Soupçonné d’abus de bien social, Faouzi Lamdaoui, un conseiller de Hollande, démissionne

  • Avec Faouzi Lamdaoui, natif de Constantine, et après Kader Arif et Yamina Benguigui, les « Algériens de Hollande »sont plus proches du « tous pourris » que de la « République irréprochable »!
  • Il n’est même pas passé dans le bureau de François Hollande. Faouzi Lamdaoui, un de ses proches conseillers, a démissionné ce mercredi après-midi. En cause? Sa convocation devant la justice pour «abus de biens sociaux» pour des faits remontant à 2007-2008. L’ancien chef de cabinet du candidat socialiste lors de la présidentielle de 2012 est soupçonné d’avoir perçu des rémunérations élevées et d’avoir dissimulé ces sommes au fisc.

Chargé actuellement des questions d’égalité et de diversité à l’Élysée, il est cité à comparaître en correctionnelle pour «abus de biens sociaux», «blanchiment d’abus de biens sociaux» et «faux et usage de faux» par le parquet de Paris, à la suite d’une enquête préliminaire ouverte en janvier 2013.

Plainte en 2009

Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) se sont penchés en particulier sur une société de transport, Alpha Distributions. Ils pensent que M. Lamdaoui – qui en était officiellement salarié – était en réalité le gérant de cette entreprise, qui a été liquidée puis radiée du registre du commerce en mars 2012. Les enquêteurs le soupçonnent même d’avoir perçu en 2007 et 2008 une rémunération supérieure à celle qu’il avait déclarée. D’après Le Monde, l’ex-conseiller de Hollande aurait reçu plusieurs dizaines de milliers d’euros sur son compte bancaire. Pour cette infraction, la peine maximale encourue est de cinq ans d’emprisonnement et de 375.000 euros d’amende.

Le début de cette affaire remonte à 2009. À l’époque, une plainte avait été déposée par un certain Mohamed Belaïd et sa femme, Naïma Belaïd. Cette dernière avait accusé le proche conseiller de François Hollande d’avoir usurpé son identité et d’avoir imité sa signature pour créer une société d’import-export, baptisée Alpha Distributions. Dans un article du Monde publié en novembre 2012, Naïma Belaïd affirmait même avoir décliné une proposition que Faouzi Lamdaoui lui aurait faite en 2008: «Il me proposait d’être gérante de l’une de ses sociétés contre 500 euros par mois. Il suffisait de signer les documents, je n’aurais pas à me déplacer.» C’est justement cet épisode qui lui vaut l’incrimination de «faux et usage de faux».

D’autres citations à comparaître

Mais Faouzi Lamdaoui n’est pas le seul à devoir s’expliquer: son frère devra aussi comparaître pour «blanchiment d’abus de biens sociaux». Ce dernier était titulaire d’un compte sur lequel ont été versées des sommes provenant d’Alpha Distributions. Le gérant de droit de l’entreprise est quant à lui poursuivi pour «abus de biens sociaux» et «blanchiment», de même qu’un de ses salariés cité à comparaître pour «recel».

Si la date de l’audience n’est toujours pas connue, cette nouvelle affaire intervient deux semaines après la démission d’un autre proche de François Hollande, le secrétaire d’État aux Anciens combattants Kader Arif, soupçonné de favoritisme dans un dossier d’attribution de marchés publics. L’affaire Lamdaoui pourrait dès lors s’ajouter à la liste des nombreux autres scandales qui ont touché le gouvernement, tels que celui de l’ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, l’éphémère secrétaire d’Etat, Thomas Thévenoud, ou encore l’affaire concernant le conseiller du premier cercle Aquilino Morelle.

Kader Arif soupçonné de favoritisme

Une enquête préliminaire sur des passations de marchés entre la région Midi-Pyrénées et des sociétés appartenant à de proches parents du secrétaire d’État chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire Kader Arif a été ouverte mercredi, a annoncé à l’Agence France-Presse le procureur de la République de Toulouse.

Cette ouverture d’enquête préliminaire fait suite à un « signalement » déposé lundi par des élus du groupe d’opposition au sein du conseil régional, « faisant état d’anomalies dans les relations contractuelles existant entre la région et certaines sociétés », a expliqué le procureur Michel Valet. « On a une dénonciation circonstanciée de certains faits. J’ai le devoir de vérifier ce qu’il en est », a ajouté Michel Valet tout en appelant à la plus grande prudence quant à l’issue de ces investigations confiées mercredi à la police judiciaire de Toulouse.

Marchés donnés au frère et à des neveux de Kader Arif

Deux conseillers régionaux UMP, Élisabeth Pouchelon et Vincent Terrail-Novès, ont détaillé mercredi après-midi devant la presse le fruit de recherches de plusieurs mois sur ces marchés liant la région Midi-Pyrénées à deux sociétés successives appartenant notamment au frère et à des neveux de Kader Arif. Ces sociétés, spécialisées dans la sonorisation et l’éclairage d’événements publics, auraient engrangé depuis 2008 environ deux millions d’euros de contrats de la région Midi-Pyrénées dirigée par le socialiste Martin Malvy. Les élus de l’opposition et Le Canard enchaîné, dans un article paru mercredi, se demandent si les deux sociétés, AWF musique, puis AWF, ont bénéficié de favoritisme.

La région Midi-Pyrénées a fermement démenti toute malversation dans ce dossier et menacé de poursuites « toute insinuation » suggérant le « moindre favoritisme ». Kader Arif a fait savoir qu’il ne souhaitait pas commenter ces informations. Âgé de 55 ans, il a occupé pendant dix ans (1999-2008) le poste de secrétaire fédéral du PS de la Haute-Garonne et est régulièrement présenté comme un proche de François Hollande.


Le Franco-Algérien Kader Arif devient ministre délégué aux Anciens combattants

Kader Arif, né le 3 juillet 1959 à Alger, est un homme politique français membre du Parti socialiste et député européen.

Il devient ministre délégué aux Anciens combattants le 16 mai 2012 dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault.

Né à Alger, arrivé en France à l’âge de quatre ans avec ses parents restés fidèles à la France au moment de l’indépendance algérienne, Kader Arif, 52 ans est un responsable socialiste chevronné qui a toujours été proche de François Hollande. Dans son équipe de campagne, ce fils de harki a dirigé le pôle Coopération.

Diplômé en communication, ce rugbyman confirmé a concilié militantisme et vie professionnelle au début des années 1990, avant de devenir professionnel de la politique et de gravir les échelons du parti.

Pendant 10 ans il est secrétaire fédéral du PS de la Haute-Garonne (sud-ouest). Entré au bureau national du parti en 2000, il est promu au secrétariat national à partir de 2002, où il est successivement en charge des affaires Nord-Sud, de la mondialisation. Il est député européen, tête de liste de la circonscription grand Sud-Ouest élu en 2004 et 2009.