Tunisie: le président Beji Caïd Essebsi est décédé

Beji Caïd Essebsi s’est éteint ce jeudi à l’hôpital militaire de Tunis, a annoncé la présidence tunisienne dans un communiqué. Il avait 92 ans. Le président du Parlement Mohamed Ennaceur reprend l’intérim, après une prestation de serment.

Premier président démocratiquement élu en 2014, trois ans après le renversement de Zine el Abidine ben Ali, Beji Caïd Essebsi est mort ce jeudi 25 juillet au matin à l’hôpital militaire de Tunis, où il avait été admis la veille en soins intensifs en raison de très grandes difficultés respiratoires.

Son décès intervient à quelques mois de la fin de son mandat présidentiel. Il disparait le jour anniversaire de la proclamation de la République en 1957 au cours duquel il devait prononcer un discours, comme chaque année.

Le chef de l’État avait été hospitalisé en urgence par deux fois le mois dernier dont le 27 juin, officiellement pour intoxication alimentaire. Il était ressorti très affaibli, pouvant à peine parler, ne pouvant plus marcher, d’une hospitalisation de quatre jours. Les deux apparitions médiatiques qu’il avait faites depuis n’avaient pas rassuré les Tunisiennes et les Tunisiens. Elles avaient fait prendre conscience de la fragilité de l’homme qui occupe le palais de Carthage depuis bientôt cinq ans.

Pour l’heure c’est Mohammed Ennaceur, le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) qui prend provisoirement la place de chef de l’État. Ce vétéran de la politique, âgé de 85 ans, ancien ministre sous Bourguiba et proche du président défunt, est respecté par les différentes franges politiques tunisiennes.

Une cérémonie d’intronisation s’est déroulée sans accroc ce jeudi en début d’après-midi. Le mois dernier, le grave accident de santé du président Essebsi avait laissé planer la crainte d’une instabilité à la tête de l’État en cas de vacance du pouvoir, il n’en est rien.

Dans sa courte allocution, il a appelé le peuple tunisien à « unir les rangs », puis il a tenu à affirmer « la continuité des institutions de l’État. » Il devrait présider samedi des funérailles nationales auxquelles sont attendus nombre de chefs d’État. Le deuil national est de sept jours.