14 entreprises libanaises et tunisiennes s’engagent dans le 1er label méditerranéen EDILE pour l’investissement inclusif

Le 4 novembre 2015, ANIMA Investment Network et l’OCEMO ont organisé la première édition des trophées EDILE, qui a récompensé les entreprises euro-méditerranéennes ayant le plus contribué au développement de leurs villes et territoires. Cet événement était également l’occasion d’annoncer le lancement officiel du label EDILE, premier label destiné à évaluer les retombées locales des entreprises à l’échelle méditerranéenne.

 

La soirée animée par Paul Molga, journaliste des Echos, a été rythmée par ces deux temps forts.

 

En ouverture, Bernard Morel, Vice-Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a souligné l’importance du développement inclusif sur les deux rives de la Méditerranée. De son côté  Khalil Laabidi, Président d’ANIMA Investment Network et Vice-Président de l’OCEMO, a manifesté son soutien au label EDILE et encouragé les partenaires et acteurs à s’investir davantage. « La question n’est pas de savoir si les investissements contribuent au développement économique local, mais comment ils peuvent y contribuer davantage » a rappelé Emmanuel Noutary, Délégué Général d’ANIMA.

 

Ce nouveau label vise à promouvoir une nouvelle dynamique dans les territoires euro-méditerranéens avec la remise des premières chartes d’engagement aux 14 entreprises présentes. Une charte qui vise à encourager via le label les projets d’investissement ayant un impact positif sur leur territoire d’implantation en matière économique (bonnes pratiques et contribution à l’économie locale), sociale (respect et valorisation des salariés), environnementale, (prise en compte du facteur écologique) et communautaire (création de valeur au niveau local).

 

Cet événement a également été l’occasion de valoriser les efforts des entreprises les plus impliquées dans l’initiative avec la 1ère édition des trophées de l’investissement inclusif. Six entrepreneurs, trois tunisiens et trois libanais, se sont vus remettre un trophée par des représentants de la CDC, la BEI, l’UpM, l’AFD et l’OCEMO.

 

Henry Marty-Gauquié, Représentant de la Banque Européenne d’Investissement en France a décerné le trophée de l’impact économique à la société tunisienne Biome Solar Energie représentée par Ahmed Ernez. Cette entreprise spécialisée dans le domaine de l’énergie renouvelable est devenue leader sur le marché local en proposant des solutions de chauffe-eau solaires. Pour sa gamme de produit, BSI a remporté la certification du SMQ ISO 9001, le certificat « solar keymark » (SKM) et est actuellement en cours de mise en place d’autres normes ISO afin d’adhérer au Pacte Mondial des Nations Unies.

 

Elisabeth Viola, Directrice régionale à la direction régionale PACA de la Caisse des Dépôts et Consignations  a remis le trophée de l’impact social à la Centrale Laitière de Sidi Bouzid de Tunisie. Ce projet d’investissement concerne une unité de production du lait et de produits dérivés, qui se distingue par le recrutement et la formation de jeunes inexpérimentés de cette région symbolique des enjeux sociaux en Tunisie.

 

Dominique Rojat, Chef de projets à la division environnement et équipement de l’Agence Française de Développement  a été choisi pour remettre le trophée de l’impact environnemental à Bassam Baassiri de la société Green Eco Tech. Située au Liban, l’usine propose le traitement des déchets terrestres par pyrolyse, une solution qui permet d’éviter l’incinération et l’enfouissement. De plus, l’entreprise offre des sources d’énergies alternatives et durables permettant d’approvisionner les besoins de la communauté.

 

Wilco PM représenté par William Boutros s’est vu décerné le trophée de l’impact communauté par Guy Fleuret, Directeur Infrastructures et Développement Urbain à l’Union pour la Méditerranée. Cet abattoir de volailles a investi plus de 20 millions de dollars dans la construction d’un nouvel abattoir avec des installations plus respectueuses des retombées locales et environnementales. De plus, en coordination avec la municipalité locale, la société a créé des infrastructures de traitement des eaux, d’électricité et de relais téléphoniques bénéfiques pour la communauté.

 

Le dernier prix d’excellence récompensant une entreprise publique et décerné par Philippe de Fontaine Vive, Co-Président de l’OCEMO, a été remis à deux projets.

Le projet tunisien Veder (Valorisation Energétique des Résidus) représenté par Lamia Sayahi, du Centre International des Technologies de l’Environnement de Tunis (CITET). L’usine fournit une production décentralisée d’électricité à partir de ressources renouvelables, avec un objectif d’exemplarité et de duplication dans d’autres exploitations agricoles publiques.

La Réserve naturelle du Shouf au Liban, représentée par Charles Noujaim, a été choisie pour son développement d’un écotourisme de qualité. Chaque année, un budget d’un million de dollars est consacré à soutenir le développement d’activités socioéconomiques dans cette réserve naturelle classée par l’UNESCO (écotourisme, artisanat local, développement des énergies renouvelables, etc.).

 

L’initiative EDILE entame désormais une étape essentielle pour l’établissement et la consolidation de son label au niveau national au Liban en Tunisie. Des consultations sont en cours avec diverses institutions bancaires, administrations publiques, organisations de développement économique, afin de constituer la « communauté EDILE » dans chaque pays. La mobilisation de bailleurs internationaux, notamment Agence Française de Développement, Banque Européenne d’Investissement, Caisse des Dépôts et Consignations et Union pour la Méditerranée, devraient permettre à EDILE de s’étendre en 2016 à 4 nouveaux pays : Algérie, Egypte, Maroc et Palestine.

Communiqué


Pour de nouvelles politiques en faveur de l’investissement des Diaspora en Méditerranée

A la suite de la réunion de haut niveau de Marseille en juin 2014 avec l’appui du projet MedGénération, du Conseil Régional PACA et en partenariat avec l’Assemblée Parlementaire de Méditerranée, ANIMA et ACIM relaient les six recommandations formulées lors de la réunion pour mieux valoriser les talents expatriés et les impliquer dans le développement économique des pays de la Méditerranée.

Synthèse publique


Les technologies propres représentent un marché prometteur en règion MENA

La Banque mondiale estime à 154 milliards d’euros le marché des technologies propres dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient, dans un rapport sur le développement des technologies vertes.

Des projets d’attentats déjoués à Lille, Paris et Nice, selon la DGSI

Plusieurs projets d’attentats ont été déjouées en France ces derniers mois, révèle une note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) citée par RTL, lundi 3 novembre.

Invité sur cette même radio, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a confirmé la teneur de ce document, affirmant que « tous les jours, les services de la sécurité intérieure démantèlent des réseaux et déjouent des actes qui pourraient être dramatiques ».

Lille. Il y a tout juste un an, un homme, Lyes Darani, était arrêté à Lille muni d’un mode d’emploi expliquant comment confectionner une bombe et d’une lettre en forme de caution religieuse pour commettre une action suicide, rapporte la radio. « Il venait de rentrer de Syrie, via le Liban, où il avait préparé une action contre des intérêts chiites. Il se renseignait sur des cibles en France en vue d’une action kamikaze », ajoute-t-elle.

Nice. Le projet le plus abouti, selon la note de la DGSI, était celui d’un homme arrêté en février sur la Côte d’Azur, en possession de TATP (pour triacetone triperoxide – « triperoxyde de tricycloacétone »), un explosif rudimentaire qui peut être fabriqué à domicile, déjà utilisé par le passé dans des attentats, comme à Marrakech en 2011.

Lors de la perquisition, les policiers en avaient découvert 900 grammes, répartis dans trois canettes de boissons énergisantes, dont l’une était entourée de vis et de clous fixés avec du scotch. Tout juste revenu de Syrie, où le gouvernement français soutient les rebelles, le jeune homme envisageait une action aussi spectaculaire que celle menée par Tamerlan Tsarnaïev au marathon de Boston le 15 avril 2013, pendant le carnaval de Nice.

Ile-de-France. Le Parisien rapporte lui aussi des informations sur un attentat déjoué. Après avoir séjourné en Syrie dans les rangs de l’Etat islamique, un jeune Français de Créteil a été arrêté alors qu’il projetait de frapper en Ile-de-France. Il s’informait sur des cibles en France en vue d’une action kamikaze. Selon le journal, l’homme « nie toutes les accusations en garde à vue, avant d’être mis en examen et écroué le 5 juillet ».

La publication de ces informations intervient alors que le projet de loi sur le renforcement de la lutte contre le terrorisme sera soumis à un ultime vote au Sénat mardi. Qualifié de « dangereux » par ses détracteurs, le texte adopté par les députés à la quasi unanimité la semaine dernière est censé juguler la menace que représente la présence de djihadistes européens en Syrie et en Irak.


World Investment Report : l’investissement étranger repart à la hausse en 2013, +12% pour les pays MED

La CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) a publié son Rapport sur l’investissement dans le monde 2014 (World Investment Report – WIR 2014) fin juin 2014.

Après une année 2012 difficile, les investissements directs étrangers (IDE) rebondissent en 2013: les flux d’IDE ont enregistré une hausse de 9% par rapport à 2012, s’établissant à 1,45 trillions de dollars. La CNUCED estime que cette tendance haussière se poursuivra, et prédit 1,6 trillions de dollars en 2014, 1,7 trillions de dollars en 2015 et 1,8 trillions de dollars en 2017.

Les pays en développement sont aux avant-postes en 2013. En effet, ils ont absorbé 54% du flux mondial d’IDE, soit 778 milliards de dollars, reléguant ainsi les pays développés au second plan avec 39% de flux d’IDE (566 milliards de dollars).

La CNUCED salue une bonne nouvelle pour les pays les moins avancés (PMA) : les industries extractives intéressent moins les investisseurs et ne représentent plus que 11% des flux investis en 2013, tandis qu’une part croissante des IDE dans les PMA porte désormais sur le secteur manufacturier et en particulier sur les biens de consommation.

Par ailleurs, le rapport souligne qu’en 2013, 59 pays ont adopté 87 mesures politiques en faveur de l’investissement étranger (facilitation ou de libéralisation des investissements).

Une hausse globale des flux d’IDE en Méditerranée

Les flux d’IDE ont globalement augmenté en Méditerranée en 2013 dans les onze pays méditerranéens, avec un total de 40,3 milliards de dollars (Md $) contre 38,3 Md $ en 2012. Cette hausse (+12%) s’explique essentiellement par le retour des investisseurs en Egypte.

Afrique du Nord

Les flux d’IDE, qui ont augmenté de 4% en Afrique, progressent de 27% pour les pays MED nord africains. L’Egypte se positionne en leader avec 5,6 Md $ en 2013, renouant avec un niveau d’investissement proche de celui d’avant révolution (6,4 Md $ en 2010), suivie par le Maroc (3,36 Md $), un chiffre record, en hausse de 18% par rapport à 2012. L’Algérie attire 1,6 Md $, un score en hausse par rapport à 2012 (+14%) mais toujours nettement inférieur à ceux enregistrés de 2008 à 2011. La Tunisie peine en revanche à restaurer la confiance des investisseurs et n’enregistre que 1,09 Md $: un peu moins qu’en 2011, accusant une baisse de 43% par rapport à 2012. Bonne nouvelle, la Libye attire 702 millions de dollars, après deux années d’absence des investisseurs étrangers.

Moyen-Orient

Côté Moyen-Orient, la tendance est mitigée. Israël, la Turquie et la Jordanie enregistrent des hausses des IDE par rapport à 2012, avec des totaux respectifs de 11,8 milliards de dollars, 12,8 milliards de dollars et 1,7 milliards de dollars, en 2013. En revanche, le Liban et la Palestine connaissent une baisse du flux d’IDE (2,8 milliards et 170 millions de dollars respectivement). La situation en Syrie paralyse l’économie et prive à nouveau le pays d’investissements étrangers en 2013.

Evolution des flux d’IDE par pays MED depuis 2008 (en millions d’USD). Source: WIR 2014

 

Flux d’IDE 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Algérie 2 593 2 746 2 264 2 571 1 484 1 691
Egypte 9 495 6 712 6 386 -483 2 798 5 553
Israël 10 875 4 607 5 510 11 081 10 414 11 804
Jordanie 2 826 2 413 1 651 1 474 1 403 1 798
Liban 4 333 4 804 4 280 3 485 3 787 2 833
Libye 3 180 3 310 1 909 0 0 702
Maroc 2 487 1 952 1 574 2 568 2 836 3 358
Palestine 52 301 180 214 244 177
Syrie 1 467 2 570 1 469 0 0 0
Tunisie 2 759 1 688 1 513 1 148 1 918 1 096
Turquie 19 760 8 663 9 036 16 047 12 419 12 866

 

Un plan d’action pour atteindre les “objectifs de développement durable”

Exposée à de nouveaux défis économiques, sociaux et environnementaux, la communauté internationale, sous l’égide des Nations Unies, cherche à définir un ensemble d’objectifs de développement durable (ODD) pour la période 2015-2030. Succédant aux “objectifs du millénaire”, les ODD visent la réduction de la pauvreté, l’amélioration de la sécurité alimentaire, la santé et l’éducation, l’adaptation au changement climatique, et une série d’autres objectifs dans les domaines économique, sociaux et environnementaux.

La CNUCED propose dans son rapport un cadre stratégique destiné à stimuler les investissements privés contribuant aux objectifs de développement durable, afin de répondre aux défis suivants :

– orienter et galvaniser l’action pour l’investissement privé

– mobiliser des fonds d’investissements pour répondre aux besoins des pays en développement

– canaliser les investissements vers les objectifs de développement durable (Infrastructures de base, sécurité alimentaire, l’adaptation au changement climatique, santé et éducation, etc.)

– amplifier l’impact de l’investissement privé tout en réduisant les risques potentiels

Cliquez ici pour télécharger le rapport complet (en anglais) et lire les communiqués de presse en français.


EDILE: Third meeting of the Strategic Council and Validation Seminar

Date : 10-11 July 2014 – Villa Valmer – Marseille, France

 For a better evaluation of investment projects in the Mediterranean

The EDILE initiative has been launched in 2011 by ANIMA Investment Network and supported since the beginning by the OCEMO. It aims at optimising positive effects of investment projects and promoting a sustainable and inclusive economic development in the Mediterranean. EDILE is funded by the European Neighbourhood Policy Instrument  and its goal is to provide economic development actors with a practical tool to better evaluate projects before their implementation, in order to generate more positive local effects, especially in terms of employment, subcontracting and environmental preservation.

 

The EDILE international partners, associates and stakeholders will gather in Marseille on 10 and 11 July 2014 in order to assess and discuss the first version of the investment project evaluation guide – a tool conceived to be shared by all users in Europe and the Mediterranean.

This meeting will be followed by the selection and evaluation of 15 pilot projects in Lebanon, Palestine and Tunisia in order to test the guide and complete it before publishing a final version in 2015.

 

 Communiqué

EDILE: optimiser les retombées positives des investissements dans les pays du sud de la Méditerranée

ANIMA a le plaisir d’annoncer le lancement du projet EDILE, qui vise à favoriser le développement inclusif des économies locales grâce à une meilleure évaluation des projets d’investissement.

Le projet a pour ambition de proposer des outils d’évaluation et d’accompagner les organisations chargées de la régulation et de la mise en œuvre des projets d’investissement afin que ceux-ci génèrent un maximum de retombées locales positives, notamment en matière d’emploi, de sous-traitance et de respect de l’environnement.

Une quarantaine d’actions sont prévues entre 2014 et 2015 au Liban (avec l’implication de la CCIA-BML), en Palestine (avec le soutien de PIEFZA) et en Tunisie (en coordination avec l’API).

Le projet EDILE est mis en œuvre par ANIMA et 7 partenaires euro-méditerranéens dans le cadre du programme IEVP CT MED de l’Union européenne.

 

Télécharger la présentation du projet

“Mes dernières paroles sur Sharon”

—   —   —   par Miko Peled (revue de presse : mikopeled.com – 9/1/14)* /

 

Article paru peu avant le décès d’Ariel Sharon. Miko Peled est écrivain israélien et militant pour la paix, il habite San Diego. Son livre, Le fils du Général, parle de son père, du défunt général et militant pour la paix, Matti Peled, et de son implication dans le processus de paix israélo-palestinien.

 

Ariel Sharon agonise. Alors qu’il est à quelques jours ou à quelques minutes de son dernier souffle, nous sommes tous tenus de ne pas oublier ses victimes, ses innombrables morts, blessés et déplacés tout en rappelant au monde entier que cet homme n’était pas un héros ; c’était un criminel.

 

J’ai toujours jugé aberrant que les gens puissent se réjouir de la mort de quelqu’un. Je me trouvais au Royaume-Unis lorsque la nouvelle de la mort de Margaret Thatcher fut annoncée et j’ai été témoin des célébrations qui s’en sont suivies. Les expressions de joie et les fêtes qui se sont répandues à travers tout le pays pour célébrer la mort de la Dame de Fer m’ont au début choquées. Lors de mes visites dans différentes parties du pays, notamment au Pays de Galles et en Irlande, j’ai pensé que de pareilles explosions de joie pourraient avoir lieu à l’annonce de la mort d’Ariel Sharon.

 

Plongé dans un coma depuis janvier 2006 à cause de plusieurs hémorragies cérébrales, Ariel Sharon se trouve depuis 8 ans dans un état végétatif. Aux dernières nouvelles, ses reins ont cessé de fonctionner alors qu’Israël retient son souffle quant à une mort imminente de l’ancien premier ministre.

 

On peut donc s’attendre à d’interminables éloges à son encontre une fois enterré, du style : « un héros», « un grand leader», « un génie militaire » Nous entendrons tout cela et même plus. La presse racontera et relatera chacun de ses exploits militaires, chacune de ses batailles remportées, tant sur le plan militaire que politique. Sa détermination en sa qualité de leader israélien sera saluée et on nous dira qu’on se souviendra de lui comme quelqu’un qui a tout donné pour son pays.

 

Dans mon livre Le fils du Général, voyage d’un Israélien en Palestine, j’ai mentionné le nom de Sharon à plusieurs reprises. Je l’ai évoqué en sa qualité d’homme militaire cruel, brillant et téméraire, puis en tant que Ministre de la Défense et enfin Premier Ministre. Toutefois, j’estime important et urgent de faire une mise au point et de rétablir les faits au sujet de cet homme avant que ne commencent les torrents écœurants des condoléances, débordants d’hypocrisies et de mensonges qui suivront sa mort.

 

Ariel Sharon était un homme ambitieux. Il était brutal, avide, intransigeant et malhonnête. Il avait une soif insatiable de pouvoir, de gloire et de fortune. Au début de sa carrière, en 1950, lorsqu’il commanda l’Unité 101 de l’armée israélienne, il était vite repéré et désigné comme une personne insensible, un tueur sans pitié.

 

Pour rappel, l’Unité 101 était une brigade commando infâme munie d’une autorisation spéciale pour tuer et terroriser les Palestiniens. L’Unité opérait principalement dans la Bande de Gaza, mais également dans d’autres parties du pays et même au-delà. Plusieurs innocents sont morts à cause des pratiques les plus brutales de cette Unité que même selon les normes et standards israéliens, on avait jugé que l’Unité est allée trop loin dans sa barbarie et a fini par être dissoute.

 

Sharon a continué sa montée des marches au sein du commandement de l’armée israélienne, se faisant ainsi un nom et une réputation comme commandant prometteur. D’ailleurs, tout le monde s’attendait à ce qu’il devienne un jour un haut commandant de l’armée israélienne ou chef d’Etat-Major. Mais il n’a jamais été question d’un poste supérieur dans l’armée ; il a fait mieux. Sharon s’est lancé dans la politique et fut nommé au poste de Ministre de la Défense dans le gouvernement de Menahem Begin. Agissant en cette qualité, il a conduit en 1982 l’invasion israélienne catastrophique et désastreuse du Liban.

 

 

D’innombrables morts, blessés et déplacés Palestiniens et Libanais sont à déplorer suite à cette invasion. Sharon était également l’auteur des massacres survenus au mois de septembre de la même année au camp de réfugiés de Sabra et Chatila, à Beyrouth, et là encore, même selon les normes et standards israéliens, Sharon avait dépassé les limites et avait été démis de ses fonctions.

 

Bien que Sharon ait été réprimandé pour son rôle dans le massacre de Sabra et Chatila et par voie de conséquence écarté du poste de Ministre de la Défense, sa carrière politique a, cependant, continué son avancée et sa sphère d’influence a poursuivi sa croissance. En sa qualité de Ministre du Logement et du Développement, il a contribué plus qu’aucun autre à la mise en œuvre de politiques racistes et anti-palestiniennes et aux affaires de corruption au sein de son Ministère. D’aucuns confirment que durant son mandat, le budget de son ministère ne connaissait pas de limites, dépassant le budget total de la défense israélienne. Il a fait pleinement usage de son pouvoir et de son influence afin de parachever la colonisation et le déplacement des Palestinien de ce qu’on appelait la Cisjordanie.

 

Malgré tout ce qu’il a été dit sur lui, l’appellation « homme de paix » est certainement la chose la plus absurde et la plus ridicule jamais dite sur Sharon. On a également dit qu’il a « quitté » Gaza et qu’il l’a « restituée » aux Palestiniens, qu’il a agi en quête de la paix mais qu’en retour, il n’a obtenu que des missiles tirés sur Israël, à partir de Gaza. Mais en réalité, le désengagement de Gaza n’est qu’une mesure unilatérale cynique. Il a permis à Sharon de bien écarter les colons de Gaza de son chemin pour enfermer la Bande telle une prison et marquer des points auprès de l’administration américaine. Ce fut une action cruelle qui lui a permis d’étouffer davantage la population de Gaza dont il était déterminé de détruire dès le début de sa carrière violente. Mais les Palestiniens connus pour être fiers n’ont jamais cédé, ni ont-ils voulu se rendre. Ils sont ce rappel constant du sang des leurs qui entache les mains de Sharon.

 

Le nom de ce dernier est lié à une liste de crimes qui n’en finit pas. Alors qu’il est à quelques jours ou à quelques minutes de son dernier souffle, nous sommes tous tenus de ne pas oublier ses victimes, ses innombrables morts, blessés et déplacés tout en rappelant au monde entier que cet homme n’était pas un héros ; c’était un criminel.

 

Au moment où j’écris ces quelques passages, Ariel Sharon est encore en vie, si on peut l’appeler ainsi, et vu sous tous les angles, l’état dans lequel il se trouve aujourd’hui serait bien l’enfer qu’il a amplement mérité.

 

*www.info-palestine.net/spip.php?article14325

Blog de Miko Peled – Article en anglais :

Final words on Sharon

http://mikopeled.com/2014/01/04/fin…

Traduction : Info-Palestine.eu – Niha

Israël : le criminel de guerre Ariel Sharon dans un état critique

  • “Il est tellement méchant que même le Bon Dieu n’en veut pas” ont coutume de dire les Arabes en parlant de Sharon.
  • Mais ceci pourrait changer car l’état de santé de l’ancien premier ministre israélien Ariel Sharon, dans le coma depuis près de huit ans, s’est brusquement aggravé, a indiqué mercredi la radio militaire israélienne. Plusieurs organes vitaux d’Ariel Sharon, 85 ans, ont cessé de fonctionner, a précisé jeudi le directeur de l’hôpital Tel Hashomer près de Tel-Aviv, où il est hospitalisé. Mercredi, seuls de «graves problèmes rénaux» avaient été mentionnés. «Son état est défini comme critique, ce qui signifie que sa vie est en danger», a ajouté Zeev Rotstein, qui a refusé de se prononcer sur le délai dans lequel pourrait survenir le décès d’Ariel Sharon.

Ariel Sharon a été terrassé par une attaque cérébrale le 4 janvier 2006. Il est depuis dans le coma, ses fils ayant décidé de le maintenir en vie sous assistance médicale. Il n’a manifesté aucun signe de réveil. Selon le site Ynet, citant des sources médicales, Ariel Sharon a été transféré dans le service d’urgences il y a un mois. Son état de santé s’est ensuite stabilisé, mais depuis quelques jours s’est produite une «détérioration significative», a ajouté le site.

 

 

Ancien général, pilier de la droite israélienne, Ariel Sharon a préparé et conduit en 1982 l’invasion du Liban alors qu’il était ministre de la Défense. Une commission d’enquête officielle conclura à sa responsabilité pour n’avoir ni prévu ni empêché les massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila en septembre 1982, perpétrés par une milice chrétienne alliée d’Israël.

ANIMA-MIPO : les pays émergents investissent la Méditerranée

D’après le bilan 2012 de l’observatoire des investissements et partenariats en Méditerranée ANIMA-MIPO, les investissements directs étrangers (IDE) et les partenariats internationaux vers les pays MED (les 9 partenaires du sud, plus la Libye et la Turquie) repartent à la hausse en 2012. En effet, après deux années particulièrement difficiles pour une Méditerranée prise en étau entre ses crises politiques et les crises économiques mondiales, 2012 se révèle être une excellente année pour la région en termes d’attraction des IDE – la 4ème meilleure année de la dernière décennie.


La capacité de résilience des pays se confirme : avec 37 milliards d’euros d’IDE annoncés en 2012 (soit une croissance de 36 % par rapport à 2011), les pays MED renouent avec les niveaux atteints avant 2008 et la crise financière. Le nombre de projets diminue en revanche légèrement, à 645 (-10% par rapport à 2010) -ce qui suggère le lancement de projets plus importants en moyenne que les années précédentes. Ces chiffres, relativement bons si l’on considère le contexte politique et économique exceptionnel, sont cependant à relativiser. En effet, la part de marché de la région MED par rapport au reste du monde en matière d’IDE continue en réalité à diminuer, et serait passée selon la CNUCED, de 3,3% en 2008 à 2,6% en 2012.
Tous les pays, à l’exception de la Syrie, enregistrent des résultats en hausse par rapport à 2011, notamment grâce à quelques spectaculaires transactions annoncées en Algérie, en Egypte et en Turquie. Israël et la Turquie continuent d’affirmer leur leadership : ces deux pays pèsent en réalité pour la moitié des montants d’IDE de la région et près de 43% des projets annoncés. Avec près de 9 Md€ annoncés, le Maghreb flirte avec ses plus hauts niveaux historiques, en particulier grâce aux bons chiffres de l’Algérie, qui compte pour plus de la moitié des annonces de la région. Le Machrek regagne également du terrain, avec des intentions d’investissement équivalentes en montant à celles du Maghreb : cette région encore tourmentée est principalement tirée par l’Egypte, qui enregistre des intentions d’investissement en hausse, et ceci notamment grâce à la reprise des grands projets initiés par le Golfe.
2012 marque également le retour sur le devant de la scène des investissements « traditionnels » à la Méditerranée avec une préférence marquée des investisseurs pour les valeurs sûres que sont depuis 2003 l’énergie, la banque, les télécommunications et le BTP. Ces quatre secteurs en effet totalisent à eux quatre deux tiers des montants d’IDE annoncés.
Les transitions semblent en revanche avoir conduit à une redistribution des sources d’investissement. Depuis les printemps arabes, les entreprises européennes (investisseurs historiques dans la région) s’avèrent en effet battre en retraite, au profit de celles des pays émergents qui s’intéressent chaque jour davantage au potentiel de la région. En deux ans, les Européens sont ainsi passés de 45% à 26% des montants investis dans la région, cédant leur leadership aux BRIC (Russie, Inde et Chine principalement) qui deviennent en 2012 les premiers investisseurs du sud de la Méditerranée (10,7 milliards d’euros soit 28% des investissements annoncés). Le Golfe amorce quant à lui un retour remarqué (les investisseurs du Golfe sont au coude à coude avec l’Europe avec plus de 9 milliards d’euros investis), avec une reprise spectaculaire des grands projets immobiliers et bancaires, mis en suspens depuis 2008, et une volonté affichée de soutenir les nouveaux gouvernements en place.
Au moment où les entreprises européennes cherchent un second souffle, et alors que le continent africain est appelé à devenir le futur relais de croissance du monde, cette retraite européenne ne serait-elle pas une erreur stratégique ? Car finalement, les avantages comparatifs du sud de la Méditerranée, qui prévalaient avant les changements politiques, sont toujours d’actualité dans une Méditerranée encore en quête d’un nouveau modèle de développement économique.

 

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