Coproduction en Tunisie: contexte, réalisations et perspectives

Avant la sortie de l’étude de l’Observatoire de la coproduction en Méditerranée dédiée au potentiel de la Tunisie pour le développement de la coproduction prévue pour le 23 mars 2016, IPEMED vous présente le résumé analytique de ce rapport.

Situés sur une verticale reliant l’Afrique subsaharienne et l’Europe, les Pays du Sud et de l’Est méditerranéen (PSEM) ont un fort potentiel de développement. Disposant de ressources naturelles et humaines importantes, ils présentent l’avantage d’un accès aux côtes de l’Atlantique et de la Méditerranée et possèdent des liens culturels et linguistiques avec les populations des deux continents.

Dans cette région, la Tunisie cristallise de longue date l’attention des observateurs de part le caractère de « laboratoire » qu’elle a connu dans de nombreux domaines, et notamment celui de l’attraction des investissements. Pour autant, sous l’influence cumulée de la récession mondiale puis des Printemps arabes et avec la crise sécuritaire qui perdure, la Tunisie peine à attirer de nouveaux investisseurs étrangers. Les flux d’IDE entrants stagnent autour de 1,1 milliard de dollars par an après avoir connu un pic à 3,3 milliards de dollars en 2006. Si ce phénomène a touché tous les PSEM, qui ont de façon plus ou moins égale subi ces crises, la tendance tunisienne reste préoccupante notamment par rapport au Maroc qui bénéficie d’une reprise stable depuis 2010.

 

Une économie très dépendante de la conjoncture économique mondiale, en particulier européenne

Les pays européens comme principaux partenaires

La Tunisie accueille aujourd’hui près de 3 220 entreprises à participation étrangère qui représentent plus de 330 000 emplois (soit 8,25% de la population active), dont la moitié dans le secteur industriel.

Les pays de l’UE4 (Allemagne, Espagne, France, Italie) restaient en 2014 parmi les premiers investisseurs étrangers en Tunisie avec 24% des flux recensés, dont 15% pour la France.

Les investissements français et italiens s’avèrent très diversifiés et évoluent d’année en année (secteur financier, énergétique et électrique/électronique pour la France, industrie pharmaceutique, énergie, cuir/chaussures, caoutchouc et textile pour l’Italie). Au contraire, l’Allemagne et l’Espagne affichent des tendances stables et des secteurs très ciblés : les appareils électriques et électroniques pour les entreprises allemandes, et l’agriculture et l’agro-alimentaire pour celles d’origine espagnole.

 

Des IDE principalement orientés vers les activités offshore

Près de 77% des entreprises de l’UE4 (hors Espagne) présentes en Tunisie sont totalement exportatrices. En termes d’emplois, l’écart est encore plus marqué : les activités offshore allemandes représentent 95% des emplois, pour 81% chez les Français et 85% chez les Italiens. L’Espagne fait figure d’exception, ses activités offshore représentant 56% des entreprises et des emplois. Cela s’explique par la présence de l’Espagne presque exclusivement dans les secteurs encore peu libéralisés, i.e. pour lesquels un partenaire tunisien est souvent imposé pour tout investissement.

De manière générale, les IDE non offshore se concentrent sur des secteurs intensifs en capital et non libéralisés ; comme c’est le cas pour la production de matériaux de construction et, en particulier pour la France, les télécommunications.

 

Les investisseurs toujours dans l’attente

Il ressort assez nettement que les investisseurs déjà présents en Tunisie sont depuis 2011 dans l’attente d’une concrétisation de l’ensemble des projets de réformes en cours. Ainsi, (i) les investissements d’extension existent mais restent timides étant donné le potentiel du pays, et (ii) les investissements de création peinent à redémarrer.

 

Un réel potentiel pour une montée en gamme

Grâce à son passé d’ouverture et de promotion des exportations par la sous-traitance et la cotraitance, la Tunisie jouit encore d’une forte base industrielle propice au développement d’une coproduction de qualité. Cette montée en gamme est également rendue possible par l’existence d’entreprises de pointe dans chaque secteur clé. Une analyse des forces et opportunités sectorielles de la Tunisie en matière de coproduction, révèle des secteurs porteurs historiques (TIC, Industrie mécanique et Textile) et ceux d’avenir (Energies renouvelables, Santé et Pharmaceutique et Agro-industrie).

Pour la Tunisie, l’enjeu est désormais de dépasser le modèle classique d’entreprises exportatrices en adoptant une plus forte intégration des chaînes de valeur (en localisant plus de stades de production en Tunisie et en intégrant de nouveaux marchés par la diversification des exportations). Cela passera tant par la consolidation et une meilleure coordination des investissements des partenaires historiques de la Tunisie que sont la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne que par une plus grande ouverture de l’économie tunisienne vers l’Afrique. En s’imposant comme l’une des portes d’entrée de ce continent en plein essor économique, notamment pour ses partenaires européens, la Tunisie pourrait ainsi pallier l’étroitesse de son marché intérieur.

Des réformes indispensables pour favoriser le développement d’une économie inclusive et durable

Afin de rendre la Tunisie de nouveau attractive pour les investisseurs et de permettre cette « montée en gamme » de l’économie tunisienne, des réformes administratives, financières et structurelles apparaissent comme nécessaires.

 

Réformer le Code de l’investissement pour rendre la Tunisie plus attractive pour les investisseurs étrangers

La Tunisie dispose historiquement d’une législation relativement souple concernant les investissements étrangers dont le cadre actuel est fixé par le Code d’Incitation aux Investissements adopté en 1993. Pour répondre aux défis que rencontre le pays, le Ministre du Développement, de l’investissement et de la Coopération internationale, Yassine BRAHIM, a engagé un processus de réforme du Code de l’investissement qui sera l’une des bases de la nouvelle Vision stratégique 2016-2020 pour la Tunisie.

Un des principaux aspects du futur Code consistera à élargir la liberté d’investissement à une majorité de secteurs en éliminant l’autorisation du Conseil Supérieur de l’Investissement (ainsi que les autres autorisations du code pour les intégrer dans des lois sectorielles et cahiers des charges).

En outre, le nouveau Code prévoit l’adoption d’un taux unique d’impôt sur les sociétés à 15%, se traduisant par une augmentation du taux d’imposition des entreprises offshore et une diminution du taux d’imposition des entreprises onshore.

Cette réforme permettrait à la Tunisie de jouir d’une position compétitive dans la sous-région avec un taux d’imposition sur les bénéfices des sociétés parmi les plus bas.

 

Faciliter la convertibilité et le transfert de devises pour favoriser les investissements croisés

Concernant le transfert de devises à l’international, le nouveau code prévoit un délai de réponse de 15 jours maximum de la Banque Centrale. Au-delà de ce délai, la décision pourra être considérée comme favorable. Cette clause a pour objectif de soulever une des barrières les plus citées par les investisseurs : aujourd’hui, seuls les transferts au titre des opérations courantes, de la plus-value de cession ou de la liquidité des capitaux sont libres. Les autres opérations de transfert sont soumises à autorisation de la Banque Centrale.

 

Réformer le Code des douanes pour fluidifier les échanges commerciaux

Le projet de nouveau Code des Douanes pose deux objectifs majeurs : (i) l’accélération et la simplification des formalités, et (ii) la réduction des délais de chargement et d’enlèvement des marchandises.

 

Finaliser la loi sur les Partenariats Publics-Privés (PPP) afin de développer les infrastructures nécessaires au décollage économique

Le Ministre Brahim envisage aussi le développement des PPP, une mesure phare du gouvernement dans la mesure où au moins 4 des 22 projets prioritaires identifiés sont des projets en PPP. La réforme permettrait d’introduire toute forme de PPP (marché public, délégation de service public, contrat de partenariat) mais reste l’objet de débats importants justifiés par la crainte d’une perte de souveraineté de l’Etat dans l’exercice des services publics. Aujourd’hui les PPP sont autorisés dans le secteur du numérique uniquement (législation de 2008).

 

Accélérer la décentralisation et la déconcentration pour favoriser la cohésion territoriale

L’objectif recherché est en effet la création de territoires plus homogènes et s’appuyant sur de véritables bassins économiques et d’emplois. Les nouvelles régions devraient ainsi être en phase avec les réalités du terrain, tant dans l’analyse des besoins, notamment d’infrastructures économiques et sociales, que dans la capacité à fédérer les investisseurs publics et privés (tunisiens et internationaux), par l’intermédiaire de PPP par exemple.

A terme, ces changements permettront aussi bien d’améliorer la qualité des services publics régionaux que de renforcer leur présence dans les provinces les plus enclavées. C’est ainsi l’efficacité économique de tous les territoires qui s’en trouvera améliorée, de même que les facteurs de croissance à long terme par la réduction des écarts de développement.

 

Restructurer le secteur bancaire pour rendre plus efficace le financement de l’économie locale

Le secteur bancaire, marqué par la présence de nombreuses banques publiques, devrait se restructurer afin de mieux servir les besoins en financement des acteurs économiques locaux. Notons dans l’intervalle l’opportunité pour la Caisse des Dépôts et Consignation d’investir de manière complémentaire sur des projets productifs et porteurs d’emplois.

 

Favoriser les investissements productifs de la diaspora tunisienne

Plus de deux fois supérieurs aux IDE enregistrés, les transferts de fonds des émigrés tunisiens, très souvent contra-cycliques, sont trop peu souvent orientés vers des investissements productifs en Tunisie. A l’instar du Maroc, il convient de mettre en place des mécanismes pour développer et orienter ces investissements, représentant tant un facteur de stabilisation en période de crise par des investissements directs qu’un formidable outil de financement indirect de l’économie.

 

Réformer la formation professionnelle pour mieux répondre aux besoins du marché du travail

Le niveau élevé de chômage est en grande partie dû à l’inadéquation des formations avec les besoins du marché du travail : un grand nombre de jeunes diplômés sont surqualifiés alors que la Tunisie n’a pas encore réalisé la montée en gamme espérée.

Ainsi, dans un objectif de rééquilibre de la pyramide des qualifications, le gouvernement a lancé un plan de réforme du dispositif national de la formation professionnelle qui doit être accéléré.

Source IPEMED


 IDE : l’Algérie occupe la dixième place dans le monde arabe

3,5 % du total des flux d’investissements étrangers vers le monde arabe ont transité vers l’Algérie en provenance de ses partenaires, représentant  4 milliards d’euros.

Dans un rapport publié sur son site, la compagnie arabe de garantie des investissements et des crédits à l’exportation Dhaman place l’Algérie à la dixième position en matière de réception des flux d’investissements directs étrangers (IDE) en 2013.

Par ailleurs le rapport révèle une progression de 12,8% pour l’Algérie qui n’avait totalisé durant l’année 2012 que 1 milliard d’euro.


Algérie : abandon de la règle 51/49 en 2020

Promulguée en 2009 dans un contexte de crise financière, cette règle portant sur les investissements directs à l’étranger (IDE) sera supprimée à l’horizon 2020.

Selon ministre de l’Industrie et du Développement de l’investissement M. Bouchouareb, l’année 2020 sera celle de l’entrée en vigueur de la disparition des barrières tarifaires et l’établissement de la zone de libre-échange, conformément à l’accord d’Association avec l’Union européenne. A l’évidence cette règle n’était qu’une mesure conjoncturelle prise pour protéger l’économie nationale dans le contexte de la crise financière mondiale.

Le ministre s’est également exprimé sur la série de mesures prises par son département pour faciliter les investissements et assainir le climat des affaires, à l’image de la décision de créer des groupes industriels. Une sorte de remise en cause de la filialisation des entreprises mères qui n’a pas donné ses fruits. Elle a au contraire créé plus d’entraves et de bureaucratie. Et pour ce faire, la loi sur les capitaux marchands sera revisitée.

World Investment Report : l’investissement étranger repart à la hausse en 2013, +12% pour les pays MED

La CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) a publié son Rapport sur l’investissement dans le monde 2014 (World Investment Report – WIR 2014) fin juin 2014.

Après une année 2012 difficile, les investissements directs étrangers (IDE) rebondissent en 2013: les flux d’IDE ont enregistré une hausse de 9% par rapport à 2012, s’établissant à 1,45 trillions de dollars. La CNUCED estime que cette tendance haussière se poursuivra, et prédit 1,6 trillions de dollars en 2014, 1,7 trillions de dollars en 2015 et 1,8 trillions de dollars en 2017.

Les pays en développement sont aux avant-postes en 2013. En effet, ils ont absorbé 54% du flux mondial d’IDE, soit 778 milliards de dollars, reléguant ainsi les pays développés au second plan avec 39% de flux d’IDE (566 milliards de dollars).

La CNUCED salue une bonne nouvelle pour les pays les moins avancés (PMA) : les industries extractives intéressent moins les investisseurs et ne représentent plus que 11% des flux investis en 2013, tandis qu’une part croissante des IDE dans les PMA porte désormais sur le secteur manufacturier et en particulier sur les biens de consommation.

Par ailleurs, le rapport souligne qu’en 2013, 59 pays ont adopté 87 mesures politiques en faveur de l’investissement étranger (facilitation ou de libéralisation des investissements).

Une hausse globale des flux d’IDE en Méditerranée

Les flux d’IDE ont globalement augmenté en Méditerranée en 2013 dans les onze pays méditerranéens, avec un total de 40,3 milliards de dollars (Md $) contre 38,3 Md $ en 2012. Cette hausse (+12%) s’explique essentiellement par le retour des investisseurs en Egypte.

Afrique du Nord

Les flux d’IDE, qui ont augmenté de 4% en Afrique, progressent de 27% pour les pays MED nord africains. L’Egypte se positionne en leader avec 5,6 Md $ en 2013, renouant avec un niveau d’investissement proche de celui d’avant révolution (6,4 Md $ en 2010), suivie par le Maroc (3,36 Md $), un chiffre record, en hausse de 18% par rapport à 2012. L’Algérie attire 1,6 Md $, un score en hausse par rapport à 2012 (+14%) mais toujours nettement inférieur à ceux enregistrés de 2008 à 2011. La Tunisie peine en revanche à restaurer la confiance des investisseurs et n’enregistre que 1,09 Md $: un peu moins qu’en 2011, accusant une baisse de 43% par rapport à 2012. Bonne nouvelle, la Libye attire 702 millions de dollars, après deux années d’absence des investisseurs étrangers.

Moyen-Orient

Côté Moyen-Orient, la tendance est mitigée. Israël, la Turquie et la Jordanie enregistrent des hausses des IDE par rapport à 2012, avec des totaux respectifs de 11,8 milliards de dollars, 12,8 milliards de dollars et 1,7 milliards de dollars, en 2013. En revanche, le Liban et la Palestine connaissent une baisse du flux d’IDE (2,8 milliards et 170 millions de dollars respectivement). La situation en Syrie paralyse l’économie et prive à nouveau le pays d’investissements étrangers en 2013.

Evolution des flux d’IDE par pays MED depuis 2008 (en millions d’USD). Source: WIR 2014

 

Flux d’IDE 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Algérie 2 593 2 746 2 264 2 571 1 484 1 691
Egypte 9 495 6 712 6 386 -483 2 798 5 553
Israël 10 875 4 607 5 510 11 081 10 414 11 804
Jordanie 2 826 2 413 1 651 1 474 1 403 1 798
Liban 4 333 4 804 4 280 3 485 3 787 2 833
Libye 3 180 3 310 1 909 0 0 702
Maroc 2 487 1 952 1 574 2 568 2 836 3 358
Palestine 52 301 180 214 244 177
Syrie 1 467 2 570 1 469 0 0 0
Tunisie 2 759 1 688 1 513 1 148 1 918 1 096
Turquie 19 760 8 663 9 036 16 047 12 419 12 866

 

Un plan d’action pour atteindre les “objectifs de développement durable”

Exposée à de nouveaux défis économiques, sociaux et environnementaux, la communauté internationale, sous l’égide des Nations Unies, cherche à définir un ensemble d’objectifs de développement durable (ODD) pour la période 2015-2030. Succédant aux “objectifs du millénaire”, les ODD visent la réduction de la pauvreté, l’amélioration de la sécurité alimentaire, la santé et l’éducation, l’adaptation au changement climatique, et une série d’autres objectifs dans les domaines économique, sociaux et environnementaux.

La CNUCED propose dans son rapport un cadre stratégique destiné à stimuler les investissements privés contribuant aux objectifs de développement durable, afin de répondre aux défis suivants :

– orienter et galvaniser l’action pour l’investissement privé

– mobiliser des fonds d’investissements pour répondre aux besoins des pays en développement

– canaliser les investissements vers les objectifs de développement durable (Infrastructures de base, sécurité alimentaire, l’adaptation au changement climatique, santé et éducation, etc.)

– amplifier l’impact de l’investissement privé tout en réduisant les risques potentiels

Cliquez ici pour télécharger le rapport complet (en anglais) et lire les communiqués de presse en français.


Algérie : les IDE en légère hausse en 2013 selon la CNUCED

Les chiffres publiés début juillet par la (CNUCED) font état d’une hausse des IDE en Algérie pour l’année 2013, estimés à 1,2 milliard d’euros contre 1,1 milliard d’euros en 2012, soit une progression de 13%.

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), branche de l’ONU, dans son nouveau rapport  sur les IDE réalisés sur l’année 2013 met en avant les reformes du marché algérien entamées par le gouvernement pour attirer davantage d’IDE.

Source : Médafco


Rapport CNUCED 2013 sur les IDE: Les pays MED résistent à la crise

Dans son rapport annuel sur la situation des flux d’investissements directs à l’étranger (IDE) pour l’année 2012, la CNUCED fait état de trois principales tendances caractérisant la situation économique mondiale: des montants globaux à la baisse, une part croissante à destination des pays en développement, et une plus forte prise en compte de facteurs liés au développement durable.

Une chute globale des flux d’IDE qui n’affecte que très légèrement les pays MED

Comme l’avait anticipé le rapport de l’année 2011, les flux mondiaux d’IDE ont globalement chuté. La CNUCED enregistre en effet une baisse de 18% des investissements en 2012. Le montant total est de 1350 milliards de dollars, soit 1047 milliards d’euros. Ces chiffres sont quelques peu décevants dans la mesure où les flux d’IDE avaient été, depuis deux ans, en augmentation constante. Les flux de 2012 sont ainsi inférieurs aux flux enregistrés durant la période précédant la crise financière de 2008.
Les onze pays méditerranéens réunissent au total 37,3 Md$, soit 2,8% du montant total des investissements directs étranger. Le total des investissements dans les pays méditerranéens diminue donc seulement de 2% (1,64 Md$) par rapport à 2011, un résultat relativement stable compte tenu de la tendance globale. Par ailleurs la part qu’occupent ces pays sur l’ensemble des flux entrants d’IDE augmente légèrement de 0,2%. Cette année encore, une disparité persiste entre les pays MED et aucune tendance régionale homogène ne peut être observée à l’intérieur du Maghreb et du Machrek.
En effet, le Maroc fait office de moteur en termes d’attraction des IDE par rapport à ses voisins d’Afrique du Nord (et du continent Africain de manière générale) tandis que l’Algérie enregistre une forte baisse des flux d’investissement. La Tunisie parvient à continuer sa progression en termes d’attraction d’IDE. L’Egypte quant à elle réussit de nouveau à attirer des investisseurs suite à la chute des montants en 2011 même si ces derniers restent loin derrières les chiffres de 2010. Pour les pays de l’est de la Méditerranée, la tendance est plus homogène dans la mesure où les chiffres de 2012 restent relativement stables par rapport à ceux de 2011 : Les IDE sont légèrement en hausse au Liban et en Palestine et légèrement en baisse en Jordanie et en Israël. La Turquie quant à elle, après avoir presque doublé ses flux entre 2010 et 2011, enregistre en 2012 une baisse de près de 25%.

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Les pays en développement se positionnent comme première destination des IDE mondiaux

La deuxième tendance relevée par le rapport porte sur la place qu’occupent désormais les pays dits en développement. En effet, pour la première fois, ces derniers réussissent à attirer davantage d’IDE que les pays dits développés (52%) tout en étant à l’origine d’un tiers des investissements directs à l’étranger. Le record en termes d’investissement que parviennent à établir les pays émergeants est en partie du à la chute des flux d’IDE dans les pays développés qui en ont attiré seulement 32% pour l’année 2012. Le taux global d’IDE entrants pour les pays émergeants est quant à lui resté relativement stable entre 2011 et 2012.
Le développement durable est une nouvelle priorité

Enfin le rapport de la CNUCED met en avant le nombre croissant de pays ayant mis en place des réglementations afin de prendre en compte des critères de développement durable dans leurs démarches d’attraction des investissements. Les normes environnementales sont davantage intégrées et les traités tentent désormais de maximiser les effets positifs et de minimiser les effets négatifs des investissements. Le rapport de la CNUCED montre également que près de la moitié des accords d’investissements incluent dorénavant des clauses permettant à tout moment l’abandon de la démarche, ce qui ouvre de nouveaux défis pour les législateurs notamment au niveau de l’attraction des investisseurs.
Destinations des flux: L’Afrique se distingue, l’Amérique du Sud garde son attractivité tandis l’Asie perd de la vitesse

L’analyse régional des destinations des flux d’investissements met en avant le fait que les investisseurs semblent davantage enclins à investir en Afrique, notamment en Afrique du Nord où les investissements ont augmenté de 35% pour atteindre un montant de 11,5 milliards de dollars en 2012, soit environ 9 milliards d’euros.

Pour ce qui est des autres économies régionales, le rapport de la CNUCED montre que les flux d’IDE ont diminué de 5% vers l’Asie de l’Est et l’Asie du Sud-est. Il s’agit du premier recul depuis 2009. Les mauvais résultats sont en parties dus au recul des flux d’IDE vers des pays comme la Chine, Hong-Kong, la Malaisie ou la Corée-du-Sud dans un contexte de crise économique mondiale. L’Asie de l’ouest, qui comprend selon la CNUCED la Turquie ainsi que l’ensemble du Golfe Persique, enregistre de manière globale pour la quatrième année consécutive une baisse du flux d’IDE entrant sur le territoire. Ce résultat est majoritairement du à l’instabilité politique de la région. Les deux principaux bénéficiaires ‘historiques’ d’IDE, l’Arabie Saoudite et la Turquie, attirant à eux deux 52% des IDE enregistrent des baisses atteignant respectivement 23% et 25%. Toutefois, l’Arabie Saoudite laisse pour la première fois la première position en termes d’investissement entrants à la Turquie.

L’Amérique du Sud et les Caraïbes connaissent une année assez hétérogène en termes d’attraction d’investissements directs à l’étranger. Les pays du pourtour de la mer des Caraïbes voient les IDE entrants augmenter globalement de 2% tandis que pour l’Amérique du Sud, l’augmentation est de 12%. Les pays d’Amérique du Sud bénéficient d’atouts naturels, notamment en termes de ressources, permettant d’attirer les investisseurs. Le Brésil a par exemple pris de nouvelles mesures en matière de politique industrielle afin de favoriser l’investissement.

Cliquer ici pour télécharger le rapport complet


Les crises pèsent sur l’investissement dans les pays arabes de Méditerranée

La CNUCED vient de publier son rapport mondial des investissements qui restitue les flux financiers d’investissement direct étranger (IDE) entre les pays du monde. Malgré la crise économique, les IDE ont augmenté de 16% entre 2010 et 2011, pour atteindre 1500 Md$, mais le rapport pronostique que le niveau des IDE devrait diminuer globalement en 2012, notamment au premier semestre. Espérons que ce ne sera pas le cas partout, et que les pays arabes de Méditerranée qui ont été chahutés par les révolutions viennent de toucher un point bas.

Au total, les 10 pays du sud de la Méditerranée attirent en 2011 38,94 Md$ soit 2,6% des IDE mondiaux, quand ils pèsent pour 4% de la population mondiale. Ce montant qui représente presque 3 milliards de plus que l’an dernier, cache en réalité de telles disparité qu’il n’est pas possible cette année de parler de tendance homogène pour cette région : une légère baisse au Maghreb, imputable aux seules Tunisie et Libye ; une dégringolade très préoccupante en Egypte et en Syrie, le premier subissant une année de désinvestissement tandis que les autres pays du Mashrek limitent les dégâts et que la Palestine flirte avec ses meilleures années ; et des investissements qui doublent quasiment en Israël et en Turquie entre 2010 et 2011.

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Dans sa globalité, le continent africain est stable comparé à 2010 en ce qui concerne les IDE entrants (-0,9% pour 42,7Md$ en 2011), les reculs des IDE en Egypte, Libye étant largement responsables de cette performance bien en dessous de la tendance mondiale, alors que l’Afrique du Sud bénéficie d’une multiplication par quatre de ses investissements sur un an, à 5,8Md$.

L’Asie du sud-est affiche quant à elle une croissance bien au dessus de la moyenne mondiale, à 26% pour 117 Md$ d’IDE, avec des super performances de l’Indonésie, la Malaisie et Singapour (102 Md$ d’IDE à eux trois).
Les pays « ouest asiatiques » qui incluent pour la CNUCED le Golfe persique et la Turquie subissent aussi les effets conjugués de la crise économique et des printemps arabes, et accusent une chute de -16,3% des IDE (à 48,7 Md$), à mettre principalement sur le compte du Qatar (désinvestissement) et de l’Arabie Saoudite (IDE divisés par deux).
L’Amérique du Sud fait une excellente année (+34,4%) tirée par le Brésil, la Colombie et le Chili, et atteint pour la première fois un score à trois chiffres : 121,5Md$ d’IDE sur l’année. L’Amérique centrale et les Caraïbes restent stables sur la période.
Les Balkans font également une très bonne année (+67,3%), notamment Serbie et Croatie, pour atteindre 6,65Md$. Parmi les pays CIS à l’est de l’Europe, notons outre la très bonne année de la Russie, les performances de l’Azerbaïdjan et de la Biélorussie qui multiplient leurs IDE par trois, et globalement la bonne tenue ou la progression des autres pays de la zone.

A l’instar de l’inquiétude que nous manifestions dans notre Newsletter de Juin, la CNUCED constate dans son rapport que, du fait de la crise économique, de plus en plus de pays adoptent une approche restrictive par rapports aux investissements sortants, et mettent en place des stratégies pour rapatrier les investissements étrangers afin d’améliorer leur balance des paiements, de dynamiser leur création d’emploi et leur tissus industriel.
Comme chaque année, la CNUCED fait le point sur le nombre de traités commerciaux ou d’investissement signés entre pays, et note que de plus en plus d’accords incluent dorénavant un volet développement durable, ou lié à la responsabilité sociale des entreprises.

Pour accompagner cette tendance, le rapport 2012 introduit cette année un nouveau classement, le « FDI Contribution Index », qui tente d’évaluer la contribution au développement économique des IDE implantés dans chaque pays. La CNUCED évalue notamment les critères de valeur ajoutée créée, d’emploi, d’exportation, de contribution fiscale, de salaire, de dépenses en R&D et en capital. Avec des résultats parois surprenant, les rédacteurs considérant par exemple que la Turquie ou l’Algérie, au même titre que la Grèce, Taiwan ou le Japon, sont des pays qui sous performent, tant au niveau du stock d’IDE rapporté au PIB qu’au niveau de la contribution de ces IDE au développement économique du pays.

La CNUCED accompagne ce classement de propositions en faveur du développement de politiques pour l’investissement « nouvelle génération », favorisant une croissance inclusive et le développement durable. Si la méthodologie reste à affiner, cette démarche intéresse ANIMA au plus haut point et se situe dans la droite ligne de nos travaux sur les retombées économiques des IDE et l’investissement socialement responsable. Elle ouvre la voie à de possibles collaboration entre notre réseau et la CNUCED pour accompagner ces nouvelles politiques.
Emmanuel Noutary

Délégué Général, ANIMA

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« La nouvelle Tunisie: défis à relever et opportunités à générer » Tunisia Investment Forum, 14-15 juin 2012

Le Tunisia Investment Forum se tiendra les 14 et 15 juin 2012 à Tunis pour apporter des réponses concernant l’évolution de l’environnement des investissements en Tunisie. Cet événement organisé par FIPA-Tunisia réunira investisseurs, institutionnels, medias et officiels tunisiens et présentera les nouvelles opportunités d’investissement. La nouvelle carte d’accueil des IDE sera également dévoilée. Des rencontres B2B permettront de mettre en valeur l’offre régionale et les dernières opportunités d’affaires et de partenariats sur le territoire tunisien.

Jebali annonce la création d’une structure pour booster l’investissement étranger en Tunisie

Hamadi Jebali, chef du gouvernement provisoire de Tunisie, a annoncé, lundi 4 juin, à l’ouverture d’une rencontre du Conseil d’affaires arabe à Istanbul, en Turquie, la création, très prochainement, d’une structure spécialisée qui aura pour mission de faciliter la tâche des investisseurs étrangers qui projettent de créer des projets en Tunisie. Cette structure, constituée d’experts des secteurs public et privé, servira, d’après le chef du gouvernement, de banque de données sur les opportunités d’affaires dans le pays.
A nous souligner que cette rencontre, organisée à la veille de l’ouverture du forum économique mondial (les 5 et 6 juin à Istanbul), a permis à des responsables de holdings et de banques arabes ainsi qu’à des représentants de gouvernements et d’académiciens, de discuter du «rôle des grands employeurs dans la création d’emplois pour les jeunes» et de débattre des nouvelles compétences dans le monde arabe et de l’adaptation des qualifications aux marché de l’emploi.
M. Jebali a saisi cette occasion pour lancer un appel aux hommes d’affaires présents à ce meeting pour qu’ils investissent en Tunisie, indiquant que les circonstances exceptionnelles par lesquelles passent les pays arabes, nécessitent une action concertée mais aussi, une assistance de la communauté internationale pour garantir un meilleur avenir aux populations de la région.
Il a conseillé les hommes d’affaires à cibler les secteurs porteurs et à haute valeur ajoutée pour améliorer les chances des diplomés du supérieur de trouver des emplois, rappelant que la Tunisie compte 200 mille diplômés chômeurs.
A l’adresse des milieux d’affaires arabes, le chef du gouvernement a déclaré que le gouvernement prévoit de consolider les bases de la concurrence loyale, à travers la révision du code d’incitations à l’investissement dans le sens d’un meilleur partage des risques entre les partenaires, dans le cadre de la transparence et du respect des principes de la bonne gouvernance. «Le code actuel ne facilite pas la tâche à l’investisseur étranger», a-t-il reconnu, s’engageant à initier des réformes en Tunisie dans 13 secteurs dont notamment les banques et les marchés publics.
Source WMC/TAP


“Tunisia Investment Forum”, les 14 et 15 juin prochain à Gammarth

Le Forum de Tunisie sur l’investissement sur “la nouvelle Tunisie: défis à relever et opportunités à génerer”, se déroulera les 14 et 15 juin prochain, à Gammarth, auquel prendront part investisseurs, institutionnels (nationaux et étrangers), médias et autres officiels tunisiens.
Les participants se pencheront sur deux problématiques essentielles, à savoir: Quelles seraient les aptitudes réelles de la Tunisie à relever les défis que la révolution a mis à jour? Quelles opportunités offre la Tunisie nouvelle aux investissements internationaux?
Il s’agit donc pour la FIPA (Agence de promotion de l’investissement extérieur), qui organise le “Tunisia Investment Forum“, de s’intéresser aux nouveaux atouts d’attractivité pour les IDE (les nouveautés réglementaires préalables à une nouvelle génération d’investissements, les grandes idées pour l’optimisation d’un réservoir de talents..) ainsi que de la nouvelle carte d’accueil des IDE (la Tunisie des régions, les technopoles et zones industrielles, les possibilités de coopération tringulaire dans les régions frontalières…).
A travers ce forum, la FIPA espère le retour de la Tunisie sur les short lists des investisseurs potentiels. Pour ce faire, elle compte “reconstituer l’image du pays” en combinant les “atouts historiques rénovés” et les “atouts naissants confirmés” par des mesures et décisions concrètes, alors que l’environnement des affaires s’est largement ressenti de la diffusion d’informations peu rassurantes sur le pays.
Il est également prévu au programme de ce forum, des témoignages d’investisseurs installés dans les régions en 2011, l’organisation de rencontres individuelles (B to B) pour présenter les projets au niveau régional..