Libye: libération d’Al-Mahmoudi, dernier Premier ministre de Kadhafi

Les autorités libyennes ont libéré le dernier Premier ministre du dirigeant assassiné Mouammar Kadhafi, al-Baghdadi al-Mahmoudi, dont le nom est cité dans l’affaire du financement libyen de la campagne de l’ex-président français Nicolas Sarkozy. 

Dans un communiqué, le ministère de la Justice du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU, a indiqué avoir décidé de la libération de M. Mahmoudi « pour des raisons de santé », conformément aux recommandations d’une commission médicale « pour qu’il puisse être soigné dans des centres médicaux spécialisés » hors des structures pénitentiaires. 

M. Mahmoudi a été condamné par un tribunal libyen en juillet 2015 à la peine de mort avec huit autres dirigeants, dont Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien Guide, pour leur rôle présumé dans la répression meurtrière de la révolte de 2011, lors d’un procès dénoncé comme expéditif par l’ONU et des ONG. 

Chef du gouvernement de 2006 jusqu’aux derniers jours du régime Kadhafi, M. Mahmoudi avait quitté la Libye en septembre 2011, peu après la prise de Tripoli par les rebelles. 

Il avait été arrêté le 21 septembre 2011 à la frontière sud-ouest de la Tunisie, près de l’Algérie, puis livré à Tripoli le 24 juin 2012 après neuf mois de détention en Tunisie, où son extradition très controversée avait déclenché une crise politique.

Financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy

En mai 2012, al-Baghdadi al-Mahmoudi, alors emprisonné en Tunisie, avait affirmé, selon des propos rapportés par ses avocats tunisiens, que la Libye avait bien financé la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. 

Les accusations de financement libyen avait été lancées en 2011 par Saïf al-islam Kadhafi qui les a réitérées en 2018. 

Nicolas Sarkozy, qui nie les faits qui lui sont reprochés, a été mis en examen le 21 mars 2018 pour « corruption passive », « recel de détournements de fonds publics libyens » et « financement illégal de campagne électorale ».

Libye: pour le président du Parlement de l’UE, la France a commis «une erreur historique»

Dans une interview accordée le 6 avril à la chaîne italienne Sky TG24, le président du Parlement européen s’est prononcé sur l’aggravation de la situation en Libye. Il a notamment accusé l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, d’être derrière le meurtre de Mouammar Kadhafi.

En commentant la déclaration de Matteo Salvini sur les intérêts économiques et commerciaux qui pourraient pousser certains pays à promouvoir une intervention militaire en Libye, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, s’en est pris à la France et, en particulier, à son ancien Président, Nicolas Sarkozy.

«Nous disions depuis toujours que la France avait des intérêts différents de ceux italiens en Libye si bien que [Nicolas] Sarkozy était l’un des protagonistes de la chasse à [Mouammar] Kadhafi et de son meurtre avec les Américains et les Britanniques», a-t-il déclaré dans une interview accordée le 6 avril à la chaîne Sky TG24.

Il estime que la France n’a pas atteint son objectif en Libye.

«Il s’agit d’une erreur historique retentissante. La France pensait pouvoir peser plus en Libye mais finalement elle n’a rien pesé», a-t-il précisé.

Selon M.Tajani, le «grand chaos» qui s’est créé en Libye a provoqué une crise migratoire dont le prix est payé par l’Italie et d’autres pays.

Lors de son déplacement à Paris pour la réunion des ministres de l’Intérieur du G7, Matteo Salvini s’est déclaré «très préoccupé» par la situation en Libye.

«Je voudrais que personne, poussé par ses intérêts économiques et commerciaux, ne promeuve une campagne pour une intervention militaire qui pourrait être dévastatrice», a-t-il ajouté.

La Libye est plongée dans le chaos depuis le renversement du gouvernement et le meurtre de Mouammar Kadhafi en 2011. Le pays est divisé entre plusieurs entités rivales, avec notamment la présence à Tripoli du gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj, soutenu par l’Onu et l’UE, et dans l’est, d’un parlement élu par le peuple et appuyé par l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar.

Financement libyen: le recours de Sarkozy contre une note de Mediapart rejeté

  • La Cour de cassation a définitivement rejeté le recours de Nicolas Sarkozy contre une note accusatrice de Mediapart sur le financement libyen supposé de la campagne de 2007.
  • La Cour de cassation a rejeté ce 30 janvier le recours de Nicolas Sarkozy, qui accusait Mediapart d’avoir produit un «faux», en 2012, dans l’affaire des accusations de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi.
  • Saisie de pourvois de l’ancien chef de l’Etat et de son ancien ministre Brice Hortefeux, la plus haute juridiction judiciaire a définitivement confirmé le non-lieu ordonné en faveur de Mediapart à deux reprises, par les juges d’instruction puis par la Cour d’appel.
  • Elle a fixé à 2 500 euros la somme due par les deux plaignants au patron de Mediapart, Edwy Plenel, et deux de ses journalistes.
  • Dans son arrêt, la Cour de cassation a rappelé que la Chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris, qui avait confirmé le non-lieu en novembre 2017, avait justifié sa décision «par des motifs procédant de son appréciation souveraine et exempts d’insuffisance comme de contradiction».
  • La Cour d’appel avait à l’époque argué que l’instruction menée n’avait «pas permis d’établir que la note publiée [était] un faux matériel». Ce document, porteur de la date du 10 décembre 2006, avait été publié le 28 avril 2012 par Mediapart, entre les deux tours de la présidentielle.
  • L’enquête sur le financement par la Libye toujours en cours
  • Attribuée à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignement extérieur de la Libye, aujourd’hui en exil, la note affirmait que Tripoli avait accepté de financer pour «50 millions d’euros» la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007 lors d’une réunion qui se serait tenue le 6 octobre 2006 en présence, côté français, du futur ministre sarkozyste Brice Hortefeux et de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine. «Un faux grossier», avait immédiatement dénoncé l’ex-chef de l’Etat.
  • Déclenchée après une plainte de Nicolas Sarkozy, l’enquête s’est notamment attachée à déterminer si le document était ou non un faux d’un point de vue matériel (forme, signature). «Indépendamment de son contenu», l’enquête n’a pas pu établir de «façon formelle» qu’il s’agissait d’«un support fabriqué par montage» ou «altéré par des falsifications», ont estimé les juges dans leur ordonnance en mai 2016.
  • Ouverte depuis 2013, une enquête distincte est toujours en cours pour vérifier les accusations de financement libyen formulées par l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine et d’anciens dignitaires libyens, tandis que d’autres les ont démenties. Dans ce volet, l’ancien ministre et secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant et Nicolas Sarkozy ont été mis en examen pour «corruption passive» et «recel de détournements de fonds publics».

Sarkozy est en garde à vue dans le cadre du financement libyen de la campagne de 2007 

L’ancien président de la République est actuellement entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre sur les graves soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne victorieuse de 2007.
Entre une conférence rémunérée à Dubaï sur l’éducation, quelques entrevues à son bureau parisien rue de Miromesnil et une intervention à Londres prochainement, Nicolas Sarkozy a dû se rendre à un rendez-vous d’un autre genre mardi 20 mars au matin. Selon certaines informations, l’ancien président de la République a été placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre, où il était convoqué dans le cadre de l’enquête sur le possible financement par la Libye de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.

C’est seulement maintenant que M. Sarkozy est entendu à ce sujet depuis l’ouverture d’une information judiciaire, en avril 2013, et confiée à plusieurs juges d’instruction du pôle financier de Paris dont Serge Tournaire qui a déjà renvoyé l’ancien président devant le tribunal dans l’affaire Bygmalion. Sa garde à vue peut durer 48 heures. Il pourrait être présenté aux magistrats à l’issue de sa garde à vue afin d’être mis en examen.
Depuis la publication en mai 2012 par le site Mediapart d’un document libyen faisant état d’un financement par la Libye de Mouammar Khadafi de la campagne de Nicolas Sarkozy, les investigations des magistrats ont considérablement avancé renforçant les soupçons qui pèsent sur la campagne de l’ancien chef de l’Etat.
Des fonds en liquide
En novembre 2016, en pleine primaire du parti Les Républicains, l’intermédiaire Ziad Takieddine avait affirmé avoir transporté 5 millions d’euros en liquide de Tripoli à Paris entre fin 2006 et début 2007 avant de les remettre à Claude Guéant puis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Mis en examen depuis pour « complicité de corruption d’agent public étranger » et pour « complicité de détournements de fonds publics en Libye », ces propos venaient confirmer ceux tenus le 20 septembre 2012 par Abdallah Senoussi, l’ancien directeur du renseignement militaire du régime libyen devant le procureur général du Conseil national de transition libyen.
Mais ce n’est pas tout. Les carnets de l’ancien ministre libyen du pétrole Choukri Ghanem mort en 2012 dans des circonstances encore troubles, récupéré par la justice française, mentionnent eux aussi l’existence de versements d’argent à destination de Nicolas Sarkozy. Bechir Saleh, l’ancien grand argentier de Kadhafi et homme des relations avec la France, récemment blessé par balle lors d’une agression à Johannesburg, avait en outre confié au Monde : « Kadhafi a dit qu’il avait financé Sarkozy. Sarkozy a dit qu’il n’avait pas été financé. Je crois plus Kadhafi que Sarkozy. »
Des circuits financiers douteux
Plus récemment, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) ont remis un rapport aux magistrats dans lesquels ils détaillent, sur la base de nombreux témoignages, comment l’argent liquide a circulé au sein de l’équipe de campagne de M. Sarkozy. Jusqu’à présent les enquêteurs pensent déjà avoir remonté l’une des pistes de l’argent libyen à travers l’intermédiaire Alexandre Djouhri, alors proche de Bechir Saleh, actuellement incarcéré à Londres dans l’attente de sa possible remise à la France, et Claude Guéant mis en examen pour « faux et usage de faux » et pour « blanchiment de fraude fiscale » qui aurait acquis son appartement parisien proche de la place de l’Etoile, et un pour son fils rue Marbeau, à travers des circuits financiers opaques.
La décision de placer Nicolas Sarkozy en garde à vue signifie-t-elle que les magistrats ont depuis rassemblé de nouvelles preuves du financement illicite de la campagne permettant de le mettre en cause directement ? Les autorités libyennes ont-elles finalement décidé de coopérer ? Selon les informations du Monde, plusieurs anciens dignitaires libyens de l’époque du Guide auraient aussi livré de nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicites.
Depuis plusieurs semaines la justice française dispose en outre de nombreux documents saisis lors d’une perquisition menée en 2015 au domicile suisse d’Alexandre Djouhri. Jusqu’ici, Nicolas Sarkozy a toujours contesté les accusations de financement illicite de sa campagne de 2007.

Libye : Des ONG africaines déposent plainte contre Sarkozy pour crimes de guerre

Plusieurs organisations de la société civile ouest-africaine ont créé, samedi à Bamako, un «front» pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme en Afrique.

«Nous sommes plus de quinze associations et organisations de la société civile d’Afrique de l’Ouest. Nous sommes réunis à Bamako pour créer le Front international des sociétés civiles panafricaines (Fispa), pour promouvoir la démocratie, la dignité de l’Afrique et les droits de l’homme», a déclaré à la presse le rappeur sénégalais Simon Kouka, membre de «Y’en a marre». Ce mouvement citoyen sénégalais a été en pointe dans le combat contre un troisième mandat du président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012).

Parrain du lancement du Fispa, le reggaeman ivoirien Tiken Jah Fakoly a affirmé soutenir «totalement (…) la démarche des jeunes» dont la rencontre à Bamako a pris fin hier. «Pour nos premières actions, nous annonçons une plainte déposée ce jour à la Cour pénale internationale (CPI) contre l’ancien président français Nicolas Sarkozy, pour avoir déclenché la guerre en Libye, ce qui a entraîné la mort du colonel Mouammar El Gueddafi», a annoncé l’artiste guinéen Elie Kamano. «L’assassinat d’El Gueddafi a eu des conséquences dramatiques et néfastes sur notre continent et sur les populations africaines», a-t-il ajouté.

La plainte contre M. Sarkozy a été déposée, samedi matin à La Haye, par un avocat basé au Canada. «Non seulement je soutiens la plainte pour assassinat d’El Gueddafi contre Nicolas Sarkozy, mais nous demandons la démocratie pour le Togo», a ajouté Tiken Jah Fakoly, critique contre le régime de Faure Gnassingbé, qui fait face à une importante contestation populaire depuis plus d’un mois. «Cela fait plus de 40 ans que Faure et sa famille sont au pouvoir au Togo. Qu’il démissionne», a-t-il ajouté.

Le dirigeant togolais a succédé, avec le soutien de l’armée, à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, décédé en 2005 après avoir dirigé le pays d’une main de fer durant 38 ans. «La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 Etats) doit dire la vérité à Faure Eyadema» pour qu’il «respecte ce que veut le peuple. La Cédéao doit arrêter de soutenir les dictatures», a ajouté M. Kamano.

Libye : les biens immobiliers de Claude Guéant saisis par la justice

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le quartier de la porte Dauphine ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur.

Les juges d’instruction qui enquêtent sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ont récemment ordonné la saisie des biens immobiliers de Claude Guéant, plus de deux ans après sa mise examen dans cette affaire.

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le XVIe arrondissement ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur, selon cette source qui confirmait une information du Parisien.

L’ancien secrétaire général de l’Elysée peut continuer d’occuper ces logements. « Il s’agit d’une mesure conservatoire pour empêcher Claude Guéant de vendre ses biens immobiliers », a expliqué à l’AFP son avocat Claude Bouchez El Ghozi.

« Je m’étonne que l’on procède à cette saisie maintenant, des années après l’ouverture de l’instruction, alors qu’il n’y rien de nouveau concernant Claude Guéant qui ne justifie cette mesure », a commenté l’avocat. A travers cette décision, « c’est l’aveu de faiblesse d’un dossier qui piétine totalement », a-t-il dénoncé.

Un curieux virement de 500.000 euros

Dans ce dossier tentaculaire, les juges s’intéressent à des flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de Kadhafi. D’anciens dignitaires de Tripoli et des témoins ont évoqué la thèse de versements, mais les magistrats n’ont pas la preuve que des fonds aient alimenté la campagne.

Les enquêteurs s’interrogent également à un virement de 500.000 euros en provenance d’une société d’un avocat malaisien, perçu en mars 2008 sur un compte de Claude Guéant. Il a affirmé qu’il s’agissait du fruit de la vente de deux tableaux, sans convaincre les magistrats qui l’avaient mis en examen en mars 2015 notamment pour blanchiment de fraude fiscale.

L’enquête a rebondi en novembre dernier avec les déclarations dans Mediapart de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine qui a assuré avoir remis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur et à son directeur de cabinet Claude Guéant, trois valises contenant 5 millions d’euros en provenance du gouvernement du leader Kadhafi, entre novembre 2006 et début 2007. Il a été mis en examen 7 décembre notamment pour complicité de corruption et complicité de détournements de fonds publics en Libye.

Depuis, le député LR Eric Woerth, trésorier de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy a été entendu ainsi que Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne en 2012. Ce dernier avait affirmé que d’importantes sommes d’argent en liquide avaient circulé pendant lors de la course à la présidentielle de 2007.

(Avec AFP)

L’ancien ambassadeur Boris Boillon sera jugé en correctionnelle

  • L’ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Elysée sera jugé en mars prochain pour «blanchiment de fraude fiscale». Il avait été intercepté à Paris le 31 juillet 2013 alors qu’il s’apprêtait à monter dans un train à destination de Bruxelles avec 350.000 euros en liquide.

● Un procès en mars pour «blanchiment de fraude fiscale»

Le diplomate et ancien «Sarko boy» Boris Boillon, interpellé mi-2013 avec 350.000 euros et 40.000 dollars en liquide sur lui à la Gare du Nord, sera jugé le 23 mars devant le tribunal correctionnel de Paris.

Boris Boillon devra répondre, sur le banc des prévenus, de «blanchiment de fraude fiscale», «faux et usage de faux», «manquement à l’obligation déclarative de transfert de capitaux» et «abus de biens sociaux». Le parquet de Paris a décidé de faire citer à comparaître le diplomate de 46 ans à l’issue de son enquête préliminaire.

Diplomate et Sarko boy

La loi impose de déclarer tout transfert international en liquide, à l’intérieur de l’Union européenne, au-delà de 10.000 euros, selon le code des douanes, qui prévoit, dans le cas contraire, une amende égale au quart de la somme non déclarée.

Boris Boillon avait expliqué aux enquêteurs que ces sommes provenaient de ses activités professionnelles privées en Irak, a précisé une source proche de l’enquête. D’après lui, ces prestations étaient rémunérées en liquide du fait des carences du système bancaire irakien. Les investigations n’ont pas permis de retracer l’origine des espèces.

Outre la non-déclaration des sommes, la justice le soupçonne de les avoir éludées au fisc et d’avoir produit un faux document pour justifier ces prestations. Des sommes qui ne sont pas ensuite rentrées en comptabilité dans sa société.

● Bientôt suspendu par le Quai d’Orsay

Le Quai d’Orsay a annoncé mardi la suspension prochaine de Boris Boillon en raison de ses ennuis judiciaires. «Compte tenu des derniers développements de la procédure judiciaire, le ministère des Affaires étrangères a décidé d’interrompre immédiatement sa mission à New York et de procéder à son rappel en vue d’une mesure de suspension».

Boris Boillon avait été réintégré au ministère à l’été 2016, après quatre années de disponibilité, et affecté sur une mission de renfort à l’ONU à New York. «Lors de sa réintégration, le ministère des Affaires étrangères n’avait aucune connaissance des suites qu’entendait donner la justice à l’enquête préliminaire qui avait été ouverte à son encontre, en 2013», indique le ministère.

● Un mandat mouvementé sous la présidence Sarkozy

Boris Boillon (ci-contre avec Christian Estrosi) avait été nommé par l’ancien président de la République ambassadeur de France en Irak en juillet 2009, où il était surnommé le Babouin de Bagdad par la résistance irakienne. Avec le  proconsul américain Paul Bremer. ils partagaient tous les deux le même nom et son étymologie. Les Iraqiens appellent Paul Bremer, Bol – pisse – et Boillon signifie en arabe pisseurs avérés…

Il était devenu, en janvier 2011, ambassadeur en Tunisie, pour redresser, en plein « Printemps arabe », une image marquée de la France très liée à l’ex-président Ben Ali.

Mais son mandat avait débuté avec fracas: il avait dû, peu après son arrivée, présenter ses excuses publiques aux Tunisiens, après avoir répondu à la presse nationale d’une manière jugée «agressive». Des centaines de personnes avaient manifesté leur colère aux cris de «Boris dégage!» ou de « Casse toi pauv’Boillon ».

Il avait quitté son poste en août 2012, après l’arrivée de François Hollande à l’Elysée.

Revenu au ministère des Affaires étrangères, le diplomate est actuellement affecté en renfort à New York, aux Nations unies.

● Une possible participation au financement libyen

Son nom est aussi apparu dans l’enquête – distincte – qui vise des accusations et des soupçons de financement libyen lors de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007. Il n’est pas mis en cause judiciairement dans ce dossier.

Un témoignage anonyme, non étayé à ce stade, d’un proche de Mouammar Kadhafi, l’ex-leader libyen tué en octobre 2011, le désigne aussi comme l’un des récipiendaires, avec un autre proche de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, d’un versement de 20 millions d’euros en liquide, destinés au financement de la campagne. Une somme ramenée par avion privé, selon ce témoin.

Contacté par l’AFP, l’avocat de Boris Boillon, Jean-Marc Fedida, n’était pas disponible.

Un PV libyen qui évoque des versements d’argent liquide à Sarkozy

  • Sortis par Mediapart, de nouveaux éléments renforcent les accusations contre l’ancien président de la République. Un document officiel libyen assure que la campagne sarkozyste de 2007 aurait bénéficié d’un soutien financier du régime de Mouammar Kadhafi.

L’intrigue se corse dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Des journalistes du site d’investigation Mediapart auraient mis la main sur des pièces supplémentaires du dossier. Il y est question de transferts d’argent liquide entre le régime de Kadhafi et l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’Intérieur.

La première pièce est le procès-verbal d’audition d’Abdallah Senoussi, ancien chef du renseignement militaire libyen et beau-frère de Mouammar Kadhafi. Ce procès-verbal, d’après Mediapart, rend compte d’une audition datant du 20 septembre 2012, dans le bureau du procureur général libyen.

 

En substance, le dignitaire libyen y explique que 6,5 millions d’euros ont été versés au bénéfice de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2006-2007. Ce transfert aurait été supervisé directement par Abdallah Senoussi et effectué via l’intermédiaire de Claude Guéant -à l’époque directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur- et de Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais visé par des soupçons de financement occulte de la campagne d’Edouard Balladur en 1995.

6,5 millions divisés en trois

Cette nouvelle pièce corrobore les écrits de Choukri Ghanem, cet ancien Premier ministre libyen retrouvé noyé dans le Danube en avril 2012 et sur le carnet duquel Mediapart a également mis le grappin. D’après ces notes, un transfert d’une valeur de 6,5 millions d’euros a bien eu lieu le 29 avril 2007, entre les deux tours de l’élection présidentielle. Pour quelle contrepartie? Selon le procès-verbal, pour faire pression sur l’ONU afin d’empêcher l’Otan de porter assistance aux populations civiles vivant sous le joug de Kadhafi.

La demande de financement libyen aurait été formulée par Nicolas Sarkozy dès sa première visite à Kadhafi, octobre 2005.

Condamné à mort en juillet 2015 par la justice libyenne, Senoussi n’est pas le seul témoin dont Mediapart exhume les paroles. Un dignitaire libyen, entendu sous X en juin 2014 par l’Office anti-corruption de Nanterre, renforce le soupçon selon lequel l’équipe Sarkozy aurait touché de la Libye 50 millions d’euros, dont 20 millions en argent liquide. Cette dernière somme aurait été donnée directement à Boris Boillon (devenu conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Elysée) et à Claude Guéant.

Contacté par Mediapart, Boris Boillon n’a pas voulu donner suite. Claude Guéant s’est contenté de répondre que « s’il y a une telle affirmation, c’est un pur mensonge. C’est tout ce que j’ai à dire ».

Campagne Sarkozy 2007: le carnet d’un dignitaire libyen transmis à la justice

  • Un ex-ministre des plus importants de Mouammar Kadhafi y aurait détaillé trois versements destinés à celui qui était alors candidat à la présidentielle française.

Le carnet d’un ex-dignitaire du régime libyen de Mouammar Kadhafi, mentionnant une série de versements au profit de Nicolas Sarkozy au moment de l’élection présidentielle de 2007, a été transmis aux enquêteurs, a déclaré une source proche de l’enquête, confirmant une information de Mediapart.

 

Choukri Ghanem, ex-ministre du Pétrole du leader déchu, détaille dans ce carnet le 29 avril 2007 trois versements destinés à celui qui était alors candidat à la présidentielle française pour au moins 6,5 millions d’euros, a précisé cette source. Ce carnet a été transmis au juge d’instruction Serge Tournaire et aux policiers de l’Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF) par la justice norvégienne dans le cadre d’une demande d’entraide internationale, selon la source.

M. Ghanem avait été chef du gouvernement de Kadhafi de 2003 à 2006 et ministre du Pétrole, ainsi que président de la Compagnie nationale de pétrole (NOC) de 2006 à 2011. Ce haut responsable libyen, qui avait rompu avec Kadhafi en mai 2011, avait été retrouvé mort en avril 2012 dans le Danube à Vienne, où il s’était exilé après la chute du régime. Selon Mediapart, le carnet a été « découvert chez le gendre de Ghanem lors d’une perquisition aux Pays-Bas, menée en marge d’investigations liées à un vaste scandale de corruption impliquant le géant de la chimie norvégien Yara ».

 

Cette dernière enquête avait donné lieu à un procès en juillet 2015, au cours duquel Choukri Ghanem avait été présenté « comme l’un des acteurs de premier plan du système de pots-de-vin mis au jour », selon le site d’information. Depuis 2013, la justice française enquête elle sur des accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy formulées par l’intermédiaire Ziad Takieddine et d’ex-dignitaires libyens, tandis que d’autres ont démenti.

 

Dans cette enquête, l’ex-secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant a été mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, en raison d’un virement suspect de 500.000 euros qu’il a justifié par la vente de deux tableaux flamands à un avocat malaisien, sans convaincre les juges. Les enquêteurs souhaiteraient notamment entendre Béchir Saleh, considéré comme l’argentier du régime de Kadhafi, aujourd’hui en exil.

 

Dans le cadre d’une autre affaire, Ziad Takieddine avait affirmé que Béchir Saleh s’était rendu à plusieurs reprises au cabinet de Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur avant l’élection de 2007. Contacté par l’AFP, le parquet national financier a affirmé qu’il n’avait « pas d’éléments à communiquer à ce stade, les investigations étant en cours ».

Guerre en Libye: un rapport parlementaire britannique accable Sarkozy et Cameron

Cinq ans après l’intervention militaire qui a plongé la Libye dans le chaos, les parlementaires britanniques étrillent les principaux responsables de l’opération: David Cameron et Nicolas Sarkozy.

Quelles étaient les motivations de la France et du Royaume-Uni pour intervenir militairement en Libye? En 2011, il s’agit officiellement d’éviter que Benghazi, ville rebelle du nord du pays, ne subisse le martyre que lui réserve Mouammar Kadhafi, implacable dictateur qui règne sur la Libye depuis 41 ans. Pour les parlementaires britanniques qui ont enquêté sur la question, ni David Cameron, ni Nicolas Sarkozy n’ont agi par souci humanitaire.

Une méconnaissance totale du pays

Le premier à subir les foudres des parlementaires britanniques est David Cameron, Premier ministre au moment de l’intervention militaire. En creux, les membres de la commission d’enquête l’accusent d’avoir agi en amateur en Libye. Le rapport parlementaire dénonce ainsi « une compréhension très limitée des événements » et des responsables « qui ne se sont pas vraiment souciés de surveiller de près ce qu’il se passait ».

Plus loin dans leur rapport, les parlementaires mettent en doutent la raison même pour laquelle la France et le Royaume-Uni sont intervenus en Libye: le possible massacre de Benghazi. Ville côtière, Benghazi est en mars 2011 aux mains des rebelles qui disputent le pouvoir au Colonel. Alors que la communauté internationale imagine déjà le bain de sang que vont y perpétrer les forces du dictateur, Paris et Londres décident d’intervenir par voie aérienne, avec l’aval de l’ONU. Mais pour les auteurs du rapport, l’histoire de Kadhafi aurait pu pousser les dirigeants franco-britanniques à réfléchir autrement:

« Plusieurs exemples dans le passé auraient pu indiquer la manière dont Kadhafi allait se comporter. (…) En 1980, Kadhafi a passé six mois à pacifier les rapports entre les tribus de la Cyrénaïque. Il y a fort à parier que sa réponse (au soulèvement de Benghazi, Ndlr) aurait été très prudente… La peur d’un massacre de civils a été largement exagérée » note le rapport.

Les motivations françaises en question

Plus troublant encore, le rapport retranscrit une conversation avec un membre des services secrets américains, expliquant avoir discuté avec l’un de ses homologues français à propos de l’engagement français en Libye. Pour les Britanniques, la France n’est pas intervenue pour sauver Benghazi, mais pour cinq autres raisons, bien différentes:

– S’emparer d’une partie de la production de pétrole libyenne
– Augmenter l’influence française en Afrique du Nord
– Améliorer la popularité de Nicolas Sarkozy en France
– Replacer l’armée française au centre de l’échiquier stratégique mondial
– Répliquer à la volonté de Kadhafi de remplacer la France comme puissance dominante en Afrique francophone

Cinq ans plus tard, note le rapport, la Libye est au bord du gouffre. Reprenant un rapport d’Human Rights Watch, les parlementaires notent que plus de deux millions de personnes nécessitent une aide humanitaire, que 400.000 Libyens ont été déplacés de force, et que les forces militaires en présence continuent de se livrer à de multiples exactions contre les populations civiles et combattantes.

Source : BFMTV