Tunisie: interpellation de 7 femmes cyber-terroristes de Daech

Les services de sécurité tunisiens ont arrêté sept femmes cyber-terroristes, soupçonnées d’avoir joué un rôle central dans la propagande pro-Daech en Tunisie, a annoncé le ministère de l’Intérieur.

Les prévenues s’acquittaient d’une importante part du travail du secteur communication du groupe Jund Al-Khilafa, branche locale de l’organisation Daech, sous la houlette d’un dirigeant terroriste connu des services de sécurité et activement recherché, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Les sept femmes, qui se prévalent des idées takfiristes, ont reconnu avoir incité au terrorisme et fait l’apologie des attentats terroristes sur les réseaux sociaux, notamment celles perpétrées sur le territoire tunisien.

Elles ont aussi avoué entretenir des liens avec des personnes parties dans des zones de guerre, notamment en Syrie et en Irak, a ajouté la même source.

Les autorités tunisiennes annoncent régulièrement des arrestations dans les rangs des groupes terroristes, dont certaines ont permis l’avortement de plans criminels d’envergure dans plusieurs villes.

Outre les attaques contre les différents corps sécuritaires et les populations civiles dans les zones montagneuses, la Tunisie a été frappée de plein fouet par deux opérations terroristes sanguinaires, avec l’attentat du musée Bardo à Tunis, le 18 mars dernier, et le carnage commis dans un hôtel de la station balnéaire El Kantaoui à Sousse, le 26 juin.


L’un des assassins présumés d’Hervé Gourdel tué fin octobre

  • Sa mort remonterait à fin octobre, mais ce n’est que ce mercredi que le gouvernement algérien l’a rendu publique: l’un des auteurs présumés de l’assassinat du touriste français Hervé Gourdel, décapité en septembre dernier en Algérie, a été tué par l’armée. Son identité et les circonstances de sa mort restent inconnues.

«Il ressort de l’enquête sur l’assassinat du ressortissant français Hervé Gourdel que l’un des auteurs de ce meurtre, identifié auparavant, a été éliminé en octobre par les éléments de l’Armée nationale populaire (ANP) dans le cadre d’une opération antiterroriste», a en effet déclaré Tayeb Louh, le ministre algérien de la Justice, cité par l’agence de presse APS. «L’enquête préliminaire dans cette affaire a permis d’identifier un nombre de terroristes responsables de l’enlèvement et de l’assassinat du touriste français, parmi lesquels figure le terroriste éliminé par les éléments de l’ANP», a précisé le ministre.

Le corps du Français toujours introuvable

Hervé Gourdel, guide de haute montagne de 55 ans originaire de Nice, avait été enlevé le 21 septembre dans la région montagneuse de Tizi Ouzou, à 110 km à l’est d’Alger. Dans une vidéo, le groupe islamiste Jund al-Khilafa ( «Les soldats du califat»), qui a prêté allégeance au groupe Etat islamique, avait revendiqué le rapt puis la décapitation de l’otage, en représailles à la «nouvelle croisade» menée selon eux par les Etats-Unis et la France contre l’EI en Irak.

Depuis l’annonce du meurtre du Français, l’armée algérienne tente de retrouver sa dépouille et traque ses assassins. Le mois dernier, elle a annoncé avoir retrouvé le camp de ses geôliers après avoir ratissé la région de la forêt d’Aït Oubane, près du lieu du rapt, et identifié les cinq djihadistes ayant participé au meurtre d’Hervé Gourdel. «L’égorgeur (…) n’est autre que Kherza Bachir, un terroriste notoire qui fait office de mufti du groupe», indiquait ainsi le quotidien algérien El Watan le mois dernier. Agé d’une cinquantaine d’années, Kherza Bachir «est natif de Bab El Oued, à Alger, et a à son actif de nombreux assassinats et attentats terroristes», précisait le journal.

De son côté, la justice du pays a lancé des poursuites contre quinze Algériens, actuellement en fuite et soupçonnées d’avoir participé au rapt. Ils sont poursuivis notamment pour «création d’un groupe armé terroriste», «prise d’otage» et «assassinat avec préméditation». Parmi elles, Abdelmalek Gouri, dit Khaled Abou Souleïmane, 37 ans, qui serait le chef de Jund al-Khilafa.

Libye: le groupe EI se développe dans l’est du pays

En Libye, le groupe Etat islamique (EI) contrôle la ville de Derna dans l’est du pays. Cette ville est même le seul endroit au monde où le groupe Etat islamique administre un territoire en dehors de sa zone irako-syrienne. L’allégeance de ces jihadistes est récente. Elle a été officialisée, la semaine dernière, par le chef de l’EI, Abu Bakr al-Baghdadi.

Ce nouveau groupe jihadiste est implanté à Derna depuis plus d’un an et se fait appeler Majlis Shura Shabab al-Islam. Composé en partie d’anciens de la brigade al-Battar – l’unité des Libyens de l’Etat islamique en Syrie et en Irak – ce groupe s’est rapidement imposé, par la force, dans ce bastion historique du jihad libyen.

En août dernier, les shebabs de Derna procédaient à leur première exécution capitale en public dans le stade de foot de la ville. Derna est totalement administrée par ces jihadistes qui appliquent la sharia et les châtiments corporels avec leurs propres tribunaux et leur police islamique.

Ces dernières semaines, les jihadistes de Derna ont officiellement prêté allégeance à l’Etat islamique, un ralliement accepté par l’émir irakien Abu Bakr al-Baghdadi dans son dernier message du 13 novembre, donnant ainsi naissance à la troisième franchise de l’EI en Afrique du Nord, après Jund al-Khilafa, en Algérie, et Ansar Bayt al-Maqdiss en Egypte.

Cette branche libyenne du groupe EI défile régulièrement dans Derna avec des dizaines de pick-up lourdement armés et revendique sa présence dans trois provinces, celle de Derna mais aussi le Fezzan et la Tripolitaine.

Dans son dernier communiqué, le groupe annonçait la mort de neuf de ses jihadistes dans des attentats-suicide à Benghazi parmi lesquels deux Egyptiens, cinq Tunisiens et deux Libyens.

 

Alors que le Sud libyen est considéré comme une zone servant de refuge et de point de ravitaillement pour les mouvements terroristes, à Paris, le ministère de la Défense dit se tenir prêt à intervenir dès que le Président de la République aura donné son feu vert. Moktar Belmoktar, Iyad Ag Ghali, Abdelkrim le Touaereg : la Défense a, en effet, la certitude que ces chefs jihasites transitent régulièrement par le Sud libyen.

Depuis deux mois, l’armée française conduit des opérations tout près de la frontière libyenne mais les troupes au sol restent officiellement en territoire nigérien. « Les Algériens observent un droit de poursuite en Libye mais nous nous ne le faisons pas ! », regrette-t-on à la Défense, à Paris.

« A ce stade, nous essayons de localiser les sites de repos d’approvisionnement des groupes armés terroristes », précise-t-on dans l’entourage du ministre de la Défense. Les localités de Sebah, Brak et Oubari sont régulièrement citées comme étant les plaques tournantes du trafic d’armes.

Le 10 octobre dernier, c’est un convoi de ravitaillement destiné au mouvement Tarik Ibn Ziad (TIZ), au Mali, qui a été intercepté et détruit sur le sol nigérien mais selon les services français – qui travaillent très étroitement avec leurs homologues américains – le mouvement nigérian, Boko Haram vient aussi acheter des armes en Libye.

« La Libye est une source de déstabilisation pour la région, et les groupes qui y prospèrent représentent également un danger majeur pour la Tunisie. Mais à ce stade, si nous intervenons en Libye, ce n’est pas dans une logique de reconstruction de l’Etat libyen mais avant tout pour éviter une déstabilisation directe des partenaires de la France au Sahel et au Sahara », confie une source militaire de haut rang.

 


Libye: un nouveau mouvement jihadiste attiré par le groupe EI

Après le groupe Jund al-Khilafa, auteurs de l’assassinat du Français Hervé Gourdel, d’autres groupes jihadistes vont-ils également rallier le groupe Etat islamique ? En Libye, en proie à la loi des milices qui s’affrontent depuis le printemps dernier, le groupe jihadiste Derna montre des signes de soutien de plus en plus forts en direction du mouvement Etat islamique.

Pour le moment sur le sol africain, un seul groupe a officiellement prêté allégeance au groupe Etat islamique. C’était en Algérie, cet été, avec la dissidence d’Aqmi, sous le nom de Jund al-Khilafa, les Soldats du califat, première franchise africaine et maghrébine du groupe EI.

La deuxième franchise africaine de l’Etat islamique pourrait venir de Libye

A l’Est, plusieurs brigades jihadistes sont actives, à Benghazi où Ansar al-Charia affronte les forces du général Haftar depuis la mi-mai. Mais c’est surtout dans la ville de Derna, située entre Benghazi et Tobrouk, qu’un autre mouvement jihadiste donne des signes de rapprochement avec le groupe Etat islamique. Ce mouvement s’appelle Majlis Shura Shabab al-Islam (Conseil consultatif de la jeunesse islamique). Il n’y a pas encore d’allégeance formelle au groupe EI, seulement un communiqué de soutien en juin dernier.

Dimanche 5 octobre, à Derna, fief jihadiste historique du pays, ce Conseil consultatif de la jeunesse islamique tenait une grande réunion publique pour débattre du califat.

Vidéo d’une exécution publique

Sur internet, une vidéo montrant une parade de plusieurs dizaines de pick-up armés chantant le slogan officiel du groupe EI circule par ailleurs. Ce groupe de Derna existe depuis à peine un an et applique une charia sans compromis.

En août, il diffusait une vidéo d’une exécution publique d’un Egyptien accusé de meurtre dans le stade de la ville. Une première en Libye depuis la révolution. Une exécution qui « concrétise les plus grandes peurs des Libyens ordinaires qui se retrouvent entre des groupes armés impitoyables et un Etat défaillant », avait alors écrit Amnesty international dans un communiqué. Depuis, ce Conseil de la choura de la jeunesse islamique a diffusé d’autres images de châtiments corporels infligés à Derna où les assassinats ciblés comme à Benghazi sont réguliers.

Source RFI


Algérie : Un Français enlevé par un groupe lié à l’Etat islamique

Un groupe lié aux djihadistes de l’Etat islamique (EI) revendique, ce lundi 22 septembre, dans une vidéo le rapt d’un Français en Algérie et menace de l’exécuter dans les 24 heures si la France n’arrête pas ses frappes contre l’EI en Irak.

Le groupe djihadiste algérien “Jund al-Khilafa” (les soldats du Califat), qui a fait allégeance au groupe Etat islamique, montre l’otage, Hervé Pierre Gourdel, demandant au président français de le sortir de cette situation. Il est assis par terre entouré de deux hommes masqués et armés de kalachnikovs.

L’otage dit qu’il est originaire de Nice et qu’il est guide de haute montagne. Il précise être arrivé samedi en Algérie et avoir été kidnappé dimanche soir.

“Je laisse à Hollande, le président de l’Etat français criminel, le soin d’arrêter les attaques contre l’Etat islamique dans les 24 heures qui suivent la publication de ce communiqué ou son ressortissant Hervé Gourdel sera égorgé”, déclare un des deux hommes armés dans cette vidéo.

Le Quai d’Orsay assure, dans l’immédiat, ne pas pouvoir confirmer l’authenticité de la vidéo.

La “coopération est totale entre la France et l’Algérie à tous les niveaux pour tenter de retrouver et de faire libérer” le Français enlevé dimanche en Algérie, indique, de son côté, la présidence française dans un communiqué. L’enlèvement s’est produit quelques heures avant un appel de l’organisation Etat islamique (EI) à tuer des citoyens – notamment Américains et Français – des pays appartenant à la coalition internationale mise en place pour combattre ce groupe djihadiste en Irak et en Syrie.

Lundi, l’armée algérienne a par ailleurs annoncé avoir tué la veille au soir en Kabylie un “chef terroriste”, terme désignant dans son vocabulaire un responsable islamiste armé.

La Kabylie, région montagneuse et boisée à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger, reste un théâtre d’opérations de groupes armés islamistes, de nombreuses années après la fin de la guerre civile qui avait opposé dans les années 1990 l’armée à des groupes islamistes extrémistes.

Depuis décembre 2005, près de 80 Algériens ont été kidnappés dans cette région, les ravisseurs exigeant une rançon de la famille. Trois d’entre eux ont été tués.

D’autre part, les Français résidant ou étant amenés à se déplacer dans une trentaine de pays ont été appelés «à la plus grande prudence» après les menaces du groupe Etat islamique visant les ressortissants occidentaux et notamment français, a indiqué le ministère français des Affaires étrangères.

Le Quai d’Orsay a transmis cette consigne à ses ambassades «dans une trentaine de pays» qui l’ont répercutée auprès des Français y habitant ou en séjour, notamment au Maghreb, au Moyen-Orient et en Afrique, a-t-on ajouté de même source.