Tunisie: création de la filiale Ecovis Tunisia IT Consulting

Ecovis Tunisie annonce la création d’une filiale spécialisée dans les  systèmes d’information. La nouvelle filiale offre des services adaptables aux besoins spécifiques des clients en Tunisie et en Afrique du Nord : conseil en système d’information, audit IT, réalisation de logiciels spécifiques, intégration de progiciels financiers, Outils de reporting groupe, gouvernance des infrastructures IT…

 

« L’avenir d’ECOVIS en Afrique du Nord et en Afrique francophone, dépendra de la multidisciplinarité  des services que nous donnons à nos clients. Nous mettons tout en œuvre pour bâtir d’ici 2014, un groupe innovant offrant les services d’audit financier, de commissariat aux comptes, d’advisory, de conseil IT, et de conseil juridiques »,  déclare  Kamel Dimassi, Partner Associé.

 

Il est à noter que le réseau Ecovis est déjà basé en Tunisie depuis 2009 par la société Ecovis KDh partners, société d’audit et de conseil, offrant ses services en Tunisie, Mauritanie, Algérie, Libye et RD Congo.

 

Ecovis International est un cabinet de conseil leader mondial, ayant ses origines en Europe continentale. Y sont actives plus de 3500 personnes réparties dans plus de 55 pays. Son objectif en consultation et ses compétences principales se situent dans plusieurs domaines: conseil en fiscalité, comptabilité, audit, conseil juridique et services de conseil en gestion.

Communiqué


L’intégration du Maghreb, un bilan très mitigé 

—   — Dr  Abderrahmane MEBTOUL (Algérie)  –  Professeur des Universités, Expert international

 

Le 17 février 2013 ,  l’Union du Maghreb arabe (UMA) a fêté son 23ème anniversaire.  Fondée le 17 février 1989 à Marrakech, bien que les responsables des cinq pays membres (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) continuent  de se rencontrer périodiquement l’UMA,  ne cesse, depuis lors, de faire du surplace, loin des aspirations des peuples et des potentialités, marginalisant de plus en plus la région au sein de l’économie mondiale . C’est l’objet de cette présente contribution.

I  Le Maghreb face à la Re-mondialisation

 

L’émergence d’une économie et d’une société mondialisées et la fin de la guerre froide depuis  la désintégration de l’empire soviétique,  remettent en cause d’une part la capacité des Etats- nations à faire face à ces bouleversements et d’autre part les institutions internationales héritées de l’après-guerre. Les gouvernements à travers les Etats Nations – et la crise actuelle en est la démonstration,  sont  désormais dans l’impossibilité de remplir leurs missions du fait de la complexification des sociétés modernes, de l’apparition de sous-systèmes fragmentés, de l’incertitude liée à l’avenir et  de la crise de la représentation politique, d’où l’exigence de s’intégrer davantage dans un ensemble plus vaste pour pouvoir répondre aux nouvelles préoccupations planétaires. Pièce maîtresse dans la région euro- méditerranéenne, le Maghreb  est sollicitée par l’Union européenne  par les USA et la Chine  dans le cadre d’une compétition entre ces trois  pôles, en fait de deux pôles n’existant pas de divergences stratégiques USA/Europe,  dans leur recherche d’une hégémonie  économique. Trois  pays de l’UMA, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie ont signé des accords “euro méditerranéens d’association” allant bien au-delà de la simple libéralisation des échanges telle qu’initiée dès la fin des années 1960 dans le cadre des premiers accords commerciaux euromaghrébins.  Cette nouvelle forme de régionalisme Nord-Sud visant à établir une zone de libre échange euro-méditerranéenne est constituée de deux principaux piliers : la création d’une zone de libre échange entre l’UE et chacun des pays méditerranéens et l’élargissement graduel de cette zone grâce à la libéralisation des échanges entre pays méditerranéens. Force est de reconnaître que les résultats sont mitigés. Mais depuis nous avons une nouvelle donnée qui est celle de l’Union pour la Méditerranée  qui tend à être supplantée actuellement  par  le sommet des 5+5 qui est le premier sommet des chefs d’Etat des pays du bassin occidental de la méditerranée qui s’était  ouvert le cinq décembre 2003 à Tunis.  Parmi les points qui avaient  été  inscrits à l’ordre du jour  était  la coopération économique et  l’intégration maghrébine, la coopération dans le domaine certes économique mais social et humain à travers la question de l’immigration et de la libre circulation des personnes.

 

II  Les axes directeurs des différentes réunions et conventions adoptées

 

Le Maghreb correspond à l’Afrique du Nord-Ouest, délimitée au Nord par la Méditerranée et au Sud par le Sahara. La superficie totale de l’UMA est de 5.8 millions km2 représentant 4,3 % de la superficie mondiale et dépassant de près de 80 % la superficie de l’Union européenne. Durant les cinquante  dernières années, la population des pays de l’UMA a augmenté à un taux d’accroissement moyen de 3,2 % par an passant de moins de 30 millions en 1960 à 60 millions en 1989 et  environ   90 millions en 2010  et les  prévisions des Nations Unies l’estime à   150 millions d’habitants à l’horizon 2050, encore qu’au  cours des deux dernières décennies, les femmes du Maghreb ont vu leur fécondité chuter considérablement. Cette baisse de la fécondité a surpris par sa rapidité nombre de spécialistes des problèmes de population. Quant au  principe de l’intégration économique (par le marché) des pays du Maghreb, l’idée est venue au cours des deux conférences des Ministres de l’Economie du Maghreb, la première le 26 septembre 1964 et la seconde le 26 novembre de la même année à Tanger (Maroc) Ces deux conférences ont abouti à la création du Comité permanent consultatif maghrébin (CPCM) ; chargé d’étudier l’ensemble des problèmes afférents à la coopération économique dans le Maghreb. Après trois années de tâtonnements, la problématique communautaire maghrébine se précise et en 1967.  Le CPCM produit un rapport dans lequel trois types de solutions sont avancées dans la perspective intégrationniste. Il  dégage trois types de solutions possibles :

 

La solution maximum  qui  impliquerait la signature d’un traité instituant l’Union économique maghrébine sur le modèle du traité de Rome avec fixation d’un calendrier relatif à l’élimination des droits de douanes et des restrictions contingentaires, établissement d’un tarif extérieur commun, harmonisation des politiques économique, fiscales, monétaires et enfin mise en place d’institutions communes dotées de pouvoir de décisions ;

La solution minimum qui ferait de la création progressive d’une union économique une simple déclaration d’intention, les seuls engagements juridiques se limitant à la participation périodique à des négociations sur les concessions tarifaires ou sur les choix des lieux d’implantation d’industries nouvelles.

La solution intermédiaire qui est fondée sur l’interaction entre la libéralisation commerciale et l’harmonisation industrielle. Cette solution devrait couvrir une période de 5 ans au cours de laquelle les pays maghrébins s’engageraient : à des réductions linéaires (10 % par exemple par an) des droits de douanes  et des restrictions quantitatives frappant les produits échangés, à l’établissement d’une liste d’industries à agréer et dont les produits seraient assurés de la libre circulation et de la franchise sur le marché maghrébin, à la création d’une Banque maghrébine d’intégration pour financer les projets d’intérêt commun et favoriser cette industrialisation simultanée et équitable, à l’institution  éventuelle d’une union des paiements et enfin à l’harmonisation de leurs politiques commerciales à l’égard des pays tiers pour ne pas compromettre plus tard l’institution d’un tarif extérieur commun.

L’ensemble de des axes directeurs mis en relief précédemment, ont été repris lors du sommet maghrébin qui s’est  tenu à Zéralda (Algérie) en 1988. Malgré les implications tendant à remettre en cause des pans de souverainetés nationales aux décideurs politiques qui prenaient auparavant les décisions qu’ils jugeaient les meilleures pour le développement économique et social individuel de leur « Etat-Nation », le deuxième sommet maghrébin tenu le 19 février 1989 à Marrakech, voit l’adoption du traité de l’U.M.A qui définit les modalités d’une construction maghrébine et sa  stratégie de  développement. Différentes commissions sectorielles ont travaillé de manière très conjoncturelle pour tenter de mettre en place progressivement une zone de libre-échange supposant, la libre circulation des produits entre les partenaires ;  une union douanière et donc de nouveaux instruments communs de gestion tels que l’unification des tarifs douaniers et l’élaboration de politiques unifiées, visant à définir les règles communes devant permettre la mise en œuvre d’un système de régulation économique dans la région. L’objectif à atteindre lors de ces sommets  en dernier ressort consistait  en l’établissement d’un marché commun et d’une unité économique progressive et globale, prélude (qui annonce) à la meilleure complémentarité entre les cinq pays de la région. La Déclaration des Chefs d’Etat relative à la fondation de l’UMA, adoptée au Sommet de Marrakech, marque pour sa part la volonté des pays membres de traduire dans les faits le rêve des générations maghrébines d’édifier une union viable. On peut lire en effet dans la Déclaration que l’Union du Maghreb Arabe doit être perçue comme étant “une communauté complémentaire… qui coopère avec des institutions régionales similaires, une communauté… participant à l’enrichissement du dialogue international et mettant ses potentialités au service du renforcement de l’indépendance des Etats parties de l’Union et à la sauvegarde de leurs acquis, œuvrant avec la communauté internationale pour l’instauration d’un ordre mondial où prévaut la justice, la dignité, la liberté, les droits de l’homme et où les rapports sont empreints d’une coopération sincère et d’un respect mutuel”.

 

Examinons les différentes conventions et les accords maghrébins conclus dans le cadre de l’UMA : ce sont les commissions sus citées qui furent à l’origine de l’élaboration des 37 conventions et accords maghrébins conclus jusqu’à nos jours dans le cadre de l’UMA.

 

a-En matière économique,  on peut citer à cet égard  l’adoption d’une “stratégie maghrébine commune de développement”, en juillet 1990 définissant les bases de la solidarité économique entre les pays maghrébins et invitant à l’élaboration de politiques communes dans tous les domaines dans le but de l’instauration : :d’une zone de libre-échange pour tous les produits d’origine maghrébine, ainsi que pour d’autres secteurs dont en particulier, les services :
-d’une union douanière et d’un marché commun, dans un deuxième temps, étape qui verrait l’harmonisation voire l’unification des droits de douane appliqués par les pays membres et l’institution d’un tarif extérieur commun. Une nomenclature douanière commune inspirée du système harmonisé a été adoptée à cet effet dès décembre 1991 ; une union économique globale comme dernière étape de ce processus d’intégration ;  ‘adoption d’une Convention portant sur les échanges de produits agricoles (entrée en vigueur le 14/7/1993), qui se fixe pour objectifs de promouvoir les potentialités agricoles et favoriser 1’écoulement des produits agricoles de base au niveau maghrébin, dans le but de parvenir à assurer la sécurité alimentaire pour l’ensemble de la population maghrébine ; l’adoption d’une Convention commerciale et tarifaire maghrébine le 10 mars 1991, qui préconise l’application des règles du libre échange pour les produits d’origine maghrébine échangés entre les pays membres. Elle comporte quatre protocoles d’accords relatifs aux règles d’origine, à l’application d’une taxe compensatoire unique de 17,5% retenue à l’importation, aux mesures de sauvegarde et un protocole portant liste des produits libérés des mesures non tarifaires ; sur le plan institutionnel, une Convention maghrébine a été adoptée en mars 1991 en vue de mettre sur pied une “Banque maghrébine d’investissement et de commerce extérieur”, chargée de mobiliser les fonds nécessaires au développement économique au niveau régional et de financer ou participer au financement de projets d’investissements maghrébins et d’opérations de commerce ;  extérieur ; en vue de faciliter la mise en œuvre de ces instruments, l’UMA a adopté d’autres conventions complémentaires en matière de transport terrestre et de transit (23/7/1990) ou en matière d’assurance et de réassurance (1994). Elle a en outre initié divers programmes dans le domaine des infrastructures de base visant à renforcer les moyens de transport et de communication.

 

b-Sur le plan commercial , l’UMA a adopté les règles du démantèlement des droits de douane et des taxes d’effet équivalent, de l’abaissement graduel des barrières non tarifaires, de la condamnation du dumping et des subventions à l’exportation, de l’adoption du principe de la concurrence loyale entre les producteurs des pays de l’UMA; ceci dans la perspective de la libéralisation des échanges commerciaux entre les pays membres. Afin de tenir compte des pertes éventuelles qu’une telle libéralisation pourrait entraîner sur les recettes douanières des pays membres, l’UMA a entrepris une étude sur les différents mécanismes de compensation.

 

c-Sur le plan de la réglementation des investissements , les pays de l’UMA ont adopté des règles communes relatives à la garantie des investissements et à leur encouragement, allant dans le sens des règles reconnues sur le plan international en matière de non-discrimination, d’égalité de traitement et de libéralisation des exportations, ainsi qu’il ressort de la convention maghrébine relative à la promotion et à la garantie des investissements, signée en juillet 1990 et entrée en vigueur en juillet 1993, convention qui a constitué le point de départ d’une vaste réflexion sur l’incitation a l’investissement au niveau régional maghrébin.

 

III  Les implications socio-économiques de l’intégration et ses atouts 

L’intégration économique consolidée du Maghreb est conçue, du moins dans les textes pour : tirer un meilleur parti ou bénéfice des ressources complémentaires des différents pays ;  créer un marché de taille plus vaste susceptible d’entraîner de significatives économies d’échelle, indispensable dans un univers de compétitivité économique ouverte ; créer un climat économique plus favorable au Maghreb dans les échanges économiques internationaux. La mise en œuvre de l’intégration renforcée devait passer par les conditions suivantes : contrôle renforcé de la croissance démographique au delà des évolutions ” naturelles ” ; reconquête des marchés intérieurs sur les produits intermédiaires où le Maghreb dispose, simultanément : des ressources naturelles,  des ressources énergétiques,  des ressources humaines et des compétences technologiques,  des capacités de financement ; spécialisation des pays dans les secteurs d’activités où ils disposent d’un avantage ” naturel “, du fait de leurs ressources, de leur situation géographique ou de leur capacité de financement, avec un souci affiché d’équilibrer les développements économiques entre régions ; harmonisation progressive des modes de vie et des spécifications technique des équipements et des produits. Il  existe des atouts pour concrétiser ces objectifs, atouts  susceptibles de leur permettre d’enclencher, assez rapidement, de fortes croissances de leurs économies analogues à celles observées dans d’autres régions du monde, notamment en Asie. Parmi ces avantages on peut citer : une population jeune éduquée et en pleine expansion, sur un vaste territoire;  une homogénéité culturelle que renforce l’unité linguistique; l’existence d’une élite importante et de qualité;  des moyens financiers appréciables – même en situation de crise – qui placent la région en position confortable par rapport aux autres régions en développement; un potentiel énergétique, industriel et agricole prometteur, même s’il est inégalement réparti; la proximité de l’énorme marché européen et africain;  la disponibilité de la communauté internationale et spécialement de l’Union Européenne et les USA pour soutenir le gouvernement de la région (aides financières, délocalisations industrielles, ouverture des marchés, etc.). Globalement outre une meilleure gouvernance passant par la démocratisation  des sociétés maghrébines, tenant compte de leur anthropologie culturelle, sur le plan économique  s’impose une  nouvelle culture   pour inculquer l’esprit d’entreprise afin d’intégrer la sphère informelle qui occupe plus de 50% de la superficie économique  des pays du Maghreb  et libérer l’ensemble des énergies créatrices loin des entraves bureaucratiques. Au niveau des pays du Maghreb notamment, cela passe par la  coordination des politiques monétaires, commerciales, fiscales, douanières,  et il serait souhaitable la mise sur place d’une banque centrale maghrébine qui serait un maillon du système européen des banques centrales afin de favoriser la création de la zone de libre échange Europe – Maghreb et accélérer la convertibilité intégrale des monnaies ce qui dynamiserait les échanges.  Il y a lieu d’accorder une attention particulière à l’action éducative car l’homme pensant et créateur devra être à l’avenir le bénéficiaire et l’acteur principal du processus de développement. C’est pourquoi nous  préconisons  la création d’une université maghrébine ainsi qu’un centre culturel de la jeunesse méditerranéenne comme moyen de fécondation réciproque des cultures, et la concrétisation du dialogue soutenu pour éviter les préjugés et les conflits sources de tensions inutiles. Dans ce cadre   l’émigration maghrébine ciment des liens culturels peut   être la pierre angulaire de la consolidation de cette coopération. C’est  un élément essentiel de ce rapprochement  du fait qu’elle recèle d’importantes potentialités humaines,  économiques et financières. Elle peut contribuer  par  des actions concrètes de  promouvoir la synergie de systèmes privés, politiques et administratifs, pour développer une approche   « coopération » avec l’Europe  qui pourrait être mieux perçue  par l’interlocuteur maghrébin  qu’une approche  purement commerciale.

 

IV  Un bilan très mitigé

 

L’UMA dont la création a été décidée politiquement depuis plus de deux décennies  n’arrive toujours pas à se concrétiser. Ainsi, chaque pays de la région procède dans la gestion de ses relations extérieures avec les divers pays et blocs, en l’absence d’une coordination avec les autres pays de la région. Certains pays du Maghreb tentent d’assurer leurs propres intérêts et réaliser des acquis au détriment des autres pays maghrébins, alors que les autres blocs tels que l’Union européenne négocient en groupe leur partenariat avec ces pays (ceux du Maghreb) séparés. Cela fait que les rapports deviennent déséquilibrés.  Les peuples de la région paient l’incapacité des élites à concevoir un projet commun. Alors que le monde connaît des bouleversements sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale (1945), le Maghreb reste aux abonnés absents. Le constat est donc très mitigé.

Le PIB mondial est évalué  selon le FMI pour 2011 à 70.011 milliards de dollars, 17960 pour l’union européenne, 15064 pour les USA soit 33.024 (47,17%).  Si l’on ajoute le Japon  dont le PIB est de  5.855, nous aurons 55,54% pour environ un milliard d’habitants, la Chine ayant un PIB  de 6988 soit 9,98% pour 1,3 milliard d’habitants. Si l’on prend en référence l’indice du développement humain, indicateur beaucoup plus fiable que le PIB,  l’écart va en s’accroissant. Les échanges commerciaux  inter maghrébins ne dépassent pas 2/3% avec une réorientation variant selon les pays entre 50 et 70% en direction de l’Europe. Selon les rapports du FMI de 2011 , seulement 0,7 % des exportations algériennes sont destinées à ses voisins maghrébins, alors que 0,8 % de ses importations en sont originaires. De même, le Maroc n’importe que 1,4 % depuis l’Algérie et la Tunisie   et ne leur expédie que 1 % de ses exportations. Il en est ainsi pour la Tunisie  dont les importations, issues des voisins maghrébins, sont estimées à 1,1 %, alors que les exportations qui y sont destinées sont de 1,9 %. Ainsi le Maghreb du fait de la non intégration a un poids insignifiant au sein tant de la région méditerranéenne qu’au sein de l’économie mondiale.

Le produit intérieur brut de l’ensemble des pays du Maghreb  a été évalué en 2011  par le FMI  à 409,445 milliards de dollars en 2011 contre 387,712 milliards de dollars US en 2010. Ce  PIB   global  est artificiellement gonflé  par la Libye et l’Algérie  du fait du poids des hydrocarbures et les phosphates pour le Maroc. Ainsi le PIB du Maghreb représente  en 2011  0,57% du PIB mondial,  2,40% du PIB de la communauté économique européenne et 2,72%  du PIB américain étant légèrement supérieur  au PIB de la Grèce  qui connait une très gave crise d’endettement pour  environ 12 millions d’habitants. Comparé à la population et  au PIB allemand (3.328 milliards de dollars pour 82 millions d’habitants)  et français (2.808 milliards de dollars pour 65 millions d’habitants), on mesure l’important écart. Le PIB maghrébin  doit   horizon 2020 quadrupler  (1550 milliards de dollars à prix constants 2010)  au minimum si l’on veut éviter des tensions sociales de plus en plus vives au niveau de l’espace  Maghreb.

 

Le  rapport de la banque mondiale  2009  souligne  que  l’intégration maghrébine  pourrait permettre une croissance  du Maghreb de  plus de 3/4%  du PIB hors hydrocarbures gagnant ainsi plusieurs points qui auront une répercussion positive sur la création  d’emplois et donc sur  le niveau du taux de chômage. Alors on pourrait imaginer les importantes  économies d’échelle, les gains de productivité si l’intégration maghrébine  pouvait se réaliser.  L’UMA a perdu plus de la   moitié de son poids économique dans le monde entre 1980 et 2012, ses exportations qui représentaient environ 2%  des exportations mondiales en 1980, représentent  moins de 0,50% en 2012. Et cela n’est pas propre au Maghreb puisque  la part de l’Afrique dans le commerce international représentait 12 % il y a 20 ans, étant  passée à 8 % dans les années 90  et  actuellement, elle atteint à peine 2 %.   Une  étude réalisée par le Secrétariat de l’Union du Maghreb Arabe ( UMA)  courant 2009  a montré que l’intégration économique dans la région lui ferait  gagner 5 milliards de $ en investissement dont 3 en IDE/an et un nombre important d’emplois  dans une zone où il y a  trois (3) millions de chômeurs qui constituent 12% des actifs, ce qui correspondrait  en matière d’échanges aux transactions conclues entre 2000 à 3000 PME maghrébines par an. L’augmentation des exportations pour les produits agricoles pourrait  atteindre les 45%, ce qui correspondrait  à 170 millions de $, ce qui représente près de 1% du PIB net agricole du Maghreb arabe. Quant au secteur électrique, il pourrait économiser près de 25% de sa production si les centrales électriques maghrébines sont intégrées. Et à supposer que la capacité de production pour les 20 prochaines années doit  passer à 26 gigawatts, l’intégration permettrait d’en économiser 6,6 gigawatt. En réalité l’impact négatif  de  la non intégration  est plus important  si l’on tient compte des effets cumulatifs dus  aux économies d’échelle et surtout le peu d’attrait des investisseurs potentiels intéressés par de grands marchés.

 

 

V  Conclusion générale: la non intégration, une voie suicidaire

 

Il devient  nécessaire,   du fait de la densité de nos rapports   culturels que les relations passionnelles  soient  transgressées dans le cadre des intérêts bien compris  de chaque nation.  Aussi, la dynamisation des relations  entre les pays  du  Maghreb ne sera possible que si les dirigeants ont une vision commune  du  devenir  commun   de leur population  et  des enjeux  géostratégiques mondiaux. ,  La région peut  devenir une région économique pivot, intégrant  l’émigration ciment  de l’inter culturalité et des échanges , pouvant être un sous segment de la dynamisation du continent Afrique enjeu du XXIème siècle qui habitera horizon 2020 plus de 1,5 milliard d’âmes et un quart de la population mondiale horizon 2035, nouveau vecteur de la croissance de l’économie mondiale sous réserve d’une meilleure gouvernance  et  de   son intégration selon une vision pragmatique et progressive. Ce  qui permettrait  d’éviter  ces images  désolantes de jeunes fuyant  tant le Maghreb que le  continent  Afrique à partir   d’embarcations de fortune . Ce sera une condition fondamentale , afin de peser  dans  les grandes décisions internationales, les micros Etats en ce XXIème siècle n’ayant que peu d’impacts. Cela est possible pour peu que la volonté politique existe d’aller vers un Etat de droit, une gouvernance rénovée, la revalorisation du savoir loin des rentes, le mal  étant  avant tout en nous  et les solutions existantes à notre portée. Cela passe également  par  des réformes institutionnelles et micro-économiques, la stabilisation macro-économique étant éphémère sans réformes de structures. Ces actions collectives peuvent  favoriser  un partenariat gagnant/gagnant, loin  de toute tutelle bureaucratique qui annihile la créativité, les Etats régulateurs  devant favoriser la libre entreprise.  Le problème central qui se pose aujourd’hui  au pays du Maghreb  (notamment  la Tunisie, le Maroc et l’Algérie)  est le suivant : après  plusieurs années que l’Accord d’association  avec l’Europe , cet Accord   a  t-il permis – une coopération économique, financière et sociale orientée  vers une véritable  accumulation du savoir faire organisationnelle et technologique ?  Et se pose également cette question lancinante :   le Maghreb n’a-t-il pas   besoin  surtout management et  également  sans chauvinisme  de capitaux étrangers qui ont besoin d’un marché large, l’ère des micros Etats étant dépassé, dans le cadre d’une libéralisation maîtrisée ? Le chemin de la croissance ne peut être retrouvé que pour autant que l’appareil productif est modernisé et managé selon les techniques actuelles. Deux conditions qui ne peuvent être remplies que si le Maghreb  se met en partenariat avec des firmes qui participent à l’innovation. Pour que de telles firmes s’intéressent  au Maghreb,  il s’agit d’acquérir la crédibilité sur le plan institutionnel et politique, donc aller vers l’intégration,   et  offrir un  Etat de droit , évitant l’instabilité juridique,  une cohérence  et une visibilité économique qui autorisent le calcul économique. C’est donc dans ce contexte que doit s’insérer la compréhension de la dynamique économique et sociale tenant compte tant de la stratégie des réseaux internes et externes  ainsi que de l’urgence de nouvelles structures pour placer le Maghreb  comme vecteur actif au sein de l’économie mondiale dont l’espace euro-méditerranéen  et euro-africain constitue son espace naturel,  en fait pour s’adapter aux futurs enjeux géostratégiques mondiaux horizon 2015/2020 qui seront déterminants pour son avenir s’il veut éviter des remous sociaux et politiques.

 

Dr  Abderrahmane MEBTOUL (Algérie)  –  Professeur des Universités, Expert international en management stratégique    –ademmebtoul@gmail.com

 

 

Voir « le Maghreb face aux enjeux géostratégiques » Etude du professeur Abderrahmane MEBTOUL  Institut Français des Relations Internationales  Paris France ( 75 pages novembre 2011)



Mauritanie/Union Européenne : pas d’accord sur la pêche

Le renouvellement de l’accord de pêche liant la Mauritanie à l’Union Européenne, prévu en juillet 2011 par le calendrier habituel, semble de plus en plus compromis. Face à ce constat, le gouvernement espagnol, particulièrement intéressé par une issue positive, a engagé un forcing pour trouver un terrain d’entente entre les deux partenaires
Source : www.lesafriques.com

La Mauritanie livre un proche de Kadhafi

 

La Mauritanie a remis aux autorités libyennes Abdallah al-Senoussi, ex-chef des services de renseignement du régime de Mouammar Kadhafi recherché par la Libye et la Cour pénale internationale (CPI), selon la télévision d’Etat et une source officielle mauritanienne aujourd’hui.

“Les autorités mauritaniennes remettent l’ex-chef des renseignements libyens Abdallah al-Senoussi à la Libye”, a indiqué la télévision sur un bandeau écrit en arabe, sans plus de détails. Jointe à ce sujet, la source officielle mauritanienne a simplement parlé “d’extradition”, sans préciser si le Libyen al-Senoussi se trouvait en Mauritanie, où il avait été arrêté en mars, ou s’il avait déjà quitté le pays.

“Toutes les procédures légales concernant cette extradition ont été respectées et les garanties d’usage données par le gouvernement libyen”, a-t-elle dit sous couvert d’anonymat. Elle n’a pas souhaité faire d’autre commentaire.

Beau-frère de l’ancien “Guide de la révolution” libyenne, Abdallah al-Senoussi, un colonel, faisait partie du premier cercle entourant Mouammar Kadhafi, dirigeant libyen déchu et tué en 2011. Il connaîtrait beaucoup de dossiers sensibles, notamment celui du financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Recherché par la CPI et par la Libye, Abdallah al-Senoussi a été arrêté en mars en Mauritanie. Il a été inculpé en mai à Nouakchott pour être entré illégalement et sous une fausse identité dans le pays.

Le président mauritanien Mohammed Ould Abdel Aziz avait récemment indiqué qu’il serait jugé avant toute décision concernant son éventuelle extradition.


Gouvernement mauritanien : Création d’une société de projet pour construire une centrale à gaz

Le gouvernement mauritanien, la SNIM et Kinross ont conclu un accord pour la création d’une société de projet afin de construire une centrale à gaz de 350 MW. La centrale serait opérationnelle en 2014.


Le PAM au secours de 30.000 enfants menacés de malnutrition en Mauritanie

Le Programme Alimentaire Mondial des Nations unies (PAM) a lancé, ce jeudi 7 juin, en partenariat avec le ministère mauritanien de la Santé, un programme d’alimentation complémentaire de couverture à 30.000 enfants de 6 à 24 mois pour prévenir la malnutrition dans les régions de Gorgol et Brakna, indique le site starafrca.com.
L’opération, financée par le Canada à hauteur de 618.000 de dollars américains, permettra à chaque enfant des régions concernées de recevoir une ration journalière de Plumpy’Sup, un aliment fortifié, qui sera distribué de juin à septembre. A la fin de l’opération, le PAM aura fourni plus de 165 tonnes de vivres, précise notre source. Et selon Alain Cordeil, directeur du PAM en Mauritanie, «c’est la première fois que le PAM entreprend une opération d’alimentation complémentaire de couverture en Mauritanie. Nous sommes très fiers de notre partenariat avec le gouvernement, au moment où la crise alimentaire se fait particulièrement sentir dans ces deux régions».
A noter que les taux de malnutrition aiguë, mesurés lors de la dernière enquête nutritionnelle nationale de décembre 2011, dépassaient déjà le seuil d’alarme fixé par l’OMS (10%), soit 11,7% au Gorgol et 12,5% au Brakna. Voilà qui explique l’introduction du Plumpy’Sup par le PAM en Mauritanie.
Concernant la distribution de ce nouveau produit, le ministère mauritanien de la Santé, appuyé par le PAM, a formé plus de 350 agents dans chaque wilaya. Environ 180 centres fixes et mobiles ont été mis en place pour couvrir l’ensemble des localités.

Mauritanie: carte de séjour exigée pour presque tous les étrangers dès juin

Une carte de séjour pour tous les étrangers, à l’exception de ceux de pays voisins, sera exigée pour vivre en Mauritanie à compter du 1er juin afin de mieux lutter contre le “terrorisme” et “le crime organisé”, a appris mercredi l’AFP de source officielle.

 

Le ministère des Affaires étrangères “a officiellement écrit aux représentations internationales présentes” en Mauritanie “pour les informer de cette mesure qui s’impose désormais dans le cadre de la sécurisation du pays face au terrorisme et au crime organisé” a précisé cette source.

 

La lettre, dont l’AFP a obtenu copie, affirme que les étrangers “ont été sensibilisés sur cette question par le biais des représentants des colonies étrangères” en Mauritanie et qu’un bureau spécial a été ouvert à cet effet dans un commissariat de la capitale Nouakchott.

 

Les étrangers doivent désormais fournir des dossiers comportant un passeport en cours de validité pour obtenir une carte de séjour, sauf pour les “immigrés privilégiés” que sont les ressortissants de pays voisins – Sénégal, Mali et Gambie – qui n’ont besoin que d’une carte d’identité pour entrer en Mauritanie.

 

La réciproque est valable pour les Mauritaniens se rendant dans ces trois pays.

 

Le ministère a averti que la nouvelle mesure, qui s’inscrit dans le “cadre du contrôle du flux migratoire”, concernait “l’ensemble des étrangers, adultes et enfants, vivant sur le sol mauritanien, sans exception”.

 

Cette mesure avait été évoquée mi-avril avec les autorités mauritaniennes par le ministre sénégalais des Affaires étrangères Alioune Badara Cissé, lors d’une visite à Nouakchott. Il avait déclaré que “ces opérations de sécurisation” du pays permettaient à la Mauritanie “non seulement la protection de son espace mais aussi de tout l’espace ouest-africain et même africain”.

Nigeria : arrestation de cinq hommes soupçonnés de liens avec Aqmi

Cinq hommes, dont un Mauritanien ont été arrêtés par les forces de sécurité nigérianes. Ils sont soupçonnés de liens avec Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique et d’implication dans le rapt d’un Allemand au Nigeria. Edgard Fritz Raupach, un ingénieur allemand travaillant pour une société de construction avait été enlevé dans la périphérie de Kano, le 26 janvier dernier dans le nord du pays. Aqmi a annoncé la semaine dernière dans un communiqué et une vidéo détenir cet otage qu’elle veut échanger contre une « femme musulmane » emprisonnée en Allemagne et victime de « tortures », a rapporté l’agence privée mauritanienne en ligne ANI. C’est la première fois qu’un membre présumé d’AMI est arrêté au Nigeria.Les arrestations sont intervenues suite à deux raids menés à Kano. Le premier, jeudi dernier, a visé une boutique tenue par un Mauritanien, vivant dans le pays depuis plusieurs années, et a conduit à l’arrestation de quatre individus.Des armes et un ordinateur contenant des manuels opérationnels d’Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique ont notamment été découverts dans la boutique du Mauritanien.

Un cinquième homme, soupçonné d’être lié aux quatre premiers, a ensuite été interpellé lors d’une opération séparée.

Jusque là, Aqmi n’est pas connue pour opérer directement au Nigeria. Les experts soupçonnent des échanges techniques et matériels entre le groupe terroriste et la secte Boko Haram, mais il se pourrait que ces liens soient plus denses. D’autant que le mouvement islamiste nigérian est divisé. Au point que certains aient désormais porté allégeance à Aqmi? L’hypothèse est plausible.


Mauritanie: «Le chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz,doit partir!»

De retour d’une tournée dans les villes de la vallée du fleuve Sénégal, au sud de la Mauritanie, les présidents des 10 partis membres de la Coordination de l’opposition démocratique (soutenue par le Qatar), ont tenu le 25 février 2012 une conférence de presse à Nouakchott. La conférence a pris le ton d’une diatribe contre le chef de l’État actuel, Mohamed Ould Abdel Aziz, [élu en juillet 2009, NDLR].


Mohamed Ould Abdel Aziz, président mauritanien: «Le nord du Mali est libre pour le terrorisme»

Interrogé dans le quotidien français Le Monde sur l’insécurité qui frappe toute la région du Sahel, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz s’inquiète surtout de la situation chez ses voisins maliens : « Le nord du Mali est une région laissée libre pour le terrorisme », dit le chef de l’Etat mauritanien.

 

Pour Mohamed Ould Abdel Aziz, le nord du Mali est une zone pratiquement laissée à l’abandon, et libre pour le terrorisme : « C’est à partir de là que les terroristes agissent et se font payer des rançons qui les renforcent », dit le président mauritanien.

Selon lui, les groupes terroristes auraient d’ailleurs noué des liens avec l’une des deux rébellions touarègues du Nord Mali, celle d’Iyad ag Ghali. A l’en croire, Iyad ag Ghali, ancien diplomate malien, a même servi d’émissaire pour le paiement des rançons des otages d’Aqmi.

« Les terroristes sont très bien équipés », dit encore Mohamed Ould Abdel Aziz , et le conflit libyen n’a fait qu’aggraver la prolifération des armes. Le président mauritanien révèle que son aviation a détruit en août dernier un véhicule équipé d’un missile sol-air à la frontière avec le Mali.

Mais pour lui, visiblement, l’ennemi est bien connu. Sur une bande désertique malienne de 300 km de large, les terroristes s’approvisionnent en vivres et carburant dans 3 ou 4 villes connues, dont Tombouctou et Gao. « Ceux qui les approvisionnent sont connus, fichés, on a parfois même leurs plaques d’immatriculation », explique encore le président mauritanien.

Le président semble reprocher aux autorités de Bamako de ne pas en faire assez pour lutter contre cet ennemi qu’il juge très limité : « Pas plus de 300 hommes », selon Mohamed Ould Abdel Aziz, et il ajoute : « C’est à la portée de n’importe quel Etat ».