ANIMA-MIPO : les pays émergents investissent la Méditerranée

D’après le bilan 2012 de l’observatoire des investissements et partenariats en Méditerranée ANIMA-MIPO, les investissements directs étrangers (IDE) et les partenariats internationaux vers les pays MED (les 9 partenaires du sud, plus la Libye et la Turquie) repartent à la hausse en 2012. En effet, après deux années particulièrement difficiles pour une Méditerranée prise en étau entre ses crises politiques et les crises économiques mondiales, 2012 se révèle être une excellente année pour la région en termes d’attraction des IDE – la 4ème meilleure année de la dernière décennie.


La capacité de résilience des pays se confirme : avec 37 milliards d’euros d’IDE annoncés en 2012 (soit une croissance de 36 % par rapport à 2011), les pays MED renouent avec les niveaux atteints avant 2008 et la crise financière. Le nombre de projets diminue en revanche légèrement, à 645 (-10% par rapport à 2010) -ce qui suggère le lancement de projets plus importants en moyenne que les années précédentes. Ces chiffres, relativement bons si l’on considère le contexte politique et économique exceptionnel, sont cependant à relativiser. En effet, la part de marché de la région MED par rapport au reste du monde en matière d’IDE continue en réalité à diminuer, et serait passée selon la CNUCED, de 3,3% en 2008 à 2,6% en 2012.
Tous les pays, à l’exception de la Syrie, enregistrent des résultats en hausse par rapport à 2011, notamment grâce à quelques spectaculaires transactions annoncées en Algérie, en Egypte et en Turquie. Israël et la Turquie continuent d’affirmer leur leadership : ces deux pays pèsent en réalité pour la moitié des montants d’IDE de la région et près de 43% des projets annoncés. Avec près de 9 Md€ annoncés, le Maghreb flirte avec ses plus hauts niveaux historiques, en particulier grâce aux bons chiffres de l’Algérie, qui compte pour plus de la moitié des annonces de la région. Le Machrek regagne également du terrain, avec des intentions d’investissement équivalentes en montant à celles du Maghreb : cette région encore tourmentée est principalement tirée par l’Egypte, qui enregistre des intentions d’investissement en hausse, et ceci notamment grâce à la reprise des grands projets initiés par le Golfe.
2012 marque également le retour sur le devant de la scène des investissements « traditionnels » à la Méditerranée avec une préférence marquée des investisseurs pour les valeurs sûres que sont depuis 2003 l’énergie, la banque, les télécommunications et le BTP. Ces quatre secteurs en effet totalisent à eux quatre deux tiers des montants d’IDE annoncés.
Les transitions semblent en revanche avoir conduit à une redistribution des sources d’investissement. Depuis les printemps arabes, les entreprises européennes (investisseurs historiques dans la région) s’avèrent en effet battre en retraite, au profit de celles des pays émergents qui s’intéressent chaque jour davantage au potentiel de la région. En deux ans, les Européens sont ainsi passés de 45% à 26% des montants investis dans la région, cédant leur leadership aux BRIC (Russie, Inde et Chine principalement) qui deviennent en 2012 les premiers investisseurs du sud de la Méditerranée (10,7 milliards d’euros soit 28% des investissements annoncés). Le Golfe amorce quant à lui un retour remarqué (les investisseurs du Golfe sont au coude à coude avec l’Europe avec plus de 9 milliards d’euros investis), avec une reprise spectaculaire des grands projets immobiliers et bancaires, mis en suspens depuis 2008, et une volonté affichée de soutenir les nouveaux gouvernements en place.
Au moment où les entreprises européennes cherchent un second souffle, et alors que le continent africain est appelé à devenir le futur relais de croissance du monde, cette retraite européenne ne serait-elle pas une erreur stratégique ? Car finalement, les avantages comparatifs du sud de la Méditerranée, qui prévalaient avant les changements politiques, sont toujours d’actualité dans une Méditerranée encore en quête d’un nouveau modèle de développement économique.

 

Lire le rapport


Rapport CNUCED 2013 sur les IDE: Les pays MED résistent à la crise

Dans son rapport annuel sur la situation des flux d’investissements directs à l’étranger (IDE) pour l’année 2012, la CNUCED fait état de trois principales tendances caractérisant la situation économique mondiale: des montants globaux à la baisse, une part croissante à destination des pays en développement, et une plus forte prise en compte de facteurs liés au développement durable.

Une chute globale des flux d’IDE qui n’affecte que très légèrement les pays MED

Comme l’avait anticipé le rapport de l’année 2011, les flux mondiaux d’IDE ont globalement chuté. La CNUCED enregistre en effet une baisse de 18% des investissements en 2012. Le montant total est de 1350 milliards de dollars, soit 1047 milliards d’euros. Ces chiffres sont quelques peu décevants dans la mesure où les flux d’IDE avaient été, depuis deux ans, en augmentation constante. Les flux de 2012 sont ainsi inférieurs aux flux enregistrés durant la période précédant la crise financière de 2008.
Les onze pays méditerranéens réunissent au total 37,3 Md$, soit 2,8% du montant total des investissements directs étranger. Le total des investissements dans les pays méditerranéens diminue donc seulement de 2% (1,64 Md$) par rapport à 2011, un résultat relativement stable compte tenu de la tendance globale. Par ailleurs la part qu’occupent ces pays sur l’ensemble des flux entrants d’IDE augmente légèrement de 0,2%. Cette année encore, une disparité persiste entre les pays MED et aucune tendance régionale homogène ne peut être observée à l’intérieur du Maghreb et du Machrek.
En effet, le Maroc fait office de moteur en termes d’attraction des IDE par rapport à ses voisins d’Afrique du Nord (et du continent Africain de manière générale) tandis que l’Algérie enregistre une forte baisse des flux d’investissement. La Tunisie parvient à continuer sa progression en termes d’attraction d’IDE. L’Egypte quant à elle réussit de nouveau à attirer des investisseurs suite à la chute des montants en 2011 même si ces derniers restent loin derrières les chiffres de 2010. Pour les pays de l’est de la Méditerranée, la tendance est plus homogène dans la mesure où les chiffres de 2012 restent relativement stables par rapport à ceux de 2011 : Les IDE sont légèrement en hausse au Liban et en Palestine et légèrement en baisse en Jordanie et en Israël. La Turquie quant à elle, après avoir presque doublé ses flux entre 2010 et 2011, enregistre en 2012 une baisse de près de 25%.

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Les pays en développement se positionnent comme première destination des IDE mondiaux

La deuxième tendance relevée par le rapport porte sur la place qu’occupent désormais les pays dits en développement. En effet, pour la première fois, ces derniers réussissent à attirer davantage d’IDE que les pays dits développés (52%) tout en étant à l’origine d’un tiers des investissements directs à l’étranger. Le record en termes d’investissement que parviennent à établir les pays émergeants est en partie du à la chute des flux d’IDE dans les pays développés qui en ont attiré seulement 32% pour l’année 2012. Le taux global d’IDE entrants pour les pays émergeants est quant à lui resté relativement stable entre 2011 et 2012.
Le développement durable est une nouvelle priorité

Enfin le rapport de la CNUCED met en avant le nombre croissant de pays ayant mis en place des réglementations afin de prendre en compte des critères de développement durable dans leurs démarches d’attraction des investissements. Les normes environnementales sont davantage intégrées et les traités tentent désormais de maximiser les effets positifs et de minimiser les effets négatifs des investissements. Le rapport de la CNUCED montre également que près de la moitié des accords d’investissements incluent dorénavant des clauses permettant à tout moment l’abandon de la démarche, ce qui ouvre de nouveaux défis pour les législateurs notamment au niveau de l’attraction des investisseurs.
Destinations des flux: L’Afrique se distingue, l’Amérique du Sud garde son attractivité tandis l’Asie perd de la vitesse

L’analyse régional des destinations des flux d’investissements met en avant le fait que les investisseurs semblent davantage enclins à investir en Afrique, notamment en Afrique du Nord où les investissements ont augmenté de 35% pour atteindre un montant de 11,5 milliards de dollars en 2012, soit environ 9 milliards d’euros.

Pour ce qui est des autres économies régionales, le rapport de la CNUCED montre que les flux d’IDE ont diminué de 5% vers l’Asie de l’Est et l’Asie du Sud-est. Il s’agit du premier recul depuis 2009. Les mauvais résultats sont en parties dus au recul des flux d’IDE vers des pays comme la Chine, Hong-Kong, la Malaisie ou la Corée-du-Sud dans un contexte de crise économique mondiale. L’Asie de l’ouest, qui comprend selon la CNUCED la Turquie ainsi que l’ensemble du Golfe Persique, enregistre de manière globale pour la quatrième année consécutive une baisse du flux d’IDE entrant sur le territoire. Ce résultat est majoritairement du à l’instabilité politique de la région. Les deux principaux bénéficiaires ‘historiques’ d’IDE, l’Arabie Saoudite et la Turquie, attirant à eux deux 52% des IDE enregistrent des baisses atteignant respectivement 23% et 25%. Toutefois, l’Arabie Saoudite laisse pour la première fois la première position en termes d’investissement entrants à la Turquie.

L’Amérique du Sud et les Caraïbes connaissent une année assez hétérogène en termes d’attraction d’investissements directs à l’étranger. Les pays du pourtour de la mer des Caraïbes voient les IDE entrants augmenter globalement de 2% tandis que pour l’Amérique du Sud, l’augmentation est de 12%. Les pays d’Amérique du Sud bénéficient d’atouts naturels, notamment en termes de ressources, permettant d’attirer les investisseurs. Le Brésil a par exemple pris de nouvelles mesures en matière de politique industrielle afin de favoriser l’investissement.

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Mariage homo avec des Français: le Maghreb notamment exclu

  • Selon une circulaire signée par Christiane Taubira, la ministre de la Justice, les citoyens homosexuels de 11 pays ne pourront pas se marier en France avec un citoyen français, a révélé aujourd’hui le site d’information en ligne streetpress.

 

Selon la loi, le mariage peut être célébré dès lors que l’un des futurs époux est Français ou réside dans l’hexagone. Exception faite des ressortissants de la Pologne, du Maroc, de Bosnie-Herzégovine, du Monténégro, de Serbie, du Kosovo, de Slovénie, de Tunisie, d’Algérie, du Laos et du Cambodge.

 

« Ainsi, lorsqu’un mariage sera envisagé entre deux personnes de même sexe, dont l’un des futurs époux est ressortissant de l’un de ces pays, l’officier de l’état civil ne pourra célébrer le mariage. En cas de difficultés, il conviendra que l’officier de l’état civil interroge le procureur de la République territorialement compétent », peut-on lire dans la circulaire.

 

En cause des accords bilatéraux indiquant que la loi relative au mariage applicable est celle du pays d’origine. Une explication confirmée par le ministère de la justice, qui renvoie la balle au quai d’Orsay : « La révision de ces accords relève du ministère des Affaires étrangères ».

De nouvelles dynamiques pour l’internationalisation des PME et clusters

ANIMA est chef de file d’un consortium qui a été sélectionné par la Commission européenne pour mener un projet pilote sur l’internationalisation des PME et clusters entre l’Europe et 4 pays méditerranéens (l’Égypte, le Liban, le Maroc, et la Tunisie). Ce projet prévoit des actions en 2013 et 2014 pour renforcer les opportunités d’affaires entre entreprises et clusters, pour les accompagner dans leur internationalisation (formations en propriété intellectuelle ou softLanding) et mettre en place des groupes de travail régionaux (avec des talents, des femmes entrepreneurs, des clusters ou des investisseurs). ANIMA est dans ce cadre associé à trois partenaires européens (EBN, INNO AG et la Fondation Sophia Antipolis) et se coordonnera avec plus de 45 acteurs de l’innovation, de la finance et des affaires de la région. Le premier événement organisé dans le cadre d’Euromed@Change, l’atelier Talents et Entrepreneuriat en Méditerranée se tiendra à Paris le 7 juin 2013. Programme et réservation.


L’intégration du Maghreb, un bilan très mitigé 

—   — Dr  Abderrahmane MEBTOUL (Algérie)  –  Professeur des Universités, Expert international

 

Le 17 février 2013 ,  l’Union du Maghreb arabe (UMA) a fêté son 23ème anniversaire.  Fondée le 17 février 1989 à Marrakech, bien que les responsables des cinq pays membres (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) continuent  de se rencontrer périodiquement l’UMA,  ne cesse, depuis lors, de faire du surplace, loin des aspirations des peuples et des potentialités, marginalisant de plus en plus la région au sein de l’économie mondiale . C’est l’objet de cette présente contribution.

I  Le Maghreb face à la Re-mondialisation

 

L’émergence d’une économie et d’une société mondialisées et la fin de la guerre froide depuis  la désintégration de l’empire soviétique,  remettent en cause d’une part la capacité des Etats- nations à faire face à ces bouleversements et d’autre part les institutions internationales héritées de l’après-guerre. Les gouvernements à travers les Etats Nations – et la crise actuelle en est la démonstration,  sont  désormais dans l’impossibilité de remplir leurs missions du fait de la complexification des sociétés modernes, de l’apparition de sous-systèmes fragmentés, de l’incertitude liée à l’avenir et  de la crise de la représentation politique, d’où l’exigence de s’intégrer davantage dans un ensemble plus vaste pour pouvoir répondre aux nouvelles préoccupations planétaires. Pièce maîtresse dans la région euro- méditerranéenne, le Maghreb  est sollicitée par l’Union européenne  par les USA et la Chine  dans le cadre d’une compétition entre ces trois  pôles, en fait de deux pôles n’existant pas de divergences stratégiques USA/Europe,  dans leur recherche d’une hégémonie  économique. Trois  pays de l’UMA, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie ont signé des accords « euro méditerranéens d’association » allant bien au-delà de la simple libéralisation des échanges telle qu’initiée dès la fin des années 1960 dans le cadre des premiers accords commerciaux euromaghrébins.  Cette nouvelle forme de régionalisme Nord-Sud visant à établir une zone de libre échange euro-méditerranéenne est constituée de deux principaux piliers : la création d’une zone de libre échange entre l’UE et chacun des pays méditerranéens et l’élargissement graduel de cette zone grâce à la libéralisation des échanges entre pays méditerranéens. Force est de reconnaître que les résultats sont mitigés. Mais depuis nous avons une nouvelle donnée qui est celle de l’Union pour la Méditerranée  qui tend à être supplantée actuellement  par  le sommet des 5+5 qui est le premier sommet des chefs d’Etat des pays du bassin occidental de la méditerranée qui s’était  ouvert le cinq décembre 2003 à Tunis.  Parmi les points qui avaient  été  inscrits à l’ordre du jour  était  la coopération économique et  l’intégration maghrébine, la coopération dans le domaine certes économique mais social et humain à travers la question de l’immigration et de la libre circulation des personnes.

 

II  Les axes directeurs des différentes réunions et conventions adoptées

 

Le Maghreb correspond à l’Afrique du Nord-Ouest, délimitée au Nord par la Méditerranée et au Sud par le Sahara. La superficie totale de l’UMA est de 5.8 millions km2 représentant 4,3 % de la superficie mondiale et dépassant de près de 80 % la superficie de l’Union européenne. Durant les cinquante  dernières années, la population des pays de l’UMA a augmenté à un taux d’accroissement moyen de 3,2 % par an passant de moins de 30 millions en 1960 à 60 millions en 1989 et  environ   90 millions en 2010  et les  prévisions des Nations Unies l’estime à   150 millions d’habitants à l’horizon 2050, encore qu’au  cours des deux dernières décennies, les femmes du Maghreb ont vu leur fécondité chuter considérablement. Cette baisse de la fécondité a surpris par sa rapidité nombre de spécialistes des problèmes de population. Quant au  principe de l’intégration économique (par le marché) des pays du Maghreb, l’idée est venue au cours des deux conférences des Ministres de l’Economie du Maghreb, la première le 26 septembre 1964 et la seconde le 26 novembre de la même année à Tanger (Maroc) Ces deux conférences ont abouti à la création du Comité permanent consultatif maghrébin (CPCM) ; chargé d’étudier l’ensemble des problèmes afférents à la coopération économique dans le Maghreb. Après trois années de tâtonnements, la problématique communautaire maghrébine se précise et en 1967.  Le CPCM produit un rapport dans lequel trois types de solutions sont avancées dans la perspective intégrationniste. Il  dégage trois types de solutions possibles :

 

La solution maximum  qui  impliquerait la signature d’un traité instituant l’Union économique maghrébine sur le modèle du traité de Rome avec fixation d’un calendrier relatif à l’élimination des droits de douanes et des restrictions contingentaires, établissement d’un tarif extérieur commun, harmonisation des politiques économique, fiscales, monétaires et enfin mise en place d’institutions communes dotées de pouvoir de décisions ;

La solution minimum qui ferait de la création progressive d’une union économique une simple déclaration d’intention, les seuls engagements juridiques se limitant à la participation périodique à des négociations sur les concessions tarifaires ou sur les choix des lieux d’implantation d’industries nouvelles.

La solution intermédiaire qui est fondée sur l’interaction entre la libéralisation commerciale et l’harmonisation industrielle. Cette solution devrait couvrir une période de 5 ans au cours de laquelle les pays maghrébins s’engageraient : à des réductions linéaires (10 % par exemple par an) des droits de douanes  et des restrictions quantitatives frappant les produits échangés, à l’établissement d’une liste d’industries à agréer et dont les produits seraient assurés de la libre circulation et de la franchise sur le marché maghrébin, à la création d’une Banque maghrébine d’intégration pour financer les projets d’intérêt commun et favoriser cette industrialisation simultanée et équitable, à l’institution  éventuelle d’une union des paiements et enfin à l’harmonisation de leurs politiques commerciales à l’égard des pays tiers pour ne pas compromettre plus tard l’institution d’un tarif extérieur commun.

L’ensemble de des axes directeurs mis en relief précédemment, ont été repris lors du sommet maghrébin qui s’est  tenu à Zéralda (Algérie) en 1988. Malgré les implications tendant à remettre en cause des pans de souverainetés nationales aux décideurs politiques qui prenaient auparavant les décisions qu’ils jugeaient les meilleures pour le développement économique et social individuel de leur « Etat-Nation », le deuxième sommet maghrébin tenu le 19 février 1989 à Marrakech, voit l’adoption du traité de l’U.M.A qui définit les modalités d’une construction maghrébine et sa  stratégie de  développement. Différentes commissions sectorielles ont travaillé de manière très conjoncturelle pour tenter de mettre en place progressivement une zone de libre-échange supposant, la libre circulation des produits entre les partenaires ;  une union douanière et donc de nouveaux instruments communs de gestion tels que l’unification des tarifs douaniers et l’élaboration de politiques unifiées, visant à définir les règles communes devant permettre la mise en œuvre d’un système de régulation économique dans la région. L’objectif à atteindre lors de ces sommets  en dernier ressort consistait  en l’établissement d’un marché commun et d’une unité économique progressive et globale, prélude (qui annonce) à la meilleure complémentarité entre les cinq pays de la région. La Déclaration des Chefs d’Etat relative à la fondation de l’UMA, adoptée au Sommet de Marrakech, marque pour sa part la volonté des pays membres de traduire dans les faits le rêve des générations maghrébines d’édifier une union viable. On peut lire en effet dans la Déclaration que l’Union du Maghreb Arabe doit être perçue comme étant « une communauté complémentaire… qui coopère avec des institutions régionales similaires, une communauté… participant à l’enrichissement du dialogue international et mettant ses potentialités au service du renforcement de l’indépendance des Etats parties de l’Union et à la sauvegarde de leurs acquis, œuvrant avec la communauté internationale pour l’instauration d’un ordre mondial où prévaut la justice, la dignité, la liberté, les droits de l’homme et où les rapports sont empreints d’une coopération sincère et d’un respect mutuel ».

 

Examinons les différentes conventions et les accords maghrébins conclus dans le cadre de l’UMA : ce sont les commissions sus citées qui furent à l’origine de l’élaboration des 37 conventions et accords maghrébins conclus jusqu’à nos jours dans le cadre de l’UMA.

 

a-En matière économique,  on peut citer à cet égard  l’adoption d’une « stratégie maghrébine commune de développement », en juillet 1990 définissant les bases de la solidarité économique entre les pays maghrébins et invitant à l’élaboration de politiques communes dans tous les domaines dans le but de l’instauration : :d’une zone de libre-échange pour tous les produits d’origine maghrébine, ainsi que pour d’autres secteurs dont en particulier, les services :
-d’une union douanière et d’un marché commun, dans un deuxième temps, étape qui verrait l’harmonisation voire l’unification des droits de douane appliqués par les pays membres et l’institution d’un tarif extérieur commun. Une nomenclature douanière commune inspirée du système harmonisé a été adoptée à cet effet dès décembre 1991 ; une union économique globale comme dernière étape de ce processus d’intégration ;  ‘adoption d’une Convention portant sur les échanges de produits agricoles (entrée en vigueur le 14/7/1993), qui se fixe pour objectifs de promouvoir les potentialités agricoles et favoriser 1’écoulement des produits agricoles de base au niveau maghrébin, dans le but de parvenir à assurer la sécurité alimentaire pour l’ensemble de la population maghrébine ; l’adoption d’une Convention commerciale et tarifaire maghrébine le 10 mars 1991, qui préconise l’application des règles du libre échange pour les produits d’origine maghrébine échangés entre les pays membres. Elle comporte quatre protocoles d’accords relatifs aux règles d’origine, à l’application d’une taxe compensatoire unique de 17,5% retenue à l’importation, aux mesures de sauvegarde et un protocole portant liste des produits libérés des mesures non tarifaires ; sur le plan institutionnel, une Convention maghrébine a été adoptée en mars 1991 en vue de mettre sur pied une « Banque maghrébine d’investissement et de commerce extérieur », chargée de mobiliser les fonds nécessaires au développement économique au niveau régional et de financer ou participer au financement de projets d’investissements maghrébins et d’opérations de commerce ;  extérieur ; en vue de faciliter la mise en œuvre de ces instruments, l’UMA a adopté d’autres conventions complémentaires en matière de transport terrestre et de transit (23/7/1990) ou en matière d’assurance et de réassurance (1994). Elle a en outre initié divers programmes dans le domaine des infrastructures de base visant à renforcer les moyens de transport et de communication.

 

b-Sur le plan commercial , l’UMA a adopté les règles du démantèlement des droits de douane et des taxes d’effet équivalent, de l’abaissement graduel des barrières non tarifaires, de la condamnation du dumping et des subventions à l’exportation, de l’adoption du principe de la concurrence loyale entre les producteurs des pays de l’UMA; ceci dans la perspective de la libéralisation des échanges commerciaux entre les pays membres. Afin de tenir compte des pertes éventuelles qu’une telle libéralisation pourrait entraîner sur les recettes douanières des pays membres, l’UMA a entrepris une étude sur les différents mécanismes de compensation.

 

c-Sur le plan de la réglementation des investissements , les pays de l’UMA ont adopté des règles communes relatives à la garantie des investissements et à leur encouragement, allant dans le sens des règles reconnues sur le plan international en matière de non-discrimination, d’égalité de traitement et de libéralisation des exportations, ainsi qu’il ressort de la convention maghrébine relative à la promotion et à la garantie des investissements, signée en juillet 1990 et entrée en vigueur en juillet 1993, convention qui a constitué le point de départ d’une vaste réflexion sur l’incitation a l’investissement au niveau régional maghrébin.

 

III  Les implications socio-économiques de l’intégration et ses atouts 

L’intégration économique consolidée du Maghreb est conçue, du moins dans les textes pour : tirer un meilleur parti ou bénéfice des ressources complémentaires des différents pays ;  créer un marché de taille plus vaste susceptible d’entraîner de significatives économies d’échelle, indispensable dans un univers de compétitivité économique ouverte ; créer un climat économique plus favorable au Maghreb dans les échanges économiques internationaux. La mise en œuvre de l’intégration renforcée devait passer par les conditions suivantes : contrôle renforcé de la croissance démographique au delà des évolutions  » naturelles  » ; reconquête des marchés intérieurs sur les produits intermédiaires où le Maghreb dispose, simultanément : des ressources naturelles,  des ressources énergétiques,  des ressources humaines et des compétences technologiques,  des capacités de financement ; spécialisation des pays dans les secteurs d’activités où ils disposent d’un avantage  » naturel « , du fait de leurs ressources, de leur situation géographique ou de leur capacité de financement, avec un souci affiché d’équilibrer les développements économiques entre régions ; harmonisation progressive des modes de vie et des spécifications technique des équipements et des produits. Il  existe des atouts pour concrétiser ces objectifs, atouts  susceptibles de leur permettre d’enclencher, assez rapidement, de fortes croissances de leurs économies analogues à celles observées dans d’autres régions du monde, notamment en Asie. Parmi ces avantages on peut citer : une population jeune éduquée et en pleine expansion, sur un vaste territoire;  une homogénéité culturelle que renforce l’unité linguistique; l’existence d’une élite importante et de qualité;  des moyens financiers appréciables – même en situation de crise – qui placent la région en position confortable par rapport aux autres régions en développement; un potentiel énergétique, industriel et agricole prometteur, même s’il est inégalement réparti; la proximité de l’énorme marché européen et africain;  la disponibilité de la communauté internationale et spécialement de l’Union Européenne et les USA pour soutenir le gouvernement de la région (aides financières, délocalisations industrielles, ouverture des marchés, etc.). Globalement outre une meilleure gouvernance passant par la démocratisation  des sociétés maghrébines, tenant compte de leur anthropologie culturelle, sur le plan économique  s’impose une  nouvelle culture   pour inculquer l’esprit d’entreprise afin d’intégrer la sphère informelle qui occupe plus de 50% de la superficie économique  des pays du Maghreb  et libérer l’ensemble des énergies créatrices loin des entraves bureaucratiques. Au niveau des pays du Maghreb notamment, cela passe par la  coordination des politiques monétaires, commerciales, fiscales, douanières,  et il serait souhaitable la mise sur place d’une banque centrale maghrébine qui serait un maillon du système européen des banques centrales afin de favoriser la création de la zone de libre échange Europe – Maghreb et accélérer la convertibilité intégrale des monnaies ce qui dynamiserait les échanges.  Il y a lieu d’accorder une attention particulière à l’action éducative car l’homme pensant et créateur devra être à l’avenir le bénéficiaire et l’acteur principal du processus de développement. C’est pourquoi nous  préconisons  la création d’une université maghrébine ainsi qu’un centre culturel de la jeunesse méditerranéenne comme moyen de fécondation réciproque des cultures, et la concrétisation du dialogue soutenu pour éviter les préjugés et les conflits sources de tensions inutiles. Dans ce cadre   l’émigration maghrébine ciment des liens culturels peut   être la pierre angulaire de la consolidation de cette coopération. C’est  un élément essentiel de ce rapprochement  du fait qu’elle recèle d’importantes potentialités humaines,  économiques et financières. Elle peut contribuer  par  des actions concrètes de  promouvoir la synergie de systèmes privés, politiques et administratifs, pour développer une approche   « coopération » avec l’Europe  qui pourrait être mieux perçue  par l’interlocuteur maghrébin  qu’une approche  purement commerciale.

 

IV  Un bilan très mitigé

 

L’UMA dont la création a été décidée politiquement depuis plus de deux décennies  n’arrive toujours pas à se concrétiser. Ainsi, chaque pays de la région procède dans la gestion de ses relations extérieures avec les divers pays et blocs, en l’absence d’une coordination avec les autres pays de la région. Certains pays du Maghreb tentent d’assurer leurs propres intérêts et réaliser des acquis au détriment des autres pays maghrébins, alors que les autres blocs tels que l’Union européenne négocient en groupe leur partenariat avec ces pays (ceux du Maghreb) séparés. Cela fait que les rapports deviennent déséquilibrés.  Les peuples de la région paient l’incapacité des élites à concevoir un projet commun. Alors que le monde connaît des bouleversements sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale (1945), le Maghreb reste aux abonnés absents. Le constat est donc très mitigé.

Le PIB mondial est évalué  selon le FMI pour 2011 à 70.011 milliards de dollars, 17960 pour l’union européenne, 15064 pour les USA soit 33.024 (47,17%).  Si l’on ajoute le Japon  dont le PIB est de  5.855, nous aurons 55,54% pour environ un milliard d’habitants, la Chine ayant un PIB  de 6988 soit 9,98% pour 1,3 milliard d’habitants. Si l’on prend en référence l’indice du développement humain, indicateur beaucoup plus fiable que le PIB,  l’écart va en s’accroissant. Les échanges commerciaux  inter maghrébins ne dépassent pas 2/3% avec une réorientation variant selon les pays entre 50 et 70% en direction de l’Europe. Selon les rapports du FMI de 2011 , seulement 0,7 % des exportations algériennes sont destinées à ses voisins maghrébins, alors que 0,8 % de ses importations en sont originaires. De même, le Maroc n’importe que 1,4 % depuis l’Algérie et la Tunisie   et ne leur expédie que 1 % de ses exportations. Il en est ainsi pour la Tunisie  dont les importations, issues des voisins maghrébins, sont estimées à 1,1 %, alors que les exportations qui y sont destinées sont de 1,9 %. Ainsi le Maghreb du fait de la non intégration a un poids insignifiant au sein tant de la région méditerranéenne qu’au sein de l’économie mondiale.

Le produit intérieur brut de l’ensemble des pays du Maghreb  a été évalué en 2011  par le FMI  à 409,445 milliards de dollars en 2011 contre 387,712 milliards de dollars US en 2010. Ce  PIB   global  est artificiellement gonflé  par la Libye et l’Algérie  du fait du poids des hydrocarbures et les phosphates pour le Maroc. Ainsi le PIB du Maghreb représente  en 2011  0,57% du PIB mondial,  2,40% du PIB de la communauté économique européenne et 2,72%  du PIB américain étant légèrement supérieur  au PIB de la Grèce  qui connait une très gave crise d’endettement pour  environ 12 millions d’habitants. Comparé à la population et  au PIB allemand (3.328 milliards de dollars pour 82 millions d’habitants)  et français (2.808 milliards de dollars pour 65 millions d’habitants), on mesure l’important écart. Le PIB maghrébin  doit   horizon 2020 quadrupler  (1550 milliards de dollars à prix constants 2010)  au minimum si l’on veut éviter des tensions sociales de plus en plus vives au niveau de l’espace  Maghreb.

 

Le  rapport de la banque mondiale  2009  souligne  que  l’intégration maghrébine  pourrait permettre une croissance  du Maghreb de  plus de 3/4%  du PIB hors hydrocarbures gagnant ainsi plusieurs points qui auront une répercussion positive sur la création  d’emplois et donc sur  le niveau du taux de chômage. Alors on pourrait imaginer les importantes  économies d’échelle, les gains de productivité si l’intégration maghrébine  pouvait se réaliser.  L’UMA a perdu plus de la   moitié de son poids économique dans le monde entre 1980 et 2012, ses exportations qui représentaient environ 2%  des exportations mondiales en 1980, représentent  moins de 0,50% en 2012. Et cela n’est pas propre au Maghreb puisque  la part de l’Afrique dans le commerce international représentait 12 % il y a 20 ans, étant  passée à 8 % dans les années 90  et  actuellement, elle atteint à peine 2 %.   Une  étude réalisée par le Secrétariat de l’Union du Maghreb Arabe ( UMA)  courant 2009  a montré que l’intégration économique dans la région lui ferait  gagner 5 milliards de $ en investissement dont 3 en IDE/an et un nombre important d’emplois  dans une zone où il y a  trois (3) millions de chômeurs qui constituent 12% des actifs, ce qui correspondrait  en matière d’échanges aux transactions conclues entre 2000 à 3000 PME maghrébines par an. L’augmentation des exportations pour les produits agricoles pourrait  atteindre les 45%, ce qui correspondrait  à 170 millions de $, ce qui représente près de 1% du PIB net agricole du Maghreb arabe. Quant au secteur électrique, il pourrait économiser près de 25% de sa production si les centrales électriques maghrébines sont intégrées. Et à supposer que la capacité de production pour les 20 prochaines années doit  passer à 26 gigawatts, l’intégration permettrait d’en économiser 6,6 gigawatt. En réalité l’impact négatif  de  la non intégration  est plus important  si l’on tient compte des effets cumulatifs dus  aux économies d’échelle et surtout le peu d’attrait des investisseurs potentiels intéressés par de grands marchés.

 

 

V  Conclusion générale: la non intégration, une voie suicidaire

 

Il devient  nécessaire,   du fait de la densité de nos rapports   culturels que les relations passionnelles  soient  transgressées dans le cadre des intérêts bien compris  de chaque nation.  Aussi, la dynamisation des relations  entre les pays  du  Maghreb ne sera possible que si les dirigeants ont une vision commune  du  devenir  commun   de leur population  et  des enjeux  géostratégiques mondiaux. ,  La région peut  devenir une région économique pivot, intégrant  l’émigration ciment  de l’inter culturalité et des échanges , pouvant être un sous segment de la dynamisation du continent Afrique enjeu du XXIème siècle qui habitera horizon 2020 plus de 1,5 milliard d’âmes et un quart de la population mondiale horizon 2035, nouveau vecteur de la croissance de l’économie mondiale sous réserve d’une meilleure gouvernance  et  de   son intégration selon une vision pragmatique et progressive. Ce  qui permettrait  d’éviter  ces images  désolantes de jeunes fuyant  tant le Maghreb que le  continent  Afrique à partir   d’embarcations de fortune . Ce sera une condition fondamentale , afin de peser  dans  les grandes décisions internationales, les micros Etats en ce XXIème siècle n’ayant que peu d’impacts. Cela est possible pour peu que la volonté politique existe d’aller vers un Etat de droit, une gouvernance rénovée, la revalorisation du savoir loin des rentes, le mal  étant  avant tout en nous  et les solutions existantes à notre portée. Cela passe également  par  des réformes institutionnelles et micro-économiques, la stabilisation macro-économique étant éphémère sans réformes de structures. Ces actions collectives peuvent  favoriser  un partenariat gagnant/gagnant, loin  de toute tutelle bureaucratique qui annihile la créativité, les Etats régulateurs  devant favoriser la libre entreprise.  Le problème central qui se pose aujourd’hui  au pays du Maghreb  (notamment  la Tunisie, le Maroc et l’Algérie)  est le suivant : après  plusieurs années que l’Accord d’association  avec l’Europe , cet Accord   a  t-il permis – une coopération économique, financière et sociale orientée  vers une véritable  accumulation du savoir faire organisationnelle et technologique ?  Et se pose également cette question lancinante :   le Maghreb n’a-t-il pas   besoin  surtout management et  également  sans chauvinisme  de capitaux étrangers qui ont besoin d’un marché large, l’ère des micros Etats étant dépassé, dans le cadre d’une libéralisation maîtrisée ? Le chemin de la croissance ne peut être retrouvé que pour autant que l’appareil productif est modernisé et managé selon les techniques actuelles. Deux conditions qui ne peuvent être remplies que si le Maghreb  se met en partenariat avec des firmes qui participent à l’innovation. Pour que de telles firmes s’intéressent  au Maghreb,  il s’agit d’acquérir la crédibilité sur le plan institutionnel et politique, donc aller vers l’intégration,   et  offrir un  Etat de droit , évitant l’instabilité juridique,  une cohérence  et une visibilité économique qui autorisent le calcul économique. C’est donc dans ce contexte que doit s’insérer la compréhension de la dynamique économique et sociale tenant compte tant de la stratégie des réseaux internes et externes  ainsi que de l’urgence de nouvelles structures pour placer le Maghreb  comme vecteur actif au sein de l’économie mondiale dont l’espace euro-méditerranéen  et euro-africain constitue son espace naturel,  en fait pour s’adapter aux futurs enjeux géostratégiques mondiaux horizon 2015/2020 qui seront déterminants pour son avenir s’il veut éviter des remous sociaux et politiques.

 

Dr  Abderrahmane MEBTOUL (Algérie)  –  Professeur des Universités, Expert international en management stratégique    –ademmebtoul@gmail.com

 

 

Voir « le Maghreb face aux enjeux géostratégiques » Etude du professeur Abderrahmane MEBTOUL  Institut Français des Relations Internationales  Paris France ( 75 pages novembre 2011)



Le fonds Faro prolongé jusqu’en juin 2013

La prochaine date butoir de dépôt de candidature au fonds Faro est le 30 janvier 2013.

Doté d’un budget de 1 million d’euros, le fonds permet à des entrepreneurs de valider la faisabilité de projets innovants menés en collaboration avec, au minimum, un partenaire se situant au sud de la Méditerranée (Algérie, Autorité Palestinienne, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie).

L’activité du fonds a été prolongée de six mois et trois comités de sélection sont prévus durant cette période.

Secteur(s) concerné(s) : Agro-alimentaire, Ameublement & équipement du foyer, Autre ou non spécifié, Banque, assurance, autres services financiers, Biotechnologies, BTP, immobilier, infrastructures, Chimie, plasturgie, engrais, Composants électroniques, Constructeurs automobiles & équipementiers, Distribution, Eau, environnement et services urbains, Electronique grand public, Energie, Equipements électriques & électroniques, Ingénierie & services aux entreprises, Logiciels & prestations informatiques, Machines et équipements mécaniques, Matériels aéronautiques, navals, ferroviaires, Médicaments, Métallurgie et recyclage, Télécommunications & internet, Textile, habillement, luxe, Tourisme, restauration, Transport, logistique, Verre, ciment, minéraux, bois, papier.


ANIMA – 3èmes Rencontres PACEIM – 06 Décembre 2012

Du 06-12-2012 au 06-12-2012 – Marseille (France)

Leader : Institut de Recherche pour le Développement (IRD)

Le programme PACEIM vise à mobiliser l’expertise des diasporas scientifiques et techniques en France avec l’ambition d’accompagner la création d’une centaine d’entreprises innovantes dans les pays du bassin sud-méditerranéen (Algérie, Maroc, Tunisie, Liban). A cette fin, le créateur d’entreprise disposera pour son projet, d’un appui logistique, technologique et financier jusqu’à 35 000€ qui débutera au Nord pour se poursuivre dans les infrastructures des pays d’accueil.

Un état des lieux et une présentation des dispositifs et incitations autour de la création d’entreprise seront communiqués lors de la première partie de journée par de hauts représentants de chaque pays, en présence d’une cinquantaine de porteurs de projet de création d’entreprise et des différents acteurs institutionnels et financiers de l’entreprenariat d’Algérie, du Liban, du Maroc et de la Tunisie. Les porteurs de projets devront ensuite défendre leurs projets devant le jury. Il s’en suivra des rencontres avec l’ensemble des partenaires du programme (associations d’appui aux ressortissants étrangers, business angels…).

Plus d’informations : ww.ird.fr

Maroc : arrestation de huit terroristes islamistes

Les autorités marocaines ont annoncé aujourd’hui l’arrestation de huit personnes qui s’apprêtaient à commettre des « actes de sabotage contre des sites stratégiques, des bâtiments sensibles, des sièges des services de sécurité et des sites touristiques dans plusieurs villes marocaines ».

Ceci, moins d’une semaine après l’annonce du démantèlement d’une autre « cellule terroriste » dans le Rif (nord).

Ces dernières arrestations concernent une cellule nommée « Ansar achariaa au Maghreb islamique ».

Ces personnes « étaient en train de nouer des contacts avec les groupes terroristes relevant d’Al-Qaïda », connus pour leurs activités dans la région du Sahel, dans le nord du Mali, d’après le ministère de l’Intérieur.

Parmi les personnes arrêtées figure un ancien détenu condamné au Maroc dans le cadre de la loi antiterroriste.

Le chef présumé de la cellule, dont l’identité n’a pas été précisée, « préparait un voyage au Sahel pour s’assurer le soutien financier des groupes islamistes combattant dans cette région », a déclaré une source des services de sécurité. Selon elle, les prévenus « seront déférés devant la justice à l’issue de l’enquête en cours supervisée par le parquet ».

L’arrestation de ces huit personnes intervient quelques jours à peine après le démantèlement d’une « cellule terroriste » de neuf membres qui projetait la création d’un camp d’entraînement dans la région montagneuse du Rif afin de préparer des attaques contre « les autorités publiques ».

Plus de 2 000 islamistes avaient été arrêtés et condamnés au Maroc après les attentats du 16 mai 2003 de Casablanca. Cinq attentats-suicide, dont le plus sanglant à l’intérieur d’un restaurant, avaient fait 45 morts, dont 12 kamikazes, et de nombreux blessés.

Maroc : l’hebdomadaire «Maroc Hebdo» brise un tabou

Les internautes ne parlent plus que de ça au Maroc : la couverture du Maroc Hebdo de cette semaine. Intitulée « Le péril noir » avec en photo le visage d’un migrant subsaharien, elle a suscité la colère de certains internautes qui dénoncent le racisme de cet hebdomadaire francophone basé à Casablanca.

« Appel au boycott de Maroc Hebdo » ou encore « Contre le racisme véhiculé par Maroc Hebdo », voici quelques-uns des groupes Facebook immédiatement créés après la sortie de ce magazine vendredi 2 novembre. Sur la Toile et Twitter, l’indignation a été quasi instantanée.

« La honte » twitte un internaute. « Du racisme pour cacher les maux d’une société en perte de valeurs », estime un autre. « Je suis triste pour mon pays », ajoute un troisième. D’autres ont relevé le contexte tendu dans lequel a été publié ce magazine réputé proche du ministère de l’Intérieur.

Racisme rampant

Des militants associatifs subsahariens ont récemment été arrêtés par la police. Et les associations de défense des migrants dénoncent des expulsions de plus en plus brutales de migrants clandestins ainsi qu’un racisme grimpant dans la société.

De son côté, Maroc Hebdo a démenti toute intention raciste. L’objectif était d’attirer l’attention des autorités marocaines sur la situation dramatique des migrants, a justifié son directeur Mohamed Selhami.

En attendant, un autre journal, El Khabar, arabophone mais proche de Maroc Hebdo, publiait samedi un dossier de quatre pages sur la prostitution supposée des femmes subsahariennes.

Il faut savoir qu’au Maroc beaucoup de citoyens, notamment dans les grandes villes, se plaignent d’une forme d’insécurité qu’ils attribuent aux Africains  subsahariens. Ce que contestent, comme en France, quelques ONG très politisées.