Libye : Des ONG africaines déposent plainte contre Sarkozy pour crimes de guerre

Plusieurs organisations de la société civile ouest-africaine ont créé, samedi à Bamako, un «front» pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme en Afrique.

«Nous sommes plus de quinze associations et organisations de la société civile d’Afrique de l’Ouest. Nous sommes réunis à Bamako pour créer le Front international des sociétés civiles panafricaines (Fispa), pour promouvoir la démocratie, la dignité de l’Afrique et les droits de l’homme», a déclaré à la presse le rappeur sénégalais Simon Kouka, membre de «Y’en a marre». Ce mouvement citoyen sénégalais a été en pointe dans le combat contre un troisième mandat du président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012).

Parrain du lancement du Fispa, le reggaeman ivoirien Tiken Jah Fakoly a affirmé soutenir «totalement (…) la démarche des jeunes» dont la rencontre à Bamako a pris fin hier. «Pour nos premières actions, nous annonçons une plainte déposée ce jour à la Cour pénale internationale (CPI) contre l’ancien président français Nicolas Sarkozy, pour avoir déclenché la guerre en Libye, ce qui a entraîné la mort du colonel Mouammar El Gueddafi», a annoncé l’artiste guinéen Elie Kamano. «L’assassinat d’El Gueddafi a eu des conséquences dramatiques et néfastes sur notre continent et sur les populations africaines», a-t-il ajouté.

La plainte contre M. Sarkozy a été déposée, samedi matin à La Haye, par un avocat basé au Canada. «Non seulement je soutiens la plainte pour assassinat d’El Gueddafi contre Nicolas Sarkozy, mais nous demandons la démocratie pour le Togo», a ajouté Tiken Jah Fakoly, critique contre le régime de Faure Gnassingbé, qui fait face à une importante contestation populaire depuis plus d’un mois. «Cela fait plus de 40 ans que Faure et sa famille sont au pouvoir au Togo. Qu’il démissionne», a-t-il ajouté.

Le dirigeant togolais a succédé, avec le soutien de l’armée, à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, décédé en 2005 après avoir dirigé le pays d’une main de fer durant 38 ans. «La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 Etats) doit dire la vérité à Faure Eyadema» pour qu’il «respecte ce que veut le peuple. La Cédéao doit arrêter de soutenir les dictatures», a ajouté M. Kamano.

Libye : les biens immobiliers de Claude Guéant saisis par la justice

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le quartier de la porte Dauphine ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur.

Les juges d’instruction qui enquêtent sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ont récemment ordonné la saisie des biens immobiliers de Claude Guéant, plus de deux ans après sa mise examen dans cette affaire.

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le XVIe arrondissement ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur, selon cette source qui confirmait une information du Parisien.

L’ancien secrétaire général de l’Elysée peut continuer d’occuper ces logements. “Il s’agit d’une mesure conservatoire pour empêcher Claude Guéant de vendre ses biens immobiliers”, a expliqué à l’AFP son avocat Claude Bouchez El Ghozi.

“Je m’étonne que l’on procède à cette saisie maintenant, des années après l’ouverture de l’instruction, alors qu’il n’y rien de nouveau concernant Claude Guéant qui ne justifie cette mesure”, a commenté l’avocat. A travers cette décision, “c’est l’aveu de faiblesse d’un dossier qui piétine totalement”, a-t-il dénoncé.

Un curieux virement de 500.000 euros

Dans ce dossier tentaculaire, les juges s’intéressent à des flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de Kadhafi. D’anciens dignitaires de Tripoli et des témoins ont évoqué la thèse de versements, mais les magistrats n’ont pas la preuve que des fonds aient alimenté la campagne.

Les enquêteurs s’interrogent également à un virement de 500.000 euros en provenance d’une société d’un avocat malaisien, perçu en mars 2008 sur un compte de Claude Guéant. Il a affirmé qu’il s’agissait du fruit de la vente de deux tableaux, sans convaincre les magistrats qui l’avaient mis en examen en mars 2015 notamment pour blanchiment de fraude fiscale.

L’enquête a rebondi en novembre dernier avec les déclarations dans Mediapart de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine qui a assuré avoir remis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur et à son directeur de cabinet Claude Guéant, trois valises contenant 5 millions d’euros en provenance du gouvernement du leader Kadhafi, entre novembre 2006 et début 2007. Il a été mis en examen 7 décembre notamment pour complicité de corruption et complicité de détournements de fonds publics en Libye.

Depuis, le député LR Eric Woerth, trésorier de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy a été entendu ainsi que Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne en 2012. Ce dernier avait affirmé que d’importantes sommes d’argent en liquide avaient circulé pendant lors de la course à la présidentielle de 2007.

(Avec AFP)

L’ancien ambassadeur Boris Boillon sera jugé en correctionnelle

  • L’ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Elysée sera jugé en mars prochain pour «blanchiment de fraude fiscale». Il avait été intercepté à Paris le 31 juillet 2013 alors qu’il s’apprêtait à monter dans un train à destination de Bruxelles avec 350.000 euros en liquide.

● Un procès en mars pour «blanchiment de fraude fiscale»

Le diplomate et ancien «Sarko boy» Boris Boillon, interpellé mi-2013 avec 350.000 euros et 40.000 dollars en liquide sur lui à la Gare du Nord, sera jugé le 23 mars devant le tribunal correctionnel de Paris.

Boris Boillon devra répondre, sur le banc des prévenus, de «blanchiment de fraude fiscale», «faux et usage de faux», «manquement à l’obligation déclarative de transfert de capitaux» et «abus de biens sociaux». Le parquet de Paris a décidé de faire citer à comparaître le diplomate de 46 ans à l’issue de son enquête préliminaire.

Diplomate et Sarko boy

La loi impose de déclarer tout transfert international en liquide, à l’intérieur de l’Union européenne, au-delà de 10.000 euros, selon le code des douanes, qui prévoit, dans le cas contraire, une amende égale au quart de la somme non déclarée.

Boris Boillon avait expliqué aux enquêteurs que ces sommes provenaient de ses activités professionnelles privées en Irak, a précisé une source proche de l’enquête. D’après lui, ces prestations étaient rémunérées en liquide du fait des carences du système bancaire irakien. Les investigations n’ont pas permis de retracer l’origine des espèces.

Outre la non-déclaration des sommes, la justice le soupçonne de les avoir éludées au fisc et d’avoir produit un faux document pour justifier ces prestations. Des sommes qui ne sont pas ensuite rentrées en comptabilité dans sa société.

● Bientôt suspendu par le Quai d’Orsay

Le Quai d’Orsay a annoncé mardi la suspension prochaine de Boris Boillon en raison de ses ennuis judiciaires. «Compte tenu des derniers développements de la procédure judiciaire, le ministère des Affaires étrangères a décidé d’interrompre immédiatement sa mission à New York et de procéder à son rappel en vue d’une mesure de suspension».

Boris Boillon avait été réintégré au ministère à l’été 2016, après quatre années de disponibilité, et affecté sur une mission de renfort à l’ONU à New York. «Lors de sa réintégration, le ministère des Affaires étrangères n’avait aucune connaissance des suites qu’entendait donner la justice à l’enquête préliminaire qui avait été ouverte à son encontre, en 2013», indique le ministère.

● Un mandat mouvementé sous la présidence Sarkozy

Boris Boillon (ci-contre avec Christian Estrosi) avait été nommé par l’ancien président de la République ambassadeur de France en Irak en juillet 2009, où il était surnommé le Babouin de Bagdad par la résistance irakienne. Avec le  proconsul américain Paul Bremer. ils partagaient tous les deux le même nom et son étymologie. Les Iraqiens appellent Paul Bremer, Bol – pisse – et Boillon signifie en arabe pisseurs avérés…

Il était devenu, en janvier 2011, ambassadeur en Tunisie, pour redresser, en plein “Printemps arabe”, une image marquée de la France très liée à l’ex-président Ben Ali.

Mais son mandat avait débuté avec fracas: il avait dû, peu après son arrivée, présenter ses excuses publiques aux Tunisiens, après avoir répondu à la presse nationale d’une manière jugée «agressive». Des centaines de personnes avaient manifesté leur colère aux cris de «Boris dégage!» ou de « Casse toi pauv’Boillon ».

Il avait quitté son poste en août 2012, après l’arrivée de François Hollande à l’Elysée.

Revenu au ministère des Affaires étrangères, le diplomate est actuellement affecté en renfort à New York, aux Nations unies.

● Une possible participation au financement libyen

Son nom est aussi apparu dans l’enquête – distincte – qui vise des accusations et des soupçons de financement libyen lors de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007. Il n’est pas mis en cause judiciairement dans ce dossier.

Un témoignage anonyme, non étayé à ce stade, d’un proche de Mouammar Kadhafi, l’ex-leader libyen tué en octobre 2011, le désigne aussi comme l’un des récipiendaires, avec un autre proche de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, d’un versement de 20 millions d’euros en liquide, destinés au financement de la campagne. Une somme ramenée par avion privé, selon ce témoin.

Contacté par l’AFP, l’avocat de Boris Boillon, Jean-Marc Fedida, n’était pas disponible.

Un PV libyen qui évoque des versements d’argent liquide à Sarkozy

  • Sortis par Mediapart, de nouveaux éléments renforcent les accusations contre l’ancien président de la République. Un document officiel libyen assure que la campagne sarkozyste de 2007 aurait bénéficié d’un soutien financier du régime de Mouammar Kadhafi.

L’intrigue se corse dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Des journalistes du site d’investigation Mediapart auraient mis la main sur des pièces supplémentaires du dossier. Il y est question de transferts d’argent liquide entre le régime de Kadhafi et l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’Intérieur.

La première pièce est le procès-verbal d’audition d’Abdallah Senoussi, ancien chef du renseignement militaire libyen et beau-frère de Mouammar Kadhafi. Ce procès-verbal, d’après Mediapart, rend compte d’une audition datant du 20 septembre 2012, dans le bureau du procureur général libyen.

 

En substance, le dignitaire libyen y explique que 6,5 millions d’euros ont été versés au bénéfice de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2006-2007. Ce transfert aurait été supervisé directement par Abdallah Senoussi et effectué via l’intermédiaire de Claude Guéant -à l’époque directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur- et de Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais visé par des soupçons de financement occulte de la campagne d’Edouard Balladur en 1995.

6,5 millions divisés en trois

Cette nouvelle pièce corrobore les écrits de Choukri Ghanem, cet ancien Premier ministre libyen retrouvé noyé dans le Danube en avril 2012 et sur le carnet duquel Mediapart a également mis le grappin. D’après ces notes, un transfert d’une valeur de 6,5 millions d’euros a bien eu lieu le 29 avril 2007, entre les deux tours de l’élection présidentielle. Pour quelle contrepartie? Selon le procès-verbal, pour faire pression sur l’ONU afin d’empêcher l’Otan de porter assistance aux populations civiles vivant sous le joug de Kadhafi.

La demande de financement libyen aurait été formulée par Nicolas Sarkozy dès sa première visite à Kadhafi, octobre 2005.

Condamné à mort en juillet 2015 par la justice libyenne, Senoussi n’est pas le seul témoin dont Mediapart exhume les paroles. Un dignitaire libyen, entendu sous X en juin 2014 par l’Office anti-corruption de Nanterre, renforce le soupçon selon lequel l’équipe Sarkozy aurait touché de la Libye 50 millions d’euros, dont 20 millions en argent liquide. Cette dernière somme aurait été donnée directement à Boris Boillon (devenu conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Elysée) et à Claude Guéant.

Contacté par Mediapart, Boris Boillon n’a pas voulu donner suite. Claude Guéant s’est contenté de répondre que “s’il y a une telle affirmation, c’est un pur mensonge. C’est tout ce que j’ai à dire”.

Campagne Sarkozy 2007: le carnet d’un dignitaire libyen transmis à la justice

  • Un ex-ministre des plus importants de Mouammar Kadhafi y aurait détaillé trois versements destinés à celui qui était alors candidat à la présidentielle française.

Le carnet d’un ex-dignitaire du régime libyen de Mouammar Kadhafi, mentionnant une série de versements au profit de Nicolas Sarkozy au moment de l’élection présidentielle de 2007, a été transmis aux enquêteurs, a déclaré une source proche de l’enquête, confirmant une information de Mediapart.

 

Choukri Ghanem, ex-ministre du Pétrole du leader déchu, détaille dans ce carnet le 29 avril 2007 trois versements destinés à celui qui était alors candidat à la présidentielle française pour au moins 6,5 millions d’euros, a précisé cette source. Ce carnet a été transmis au juge d’instruction Serge Tournaire et aux policiers de l’Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF) par la justice norvégienne dans le cadre d’une demande d’entraide internationale, selon la source.

M. Ghanem avait été chef du gouvernement de Kadhafi de 2003 à 2006 et ministre du Pétrole, ainsi que président de la Compagnie nationale de pétrole (NOC) de 2006 à 2011. Ce haut responsable libyen, qui avait rompu avec Kadhafi en mai 2011, avait été retrouvé mort en avril 2012 dans le Danube à Vienne, où il s’était exilé après la chute du régime. Selon Mediapart, le carnet a été “découvert chez le gendre de Ghanem lors d’une perquisition aux Pays-Bas, menée en marge d’investigations liées à un vaste scandale de corruption impliquant le géant de la chimie norvégien Yara”.

 

Cette dernière enquête avait donné lieu à un procès en juillet 2015, au cours duquel Choukri Ghanem avait été présenté “comme l’un des acteurs de premier plan du système de pots-de-vin mis au jour”, selon le site d’information. Depuis 2013, la justice française enquête elle sur des accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy formulées par l’intermédiaire Ziad Takieddine et d’ex-dignitaires libyens, tandis que d’autres ont démenti.

 

Dans cette enquête, l’ex-secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant a été mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, en raison d’un virement suspect de 500.000 euros qu’il a justifié par la vente de deux tableaux flamands à un avocat malaisien, sans convaincre les juges. Les enquêteurs souhaiteraient notamment entendre Béchir Saleh, considéré comme l’argentier du régime de Kadhafi, aujourd’hui en exil.

 

Dans le cadre d’une autre affaire, Ziad Takieddine avait affirmé que Béchir Saleh s’était rendu à plusieurs reprises au cabinet de Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur avant l’élection de 2007. Contacté par l’AFP, le parquet national financier a affirmé qu’il n’avait “pas d’éléments à communiquer à ce stade, les investigations étant en cours”.

Guerre en Libye: un rapport parlementaire britannique accable Sarkozy et Cameron

Cinq ans après l’intervention militaire qui a plongé la Libye dans le chaos, les parlementaires britanniques étrillent les principaux responsables de l’opération: David Cameron et Nicolas Sarkozy.

Quelles étaient les motivations de la France et du Royaume-Uni pour intervenir militairement en Libye? En 2011, il s’agit officiellement d’éviter que Benghazi, ville rebelle du nord du pays, ne subisse le martyre que lui réserve Mouammar Kadhafi, implacable dictateur qui règne sur la Libye depuis 41 ans. Pour les parlementaires britanniques qui ont enquêté sur la question, ni David Cameron, ni Nicolas Sarkozy n’ont agi par souci humanitaire.

Une méconnaissance totale du pays

Le premier à subir les foudres des parlementaires britanniques est David Cameron, Premier ministre au moment de l’intervention militaire. En creux, les membres de la commission d’enquête l’accusent d’avoir agi en amateur en Libye. Le rapport parlementaire dénonce ainsi “une compréhension très limitée des événements” et des responsables “qui ne se sont pas vraiment souciés de surveiller de près ce qu’il se passait”.

Plus loin dans leur rapport, les parlementaires mettent en doutent la raison même pour laquelle la France et le Royaume-Uni sont intervenus en Libye: le possible massacre de Benghazi. Ville côtière, Benghazi est en mars 2011 aux mains des rebelles qui disputent le pouvoir au Colonel. Alors que la communauté internationale imagine déjà le bain de sang que vont y perpétrer les forces du dictateur, Paris et Londres décident d’intervenir par voie aérienne, avec l’aval de l’ONU. Mais pour les auteurs du rapport, l’histoire de Kadhafi aurait pu pousser les dirigeants franco-britanniques à réfléchir autrement:

“Plusieurs exemples dans le passé auraient pu indiquer la manière dont Kadhafi allait se comporter. (…) En 1980, Kadhafi a passé six mois à pacifier les rapports entre les tribus de la Cyrénaïque. Il y a fort à parier que sa réponse (au soulèvement de Benghazi, Ndlr) aurait été très prudente… La peur d’un massacre de civils a été largement exagérée” note le rapport.

Les motivations françaises en question

Plus troublant encore, le rapport retranscrit une conversation avec un membre des services secrets américains, expliquant avoir discuté avec l’un de ses homologues français à propos de l’engagement français en Libye. Pour les Britanniques, la France n’est pas intervenue pour sauver Benghazi, mais pour cinq autres raisons, bien différentes:

– S’emparer d’une partie de la production de pétrole libyenne
– Augmenter l’influence française en Afrique du Nord
– Améliorer la popularité de Nicolas Sarkozy en France
– Replacer l’armée française au centre de l’échiquier stratégique mondial
– Répliquer à la volonté de Kadhafi de remplacer la France comme puissance dominante en Afrique francophone

Cinq ans plus tard, note le rapport, la Libye est au bord du gouffre. Reprenant un rapport d’Human Rights Watch, les parlementaires notent que plus de deux millions de personnes nécessitent une aide humanitaire, que 400.000 Libyens ont été déplacés de force, et que les forces militaires en présence continuent de se livrer à de multiples exactions contre les populations civiles et combattantes.

Source : BFMTV

Libye: Sarkozy perd face à Mediapart

Une ordonnance de non-lieu vient d’être rendue au bénéfice de Mediapart par les magistrats chargés d’instruire la plainte de l’ancien président pour faux et usage de faux : l’authenticité du document officiel libyen révélé en 2012 par Mediapart et attestant d’un accord de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, à hauteur de 50 millions d’euros, n’est pas contestée par la justice française.


COFACE/Risque Pays : Libye

—   Coralie Bescond.

Transition politique chaotique et insécurité accrue

Après la chute, fin août 2011, du régime du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, le Conseil National de Transition a élaboré une constitution provisoire. Un gouvernement intégrant toutes les composantes de la société libyenne a été formé en novembre 2012, dont le diplomate Ali Zeidan était le Premier ministre. Contesté, cet indépendant appuyé par les partis libéraux a été démis de ses fonctions par le Congrès en mars 2014 et des élections ont été organisées le 25 juin 2014.
Elles ont permis aux partis modérés de remporter la majorité parlementaire. Mais suite à la proclamation des résultats, les milices islamistes présentes dans la zone de Benghazi et de Misrata ont pris position contre la majorité parlementaire et sont entrées en conflit avec l’armée libyenne. Le gouvernement d’Abdallah Al Theni formé à l’issue du scrutin et résidant à Tobrouk, a été appuyé par les forces du General Haftar. Ce dernier a pris l’initiative en mai 2014, de mener une coalition militaire dissidente afin de contrer l’emprise des milices islamistes sur la ville de Benghazi. Une deuxième formation politique non reconnue par la communauté internationale a pris le contrôle de Tripoli en août 2014. Mené par Omar El Hassi un indépendant, elle est soutenue par le Conseil Général National libyen et par la coalition des milices de Misrata, Fajr Lybia de mouvance islamiste. Les deux gouvernements se disputent le contrôle du territoire sous couvert de conflits entre leurs différents soutiens armés.
Le 6 novembre 2014, la cours suprême libyenne a invalidé les élections du 25 juin et défait le parlement issu du scrutin pour cause de non-respect de la constitution. Elle envisage la tenue de nouvelles élections dont la date n’est pas encore déterminée.

Variations erratiques de la croissance liées à la situation sécuritaire
Le secteur des hydrocarbures, qui représente environ 70% du PIB, joue un rôle prépondérant au plan économique. Or, 2013 et 2014 ont été en partie marquées par des conflits armés qui ont induit de fortes variations de la production pétrolière. Ces évolutions erratiques de la production d’hydrocarbure expliquent les fortes variations des taux de croissance depuis 2011. Néanmoins, malgré la gravité de la situation sécuritaire, la Libya’s National Oil Corporation (NOC) est parvenue à maintenir sa production à 700 000 barils par jour courant septembre 2014 et le pays continue d’exporter. Le gouvernement de Tripoli et le celui de Toubrouk s’accordent sur le maintien de la production et se partagent le contrôle du monopole public pétrolier.
Cependant, le risque qui pèse sur le secteur pétrolier reste important, les attaques de milices dissidentes contre les principales plateformes de production d’hydrocarbure étant récurrentes et une possible chute de la production est possible.
Les changements quotidiens de la situation politique et sécuritaire en Libye ne permettent donc pas de percevoir les probables retombées économiques de la crise politique. Notons également que la forte croissance anticipée pour 2015 traduit davantage un effet de rattrapage suite à la perte importante d’activité des deux dernières années qu’une reprise économique.
Hors hydrocarbures, la croissance qui devait être portée par la reconstruction des infrastructures, subira également le contrecoup de la guerre civile. Suite à dissolution du parlement, l’ensemble des mesures économiques sont reportées.

Les comptes publics et extérieurs de nouveau en déficit en 2014
Les hydrocarbures représentent 95% des recettes budgétaires et 98% des exportations, rendant les comptes publics et extérieurs vulnérables aux aléas de ce secteur.
Les recettes de la production pétrolière étant fortement dépendantes des aléas de la situation sécuritaire, les comptes publics en subissent le contrecoup. La baisse récente des prix du pétrole accentue le problème, si bien que le pays affichera un déficit public important en 2015. De plus, les dépenses courantes représentent plus de 70% du total des recettes, les salaires et les subventions alimentaires et énergétiques en étant les principaux postes.
Le déficit des comptes extérieurs s’est creusé en 2014 à cause d’un ralentissement des exportations. Il est en outre accentué par les importations de produits alimentaires et de biens d’équipement ainsi que par le rapatriement de fonds opéré par les firmes étrangères.
Toutefois, les réserves en devise sont préservées, le total des avoirs libyens (réserves officielles et actifs à l’étranger du fonds souverain Libyan Investment Authority) représentant l’équivalent de 3 ans d’importations en 2014.

Environnement des affaires très problématique
L’environnement des affaires reste très difficile depuis la chute de l’ancien régime et la situation politique et sécuritaire actuelle accentue cet état de fait. Avant la résolution de tous ces problèmes, des retards de paiement et des difficultés de recouvrement des créances sont à prévoir.

Source :  coface.fr


Libye “libérée” : Cinq pays du Sahel appellent l’ONU ou l’OTAN à ré-intervenir

Cinq pays du Sahel, en accord avec l’Union africaine (UA), ont appelé vendredi 19 décembre l’ONU à mettre en place une force internationale « pour neutraliser les groupes armés » en Libye.

Le Tchad, le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso, rassemblés au sein du Groupe des cinq du Sahel – aussi appelé G5 Sahel – à Nouakchott, capitale de la Mauritanie, saluent « les efforts déployés par les pays voisins » de la Libye et l’ONU « en vue de réunir les conditions d’un dialogue entre toutes les parties libyennes à l’exception des groupes terroristes reconnus comme tels », selon le communiqué final de leur sommet. « Néanmoins, le G5 Sahel lance un appel au Conseil de sécurité des Nations unies pour la mise en place, en accord avec l’Union africaine, d’une force internationale pour neutraliser les groupes armés, aider à la réconciliation nationale et mettre en place des institutions démocratiques stables » en Libye, ajoute le communiqué.

Lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet, le chef de l’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, également président en exercice de l’Union africaine, a assuré que le G5 Sahel avait « officiellement » saisi l’UA et l’ONU de la question, sans préciser la forme de la requête ni indiquer à quelle date elle a été formulée.

 

« Les instances élues, notamment le Parlement libyen élu, ont besoin de force pour mettre en œuvre leurs programmes de développement, dans la paix et la stabilité », a-t-il estimé. La Libye est plongée dans le chaos depuis le renversement du colonel Mouammar Kadhafi par la France de Sarkozy au terme de huit mois de conflit en 2011. Livré aux milices, le pays est dirigé par deux Parlements et deux gouvernements – l’un proche des milices islamistes et l’autre reconnu par les Occidentaux – qui se disputent le pouvoir.

 

Ces derniers jours, plusieurs dirigeants africains ont souligné la menace que constituent pour les pays sahélo-sahariens le djihadisme et les trafics transfrontaliers en tous genres en provenance du sud de la Libye, aux confins de l’Algérie, du Niger et du Tchad.

Une partie des djihadistes refoulés du Mali, dont l’Algérien Mokhtar Belmokhtar et le Malien Iyad Ag Ghali, se sont retranchés dans cette région par où transitent les trafics d’armes prélevées sur les gigantesques stocks du colonel Kadhafi. « Aucune armée africaine ne peut aller détruire en Libye le terrorisme (…). Il n’y a que l’OTAN qui en a les moyens », avait soutenu à Dakar le président tchadien, Idriss Déby.

 

« Si on veut résoudre le problème du Sahel, il faut s’occuper de la Libye. Nous pourrons les accompagner », a insisté M. Déby, dont le pays, puissance régionale, est militairement présent au Mali pour lutter contre les djihadistes depuis 2013.

Sarkozy/financement libyen : un document aurait été authentifié

Le site Mediapart affirme aujourd’hui que les experts en écriture chargés d’examiner le document publié par ses soins en 2012 sur un présumé financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 ont établi que la signature avait bien été faite par Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye, aujourd’hui en exil au Qatar.

 

Nicolas Sarkozy a de son côté plusieurs fois affirmé, y compris devant la justice en octobre 2013, qu’il s’agissait d’un “faux grossier”.

 

Dans le document en question, Koussa affirmait que Tripoli avait accepté de financer pour “50 millions d’euros” la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy. Moussa Koussa avait rapidement qualifié ce document de “faux”, à l’instar de l’ex-secrétaire particulier de Mouammar Kadhafi, Bachir Saleh, présenté comme le destinataire de cette note.

 

Mediapart avait maintenu ses informations.

 

Sur l’affaire du financement présumé, le juge Serge Tournaire a ouvert une enquête.