Afrique-Asie, c’est fini !

Le numéro de septembre 2017 d’Afrique–Asie est le dernier. Le mensuel vient de déposer le bilan et ne paraîtra plus. Quelle tristesse de voir ainsi ce titre historique disparaître ! Dans la presse française, Afrique-Asie était une institution. Lancé en 1969 par Simon Malley, Africasia est devenu Afrique-Asie en 1972. Suite à des difficultés financières, la diffusion s’interrompt de juillet 1987 à octobre 1989. A l’époque, Le Monde place Afrique-Asie « au premier rang de la presse tiers-mondiste de langue française ». Effectivement, le titre s’inscrit dans la filiation de la conférence de Bandung (1955), à la convergence du non-alignement, de la Tricontinentale et des mouvements de décolonisation africains et asiatiques.

 

Militant à la plume acérée, Simon Malley n’a pas que des amis. Il est momentanément expulsé de France en 1980, accusé de nuire, par ses propos, « aux intérêts de la France dans des Etats ayant avec elle des relations diplomatiques normales », selon les propos du ministre de l’Intérieur de l’époque Christian Bonnet, en réponse à une question à l’Assemblée nationale de Laurent Fabius. En 1981, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en France, Simon Malley peut revenir et poursuivre l’aventure éditoriale d’Afrique-Asie.

 

En décembre 2005, le journal dépose le bilan, ciblé depuis des années par un contrôle fiscal politique. Simon Malley portera plainte contre l’administration fiscale, contestant auprès du Tribunal administratif les conclusions de cette enquête à charge qui aboutira à la liquidation de la société Afriasial qui exploitait le titre. Le tribunal lui donnera raison, mais à titre posthume puisque le fondateur historique du titre est décédé le 7 septembre 2006, un an après avoir été contraint de déposer le bilan.

 

Majed Nehmé – rédacteur en chef d’Afrique–Asie depuis dix-sept ans – prend, avec quelques anciens du journal, l’initiative de relancer le titre qui sera exploité par une nouvelle société, la SARL-Afriam. Progressiste franco-syrien, ce grand connaisseur du monde arabe – intellectuel tous terrains -, améliore la qualité éditoriale, l’expertise, le réseau des correspondants et des collaborateurs. Afrique-Asie est régulièrement diffusé dans une cinquantaine de pays. Parallèlement à la version papier, il est possible de consulter le magazine en ligne, augmenté par des papiers et reportages qu’on ne lit nul par ailleurs http://www.afrique-asie.fr

En effet – sous la direction de Majed Nehmé – la qualité et la spécificité du titre ne cessent de s’améliorer, tranchant singulièrement avec la descente aux enfers de la presse parisienne mainstream. Pour les habituels « chiens de garde », une telle liberté est insupportable : Afrique-Asie, qui est régulièrement cité et repris par la presse internationale, mais systématiquement exclu et censuré par la plupart des revues de presse dans l’Hexagone, notamment par celle de Radio France Internationale (RFI), radio publique censée être spécialisée en affaires africaines… Sans parler de madame Ockrent-Kouchner et de ses étranges Affaires étrangères sur France-Culture…

 

Dans tous les cas de figures, les rédactions parisiennes ont toujours préféré Jeune Afrique et ses publi-reportages politiquement corrects à la liberté de ton et la profondeur des informations et enquêtes d’Afrique–Asie. A cela s’ajoutent, bien-sûr, les difficultés structurelles actuelles de la presse écrite – baisse des annonceurs, coût de la distribution et diffusion, etc. – et la multiplication de sous-produits numériques dédiés à l’Afrique, sans que l’on puisse voir toujours clairement les financements comme les intentions de ces « experts » du moment.

 

Mais le coup de grâce est venu de celui-là même qui interpellait Christian Bonnet sur la liberté de la presse française dans les années 1980 ! De bonne source, on sait que la lecture d’Afrique–Asie donnait des boutons au distingué normalien qui fut le chef de notre diplomatie de 2012 à 2016 avant d’aller pantoufler à la présidence du Conseil constitutionnel. Depuis le début de la crise syrienne (mars 2011), les papiers d’Afrique–Asie ont eu le don de faire grimper Laurent Fabius aux rideaux du Quai d’Orsay. En 2014, un contrôle fiscal zélé (on n’ose dire politique !) s’abat à bras raccourcis sur Afrique-Asie. Voilà donc un titre résolument internationaliste, déconstruisant avec intelligence les crises internationales, prônant les valeurs de laïcité, de lutte contre le communautarisme et les confessionnalismes religieux, déchiqueté par les petites mains de Bercy.

 

L’auteur de ces lignes croise un jour Pierre Moscovici, qui venait de quitter Bercy pour rejoindre la Commission européenne, et l’alerte sur ce contrôle fiscal. Le baron socialiste prend son air le plus concerné avant de demander la communication du dossier sur son email personnel. Trois mois plus tard, la réponse mérite citation : « Bercy est souverain de ces choix en matière de contrôle fiscal. » Rien de plus normal, mais on peut toujours se demander pourquoi Médiapart, Libération ou L’Express n’ont pas goûté les délices d’une telle souveraineté.

 

Voilà donc une douzaine de chômeurs de plus dans le secteur déjà sinistré de la presse et un titre prestigieux qui va – probablement – renaître dans un pays voisin… C’est d’une grande tristesse, surtout lorsque l’on connaît Majed Nehmé, l’un des hommes les plus délicieux, courtois et profonds de la corporation journalistique française, laquelle, pendant ce temps, continue dans sa majorité de s’abîmer dans l’opportunisme, l’ignorance et le carriérisme.

 

Et à la tristesse s’ajoute la colère, parce que la disparition d’Afrique–Asie pourrait bien être le symptôme du retour de la censure au soi-disant pays des droits de l’homme et de la liberté d’expression. Evidemment, lorsqu’on explique ça dans les dîners en ville, on vous regarde avec des yeux ronds d’incrédulité, sinon d’indignation, parce que les « chiens de garde » de la grande presse veillent au grain tous les jours que Dieu fait et que les Français sont très mal informés de l’évolution de leurs médias.

 

Donc Afrique-Asie n’est plus ! Vive Afrique-Asie, qui renaîtra un jour, d’une manière ou d’une autre, parce qu’on ne peut décidément pas laisser le champ libre aux désinformateurs. Bonne lecture, donc ! Et à la semaine prochaine, parce que nous écrivons et publions depuis la ville de Jean-Jacques Rousseau.

 Richard Labévière
23 octobre 2017
Comme Richard Labévière, le Comité Valmy est convaincu qu’Afrique-Asie, ce journal anti impérialiste ami, ne saurait disparaître définitivement. Nous espérons vivement que les conditions permettant sa reparution seront rapidement réunies. Ce journal est plus indispensable que jamais.CB.

 

Comment Laurent Fabius a ruiné, décrédibilisé et démoralisé la diplomatie française(*)

Le pire ministre des Affaires étrangères jamais offert à la France a déguerpi. Il laisse derrière lui une diplomatie ruinée, décrédibilisée et démoralisée : seraient-ils les meilleurs de la planète, nos diplomates ne peuvent faire de miracles lorsqu’ils sont amenés à ne défendre que des dossiers indéfendables, qui les placent systématiquement du mauvais côté de l’Histoire. C’est là que le bât blesse.
Le départ d’un ministre aussi étranger aux affaires étrangères, qui ne se réveillait qu’au nom de Bachar Al-Assad, ne fera guère pleurer que lui-même et ses complices. Mais les optimistes inoxydables, inondés d’espoir l’espace d’un adieu, devraient se méfier : si le pire n’est jamais sûr, le meilleur l’est encore moins.
Le partant était un pilier du «groupe des amis de la Syrie», dont la liste des Etats membres illustrait alors parfaitement la sentence bien connue : avec de tels amis, plus besoin de se chercher des ennemis. Reprenant le flambeau brandi par la France lors du rezzou de l’Otan sur la Libye, Fabius a tout fait pour propulser [la France] à l’avant-garde des va-t-en-guerre de la vertueuse «communauté internationale». N’est-ce pas lui qui, mi-dépité mi-gourmand, estimait en juillet 2012 qu’il «reste encore quelques renforcements possibles en matière de sanctions», insistant pour que la Grèce cesse d’importer du phosphate syrien ?
Le club Elisabeth Arden (Washington, Londres, Paris), qui prétend depuis un quart de siècle incarner la «communauté internationale», s’est transformé au fil des dernières années en un directoire de pères fouettards ayant pour inspirateurs les néoconservateurs de «l’Etat profond» des pays d’Occident et d’ailleurs, et pour alliés privilégiés les régimes moyen-orientaux les plus portés sur la flagellation. En 2011, après l’Irak, le Soudan, l’Afghanistan, la Somalie, la Palestine, la Yougoslavie, l’Iran ou l’Ukraine et quelques autres, nos pères fouettards, pourtant bien absorbés par leur tâche du moment (protéger les populations civiles de la Jamahiriya libyenne en les bombardant, avant de liquider physiquement Kadhafi, ndlr), vont réserver à la Syrie un traitement de choix. C’est ainsi que les sanctions vont pleuvoir en giboulées dès les premiers beaux jours.
En juillet 2012 (on taira par décence le nom du journal et ceux des journalistes), une vidéo apparaît sur le Net avec un titre en forme de question qui tue : «A quoi servent les sanctions contre la Syrie ?» Celle-ci, note le commentaire écrit, «fait depuis plus d’un an l’objet de mesures de rétorsion de la part de la communauté internationale, avec un succès mitigé». Il faut «punir et étouffer économiquement le régime de Bachar Al-Assad, qui réprime dans le sang ses opposants : tel est l’objectif». On n’aura pas fini d’entendre cette rengaine.
Notre vidéo précise que, le 23 juillet 2012, l’Union européenne a adopté un nouveau train de sanctions, pour la dix-septième fois en un an (sic). Elle rappelle que les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Suisse, la Turquie et la Ligue arabe (kidnappée par le Qatar et les régimes du Golfe) ont pris des mesures équivalentes.
Sans dresser une liste interminable des sanctions imposées, renouvelées et renforcées les années suivantes, il n’est pas inutile de rappeler au passage, à l’attention des distraits, des ignorants ou des bonnes consciences, le script général du chef-d’œuvre des dirigeants occidentaux et de leurs bureaucraties sadiques :
1 – D’abord viennent les sanctions classiques «de mise en situation» par le Conseil de Sécurité, prises en mai 2011 :
Les premières mesures prises par l’Union européenne concernent la mise au ban (refus de délivrer des visas) et le gel des avoirs de 150 personnalités du «régime syrien».
Par ailleurs, une cinquantaine de sociétés «soutenant le régime» sont soumises à boycott dont cinq organismes militaires, conformément à l’embargo adopté «sur les exportations d’armes et de matériel susceptible d’être utilisé à des fins de répression». Il est ainsi interdit d’exporter vers la Syrie des équipements, des technologies ou des logiciels destinés à surveiller ou intercepter des communications sur Internet ou les téléphones.
2 – Le 10 août 2011, le gouvernement américain prend des sanctions économiques contre les sociétés de télécommunications syriennes et les banques liées à Damas, empêchant les citoyens étatsuniens de mener des affaires avec la Banque commerciale de Syrie, la Banque syrienne libanaise commerciale ou Syriatel. Les avoirs de ces sociétés aux Etats-Unis sont gelés, autant dire volés. Hillary Clinton annonce dans la foulée un embargo total sur les importations de pétrole et de produits pétroliers en provenance de Syrie.
Imitant aussitôt ses maîtres, l’Union européenne décide de plusieurs trains de sanctions supplémentaires, y compris un embargo sur le pétrole.
La dernière salve visera à réduire les échanges commerciaux afin de finir d’asphyxier l’économie du pays.
3 – Viendront ensuite les sanctions diplomatiques (rappel des ambassadeurs en consultation) décidées dès l’automne 2011, après le double véto russo-chinois sur le projet de résolution islamo-occidental visant à provoquer en Syrie un processus à la libyenne. Les Etats-Unis ayant rappelé de Damas leur ambassadeur du troisième type, plusieurs Etats de l’Union européenne rappellent les leurs.
Juppé rappellera le sien une première fois le 17 novembre 2011 : «erreur fatale» pour le ministre ordinateur. Après un faux retour, ce sera le départ définitif en février 2012. Nommé en mai 2012, Fabius fera encore mieux : à peine intronisé, il expulsera l’ambassadrice de Syrie à Paris, ayant oublié que cette dernière est également représentante auprès de l’Unesco et qu’il ne peut la contraindre au départ.
4 – En 2012, ce sera la fermeture de la compagnie aérienne Syrianair à Paris, puis l’interdiction de toute liaison aérienne entre la France et la Syrie et, plus généralement, entre les capitales européennes et Damas. Etc.
Hélas, se lamentent des experts pleins d’onction et de componction, tout le monde n’est pas d’accord pour mettre en place un embargo, ce qui en limite la portée. La belle unanimité qui, de 1991 à 2011, a rassemblé les cinq permanents du Conseil de sécurité autour des trois Occidentaux n’existe plus et c’est un élément déterminant qui permet de briser l’arrogance et la toute-puissance des puissances atlantiques. Des doigts accusateurs pointent «certains pays qui ne jouent pas le jeu» (sic). Mais est-ce bien un jeu ? La Russie et la Chine soutiennent le gouvernement et l’Etat syriens : ils seront priés de «rejoindre la communauté internationale» (sic). La Syrie peut également compter sur l’aide multiforme de son allié, l’Iran, mais celui-ci est déjà sous de lourdes sanctions. D’autres pays, comme le Brésil, ne soutiennent pas les Occidentaux. En outre, certains Etats traînent les pieds au sein de l’Union européenne, et les accrocs aux engagements pris contre Damas se multiplient.
Ce blocus qui asphyxie progressivement la Syrie est certes difficile à mettre en œuvre, mais que nos perfectionnistes se consolent : il est indéniable que les résultats escomptés sont là. Après cinq années de sanctions et d’acharnement collectif, le peuple syrien est épuisé et vit dans des conditions terrifiantes. Nos grands dirigeants, si bons et si pudiques, ne connaissent-ils pas la vérité, non pas celle de leurs protégés émigrés qui vivent au chaud ou au frais à l’ombre de leurs protecteurs, mais la vérité des habitants qui ont tenu bon dans leur pays. Loin du paradis de la révolution auquel les premiers feignent de croire, loin du paradis auquel aspirent les djihadistes démocratiques et les terroristes modérés, c’est un enfer que vivent les Syriens de la Syrie réelle, un enfer qu’ils doivent au fanatisme de leurs «libérateurs» et de leurs alliés turcs ou arabes ainsi qu’au sadisme de l’«Axe du Bien», parrain des terroristes et grand déverseur de punitions devant l’éternel.
Les sanctions sont parvenues à détruire un pays qui était plutôt prospère, quasiment sans endettement, autosuffisant pour l’essentiel de ses besoins et globalement bien parti. Elles ont fini par entamer le tissu national syrien, soudé par une tolérance «laïque» assez exemplaire, sans réussir toutefois à le déstructurer. Le but de ce politicide était (et reste toujours) de démoraliser les populations, en les amenant à perdre confiance dans la légitimité de leur Etat, de leur gouvernement, de leurs dirigeants, de leurs institutions, de leur armée, tout en leur donnant l’illusion que l’Occident est heureusement là pour les «sauver du tyran qui les massacre» et accueillir en son sein les réfugiés et les transfuges.
Le terrible bilan enregistré en Irak – un million et demi de morts, dont 500 000 enfants – est là pour rappeler que les sanctions sont une arme de destruction massive, utilisée avec un total cynisme par les «maîtres du monde». Pour Madeleine Albright évoquant sans doute des «dégâts collatéraux», «cela en valait la peine». On voit le résultat.
En Syrie, les «punitions» occidentales ne sont pas mieux intentionnées. Elles visent à mater un peuple résistant et à le forcer à accepter la fatalité d’un changement de régime, ou bien à l’amener à fuir ou à déserter… Quitte à saigner le pays de sa jeunesse déjà formée, de ses cadres aspirant à vivre mieux dans un climat de paix… Quitte à faire de ces réfugiés un peuple de mendiants, à la merci des trafiquants de toutes spécialités : en témoignent ces femmes et enfants installés la nuit au coin des boulevards parisiens par des équipes inquiétantes.
Depuis cinq ans, nos politiciens combinards, nos journalistes complaisants, nos intellectuels perdus ou dévoyés participent, à quelques exceptions près, à l’énorme conspiration du mensonge qui fait passer la Syrie souveraine et légale pour usurpatrice et massacreuse, et ses agresseurs et leurs parrains, orientaux ou occidentaux, pour des libérateurs révolutionnaires. Outre l’horreur et l’effroi que soulèvent les images de cette guerre sauvage, comment ne pas avoir la nausée devant l’aveuglement, volontaire ou non, de nos élites qui préfèrent donner du crédit aux mensonges de leurs alliés et protégés criminels plutôt qu’aux témoignages innombrables des victimes qui désignent sans ambiguïté leurs bourreaux ? Comment ne pas avoir la nausée devant cette complicité assumée, à peine camouflée par une omerta systématique ? Comment enfin ne pas frémir devant cet aplomb et cette bonne conscience bétonnée de nos faiseurs d’opinion ?
La solution ne consiste pas à accueillir en Europe les réfugiés que l’on a d’une façon ou d’une autre créés en alimentant la guerre universelle d’agression et le djihad en Syrie. Il faut lever immédiatement, sans délai et sans conditions, les sanctions qui sont destinées à briser tout un peuple. Il faut mettre fin à la guerre et non en décupler l’impact par les moyens minables, sournois et iniques que sont les sanctions à la mode occidentale.
Il faut rendre justice à ce peuple martyrisé et humilié. Et la plus élémentaire des justices, la première, est de ne plus couvrir d’un voile de vertu les criminels féroces qui cherchent à détruire au nom de l’intolérance la Syrie tolérante. Elle implique également de ne plus cautionner les impudeurs des maîtres fouettards qui punissent en toute impunité avec la morgue des arrogants. Assez de mensonges, assez d’hypocrisie, assez de leçons.
Répétons-le, il faut lever les sanctions criminelles et scélérates qui tuent la Syrie et son peuple. Ni dans un mois, ni dans un an, mais maintenant. Ce n’est pas une question de diplomatie, c’est une affaire d’honneur, et la France s’honorerait en prononçant, pour sa part et à titre national, la levée des sanctions.

Par Michel Raimbaud
In Afrique Asie
(*)Titre originel : Le mensonge, la nausée et les sanctions.

Crise entre la France et le Maroc : report de la rencontre Fabius-Mezouar

  • La crise diplomatique entre la France et le Maroc n’est pas atténuée. Prévu pour vendredi, le rendez-vous à Paris entre le ministre marocain des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar et son homologue français Laurent Fabius a été finalement reporté à une date ultérieure. Cette visite devait permettre de renouer un dialogue de haut niveau pour sortir de près d’un an de gel de la coopération judiciaire et sécuritaire entre les deux pays qui sont pourtant alliés dans la lutte contre le terrorisme et liés traditionnellement par de fortes relations d’amitié.

Paris et Rabat sont en froid depuis la convocation, délivrée en février 2014 par un magistrat parisien dans le cadre d’une affaire de torture présumée au Maroc, du chef des services de contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi. La police française avait débarqué à Neuilly-sur-Seine, à la résidence de l’ambassadeur, pour signifier, sans prendre de gants, au chef du contre-espionnage marocain son assignation devant la justice française.

Le Palais Royal s’était indigné. Une irritation attisée par le rapprochement, initié par François Hollande, entre la France et l’Algérie, le rival maghrébin du Maroc. Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, avait promis de venir en personne présenter ses excuses au Roi. Mais, rien.

Jeudi, Laurent Fabius avait annoncé qu’il se rendrait «bientôt» au Maroc et que les deux pays «avancent» pour «trouver des solutions» en soulignant «la nécessité absolue» de rétablir leur coopération judiciaire.

Réseaux djihadistes

Les attentats de Paris ont sans doute accéléré cette volonté de normalisation. Les deux pays ont en effet plusieurs centaines, voire des milliers, de ressortissants enrôlés dans la guerre civile en Syrie aux côtés de l’État islamique ou d’al-Qaida, avec des réseaux clandestins de soutien sur leur territoire. Mais mardi soir, l’ambassade du Maroc à Paris a haussé le ton dans un communiqué. «Le Maroc n’a jamais demandé une quelconque immunité à ses officiels. Prétendre le contraire est un pur mensonge et un fait irresponsable. Ceux qui distillent ce genre d’insanités veulent en fait polluer la visite annoncée du MAE marocain à Paris», prévenait l’ambassade. «Ils cherchent à biaiser la négociation en cours qui serait entre “un Maroc qui cherche à protéger des officiels coupables et une France attachée à l’application du droit et à l’indépendance de la justice”» poursuivait le communiqué qui ne désigne pas les personnes ou les milieux mis en cause. «Dès le départ, le Maroc a demandé que sa justice soit respectée et a rejeté toute tutelle judiciaire. C’est dans cet esprit que les discussions sur l’amendement de la convention d’entraide judiciaire ont été entamées», ajoutait la «source» diplomatique marocaine.

Pour sortir de l’impasse, Paris et Rabat négocient notamment une révision de leur collaboration judiciaire. Il s’agit d’éviter que se reproduise la boulette à l’origine de la brouille, mais aussi de recadrer la relation entre les deux pays.

Le chef de la diplomatie marocaine en France vendredi pour tenter de mettre fin à la crise entre Rabat et Paris

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, a annoncé lundi qu’il se rendrait “cette semaine” à Paris afin de rencontrer son homologue Laurent Fabius, “pour faire le point sur les différents aspects de la coopération bilatérale”

 

Le quai d’Orsay a confirmé lundi matin, lors d’un point de presse, que “M. Mezouar est attendu à Paris vendredi”.

 

Cette visite reflète “la volonté ferme et sincère du Maroc de surmonter définitivement et durablement tous les obstacles qui pourraient entraver la pleine coopération entre les deux pays”, a déclaré à l’agence MAP M. Mezouar.

 

Jeudi dernier, c’était le chef de la diplomatie française Laurent Fabius qui annonçait qu’il se rendrait “prochainement” à Rabat.

 

« Nous continuons à travailler avec les autorités marocaines au projet de visite de M. Laurent Fabius au Maroc », a précisé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

 

Depuis février 2014, les relations France-Maroc traversent une phase difficile et la coopération judiciaire et sécuritaires a été gelée.

La France multiplie les vexations envers le Maroc

  • Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a présenté ses excuses à son homologue marocain Salaheddine Mezouar, soumis mercredi à un contrôle policier lors d’un transit à l’aéroport parisien de Roissy Charles de Gaulle, un épisode qui intervient dans un contexte déjà tendu entre Paris et Rabat.

 

“Laurent Fabius a appelé son homologue marocain afin de lui transmettre les excuses des autorités francaises pour le désagrément qui lui a été occasionné alors qu’il transitait à l’aéroport Charles de Gaulle”, a indiqué aujourd’hui le porte-parole du Quai d’Orsay, Romain Nadal. “Le ministre a immédiatement demandé aux service compétents du ministère de l’Intérieur et d’Aéroports de Paris que tout soit mis en oeuvre pour faire respecter strictement dans les aéroports francais les règles et usages diplomatiques s’appliquant aux ministres des Affaires étrangères comme aux chefs d’Etat et de gouvernement”, a-t-il ajouté.

Mezouar fouillé au corps!

Selon la presse marocaine, Mezouar a été soumis mercredi à un contrôle policier malgré son passeport diplomatique. Le quotidien As-Sabah, qui parle de “nouvelle humiliation”, indique que Mezouar a subi une fouille et a dû enlever “sa veste, ses chaussures, chaussettes et sa ceinture”. Cet épisode peu diplomatique survient dans un contexte déjà tendu entre Rabat et Paris, en froid depuis un mois à la suite de plaintes en France pour tortures à l’encontre du patron des services secrets marocains Abdellatif Hammouchi.

Encore une erreur des services de Valls

Les autorités marocaines, courroucées, ont suspendu leur coopération judiciaire avec la France, et en dépit de tentatives d’apaisement de Paris, la mesure n’a pas encore été levée. Plus encore, le Maroc a annoncé en début de semaine avoir à son tour engagé des poursuites judiciaires en France contre les auteurs (des Franco-Marocains pour la plupart, soutenus par une ONG politique) de ces plaintes pour tortures.

 

“Nous travaillons avec les autorités marocaines pour pleinement rétablir la coopération bilatérale, notamment dans le domaine judiciaire”, a déclaré M. Nadal, assurant que “les relations (entre Paris et Rabat) sont bonnes, confiantes, très amicales”. “La coopération bilatérale reste très forte et n’est pas affaiblie par les événements récents”, a-t-il assuré.

Syrie: une plainte pour “complicité” de crimes contre Fabius

Un collectif d’avocats a annoncé aujourd’hui avoir porté plainte contre le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius devant la Cour de justice de la République (CJR) pour “complicité” de crimes commis par la rébellion syrienne.

Interrogé, l’entourage du ministre a indiqué ne pas être au courant de cette plainte.

Ces plaintes ont été déposées au nom de trois Syriens qui dénoncent des crimes ayant touché leurs familles, a précisé Damien Viguier, un de ces avocats.

L’un d’eux explique ainsi que lors de l’attaque en août dernier du village où il s’était réfugié près de Lattaquié pour fuir des attentats ayant visé son quartier à Damas, son père et trois de ses frères ont été tués, tandis que son épouse et ses quatre enfants “étaient kidnappés” et qu’il reste sans nouvelles depuis.

Selon Me Viguier, l’accusation de complicité vise “l’instigation, la provocation” à commettre ces crimes (notamment assassinat et enlèvement dans les cas visés) que constituent selon lui une série de déclarations du chef de la diplomatie française. Ces dernières, prononcées par un ministre en exercice, aboutissent selon l’avocat à “encourager les exactions en les légitimant”.

Les plaintes visent notamment une déclaration du 17 août 2012 de Laurent Fabius, après la visite d’un camp de réfugiés syriens en Turquie: “Après avoir entendu les témoignages bouleversants des personnes ici (…) quand on entend ça et je suis conscient de la force de ce que je suis en train de dire : M. Bachar al-Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre”.

Sont également visés l’appel le 14 mars dernier, “aux Européens, maintenant, de lever l’embargo (sur les armes ndlr) pour que les résistants aient la possibilité de se défendre”, et celui du 22 août, après les premières informations faisant état de l’utilisation d’armes chimiques par le régime près de Damas, quand Laurent Fabius avait plaidé pour “une réaction de force”.

La CJR a confirmé le dépôt de ces plaintes, dont la recevabilité devra maintenant être étudiée par sa commission des requêtes, composée de magistrats de la Cour de cassation de la Cour de comptes et du Conseil d’État, premier filtre avant un éventuel examen par la commission d’instruction.

Laurent Fabius : «La France doit toujours avoir une action particulière pour la Tunisie»

Porteur d’un « message d’amitié, de confiance et de solidarité », le chef de la diplomatie française Laurent Fabius  a tenu à ce que sa visite-éclair mardi à Tunis soit « positivement perçue », se déclarant satisfait des entretiens qu’il a eus à cette occasion avec les dirigeants tunisiens. Une « bonne partie des discussions a porté, a-t-il indiqué, sur les questions sécuritaires compte tenu de l’environnement international », soulignant que « il y a ici et là des problèmes sérieux ». « L’une des questions évoquées a été de savoir ce qu’on pouvait faire ensemble, car c’est là un souci pour toutes les démocraties. On ne peut pas accepter qu’il y ait des groupes terroristes (…) et s’ils veulent faire la loi, il ne faut pas les laisser faire. C’est pourquoi nous avons besoin de plus de concertations et de groupes en commun ».

Le ministre des affaires étrangères s’est déclaré confiant  quant à la capacité de la Tunisie à réussir « ce mouvement qu’elle a été la première à déclencher dans la région », rappelant à cet égard les multiples atouts que peuvent représenter la taille de ce pays ce qui réduit l’acuité des problèmes, la proximité avec l’Europe et la France, les idéaux démocratiques et une tradition de vie politique paisible. « Je suis optimiste, a-t-il réitéré, mais il y a bien en face des problèmes économiques et sociaux qui existent. Vous avez la double responsabilité de mener à bien ce que vous avez commencé et de fournir l’exemple aux autres. La France doit toujours avoir une action particulière pour la Tunisie ».

Au cours de sa visite-éclair à Tunis qui entre dans le cadre de la préparation de la visite en juillet prochain du président de la République François Hollande, le chef de la diplomatie française a eu une série d’entretiens avec son homologue, Othman Jérandi, les trois présidents,  Moncef Marzouki, Ali Laarayedh et Mustapha Ben Jaafar ainsi qu’avec des chefs de partis politiques.

« Nous avons bien l’intention d’accompagner la Tunisie dans son chemin vers la démocratie », a-t-il déclaré  à l’issue d’un entretien avec le chef du gouvernement,  Ali Laarayedh, ajoutant qu’il avait transmis « un message d’amitié, de soutien et d’admiration pour ce qu’a fait le peuple tunisien.

Source leaders.com.tn

Laurent Fabius en visite les 15 et 16 avril en Mauritanie

 

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a entamé ce lundi une visite de deux jours en Mauritanie, consacrée aux relations bilatérales et à la participation à la 10ème réunion des ministres des Affaires étrangères du Dialogue en Méditerranée occidentale 5+5, a annoncé vendredi le Quai d’Orsay.

Sionisme d’Etat

Le 29 novembre, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sera l’invité du dîner de gala organisé par la Fondation France Israël, présidée par l’ancienne secrétaire d’Etat chiraquienne Nicole Guedj, dans les salons d’honneur du Quai d’Orsay à l’occasion du 65ème anniversaire de la création d’Israël.

Laurent Fabius dégage Renaud Muselier de l’Institut du monde arabe

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a signifié son congé mercredi au président de l’Institut du Monde arabe (IMA), Renaud Muselier, avec une échéance en novembre afin de renouveler et réorganiser la gouvernance de cet organisme basé à Paris.

Lors d’un entretien, «Laurent Fabius lui a fait part de l’intention du gouvernement, à l’occasion du 25e anniversaire de l’IMA qui sera célébré début novembre prochain, d’engager une nouvelle étape pour l’institution, notamment en renouvelant et en réorganisant sa gouvernance», indique un communiqué du porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero.

Le ministre a demandé à Renaud Muselier «de bien vouloir continuer jusqu’à cette date à présider le Haut Conseil (de l’IMA) et à préparer cette célébration. M. Muselier a marqué son accord sur cette mission et ce calendrier», conclut le porte-parole sans préciser les raisons réelles de l’éviction du patron de l’Institut par le gouvernement socialiste.

Renaud Muselier, 53 ans, avait perdu en juin lors des élections législatives son siège de député (UMP) des Bouches-du-Rhône. Il reste conseiller municipal et délégué spécial pour la préparation de Marseille 2013, capitale européenne de la culture.

Renaud Muselier avait pris la tête de l’IMA en septembre 2011, sur proposition de l’ancien président de droite Nicolas Sarkozy. Il n’aura gardé au final cette fonction que durant un an.

Fondation de droit français à visée culturelle, réunissant la France et les vingt-deux Etats de la Ligue arabe, l’IMA a traversé une longue crise financière, certains pays arabes ne versant pas leur contribution. Un nouveau système de financement avait été mis en place en 1996 mais il avait fallu dix ans pour que l’horizon financier s’éclaircisse.

Le budget de l’IMA est financé pour moitié par une subvention du ministère des Affaires étrangères (12 millions d’euros). L’autre moitié provient des ressources propres de l’institut (fonds de dotation, billeterie, location d’espace…).

Son président est nommé sur proposition du chef de l’Etat français.