Investissement étranger en Méditerranée : les défis de la transition

    • Pays de destination(s) : Algérie, Autorité Palestinienne, Chypre, Egypte, Euromed, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Malte, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie
    • Secteur(s) concerné(s) : Agro-alimentaire, Ameublement & équipement du foyer, Autre ou non spécifié, Banque, assurance, autres services financiers, Biotechnologies, BTP, immobilier, infrastructures, Chimie, plasturgie, engrais, Composants électroniques, Constructeurs automobiles & équipementiers, Distribution, Eau, environnement et services urbains, Electronique grand public, Energie, Equipements électriques & électroniques, Ingénierie & services aux entreprises, Logiciels & prestations informatiques, Machines et équipements mécaniques, Matériels aéronautiques, navals, ferroviaires, Médicaments, Métallurgie et recyclage, Télécommunications & internet, Textile, habillement, luxe, Tourisme, restauration, Transport, logistique, Verre, ciment, minéraux, bois, papier
    • Economie, société, environnement : l’investissement étranger déçoit en Méditerranée
      Le bilan de l’investissement direct étranger (IDE) en Méditerranée est décevant à plus d’un titre. D’abord, sur le plan quantitatif : à l’exception de quelques pays (Turquie, Israël, et Liban pour le ratio IDE/PIB), les pays MED attirent relativement peu d’investissements. Après la progression remarquable de 2005-2006, les investisseurs étrangers ont délaissé le terrain, empêchés par la crise financière et économique et découragés par le « printemps arabe ».
      Mais c’est également par ses aspects qualitatifs que l’investissement étranger pêche en Méditerranée. Depuis 2003 et la création de l’observatoire ANIMA-MIPO, les projets d’IDE détectés se concentrent dans des secteurs relativement peu efficaces en termes de création d’emploi. Par ailleurs, en contribuant au phénomène de concentration de l’activité économique dans les zones côtières, les IDE aggravent la pression environnementale sur un littoral déjà surexploité, et laissent de côté des franges entières des populations des pays MED.
    • L’investissement privé plus que jamais nécessaire
      Si au total, les revenus extérieurs sont restés stables en 2011 pour l’ensemble des pays MED, la situation est contrastée. La baisse des IDE et des revenus du tourisme se conjugue dans certains des pays à une baisse des transferts des migrants (-25% en Afrique du Nord) et parfois même des exportations (-16% en Egypte, -30% en Syrie, -67% en Libye).
      Les capacités d’action des entreprises et des Etats en sont été réduites. L’équation est délicate pour les nouveaux gouvernements qui ne disposent pas des marges de manœuvre nécessaires pour répondre aux aspirations légitimes de justice économique et sociale manifestées par leurs populations durant cette année charnière. L’investissement privé, et notamment étranger, est un des leviers qui leur permettra d’agir, à condition de savoir convaincre les investisseurs de composer avec ces attentes.
    • Soutenir des projets répondant mieux aux atouts et besoins de la région
      Deux constats récents sont néanmoins porteurs d’espoir. D’abord, une légère reprise de l’IDE semble s’être enclenchée au cours des derniers trimestres.
      Ensuite, le bilan annuel 2011 ANIMA-MIPO, paru en octobre 2012, laisse entrevoir une certaine rotation sectorielle dans les projets d’investissement, qui a privilégié les secteurs les plus stratégiques pour la région (agroalimentaire, médicament, industrie, distribution), et plus efficaces en termes de création d’emplois (logiciels, automobile, électronique, banque).
      Les pays MED et leurs partenaires financiers, européens comme internationaux, ont tout intérêt à encourager cette inflexion, en prenant mieux en compte la contribution au développement durable des projets d’investissement qu’ils autorisent ou appuient. Le réseau ANIMA s’est engagé dans cette réflexion avec le lancement en 2011 de l’initiative EDILE, soutenue par l’OCEMO et plusieurs bailleurs actifs en Méditerranée.
    • Emmanuel Noutary, Délégué Général, ANIMA Investment Network