Guerre d’Algérie: commémoration minimale

Vingt lignes : c’est la longueur de la notice consacrée à la “fin de la guerre d’Algérie” au titre des commémorations nationales, sur le site des Archives de France, une discrétion qui illustre la volonté de Paris, mais aussi d’Alger, d’éviter toute polémique sur le sujet. “C’est la première fois de toute ma carrière que je suis censuré”, s’insurge l’historien Guy Pervillé. Ce spécialiste de la guerre d’Algérie et de la colonisation a été contacté fin 2010 par la direction des archives pour rédiger un article, le plus objectif possible, sur la fin du conflit.

Peu avant Noël 2011, “j’ai appris que mon texte avait été amputé des trois quarts, sans que je sois consulté”, explique-t-il . Au final, la courte notice retenue ne mentionne ni l’OAS, ni les harkis, ni l’exode des pieds-noirs, ni même le nom du général de Gaulle. “La direction des Archives a estimé que, pour le moment, la sensibilité étant encore un peu à nu sur le sujet, rentrer dans le détail risquait de soulever des protestations”, explique Philippe-Georges Richard, délégué aux commémorations nationales pour qui importait de “ne pas escamoter le sujet, mais ne pas rentrer dans le détail”.

Le 10 janvier, Alain Juppé avait appelé à la retenue devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. “Nous étions convenus l’année dernière avec le président (algérien) Bouteflika que cet anniversaire devrait être célébré dans un esprit de modération, en se gardant des extrémistes de tous bords. J’espère que cette ligne continuera de prévaloir”, soulignait-il alors. Vingt lignes, c’est moins de la moitié du texte consacré sur le site des Archives de France au premier numéro du magazine “Salut les copains”, paru en août 1962!

Cinquante ans après les accords d’Evian et le cessez-le-feu, le 19 mars 1962, la guerre d’Algérie reste un sujet sensible. “Mais il ne peut y avoir de mémoire juste, sans qu’il y ait une véritable histoire”, met en garde Guy Pervillé.

L’ONU accuse les rebelles libyens de crimes de guerre, de racisme, et l’Otan de passivité

Si les forces loyales au colonel Kadhafi se sont rendues coupables de massacres et de tortures à l’encontre des insurgés, les rebelles n’en ont pas moins, eux aussi, commis des crimes de guerre en Libye. La commission d’enquête de l’ONU sur la Libye, mise en place par le Conseil des droits de l’homme, accuse les « Thuwar » (combattants révolutionnaires) d’exécutions sommaires, de tortures, de disparitions forcées, d’attaques indiscriminées et de pillages au cours de leur avancée vers Tripoli.

Le rapport de 220 pages, rédigé par trois juristes internationaux cite notamment l’offensive contre la ville de Syrte, un bastion pro-Kadhafi, bombardée à l’arme lourde de manière « indiscriminée » malgré la présence de populations civiles. A plusieurs reprises, des combattants pro- Kadhafi ont été exécutés, en dépit des lois de la guerre.

Le rapport note que les représailles se poursuivent encore aujourd’hui à l’encontre des partisans supposés de l’ancien régime et des minorités noires de Libye comme les Tawergha.

Si les pays de la coalition ont crié fort à l’encontre des crimes du colonel Kadhafi leurs critiques sont beaucoup plus discrètes quand il s’agit de leurs aliiés rebelles et du nouveau gouvernement libyen. « La tendance est de se féliciter de la chute de Kadhafi et de ne rien dire des crimes commis par ses opposants, note Fred Abrahams de Human Right Watch. Les condamnations de la part de la France, de la Grande-Bretagne ou du Qatar sont trop faibles. Ces pays qui ont soutenu l’opération en Libye doivent faire pression », ajoute t-il.

La Commission déplore également le manque de coopération des nouvelles autorités libyennes qui ont refusé de remettre les rapports d’autopsie concernant la mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Moatassim. « Bien que blessés, les deux hommes étaient vivants lors de leur capture et sont donc morts alors qu’ils étaient détenus par les thuwars » peut-on lire dans ce rapport qui conclut, faute de preuves, à « l’incapacité de confirmer que la mort de Mouammar Kadhafi est un assassinat illégal » et réclame un complément d’enquête.

Le rapport vise également l’Otan, accusé de n’avoir pas suffisamment enquêté sur cinq raids qui ont tué 60 civils libyens et en ont blessé 55 autres. A deux reprises, la commission de l’ONU n’a pu identifier « aucune cible militaire » sur les lieux des bombardements. C’est la première fois que les raids de l’Otan en Libye sont critiqués dans un rapport des Nations unies. La Commission estime toutefois qu’au regard des quelque 18 000 sorties aériennes effectuées par les avions de la coalition, l’Otan  « a mené une campagne très précise avec une détermination notable pour éviter les pertes civiles ».

Pour Human Right Watch, la réponse de l’Otan sur ces « bavures » reste insatisfaisante. « Nous ne disons pas que l’Otan a délibérément visé des cibles civiles, mais ils font preuve d’un manque de transparence terrible, explique Fred Abrahams. L’Otan doit faire une enquête sérieuse et expliquer pourquoi ces cibles ont été choisies ».

Libye/Guerre : Tripoli craint un “nouveau massacre” à sa frontière

Le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, a indiqué tôt dqu’il disposait d’informations selon lesquelles l’Otan planifiait des raids sur Ras Jedir, un point frontalier entre la Libye et la Tunisie, pour ouvrir la voie à une avancée des rebelles. “Nous disposons d’informations affirmant que l’Otan planifie des bombardements intensifs sur le point de contrôle frontalier de Ras Jedir pour donner l’occasion aux bandes armées (rebelles), dont certaines sont positionnées du côté tunisien, d’entrer en 1territoire libyen”, a déclaré à l’AFP M. Ibrahim.

Il a qualifié les intentions de l’Otan de “très dangereuses”, avertissant que ce point frontalier était un point de passage pour des “milliers de Libyens, dont des femmes et des enfants”. “En le bombardant, l’Otan commettra un nouveau massacre”, a déclaré M. Ibrahim, mettant en garde contre un “acte illégal”.

“Nous saluons le gouvernement tunisien et nous l’encourageons à fournir plus d’efforts pour que la Tunisie ne se transforme pas en point de départ de l’agression sur la Libye”. “Nous saluons le peuple Tunisien qui a empêché le déchargement d’un cargo d’armes” destinés aux rebelles libyens dans le port de Zarzis au sud tunisien, a-t-il ajouté.

Il a appelé la communauté internationale à intervenir pour arrêter l'”agression” contre la Libye et “l’Onu à dénoncer et à condamner le trafic d’armes vers la Libye depuis la Tunisie, ce qui représente des violations des résolutions 1970 et 1973 des Nations unies”.


Algérie/Libération : Paris interpellé

Algérie/Libération : Paris interpelléLes massacres de milliers d’Algériens par les forces françaises dans trois villes de l’Est, dont Sétif, il y a exactement 66 ans, sont “une page douloureuse que l’Algérie ne peut tourner”, a déclaré aujourd’hui un ministre algérien, cité par l’agence APS. “Les relations de l’Algérie et de la France ne pourront être construites sur de bonnes bases et de manière durable que lorsque la France aura reconnu ses crimes en Algérie”, a également déclaré ce ministre, Mohamed-Cherif Abbas, chargé du portefeuille des Moudjahidine, en inaugurant le 9e colloque international sur les massacres de Guelma, l’une des trois villes touchées.

La veille déjà M. Abbas mais aussi le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN, au pouvoir) Abdelaziz Belkhadem avait insisté, à l’occasion de cet anniversaire, sur la nécessité pour la France de s’amender.

Le 8 mai 1945, alors que la France célébrait la victoire des démocraties sur le nazisme, des manifestations indépendantistes ont eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata. Elles ont été brutalement réprimées par les forces françaises libres faisant des milliers de morts. Les Algériens parlent de 45 000 victimes. Les Français de 1 500 à 20 000 morts, dont 103 Européens.

Source APS

Paris: Des extrémistes juifs tentent de détruire une exposition de photos sur Gaza

Des extrémistes juifs ont attaqué dimanche soir le Musée d’art moderne (MAM) de Paris, pour tenter de détruire une exposition photographique consacrée aux massacres perpétrés par Israël dans la bande de Gaza en 2009, a-t-on appris lundi auprès du musée. Répondant à l’appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), ces extrémistes, certains cagoulés et munis de casques de motos, ont tenté d’atteindre la galerie d’exposition au sous-sol du musée pour saccager sans succès le travail du photographe allemand Kai Wiedenhfer.

L’accès leur ayant été barré par le service de sécurité du musée, ils ont alors perturbé l’entrée des visiteurs en scandant des slogans hostiles à la direction du Musée d’Art Moderne et apposé des autocollants sur lesquels on peut lire: “Antisionisme=Antisémitisme politique”, “A bas l’antisémitisme d’où qu’il vienne”, “Le palestinisme actif, c’est l’activisme antijuif”, “Stop au palestinisme antijuif”.

Il est à noter que la plupart des grands médias français n’ont pas donné l’information.

Source APS