Tunisie/Persépolis : Le domicile du P-dg de Nessma attaqué

Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Tunis ce vendredi 14 octobre pour protester contre la diffusion de Persépolis, la semaine dernière, sur la chaîne privée Nessma TV. Dans ce film d’animation franco-iranien de Marjane Satrapi, on peut voir une représentation de Dieu et c’est ce que dénoncent les manifestants.

Dans la foule, il y avait beaucoup de salafistes qui avaient déjà voulu incendier, sans y parvenir, le siège de la télévision le week-end dernier. Par endroits, le rassemblement a tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre, jets de pierre contre gaz lacrymogènes.

En début de soirée, une centaine d’assaillants ont attaqué le domicile de Nabil Karoui, le P-dg de la chaîne privée tunisienne Nessma. Certains d’entre eux ont jeté des cocktails Molotov et la famille de M. Karoui – lequel ne se trouvait pas sur place au moment des faits – a pu être sauvée « in extremis ».

« La famille a pu sortir par derrière et est en sécurité. Les assaillants ont saccagé la maison et ont mis le feu », a déclaré un journaliste de la chaîne à l’Agence France-Presse. Nessma TV a également dénoncé « l’incitation de quelques imams à commettre des crimes à l’encontre des employés de la chaîne ». Sans être extrémistes, de nombreux Tunisiens ont été choqués par ce film « français ».


Maroc : Manif dispersée à Casablanca

Des dizaines de personnes ont été blessées dimanche après que la police marocaine ait dispersé par la force à Casablanca plusieurs centaines de jeunes du « Mouvement du 20 février », les empêchant de se rassembler dans un quartier populaire pour revendiquer des réformes politiques. « La police s’est déployée dans toutes les rues entourant le boulevard où la manifestation était prévue. Il y a des dizaines de blessés », a déclaré Abdelmounaim Ouhetti, un militant du Mouvement du 20 février, qui revendique des réformes politiques et constitutionnelles ainsi qu’une limitation des pouvoirs du roi Mohammed VI. Selon une source sécuritaire contactée par l’AFP, il « y a 29 blessés légers, dont certains membres des forces de l’ordre ».

Un important déploiement des force de l’ordre a été constaté dès le début de l’après midi au quartier populaire de Sbata, à Casablanca, où la manifestation devait commencer, a constaté un journaliste de l’AFP. Les manifestants, pour la plupart des jeunes du 20 février, ont été dispersés à coups de matraques. Sur des affiches collées devant certains magasins, des commerçants ont demandé aux jeunes de ne « plus perturber » leurs activités avec leurs manifestations.

A Tanger, au nord du Maroc, la police a également dispersé plusieurs dizaines de manifestants du Mouvement du 20 février dans le quartier populaire de Beni Makada. Les autorités considèrent ces manifestations comme non autorisées. Une ONG a demandé samedi une enquête pour déterminer les responsabilités dans ces violences contre le Mouvement.  « Nous appelons à l’ouverture d’une enquête impartiale pour déterminer les responsabilités concernant l’utilisation de la force contre une large partie des jeunes du 20 février », selon un communiqué de l’Organisation marocaine des droits de l’homme (OMDH, indépendante) parvenu samedi à l’AFP.

Le 9 mars, le roi Mohammed VI a annoncé d’importantes réformes constitutionnelles prévoyant notamment le principe de séparation des pouvoirs et un renforcement des pouvoirs du Premier ministre. Ces annonces ont été jugées insuffisantes par le Mouvement.


 

Maroc : Une manifestation dispersée

Près de dix personnes ont été blessées lorsque la police marocaine a dispersé hier par la force une centaine de manifestants du Mouvement du 20 février qui revendique des réformes politiques, pour les empêcher de s’approcher d’un centre de détention près de Rabat, a constaté l’AFP.

Un important dispositif policier avait été mis en place tôt le matin sur le lieu où les manifestants devaient se retrouver pour se diriger ensuite vers le centre de détention, au siège de la Direction de la surveillance du territoire (DST), les renseignements marocains. Plusieurs ONG, comme Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International, ont dénoncé des violations des droits de l’homme dans ce centre de détention.

Plusieurs milliers de personnes, principalement du Mouvement du 20 février, ont également manifesté dimanche à Marrakech pour protester contre le récent attentat meurtrier dans le coeur touristique de la ville et réclamer des réformes démocratiques, « meilleur moyen de lutter contre la violence », selon elle.

 

Algérie : Très faible mobilisation pour la 7e marche de la CNCD

La septième tentative de marche qu’organise la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) depuis le 12 février, a été marquée ce samedi, comme toutes les précédentes, par une très faible mobilisation et un service d’ordre important et omniprésent pour empêcher ce défilé non autorisé par l’administration. Une trentaine de manifestants tout au plus s’étaient regroupés à la place de la Concorde (ex-place du 1er mai) pour entamer une marche qui devait les mener jusqu’à la place des Martyrs, a-t-on constaté sur place. Parmi les leaders de ce mouvement radical, qui revendique un « changement de système politique » en Algérie, seul Me Ali Yahia Abdennour, président d’honneur de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, était présent à ce nouveau rendez-vous manqué. Scindés en deux petits groupes, du fait de la pression policière, les protestataires ont scandé leurs slogans habituels pour une « Algérie libre et démocratique » ou encore « L’Algérie aux jeunes », avant de se disperser dans le calme.

 

Alger : Nouvelle marche le 19/02

Un membre de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), Me Moustepha Bouchachi, a annoncé aujourd’hui une nouvelle marche à Alger pour le samedi 19 février.

Hier samedi, une manifestation réclamant davantage de liberté et la levée de l’Etat d’urgence à été empêchée à Alger. Des milliers de policiers étaient mobilisés pour contrer l’initiative. Des dizaines de personnes ont été brièvement arrêtées. Des heurts sans gravité ont éclaté.

La CNCD, qui regroupe des partis d’opposition, des organisations de la société civile et des syndicats non officiels, est née le 21 janvier dans la foulée des émeutes du début de l’année qui ont fait 5 morts, et plus de 800 blessés. Elle exige le changement du système, et dénonce le « vide politique » qui menace la société algérienne « d’éclatement ».

La manifestation de l’opposition réprimée à Alger

En déployant un large dispositif de sécurité dans Alger, les autorités algériennes ont en partie empêché samedi des mouvements d’opposition de s’inspirer du soulèvement égyptien.

« Une tentative d’organisation d’une manifestation a été signalée Place du 1er Mai rassemblant une foule estimée à 250 personnes. Quatorze personnes ont été interpellées et ont été immédiatement relâchées », a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

Un porte-parole du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), parti d’opposition, a affirmé lui que la manifestation avait réuni entre 7 000 et 10 000 participants et que la police avait procédé à un millier d’arrestations.

L’un des organisateurs du rassemblement, Fodil Boumala, a indiqué à Reuters qu’il était détenu dans un commissariat.

Selon des journalistes de l’agence Reuters, le nombre de manifestants réclamant notamment la chute du gouvernement d’Abdelaziz Bouteflika a été largement sous-évalué par la police.

Après près de trois heures de manifestation, les protestataires ont quitté calmement la place tandis que la police les laissait passer. Mais certains jeunes venus des quartiers pauvres d’Alger sont restés sur les lieux et ont lancé des projectiles sur les policiers.

Ali Belhadj, un des chefs du Front islamiste du salut (FIS), organisation dissoute par les autorités algériennes, participait samedi à la marche d’Alger pour un « changement de système », a constaté un photographe de l’AFP.

Algérie : L’opposition maintient sa marche

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) en Algérie, regroupant opposition et société civile, a maintenu aujourd’hui sa marche du 12 février à Alger, malgré les mesures de libéralisation du président Abdelaziz Bouteflika, indiquent les organisateurs.

Alger : Appel aux citoyens à ne pas manifester samedi

La wilaya d’Alger a appelé, dans un communiqué rendu public jeudi, les citoyens à faire preuve de « sagesse et de vigilance », et à « ne pas répondre à d’éventuelles provocations », lors de la marche « non-autorisée » qu’une association à caractère politique compte organiser dans la capitale, le samedi 22 janvier. « Il est demandé aux citoyens de faire preuve de sagesse et de vigilance, et de ne pas répondre à d’éventuelles provocations destinées à porter atteinte à leur tranquillité, leur quiétude et à leur sérénité », lit-on dans ce communiqué qui rappelle que « les marches à Alger ne sont pas autorisées », et que « tout rassemblement sur la voie publique est considéré comme une atteinte à l’ordre public ». Selon le communiqué de la wilaya d’Alger, une association à caractère politique, le RCD,  a appelé à l’organisation d’une marché le samedi, 22 janvier 2011, de la Place de la Concorde, ex-Place du 1er mai, vers le siège de l’Assemblée populaire nationale, « sans autorisation des services administratifs compétents ».

Source APS