Terrorisme: Amnesty International pointe la France pour des arrestations abusives

L’ONG Amnesty International a interpellé les autorités françaises après avoir dénombré 69 arrestations pour « apologie du terrorisme ». « Le risque est grand que ces arrestations violent la liberté d’expression », estime l’ONG dans un communiqué.

« La liberté d’expression ne doit pas être réservée à certains. L’heure n’est pas à l’ouverture de procédures inspirées par des réactions à chaud, mais bien plutôt à la mise en place de mesures réfléchies qui protègent des vies et respectent les droits de tous », a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale de l’ONG.

John Dalhuisen considère que la définition de « l’apologie du terrorisme » reste vague, ce qui ouvre la porte à des abus, et évoque un « test décisif » pour les autorités françaises, « dans leur volonté de faire respecter les mêmes droits pour tous ».

Silence à propos de Dieudonné

Amnesty International relève que la « provocation » ou « l’apologie d’un acte terroriste » sont des infractions réprimées par le Code pénal, depuis novembre 2014, ce qui « permet aux autorités d’accélérer les procédures ». En France, le délit d’apologie du terrorisme peut être puni d’une peine allant jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende, voire de sept ans et 100 000 euros, si les faits ont été commis en ligne. Après les attentats, la plus lourde peine concerne ainsi un homme de 34 ans, condamné à quatre ans de prison ferme à Valenciennes (Nord). Il avait fait l’apologie des frères Kouachi lors de son arrestation, en état d’ivresse, après un accident de voiture. On se rappelle aussi cette jeune fille de 14 ans mise en examen pour avoir mimé un tir sur des contrôleurs de tram. Mais rien à propos de Dieudonné, l’humoriste le plus écouté mais aussi le plus contesté de France.

La ministre de la Justice Christiane Taubira a émis une circulaire, le 12 janvier, où elle rappelle aux procureurs que « les propos ou agissements répréhensibles (…) doivent être combattus et poursuivis avec la plus grande rigueur ». Mais selon l’ONG, les cas récemment signalés en France ne remplissent pas toujours les conditions nécessaires à des poursuites judiciaires, « même si les paroles prononcées sont révoltantes ».

Pascal Nakache, président de la Ligue des droits de l’homme, s’interroge lui aussi sur l’utilité de ces condamnations, craignant que la prison radicalise les personnes condamnées.

 

Quand la LDH censure… à la hache!

Incroyable! A l’occasion d’une conférence de presse donnée le vendredi 2 juillet au siège parisien de la Ligue des Droits de l’Homme sur « L’impasse de la démocratie en Tunisie » par les habituelles organisations droitsdelhommistes telles le CRLDHT, l’ACAT, Human Rights Watch, RSF, et autres, plusieurs journalistes invités ont été refoulés avec interdiction d’assister à la conférence de presse. Et pourtant le sujet ne manquait pas d’intérêt puisqu’il s’agissait d’étudier un article de loi en préparation qui « sanctionnerait tout Tunisien qui entretiendrait, sciemment, des relations avec des parties étrangères en vue de les inciter à porter atteinte aux intérêts vitaux de la Tunisie ». C’est en un mot la répression du sabotage économique, en vigueur pourtant dans certains pays occidentaux.

Mais ce qui est le plus incroyable dans cette affaire c’est que le censeur en chef, notamment de Majed Nehmé, directeur du mensuel Afrique-Asie, est le « Pape » de la liberté de la presse en personne, Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme! En réponse à une question sur ce comportement discriminatoire, car en plus tous les journalistes refoulés étaient de type auvergnat comme dirait M. Hortefeux, un collaborateur de M. Tubiana s’est exclamé : « Tous ces journalistes tunisiens passent leurs temps à nous insulter. Ils n’ont rien à faire ici! ». Drôle de conception de la liberté d’expression. Comme quoi le grand H de Droits de l’Homme peut cacher la petite hache de la censure. C’est ce qui a dû faire fuir les représentants de la « grande presse », absents pour la plupart, las de ces comportements sectaires à répétition. A la sortie, une journaliste du Net s’est exclamée, outrée de voir ses confrères bloqués :  » L’impasse de la démocratie c’est ici! ».

HW