Plus d’un tiers des Français adhèrent aux idées du FN

  • «Le niveau de tension sur les questions d’immigration est élevé et s’est considérablement durci du fait de la crise», constate Emmanuel Rivière (TNS Sofres). Le dernier baromètre annuel TNS Sofres réalisé pour France Info, Canal + et Le Monde du 30 janvier au 3 février confirme la progression du Front national en France. 34 % des Français affirment adhérer aujourd’hui aux idées du FN. Ce nouveau chiffre s’incrit dans le prolongement d’une hausse de dix points déjà enregistrée entre 2011 et 2013. Autre élément notable du baromètre: l’image de la présidente du parti, Marine Le Pen, apparaît également en progression sur trois questions: 58% (+5points) des sondés estiment qu’elle est capable de rassembler au-delà de son camp, 56% (+7) qu’elle comprend les problèmes quotidiens des Français et 40% (+5) qu’elle a de nouvelles idées pour résoudre les problèmes de la France. 35% des personnes interrogées estiment aussi que le Front national pourrait participer à un gouvernement.

À noter que la sortie de l’Euro et la préférence nationale en matière d’emploi sont respectivement rejetés par 64% et 72% des personnes sondées. 59% d’entre elles disent ne pas adhérer aux idées du FN. Emmanuel Rivière (TNS Sofres) souligne qu’une partie de la population «s’interroge sur la maîtrise des flux migratoires» et «dit comme elle ne l’a jamais dit: attention à un système de protection tellement généreux qu’il attire des populations venues d’ailleurs». Selon l’analyste, le clivage, «assez nouveau», se fait davantage sur le rapport «contributeur/bénéficiaires» du système de protection sociale que sur «emploi/pas emploi». Il poursuit: «Depuis quelques années, l’idée qu’il y a un poids de l’immigration sur notre système social naïf et généreux est de plus en plus présente et d’ailleurs, la cristallisation autour de la question des Roms se fait beaucoup la-dessus.»

«Emergence d’une force alternative»

Interrogée mercredi par Le Figaro, Marine Le Pen se félicite des nouvelles données TNS-Sofres: «Ces résultats sont très prometteurs. Ils démontrent que le Front national a vocation à gouverner contrairement à ce qui a été longtemps dit. Il n’a pas vocation à être un mouvement de protestation mais bel et bien un mouvement d’adhésion. C’est l’émergence d’une force alternative tout à fait crédible».

La présidente du FN estime en outre que «de plus en plus de Français adhèrent» à la politique «radicalement différente» de son parti et elle voit dans les chiffres de ce baromètre «la conséquence du travail effectué» au sein du Front national et du «rassemblement des patriotes de droite comme de gauche compris par les Français».

Concernant les deux points de son programme rejetés par les personnes interrogées (la sortie de l’euro et la préférence nationale pour l’emploi), Marine Le Pen estime que le débat n’a pas encore eu lieu sur ces deux sujets et qu’ils font exclusivement l’objet d’anathèmes sur lesquels ses adversaires «surfent, soit sur le mensonge, soit sur la peur». «C’est comme la Constitution européenne, explique enfin la présidente du Front national, jusqu’à ce que le débat ait lieu, 65 % des Français étaient pour. Lorsque le débat a existé, 55 % étaient contre.»

De son côté, Florian Philippot, vice-président du FN, retient une «poursuite de l’amélioration de l’image» du Front national et se dit «frappé» par «l’adhésion aux idées qui bat un nouveau record» ainsi que par «la capacité de rassemblement de Marine Le Pen qui progresse nettement en s’approchant des 60%». Il estime d’ailleurs que cette ambition de rassemblement constitue le «chantier essentiel» du parti frontiste. «Cela confirme que notre stratégie est la bonne, poursuit-il, notre parti donne le sentiment qu’il est capable d’accueillir de plus en plus de Français. Les signaux que nous envoyons sont très importants.» Florian Philippot envisage d’ailleurs de poursuivre ce travail en «renforçant le Rassemblement Bleu Marine» et en lançant de «nouveaux outils» tels que «la charte municipale» ou les «collectifs professionnels».

«Marine Le Pen, dans les mois qui viennent, aura l’occasion de s’adresser aux Français qui peut-être l’entendent moins aujourd’hui» annonce-t-il enfin avant de souligner l’écart croissant entre ceux qui rattachent Marine Le Pen à la «droite patriote» et ceux qui la classent du côté de «l’extrême droite nationaliste et xénophobe». «L’écart se creuse. C’est le fruit du combat sémantique que nous avons mené en octobre sur les termes extrême droite, malgré le raidissement de certains observateurs et adversaires politiques qui avaient fait exprès de les utiliser beaucoup à ce moment-là».

La nouvelle directrice du Monde snobe l’Algérie

La nouvelle directrice du journal Le Monde, Natalie Nougayrède, est diplômée de l’IEP de Strasbourg et du CFJ. Cette ancienne de Libération est le prototype même de cette génération « droitsdel’hommiste » à la fois insipide et ambitieuse. Dans ce quotidien, elle s’était illustrée notamment pour s’être opposée violemment à la publication d’un cahier publirédactionnel sur l’Algérie. Attendons de voir quelle sera sa réaction quand il s’agira de publier les nombreux dossiers de publicité rédactionnelle commandés au célèbre quotidien du soir par des pays du Golfe souvent en délicatesse avec la conception occidentale des droits de l’homme.

Le Monde: Eric Fottorino viré

Eric Fottorino a été démis de ses fonctions de président du Directoire du groupe Le Monde lors de la réunion du conseil de surveillance, a-t-on appris de source proche du conseil.

Le conseil de surveillance a par ailleurs entériné l’arrivée de Louis Dreyfus au Directoire du groupe où il devrait succéder à David Guiraud comme directeur général du groupe Le Monde.
Louis Dreyfus est par ailleurs directeur général des Inrockuptibles et homme de confiance du banquier d’affaires Matthieu Pigasse, l’un des trois nouveaux actionnaires majoritaires du groupe Le Monde.

Enfin, Pierre Bergé a été élu à la présidence du Conseil de surveillance du groupe Le Monde, tandis que Louis Dreyfus assurera la présidence du directoire. Ce changement de direction ne devrait probablement pas changer la ligne éditoriale du quotidien du soir concernant les pays du Maghreb.

Source AFP

Le Maroc censure Le Monde pour reproduction d’informations publiées par WikiLeaks

Le Maroc a bloqué la distribution de l’édition du 12 décembre de l’ancien quotidien français de référence Le Monde qui a reproduit des télégrammes diplomatiques américains diffusés par le site WikiLeaks, jugés «diffamatoires» par les autorités marocaines. Début décembre, des éditions du journal espagnol El Pais et du quotidien arabe Al-Quds Al-Arabi avaient déjà été saisies au Maroc pour les mêmes raisons. Pourtant les informations de WikiLeaks sont disponibles sur Internet…