La Tunisie à l’honneur à la 21ème édition du «Maghreb des Livres 2015» de Paris

La 21ème édition du Salon « Maghreb des Livres » se déroule les 07 et 08 février 2015 dans la capitale française Paris et mettra à l’honneur les nouveautés de la Littérature tunisienne.

Un hommage particulier sera rendu à des sommités et leaders historiques du Maghreb arabe, comme l’ex-président Habib Bourguiba, le romancier disparu Abdelwaheb Meddeb (Tunisie), Farhat Abbes et Rachid Mimouni (Algérie).

Le Salon rendra également hommage à l’opposant marocain Mehdi Ben Barka dont le sort demeure inconnu depuis sa disparition en 1965 après avoir été kidnappé au nord de la France.

Parmi les figures de la littérature tunisienne, invités au Maghreb des livres 2015, on cite Faouzia Charfi, Sofia Bessis, Emna BelHadj Yahia, Jilani Bechikh et Azza Filali. Plusieurs autres écrivains maghrébins seront présents au salon, dont Salim Bachi, Yahia Belaskeri et Leila Sabbar d’Algérie ainsi que Leila Slimani, Maissa Bey et Fouad Aroui du Maroc.

Seront présentés dans les rayons de ce salon parisien, près de 5 000 titres de roman, nouvelle, poésie et BD dont la plupart parus en 2014 en France et au Maghreb en français, arabe et amazigh (berbère).

5 tables rondes seront axées sur des thèmes comme « Islam et démocratie en Tunisie », « Libération de la France par l’armée africaine et tragédie du 8 mai 1945″, « Ecole de la république et enfants issus de l’immigration » et « l’édition au Maghreb arabe ».

Le Maghreb des Livres est un rendez-vous annuel avec la littérature maghrébine et rassemblera près de 120 écrivains et éditeurs des cinq pays maghrébins, d’Europe et du Canada.

Cet évènement est organisé par l’association culturelle et artistique France Maghreb Coup de Soleil créée en 1985. Depuis sa création en 1994, ce salon est devenu une fenêtre ouverte sur les productions des écrivains maghrébins expatriés en France ainsi que ceux résidant dans leurs pays respectifs.

Considéré comme étant un espace de dialogue et d’échange littéraire, ce salon sera, également, l’occasion de relancer une réflexion approfondie sur l’histoire et le présent de la région maghrébine ainsi que sur la présence maghrébine en France. L’entrée est libre et gratuite.


La Tunisie, seul pays arabe à instaurer l’égalité entre citoyens et citoyennes

C’est une première dans le monde arabe. Lundi, la Tunisie a inscrit l’égalité entre les citoyens et les citoyennes dans sa Constitution.  « C’est un grand pas en avant », veut croire l’activiste Bochra Belhaj Hmida, cofondatrice de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD). L’avocate aurait bien sûr préféré une référence à « l’égalité totale entre les sexes », que réclamaient les associations féministes soutenues par l’Europe. Mais elle se réjouit  néanmoins. « C’est une bonne ébauche pour éradiquer la discrimination entre les sexes », renchérit cette militante.

Human Rights Watch et Amnesty International se sont montrées, elles, plus critiques. Ces ONG qui militent pour instaurer le modèle occidental jugent la formule « citoyens et citoyennes » trop réductrice. « La Constitution devrait préciser que les hommes et les femmes sont égaux et ont droit à la pleine égalité en droit et en fait », affirment les organisations. Elles souhaitent aussi que la non-discrimination soit élargie aux raisons « de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou autre ».

C’est d’ailleurs une première dans le monde arabe où, au regard de la loi, femmes et hommes se trouvent rarement sur un pied d’égalité. La plupart des pays n’accordent pas la possibilité du divorce par consentement mutuel, la liberté de circulation, ou encore l’égalité en matière d’héritage. Depuis son indépendance et l’adoption de la Constitution de 1956, le pays fait figure d’exemple en la matière, ayant attribué le plus de droits aux femmes grâce aux présidents Bourguiba puis Ben Ali.

Mais, depuis le printemps arabe et l’arrivée au pouvoir du parti islamiste Ennahda, le sort des Tunisiennes restait incertain. Cette petite révolution constitutive, fruit d’un consensus entre le parti au pouvoir et les courants progressistes, a suscité d’âpres débats à l’assemblée. Ennahda a été obligé de se « ranger » à la vision moderne de la Tunisie en matière de droits des femmes. Le gouvernement a donc fini par faire marche arrière sur la question de leur statut, non sans avoir tenté, en août 2013, d’inscrire la notion de « complémentarité » entre hommes et femmes. Une décision qui avait fait descendre dans la rue des Tunisiennes pendant plusieurs jours pour obtenir le recul du gouvernement. Pour l’avocate, cette volte-face est synonyme d’espoir, car « cela prouve qu’il faut continuer de militer, et ne pas baisser les bras. Les femmes ont fini par gagner. »

Dévoilement du buste du Zaïm sur l’Esplanade Habib Bourguiba

Bertrand Delanoë, Maire de Paris, dévoilera un buste  d’Habib Bourguiba offert par la Tunisie à la Mairie de Paris.

Outre le Maire, prendront la parole Aziz Krichen, Ministre conseiller auprès du Président de la République tunisienne Moncef Marzouki, et Pierre Hunt, Ambassadeur de France et Président de l’Association du Souvenir d’Habib Bourguiba.

Adel Fakih, Ambassadeur de Tunisie en France, prendra part également à cet évènement qui aura lieu mercredi 20 mars 2013 à 11 heures, sur l’Esplanade Habib Bourguiba située sur les bords de Seine dans le 7ème arrondissement de Paris.

The ‘quake’: Learning from the assassination of Chokri Belaid

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By OUSSAMA ROMDHANI


The assassination of leftist opposition leader, Chokri Belaid, last week, was an unprecedented act of political violence in Tunisia’s recent history. Across the political spectrum and throughout society at large, it was the equivalent of a quake.

Despite the mounting tensions and increasing polarization since the revolution, nobody ever expected such a heinous crime to happen. Common wisdom, domestically, had it that “the irreversible” will somehow be avoided, always. Tunisians’ reputation for pragmatism and moderation was based on their century-old tradition of aversion to violence. Political assassinations were among the red lines which were not supposed to be crossed, ever.

When it was announced by radio stations, in the morning rush-hour broadcasts of the 6th of February, the news of the shooting was met first by shock and disbelief. Listeners, on their way to work or sitting in their offices, remained glued to their radio sets. Upon confirmation of the assassination, feelings of sadness and anxiety pervaded large segments of society. Not only were people emotionally shaken by the unprecedented violence. They were deeply anguished about their own future and that of their country.

Belaid and Bourguiba

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Oussama Romdhani

 

The event was obviously the subject of intensive media coverage, at home and abroad. Reporters were immediately present at the crime scene and at the clinic where the leftist politician was pronounced dead. The funeral procession was carried live by public and private television channels. Commenting upon the live coverage, political commentator Slaheddine Jourchi could not help but compare the continuous live coverage of Belaid’s funeral to the hindered coverage of the funeral of Habib Bourguiba, Tunisia’s first president. Back in the year 2000, when Bourguiba died, the media were told that live coverage of the funeral was “technically not feasible”. A lame excuse for a lame decision to deprive the nation from bidding farewell to its charismatic leader, who despite the obvious shortcomings of some of his policies, was the most revered figure of Tunisia’s post- independence history. Nobody believed the “technical unfeasibility” explanation, since state television used to carry football games and music concerts live from all corners of the country.

This time around, coverage was unfettered and uninterrupted, for hours if not days. The public was able to mourn collectively. But, in an already-polarized political environment, accusations and expressions of blame flew left and right, exacerbating an already polarized political environment. In the radio and television talk-shows, the secular vs. Islamist divide was wider than ever. Suspicion between the two camps never seemed so acute and so dangerously-loaded.

All Tunisians had reason to grieve over this tragedy. Because of last week’s murder, their country has lost a lot of its luster, serenity and self-confidence. Children, watching the day-long funeral procession, were deeply unsettled. Today, most Tunisians are eager to hear the voices of reason which can guide them to overcoming the current challenge to their national unity. Students of Tunisian 20th century history remember how the assassination of trade-unionist leader Farhat Hached, in 1952, by a French death-squad strengthened the resolve of Tunisians and Maghrebis against French occupation. But they remember, also, how the assassination in Germany of Destourian dissident- leader Salah Ben Youssef, in 1961, by allegedly pro-Bourguiba agents, has left wounds that have yet to heal.

Aftershock tremors

Political actors have a particular responsibility managing the crisis. They need to nudge the country towards taking a step back away from the brink; and think instead of the democratic transition they must pursue and the economy they have to re-build. They should remember that there is a time for political calculus and a time for caring for the wounded soul of their country, especially that the country cannot afford protracted instability or open-ended uncertainty.

The aftershock tremors will probably continue to be felt, for a while, across the political spectrum and in society at large. The tragic death of Chokri Belaid could end up driving Tunisians further apart; but it could also usher in a national reconciliation process whose time has come. It all depends whether Tunisians can see the risks of civil strife and anarchy, which can emanate from expressions of incitement and hate. It all depends whether political protagonists can acquire the positive-sum-game mindsets that can put them on the path of peaceful power-sharing and strengthen their common resolve to achieve the goals for which the unemployed youth of Tunisia rose up two years ago. It all depends whether their common DNA of tolerance and moderation can finally prevail over current political feuds. There odds are, it will. Recent signs do show in fact that wisdom is prevailing.

The most urgent task for all the new actors today should be to rise above partisan considerations and say an absolute “No” to political violence. While it is absolutely necessary that all light to be shed on last week’s outrageous crime, the consensus should be that violence cannot be allowed to engender further violence. “An eye for an eye makes the whole world blind,” said once the Mahatma Ghandi.

Oussama Romdhani is a former Tunisian minister of Communication, previously in charge of his country’s international image. He served as a Tunisian diplomat to the United States, from 1981 to 1995. He was also a Washington DC press correspondent and Fulbright Research Scholar at Georgetown University. Romdhani is currently an international media analyst.

 

    • AL ARABIYA NEWS

Bourguiba : prison pour la tombe profanée

Un militant salafiste a été condamné par le tribunal de première instance de Monastir à huit mois de prison ferme pour “profanation” du mausolée du père de l’indépendance tunisienne, Habib Bourguiba, érigé dans la ville. Il a été condamné à six mois de détention pour la profanation du mausolée et à deux mois pour “dégradation de biens d’autrui”, a précisé l’agence officielle TAP.

 

Originaire de Nefza, au nord-ouest de la Tunisie, ce quadragénaire était entré mi-septembre dans le mausolée de Bourguiba, un bouquet de fleurs à la main, avant de franchir le cordon de sécurité placé autour de la sépulture pour se saisir d’un exemplaire du Coran placé en permanence sur le tombeau. Il a aussi dégradé des tableaux retraçant l’histoire du premier président tunisien, avant d’être maîtrisé par des gardiens.

 

Le père de l’indépendance tunisienne en 1956 est une figure honnie des milieux islamistes, réprimés sous son régime. Bourguiba avait aussi fait de la Tunisie un Etat laïc. Le mausolée –un somptueux ensemble avec une coupole dorée et deux minarets– avait été construit du vivant du premier président tunisien pour abriter sa tombe et celles des membres de sa famille, dans le centre de Monastir.

 

Président de la Tunisie de 1956 à1987, Habib Bourguiba est décédé en avril 2000 à l’âge de 97 ans après avoir vécu reclus pendant 13 ans. Il avait été déposé par Zine El Abidine Ben Ali, qui a été lui-même renversé en janvier 2011 par une révolution.

Tunisie: Bourguiba réhabilité ?

La presse tunisienne commémorait aujourd’hui la mort du “père de l’indépendance” Habib Bourguiba, décédé il y a 12 ans, saluant à l’unisson un personnage “visionnaire” en dépit de son legs controversé.

“Bourguiba est mort, vive la modernité”, titre le quotidien francophone La Presse, tandis que les quotidiens arabophones Chourouk et le Maghreb évoquent en une “le retour du bourguibisme”. “Un homme d’Etat qui a lutté contre l’ignorance et la pauvreté”, titre pour sa part le quotidien Essabah, avant d’introduire des “mais…”

 

Premier président après l’indépendance en 1956, Habib Bourguiba avait été déposé en novembre 1987 par Zine El Abidine Ben Ali, son premier ministre à l’époque et est décédé le 6 avril 2000. Il est considéré comme le père de la Tunisie moderne mais aussi comme un despote, voire un dictateur.

 

“Certes, la démocratie n’était pas son fort et son règne a été un véritable one man show. Mais il a conduit une véritable révolution sociale de modernisation (…) avec des victimes aussi, des traitements musclés, de la torture et quelques assassinats politiques”, résume un éditorial de La Presse. “Ce qui est acquis désormais, c’est que le premier président de la République tunisienne ne laisse personne indifférent”, ajoute le quotidien.

 

“Bourguiba était un héros”

 

Le président de la République Moncef Marzouki s’est rendu ce matin à Monastir (centre-est), la ville natale de Bourguiba, pour se recueillir sur la tombe de l’ancien leader avec des proches et des notables locaux. Ancien opposant à Bourguiba, M. Marzouki avait tenu à rendre un dernier hommage à Bourguiba le jour de sa mort, alors que la plupart des Tunisiens furent privés des images de ses funérailles par le régime de Ben Ali. La foule s’est invitée sur l’esplanade du mausolée au dôme doré, qui comprend un musée exposant les ouvrages, habits, photos et documents personnels de Bourguiba.

 

M. Marzouki a déclaré que “le peuple tunisien a réhabilité le leader Habib Bourguiba après le 14 janvier”, date de la chute de Ben Ali, qui a traité son successeur en reclus vivant sous surveillance jusqu’à la fin de ses jours. Il s’est déclaré pour une réécriture “objective” de l’histoire de la Tunisie qui doit reconnaître “tous ceux qui se sont sacrifiés pour l’indépendance” et dont le rôle a été occulté, notamment les partisans de Salah Ben Youssef, leader nationaliste assassiné.

 

“Bourguiba était un héros. Il n’était pas un homme de clan, personne ne doit instrumentaliser son image et son legs, il n’avait de vrai parti que le peuple”, a déclaré à la presse Hajer sa fille adoptive, candidate malheureuse à Monastir aux premières élections post-révolution du 23 octobre.

 

Plusieurs responsables politiques tunisiens se réclament désormais de la “pensée bourguibienne” et un grand meeting avait réuni fin mars à Monastir des milliers de personnalités, dont l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, qui tente de fédérer plusieurs partis pour former une opposition crédible face à la majorité dominée par les islamistes d’Ennahda.


Tunisie: création d’un musée consacré au Leader Habib Bourguiba à Monastir

”Beit Bourguiba” (La maison de Bourguiba) est l’appellation qui sera donnée au palais du marbre relevant de l’ancien Palais présidentiel à Monastir” a indiqué, M.Adnene Mnaser, Porte parole de la présidence de la République, au cours d’une rencontre organisée, mercredi, au siège du gouvernorat de Monastir, avec des représentants de la société civile. en présence du gouverneur de la région et de spécialistes dans le domaine de l’archéologie.

Il a fait observer que le projet comporte un complexe comprenant un musée dédié au leader Bourguiba, un centre de documentation au profit des chercheurs et une salle de conférence, ajoutant que des effets personnels de Bourguiba trouvés dans le palais présidentiel de Carthage seront exposés dans le nouveau musée.

M.Mnaser a ajouté que 680 albums photos sur les visites de Bourguiba à l’étranger et ses diverses autres activités ont été trouvés dont la majorité sont en bon état, outre des enregistrements audio des discours de Bourguiba et 110 boîtes d’archives relatives à ses activités.

Il a précisé que le coût global du projet est estimé à 3 millions 200 mille dinars dont une partie sera réservée à l’aménagement de fontaines publiques.

Des efforts sont actuellement déployés pour achever la première tranche du projet, consistant en la construction du musée Habib Bourguiba sur une superficie de 500m2, avant la fin du mois de juillet prochain.

Par ailleurs, le Porte parole a incité les associations à participer à la sauvegarde du musée du leader Habib Bourguiba, musée qui fera partie du parcours touristique de la région.

De son côté, M.Riadh Haj Said, chef du projet du palais du marbre, relevant de l’Institut national du patrimoine a souligné à l’Agence TAP que ”l’architecture du palais est simple mais compte des matériaux de construction nobles dont du marbre blanc, rose et vert, ainsi que des ornements en bois et des lustres de luxe.