Des islamistes appellent à assassiner Hollande

  • Un groupe djihadiste a renouvelé son appel à assassiner le président français François Hollande en réponse aux interventions militaires récentes de la France en Afrique, a indiqué hier le groupe d’observation des sites terroristes SITE. Le Al-Minbar Jihadi Media Network, un site islamiste militant lié à al-Qaïda a appelé les musulmans à monter des attaques en France et contre les intérêts français dans le monde en soutien aux musulmans du Mali et de la République centrafricaine. « Les soutenir (les musulmans de ces pays) est une tache facile pour toute personne honnête et loyale, parce que les ambassades de France occupent les terres des musulmans, sans parler des lions de notre Oumma (communauté) qui vivent à l’ouest » précise le message d’introduction de la nouvelle campagne anti-française selon le SITE.

 

Sur le forum internet du site islamiste, 22 messages, une vidéo, un article et un poème alimentent cette campagne engagée depuis le début du mois et appelant à mener des attaques terroristes en France ainsi qu’à assassiner François Hollande. « Nous appelons nos loups bien aimés à assassiner le président de la mécréance et de la criminalité, à semer la terreur dans son gouvernement maudit, à poser des bombes et à les terroriser par solidarité avec les gens vulnérables de la République centrafricaine » précise un message du 9 mars. « Ni Hollande ni ses soldats ne connaîtront la paix aussi longtemps que les musulmans du Mali et de la République centrafricaine ne pourront pas vivre normalement dans leur pays » ajoute le message.

 

 

François Hollande (ici brandissant le Sabre de l’islam) avait réagi à l’époque en affirmant que ce n’était pas la première fois que son pays était menacé et que la France « restait extrêmement vigilante ». La France a envoyé des troupes au Mali en janvier 2013 pour en chasser les islamistes et rebelles touaregs qui avaient pris le contrôle du nord désertique du Mali. Bien qu’ils aient été arrêtés dans leur progression vers le sud du pays où se trouve la capitale Bamako, les combattants restés fidèles à des groupes islamistes mènent encore de temps à autre des attaques. La France a également envoyé environ 2000 militaires en Centrafricaine en soutien à une force de maintien de la paix de l’Union africaine de 6000 militaires à la suite d’une vague d’affrontements sanglants entre chrétiens et musulmans après un coup d’État.

En revanche, F. Hollande soutient l’insurrection islamiste en Syrie où, par son concept de « guerre juste », pousse de nombreux jeunes Français ou résidents à y partir faire le Djihad.

Bamako réserve un accueil exceptionnel au Roi Mohammed VI

Les habitants de la ville de Bamako ont réservé, mardi en fin d’après-midi, au Roi Mohammed VI un accueil exceptionnel et des plus chaleureux puisant sa signification dans la solidité des liens d’amitié et de fraternité séculaires entre le Maroc et le Mali.

Les drapeaux des deux pays flottaient fièrement côte-à-côte dans différents endroits de la capitale malienne et les portraits des deux Chefs d’Etat, le Roi Mohammed VI et le Président Ibrahim Boubakar Keïta, pavoisaient les principales artères de la cité des trois Caïmans qui vit des moments mémorables et un événement qui restera inscrit en lettres d’or dans les annales de l’histoire commune des deux pays.

A l’aéroport international Bamako Senou, où le Roi Mohammed VI est arrivé mardi pour une visite officielle au Mali, des foules en liesse de Bamakois, de tous âges, parmi lesquelles des membres de la communauté marocaine résidant au Mali, se sont massées pour ovationner le Souverain et Lui souhaiter la bienvenue dans une ambiance festive où se mêlaient les sentiments de joie, d’estime et de gratitude au Roi pour l’ensemble des actions de solidarité entrepris par le Maroc en faveur du Mali.

« Bienvenue à Sa Majesté le Roi Mohammed VI », « Merci SM le Roi », « Vive l’amitié maroco-malienne », tels sont, entre autres, les slogans entonnés par la foule pour exprimer ses sentiments de joie, d’enthousiasme et de reconnaissance au Souverain.

« Nous ne remercierons jamais assez SM le Roi et le peuple marocain pour le soutien apporté au Mali. Sincèrement, merci Sir », a affirmé avec grande émotion Mamadou Doué, qui était présent à l’aéroport pour souhaiter la bienvenue au Souverain.

Pour Boubakar Omar, « cette visite est un événement historique pour tous les Maliens qui vouent un profond respect à SM le Roi. C’est un moment d’intense joie auquel j’ai tenu à assister pour remercier le Souverain pour tout ce qui a été fait par le Maroc au profit du Mali ».

« Le peuple malien se rappelle de l’aide humanitaire envoyé par le Royaume aux réfugiés maliens à l’intérieur du pays et dans les pays voisins. Aussi, les Maliens n’oublieront jamais les services forts louables rendus par l’hôpital militaire marocain déployé à Bamako pour alléger les souffrances des populations », a-t-il enchaîné. Tout en reflétant l’engagement continu et clair du Royaume aux côtés du Mali durant cette nouvelle phase de construction et de réconciliation nationales, cette visite ne manquera pas d’impulser davantage les relations de coopération entre les deux pays, a estimé le président de l’Association d’amitié maroco-malienne, Mousssa Diara.

« Cette visite était très attendue par l’ensemble du peuple malien car elle illustre de manière éloquente la détermination du Maroc à soutenir le Mali et à contribuer au processus de sa reconstruction et de sa stabilisation », a-t-il relevé. Cette visite va insuffler, sans nul doute, une nouvelle dynamique à la coopération multiforme entre les deux pays qui sont liés par des relations séculaires », a-t-il dit.

Le Roi Mohammed VI est arrivé, mardi en fin d’après-midi à Bamako, pour une visite officielle en République du Mali, première étape d’une tournée africaine qui conduira le Souverain en Côte d’Ivoire, en Guinée Conakry et au Gabon.

Source Atlasinfo

La France évoque une opération en Libye

  • Une opération internationale pour mettre un terme à l’instabilité qui prévaut actuellement dans le sud de la Libye serait un scénario idéal, a déclaré aujourd’hui le chef d’état-major des armées françaises, l’amiral Edouard Guillaud.

 

Les violences se sont intensifiées ces dernières semaines dans le sud du pays, notamment dans la ville de Sebha qui s’est retrouvée au coeur d’affrontements entre tribus rivales. L’armée libyenne a imputé ces violences à des forces loyales à l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi, renversé et tué en 2011 par un soulèvement populaire encouragé et appuyé par une intervention militaire occidentale menée sous l’égide de l’Onu. Ce qui aurait largement contribué à alimenter le terrorisme régional selon de nombreux spécialistes.

 

« L’idéal serait de pouvoir monter une opération internationale avec l’accord des autorités libyennes », a déclaré à la presse l’amiral Edouard Guillaud, qui quittera ses fonctions le 15 février après quatre années passées à la tête de l’état-major des armées. « Mais quelles autorités? », a-t-il ajouté. « Le problème du sud libyen, c’est qu’il faut d’abord qu’il y ait un Etat dans le Nord. Ensuite il y a plusieurs sud-libyen, il y a Koufra, à coté de la frontière égyptienne, et la zone de Sebha », a-t-il souligné, évoquant l’existence d’un « trou noir » susceptible de devenir le « nouveau centre de gravité du terrorisme ».

 

Les Américains ont déjà menacé d’intervenir

 

 

Une vision partagée selon lui par nombre de ses homologues étrangers, principalement américains, qui estiment « qu’il va falloir que la communauté internationale y aille mais, pour cela, il faut d’abord que le Nord soit stabilisé ».

 

Depuis le renversement et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans une vague de violences et le Congrès général national, le Parlement, est paralysé par un bras de fer politique. L’option d’une intervention militaire internationale, qui n’est pour l’heure qu’au stade de réflexion, ne sera possible qu’en cas d’accord avec les autorités libyennes et uniquement sous mandat, a souligné l’amiral Guillaud.

Selon nos informations, le chef d’état-major des armées françaises était intervenu personnellement auprès de François Hollande afin de le presser d’envoyer un corps expéditionnaire au Mali pour lutter contre le terrorisme, ce qui fût fait le 11 janvier 2013 sous le nom d’opération Serval.

Sahel: Valls termine sa tournée sécuritaire au Mali et en Mauritanie

Le ministre français de l’Intérieur a terminé dimanche sa visite au pas de charge à Bamako, au Mali, avant de se rendre à Nouakchott, en Mauritanie. Dans les deux capitales, Manuel Valls a affiché sa volonté de resserrer les liens de coopération dans le domaine de la sécurité, avec deux cibles principales : le terrorisme et les trafics de stupéfiants.

 

Après le Sénégal et la Côte d’Ivoire, Manuel Valls était à Bamako, dimanche. La lutte contre le terrorisme et le crime organisé a été au centre des discussions entre les ministres français de l’Intérieur et les autorités maliennes. L’objectif, selon le ministre français, est de parvenir à équiper les forces de sécurité du Mali dans plusieurs domaines.

Mali: Valls promet des armes, des véhicules et de la formation

Pour Manuel Valls, la coopération dans ces domaines entre la France et le Mali doit pouvoir «se traduire très vite dans les actes en terme de soutien [et] d’équipements, de la police et de la gendarmerie [malienne] et c’est vrai notamment dans le nord». Si le ministre français de l’Intérieur a évoqué «des équipements de protection, pour les policiers ou les gendarmes qui agissent», ainsi que «des véhicules» et «aussi, évidemment, des armes», il a aussi insisté sur la formation des forces de sécurité maliennes.

Former les forces de sécurité du Mali pour éviter les dérives, pour qu’elles soient compétentes et efficaces sur le terrain, Paris et Bamako sont totalement en phase sur ce sujet. «Il y a urgence, ici au Mali, à reconstruire un Etat de droit, et notre coopération se poursuivra également dans le domaine du renseignement», a par ailleurs déclaré Manuel Valls.

Mauritanie: coppération dans le domaine du renseignement

Dans l’après-midi de dimanche, c’est sur les mêmes thématiques que Manuel Valls a échangé avec les autorités mauritaniennes, dont il a, à plusieurs reprises, salué l’engagement dans la lutte contre le terrorisme. Après avoir été reçu par le président Ould Abdel Aziz et le Premier ministre mauritanien, le ministre de l’Intérieur français a signé avec son homologue mauritanien un protocole de partenariat visant à renforcer la coopération en matière de sécurité et de gouvernance.

Un document qu’il a qualifié «d’historique», car, a-t-il expliqué au micro de RFI, « c’est une première à ce niveau-là, au niveau des ministres de l’Intérieur, [que] de développer une coopération intense dans tous les domaines. C’est vrai dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. C’est vrai dans la lutte contre les trafics de stupéfiants. Deux phénomènes dont il n’est pas utile de dire à quel point ils sont déstabilisants pour nos pays et nos sociétés.»

Et dans ces domaines, le ministre français de l’Intérieur a jugé qu’«en matière de renseignement, de formation de la gendarmerie, de la police, d’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication, nous pouvons aller incontestablement plus loin» dans la coopération entre la France et la Mauritanie.

De retour à Paris, Manuel Valls devait rencontrer Jean-Marc Ayrault, ce lundi mati à Matignon.

Source RFI


Antiterrorisme: Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique

Le sommet France-Afrique sur la sécurité, qui se tiendra du 5 au 7 décembre 2013 à Paris, réunira pas moins de 37 chefs d’État et de gouvernement.

Les représentants de 42 pays africains (sur 54), parmi lesquels 37 chefs d’État et de gouvernement, sont attendus à Paris du 5 au 7 décembre pour le sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique. Même le Soudan et le Zimbabwe devraient être de la partie – mais pas au niveau de leurs présidents respectifs, jugés infréquentables.

Plusieurs événements et rencontres à tonalité surtout économique sont prévus au cours de ces trois journées. Ainsi, une réunion des premières dames aura lieu le 6 décembre à l’Élysée autour de Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande, qui a inscrit à l’ordre du jour des débats un thème qui lui tient à coeur : les violences faites aux femmes.

Le sommet proprement dit se tiendra le lendemain, d’abord à l’Élysée, puis sur le site de la rue de la Convention, dans le 15e arrondissement, qui dépend du ministère des Affaires étrangères (tout le monde devra prendre l’autobus pour se rendre de l’un à l’autre). Comme lors des précédentes éditions qui se sont tenues en France depuis 2003 (Paris, Cannes, Nice), la prise en charge des hôtes sera limitée à six personnes par délégation, chef de l’État compris. Pour ceux qui seraient tentés de venir avec leurs copains : prière de prévoir des euros.

Indignation après l’assassinat de deux envoyés spéciaux de RFI au Mali

Les réactions sont nombreuses après l’enlèvement et l’exécution, samedi 2 novembre 2013, de Ghislaine Dupont et Claude Verlon (photo), deux envoyés spéciaux de RFI à Kidal, au nord-ouest du Mali. L’annonce de leur décès a plongé la rédaction de RFI dans une profonde tristesse et suscité une vague d’émotion en France. Le président François Hollande a exprimé son « indignation à l’égard de cet acte odieux ». Le parquet de Paris a, lui, annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour enlèvement et séquestration suivis de meurtres en lien avec une entreprise terroriste.

 

« Nous nous inclinons devant la mémoire de nos deux confrères morts dans l’exercice de leur fonction. Les auteurs de cet acte grave ne doivent pas rester impunis. Les nouvelles autorités maliennes ont la nécessaire obligation de mener une enquête pour arrêter les coupables, mais surtout de renforcer la sécurité au nord du pays pour que les journalistes du Mali et d’ailleurs, puissent continuer à s’y rendre pour faire leur travail dans la sérénité au nom du droit du public à l’information », a déclaré Gabriel Baglo, directeur Afrique de la Fédération internationale des journalistes.

« L’exécution sommaire des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, est un acte innommable et révoltant. Que des journalistes qui ont le courage de couvrir une zone comme la région de Kidal se retrouvent abattus froidement à la sortie d’une interview, ça ne suscite pas seulement l’indignation, mais un profond dégoût », a pour sa part réagi Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

« Nous condamnons avec la dernière énergie ce double assassinat qui montre malheureusement l’Etat de non droit qui règne encore dans le nord du Mali. Cet assassinat est non seulement un acte criminel mais un acte terroriste, destiné à intimider les regards extérieurs », considère Reporters sans frontières.

 

 

L’Union des clubs de la presse de France et francophones (UCP2F) est, quant à elle, « sous le choc ». « C’est un véritable sentiment d’indignation, de consternation et de révolte qui nous anime suite à l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, écrit le président de l’UCP2F, Karl Sivatte. Ce crime est l’expression pure et simple de la barbarie de ceux qui l’ont commis. Cette douloureuse circonstance vient nous rappeler que la mission d’informer et la Liberté de la presse ne sont pas des acquis. »

Détermination du Mali et de la France contre le terrorisme

Le président français François Hollande a exprimé « son indignation à l’égard de cet acte odieux ». S’associant à la douleur des familles, il a adressé « un message de solidarité à toute la rédaction de RFI ». Dans la soirée, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta a appelé son homologue français, François Hollande, pour lui adresser « les condoléances du peuple malien, à la suite de l’assassinat des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon ». Les deux présidents ont affirmé leur détermination à « poursuivre sans relâche la lutte contre les groupes terroristes qui restent présents au nord du Mali. Les meurtres odieux commis aujourd’hui à Kidal ne peuvent que renforcer la détermination des deux Etats à poursuivre et à remporter ce combat commun contre le terrorisme », selon un communiqué de l’Elysée publié dans la soirée.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a exprimé ses condoléances aux familles des victimes et au gouvernement français. Dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche, les 15 membres condamnent l’assassinat de nos deux confrères. Le Conseil de sécurité qui rappelle que « les journalistes, les médias professionnels et les personnes qui y sont associées, engagés sur les théâtres de conflits armés, sont considérés généralement comme des civils et doivent être respectés et protégés en tant que tels. » Selon le communiqué adopté à l’unanimité, les 15 membres appellent le gouvernement malien à « enquêter rapidement » sur cette affaire et « à traduire les criminels devant la justice ». La condamnation est forte : le Conseil de sécurité parle d’ « acte de terrorisme », des actes « criminels et injustifiables ».

Maître Sidiki Kaba, ministre de la Justice sénégalais et ancien président de la FIDH, a également exprimé ses condoléances à RFI. « Je suis triste et choqué et espère que les assassins seront arrêtés et rendront compte devant la justice », a-t-il déclaré.

Edem Kodjo, ancien Premier ministre du Togo et ancien secrétaire général de l’OUA, dit son « indignation » devant « l’assassinat lâche et odieux » des deux envoyés spéciaux de RFI au Mali. Au nom de la Fondation Pax Africana, dont il est président, Edem Kodjo exprime son « soutien à la grande famille des journalistes de RFI qui, au péril de leurs vies, apportent chaque jour, un peu d’humanité dans ces zones déchirées par des conflits fratricides ».

Marc Mapingou, communicant international, ancien directeur de campagne et conseiller du président Pascal Lissouba du Congo Brazzaville, s’est dit lui aussi ému et triste en apprenant la nouvelle :

«J’ai été personnellement touché par la disparition de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon. Lors des élections du Mali, j’ai pu mesurer leur courage, et leur détermination dans la recherche de l’information lorsqu’ils m’ont demandé de favoriser leur premier voyage à Kidal dans l’avion du candidat Dramane Dembelé pour lequel je fus conseiller spécial chargé des opérations stratégiques aux élections présidentielles. Je suis très ému ce soir, et j’exprime ici ma sympathie attristée à tous les journalistes de RFI ainsi qu’aux familles de nos deux amis. Puisse leur courage, et leur passion pour leur métier, servir d’exemple à tous ceux qui caressent le rêve d’un monde où la paix, et l’amour devraient être les valeurs les mieux partagées. Je garde pour Ghislaine et Claude le souvenir de discussions constructives que nous avions eues à Bamako pour une Afrique qu’ils ont tant aimé. Leurs voix continueront à retentir dans nos coeurs ».

Pour sa part, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, a elle fait part de « sa profonde tristesse » devant « cet assassinat odieux », selon l’un de ses porte-parole.

Les réactions ont ainsi été nombreuses, notamment dans la classe politique française. « Les journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon, premiers sur le terrain à rendre compte, à analyser et à témoigner ont été lâchement pris pour cible, alors qu’ils ne faisaient là que leur métier. Je sais que les services de l’Etat français, en lien avec les autorités maliennes, mettront tout en œuvre pour connaître les circonstances de ce drame », écrit dans un communiqué Claude Bartolone, le président (PS) de l’Assemblée nationale.

« Une atteinte à la liberté de la presse »

Exprimant sa « consternation », Aurélie Filipetti, ministre française de la Culture et de la Communication, exprime ses pensées aux familles de nos deux confrères. « C’est une atteinte très lourde à la liberté d’informer. Une liberté précieuse, indispensable dans toute démocratie et ils faisaient leur travail. Et ils le faisaient bien. Ils le faisaient pour défendre la liberté, partout dans le monde. C’est vraiment une immense perte que la perte de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon », a déclaré la ministre au micro de RFI. « Je crois qu’il faut continuer, ne renoncer à rien, surtout. On ne fermera pas la bouche de RFI. On ne fermera pas la bouche de la liberté d’information. Les journalistes continueront, et les journalistes français en particulier, à faire leur travail », a-t-elle jugé. « Ces deux morts tragiques nous ont rappelé à quel point l’indépendance, la liberté de la presse sont des valeurs incontournables, mais, malheureusement, sont souvent prises comme cible par les barbaries et les terrorismes de tous acabits. »

« Ces crimes odieux ajoutent au lourd tribut payé par les journalistes qui – avec un courage et un sens du devoir qui méritent notre plus grand respect – se rendent sur des terrains dangereux pour nous informer », a déclaré pour sa part Martine Aubry, maire (PS) de Lille. « Cet acte barbare appelle plus que jamais les pays d’Afrique de l’Ouest, l’Europe et la France à intensifier leurs efforts afin de parvenir à la paix et au développement dont la condition première demeure l’éradication du terrorisme », estime Razzy Hammadi, député socialiste qui préside le groupe d’amitié France-Mali à l’Assemblée nationale.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, juge quant à lui que « ce crime trahit la barbarie de ceux qui l’ont commis, comme il démontre l’idéologie fanatique et mortifère qui les habite ». Il plaide pour que « la liberté de la presse, si chère a nos deux compatriotes décédés [soit] défendue en tout lieu et en tout temps. »

L’ex-ministre des Affaires étrangères Michel Barnier a fait part de sa tristesse. « Je pense d’ailleurs à d’autres journalistes de RFI, Johanne Sutton, Jean Hélène qui ont disparu dans d’autres circonstances tragiques », a-t-il déclaré. « C’est l’occasion pour moi de saluer le courage de ces journalistes, sachant les risques qu’ils prennent, parce qu’ils le font pour une certaine idée de l’information, une certaine idée de la démocratie. S’agissant de RFI, c’est aussi encore plus particulier avec le lien qu’ils établissent, qu’ils maintiennent avec toute la communauté des journalistes africains. Je souhaite que toutes les équipes de RFI, qui font un formidable travail, ne se découragent pas, qu’ils maintiennent cette voix vivante et forte ».

« En finir avec la culture de l’impunité »

Rama Yade, ancienne secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, évoque sur Twitter une « tragédie brutale et immense » et exprime ses « pensées tristes pour les familles et RFI ».

« Ghislaine et Claude faisaient partie de ces brillants journalistes auxquels on est si attachés pour mener ce combat pour les droits de l’homme », a pour sa part réagi Jean-Marie Fardeau, directeur du bureau France de l’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch. Appelant à une enquête indépendante, il appelle par ailleurs à l’application de la justice : « Il faut absolument trouver ceux qui ont fait ça et en finir avec la culture de l’impunité qui, malheureusement, a trop marqué le Mali depuis des décennies et pour cesser ce cercle vicieux de la violence, des représailles et de l’impunité. Il faut absolument que les assassins de Claude et de Ghislaine soient retrouvés et jugés pour montrer que l’Etat de droit doit enfin exister dans ce pays ».

 

Une boîte mail a été créée pour que les amis, les collègues et les auditeurs de RFI laissent leurs hommages à Ghislaine Dupont et Claude Verlon : rfihommage@gmail.com

Source RFI

14-Juillet: l’armée d’Afrique à l’honneur

Les troupes africaines et le corps expéditionnaire français engagés au Mali ont été à l’honneur pour le traditionnel défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées à Paris. Une dizaine de contingents venus d’Afrique étaient représentés aux côtés des Français, mais aussi d’Allemands, de Croates, de Belges ou encore de Danois.

C’est un défilé low-cost pour cause de crise. Parmi les restrictions opérées cette année, il y a celles qui concernent les chars. La plupart ont été priés de rester au garage. Cette décision représente un effort important puisque cela concerne 4 800 hommes, 58 avions, 35 hélicoptères, 260 voitures et autant de chevaux.

Après une revue des troupes, debout dans un véhicule militaire et précédé de la Garde républicaine à cheval, François Hollande a pris place dans la tribune présidentielle, place de la Concorde. A ses côtés : treize ministres de la Défense de pays africains présents au Mali, ainsi que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, le président malien de « transition » Dioncounda Traoré et le président croate Ivo Josipovic dont le pays vient juste de rejoindre l’Union européenne.

Pour le président malien cette date est symbolique pour son pays : « Le 14-Juillet a été aussi pendant un bon moment notre fête nationale », a-t-il déclaré. « Je ne pensais qu’un jour je serais là en train de fêter ce 14-Juillet avec le président de la République française. Au-delà de ça, le fait que nous soyons là aujourd’hui montre véritablement que nous sommes en train d’écrire de nouvelles pages des relations entre la France et le Mali, entre la France et l’Afrique. » a-t-il poursuivi.

  • Une première pour le service civique

Quelques minutes avant que les colonnes commencent à descendre les Champs-Elysées, une centaine de jeunes âgés de 17 à 25 ans effectuant leur service civique ont porté et présenté un drapeau bleu à l’effigie de Marianne. C’était la première fois depuis la création de ce service en 2010 qu’il était invité à participer au grand défilé républicain.

  • L’A4OOM en vedette

A 10H36 précise, la patrouille de France a tracé dans le ciel parisien le drapeau bleu-blanc-rouge, survolant la tribune officielle. Les moyens aériens se sont succédé avant que ne commence le défilé au sol. En vedette, l’A400M Atlas, un avion de transport militaire polyvalent fabriqué par Airbus Industries dont c’était la première apparition à un défilé.

Il s’agissait d’une présentation en avant-première puisqu’il faudra attendre septembre 2014 avant que le premier escadron d’A400M soit réellement opérationnel sur la base d’Orléans au sud de Paris. Développé par la France, la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Luxembourg, l’Espagne et la Turquie pour un coût de plus de 20 milliards d’euros, le programme A400M a subi un retard de quatre ans et un dépassement de coût de plusieurs milliards d’euros. (Ci-joint la Chronique aviation consacrée au sujet).

  •  Les Africains en tête

Ce sont donc les Africains qui ont ouvert le défilé avec un détachement de cinquante soldats de l’armée malienne puis des représentants des treize pays composant la Misma, la Mission internationale de soutien au Mali. Ils ont été suivis d’un détachement de la Minusma, soit une cinquantaine de casques bleus de l’ONU également chargés d’assurer la sécurité au Mali, activée le 1er juillet.

Fil conducteur du défilé, chacun des six régiments français participant à l’opération Serval au Mali ont évidemment pris part à la fête, sur le pavé et dans les airs.

  • Un bataillon franco-allemand pour les 50 ans du traité de l’Elysée

Dans la continuité d’une coopération déjà affichée par le passé, une brigade mixée franco-allemande a pris part au défilé. Il s’agissait cette fois de commémorer le 50e anniversaire du traité de l’Elysée, traité de coopération bilatéral signé le 22 janvier 1963 par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle. Créée en 1989, la BFA (Brigade franco-allemande) est composée de 4800 hommes et femmes.

  • La Croatie célèbre son entrée dans l’UE

Deux semaines après son entrée officielle au sein de l’Union européenne le 1er juillet, la Croatie a été mise à l’honneur. Pour sa deuxième venue en France depuis son élection, le président croate Ivo Josipovic faisait partie des invités installés dans la tribune. L’honneur était partagé par le détachement croate qui a défilé aux côtés des militaires français. « Un geste symbolique, mais un geste qui confirme l’excellente relation entre la Croatie et la France », a déclaré Ivo Josipovic.

  • La tradition respectée

Le défilé s’est ensuite déroulé de façon plus traditionnelle avec, en ouverture, les élèves de l’Ecole polytechnique, qui dépend du ministère de la Défense mais qui est, pour la première fois, dirigée par un civil,  Jacques Biot.

Derrière les élèves de l’X se sont succédé tous les différents corps d’armée, de l’École navale à celle des officiers de l’armée de l’air, en passant pas les escadrons de gendarmerie mobile, les régiments d’artillerie, les parachutistes, les commandos et les forces spéciales, la protection anti-aérienne et les personnels de la flotte sous-marine, les troupes montées et motorisées ainsi que les sapeurs-pompiers puis la Légion étrangère, laquelle a défilé, comme à son habitude, au pas lent.

La célébration s’est terminée par le défilé aérien de clôture marquée par l’intervention des commandos des forces spéciales qui se sont livrés à un exercice d’intervention sur l’esplanade des Invalides, une manœuvre périlleuse exécutée à la perfection.


Aqmi confirme la mort d’Abou Zeïd

  • Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) a confirmé pour la première fois qu’un de ses chefs, l’Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, a été tué lors de combats dans le nord du Mali, sans préciser de date, dans un communiqué diffusé  par l’agence privée mauritanienne en ligne ANI.

 

Selon ce texte, Abou Zeïd et un autre chef d’unité combattante, le Mauritanien Mohamed Lemine Ould El-Hassen dit Abdallah Ac-Chinguitty, sont « morts sur le champ de bataille en défendant la Oumma (communauté musulmane) et la charia islamiques (loi islamique) » dans le nord du Mali.

 

Aucune date n’a été précisée mais selon le Tchad et la France, dont des militaires combattent des jihadistes dans le nord du Mali depuis janvier, Abou Zeïd a été tué fin février dans l’Adrar des Ifoghas (extrême nord-est malien).


Barack Obama invite le roi du Maroc

  • Le président des Etats-Unis Barack Obama s’est entretenu au téléphone avec le roi du Maroc Mohammed VI et l’a invité à Washington, a annoncé la Maison Blanche.

 

Obama et le souverain alaouite ont « parlé de l’importance d’approfondir nos relations bilatérales, particulièrement des dossiers de sécurité d’intérêt mutuel », a ajouté l’exécutif américain, sans plus de précisions.

 

Obama a « invité le Roi (…) à Washington et a dit être impatient de poursuivre leur conversation en personne », a conclu la Maison Blanche. La date d’une éventuelle visite du Roi n’a pas été précisée.

 

Le président américain a multiplié ces dernières semaines les contacts avec des dirigeants de pays du Moyen-Orient alliés des Etats-Unis, recevant dans le Bureau ovale entre autres l’émir du Qatar, le roi de Jordanie et le prince héritier d’Abou Dhabi, pour évoquer en particulier le dossier du conflit syrien.


Aqmi appelle à la guerre sainte contre la France

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a de nouveau menacé la France, le mardi 7 mai, dans un message vidéo diffusé sur Internet. Le chef du conseil des notables de l’organisation, Abou Obeida Youssef al-Annabi, a appelé «les musulmans dans le monde entier à attaquer les intérêts français partout», en riposte de l’intervention militaire française au Mali. Le président François Hollande a estimé que ces menaces étaient «prises au sérieux» par la France.

« La question de la menace qui est rappelée par Aqmi, nous la prenons au sérieux », a déclaré François Hollande. Le président français a par ailleurs souligné que, malgré les pertes « considérables » infligées à cette organisation au nord du Mali, « la menace terroriste n’a pas disparu ».

« Je rappelle, sans avoir d’ailleurs de lien à établir, qu’il y a eu un attentat contre nos intérêts à Tripoli, donc la menace terroriste n’a pas disparu », a affirmé le président de la République française, avant d’ajouter : « C’est pourquoi nous voulons qu’elle puisse être conjurée par l’ensemble des Européens ».

Soit en France, soit à l’étranger, Paris appelle au maintien de la vigilance, en vigueur depuis déjà plusieurs mois. Dès le début de l’opération « Serval », au Mali, le 11 janvier, le plan « vigipirate » contre les risques terroristes a été adapté. Il est aujourd’hui au niveau « rouge renforcé », dernier stade, avant le niveau « écarlate ». Des dispositions supplémentaires sont également mises en place, depuis janvier, dans les représentations françaises à l’étranger.

« Il s’agit d’une fatwa »

Le leader d’Aqmi en personne, l’Algérien Abdel Malek Droukdel, avait déjà menacé la France et son président, François Hollande. De son côté, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) avait également promis de « frapper le cœur de la France, au nom d’Allah ».

Par conséquent, les menaces de représailles après l’intervention militaire française au Mali ne sont pas nouvelles. Cependant, ce qui semble changer, c’est que ce nouveau message d’une vingtaine de minutes a, avant tout, une dimension interne.

Le chef du Conseil des notables de l’organisation – l’organe directeur du réseau – fait du Mali une nouvelle terre de jihad, comme l’Irak, l’Afghanistan ou plus récemment la Syrie. Tous les musulmans sont appelés à participer à cette guerre ouverte et cela pourrait favoriser des initiatives individuelles.

C’est une analyse partagée par Mathieu Guidère, spécialiste d’al-Qaïda et auteur, entre autres ouvrages, de Al-Qaïda à la conquête du Maghreb, joint par RFI.

Il estime en effet, qu’au-delà de la menace, ce message est « différent » des autres messages lancés ces derniers mois par les groupes dijhadistes. Il le considère comme étant d’autant plus important qu’il s’agit d’un message « interne » à la mouvance jihadiste car il a été émis par le chef du Conseil des commandants d’Aqmi et qu’il indique, de ce fait, « la ligne doctrinale ainsi que la ligne opérationnelle d’Aqmi » comme étant un point commun à l’ensemble des commandants de l’organisation, mais aussi des commandants jihadistes.

« Il s’agit d’une fatwa déclarant le nord du Mali comme terre du jihad incluant un avis juridique qui ouvre, en réalité, le combat et un aflux de jihadistes qui n’ont pas forcément quelque chose à voir avec l’organisation, mais qui se fait sous le chapitre de la solidarité musulmane, ou sous le chapitre de porter secours aux frères musulmans persécutés par une présence étrangère », a encore expliqué Mathieu Guidère.

Le numéro un de l’organe directeur de l’organisation terroriste

Abou Obeida Youssef al-Annabi est originaire de la région d’Annaba, en Algérie, comme d’ailleurs son nom – Annabi – l’indique. C’est un personnage qui a gravi depuis plusieurs années les différents échelons d’Aqmi. Il a été élu, il y a plus d’un an et demi, chef du Conseil des commandants de l’organisation que l’on traduit par notables.

Le Conseil est véritablement l’organe directeur d’Aqmi et c’est d’ailleurs ce Conseil qui élit le chef d’Aqmi. Abdel Malek Droukdel a été élu à sa tête en 2006 et a été reconduit année après année. Auparavant, il était chef de ce même Conseil. L’actuel chef du Conseil, Abou Obeida Youssef al-Annabi, deviendrait, par conséquent, le prochain chef d’Aqmi si Abdel Malek Droukdel venait à mourir.