partenariat franco-marocain pour le développement de l’Afrique », a dit le Premier ministre marocain. « C’est une chose qui est acceptée par la France. »