Coface : Le risque politique mondial au plus haut en 2017

L’assureur Coface a tenu son traditionnel Colloque Risque Pays 2017 mardi 24 janvier à Paris. 2017 sera rythmée par le risque politique et le risque bancaire dans les pays émergents. « Malgré la récente embellie de la conjoncture, l’incertitude continuera à dominer le climat économique mondial cette année ». Coface améliore ses évaluations pour 11 pays (Estonie, Islande, Espagne, Bulgarie, Kenya, Argentine, Chypre, Ghana, Serbie, Bosnie et Pakistan). En revanche, le Mexique, la Jordanie, l’Afrique du Sud et la Mauritanie voient leur évaluation se dégrader.

Après deux années consécutives de ralentissement, la croissance mondiale devrait connaître une légère amélioration en 2017 (+2,7% après 2,5%), portée par un rebond de l’activité dans les pays émergents (+4,1%), suite au redémarrage du Brésil et de la Russie qui compenserait le ralentissement de la Chine. Les pays avancés afficheraient une croissance stable (+1,6%). La faible croissance du commerce mondial (prévision de +2,4% en 2017, après une moyenne de 2,2% entre 2008 et 2015 et de 7,0% entre 2002 et 2007) peut être freinée davantage par la résurgence des mesures protectionnistes suite à l’élection de Donald Trump. A court terme, de telles mesures toucheraient moins l’économie américaine en fin du cycle (+1,8%) que les pays qui exportent beaucoup vers les Etats-Unis : l’Amérique centrale (Honduras, El Salvador, Mexique, Equateur) et certains pays asiatiques (Vietnam, Thaïlande).

Compte tenu de la forte dépendance du Mexique de ses exportations vers les Etats-Unis (7% de son PIB) et sur fond de hausse de l’inflation et de baisse des investissements, Coface dégrade son évaluation risque pays à B. L’Argentine, au contraire, ne serait que peu touchée par l’effet « Trump » et, après une année difficile, devrait commencer à récolter le fruit de ses réformes, ce qui conduit Coface à améliorer son évaluation à B.

La question du risque politique sera à nouveau au cœur des préoccupations en 2017. Du côté des pays avancés, c’est l’Europe qui concentre l’essentiel des incertitudes politiques en amont de plusieurs échéances électorales décisives et dans l’attente des modalités exactes du Brexit. Depuis un an, l’indicateur du risque politique européen de Coface a augmenté de +13 points en moyenne en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni. En cas de choc politique majeur de la même ampleur que le référendum britannique, la croissance européenne pourrait baisser de -0,5 point en moyenne. Dans les pays émergents, le risque politique est plus élevé que jamais, nourri par le mécontentement social et l’explosion du risque sécuritaire. La CEI, à cause de la Russie (score 63% sur 100% en 2016), et la région Afrique du Nord / Moyen-Orient, avec la Turquie (62%) et l’Arabie Saoudite (62%), se distinguent comme les plus risqués parmi les grands émergents. La montée des frustrations politiques et sociales en Afrique du Sud est en partie à l’origine de la dégradation de son évaluation à C, dans un contexte de très faible croissance. Le risque sécuritaire (qui comprend les actes terroristes, conflits et homicides) est une nouvelle composante de l’indicateur du risque politique émergent. Sans surprise, il est le plus élevé en Russie et en Turquie.

L’endettement élevé des entreprises fragilise le secteur bancaire dans les pays émergents

La montée du risque de crédit prend des formes différentes selon les pays. Dans les économies avancées le niveau des défaillances d’entreprises devrait continuer à diminuer. Seul bémol, les créations d’entreprises restent souvent à un niveau inférieur à celui d’avant crise : -19,8% en Allemagne, -5,1% aux Etats-Unis et -4,1% en Italie (variation entre 2015 et le pic d’avant-crise). Les financements octroyés aux entreprises très endettées limitent, en effet, les ressources possibles pour les jeunes entreprises en forte croissance.

L’endettement excessif des entreprises concerne aussi les pays émergents. Les entreprises chinoises sont parmi les plus endettées (plus de 160% du PIB) et leur dette a progressé de 12 points de PIB entre le deuxième trimestre 2015 et le deuxième trimestre 2016. Le taux de créances douteuses du secteur bancaire est en augmentation nette en Russie, en Inde, au Brésil et en Chine, avec en parallèle un durcissement des conditions de crédit.

Améliorations d’évaluations en Europe et en Afrique sub-saharienne

C’est la première fois depuis mi-2015 que Coface opère davantage d’améliorations de ses évaluations risque pays que de dégradations. L’Espagne est reclassée en A3, tandis que les évaluations de l’Islande et de Chypre, où les risques liés aux contrôles de capitaux s’éloignent, sont désormais respectivement en A2 et B. L’Europe centrale continue de grimper dans le classement des 160 pays évalués par Coface. L’Estonie (A2), la Serbie (B) et la Bosnie-Herzégovine (C) bénéficient d’une amélioration de leur environnement des affaires. La croissance dans ces pays atteint un niveau confortable. La Bulgarie (A4) confirme sa reprise avec une croissance modérée et la consolidation continue du secteur bancaire. En Afrique sub-saharienne, les petits pays se portent mieux que les grands. Deux pays se distinguent : le Ghana (B) qui a réussi son test de maturité démocratique en décembre dernier et a une bonne gestion des finances publiques, et le Kenya (A4) qui connaît une reprise du tourisme et une augmentation des investissements publics.

Source : Communiqué de presse Coface

Ipsos lance AFRICAP, son bureau dédié à l’Afrique sub-saharienne et au Maghreb

Pour mieux accompagner ses clients dans leur croissance sur des marchés africains en transformation rapide, Ipsos lance Africap. Ce bureau parisien dédié à l’Afrique sub-saharienne et au Maghreb travaillera en collaboration avec le réseau Ipsos déployé sur le continent africain. Pour s’engager et réussir sur ces marchés fragmentés, de plus en plus concurrentiels et qui évoluent rapidement, les entreprises ont besoin de données robustes et d’éclairages pertinents pour agir et se démarquer.

Africap, une nouvelle initiative pour mieux accompagner les entreprises désireuses de se développer sur le continent africain

Présent depuis plus de 20 ans en Afrique avec près d’un millier de collaborateurs, Ipsos annonce l’ouverture d’Africap, son bureau dédié à l’Afrique sub-saharienne et au Maghreb. Avec une équipe d’experts des marchés et des consommateurs africains, Africap accompagnera les entreprises désireuses de se développer sur le continent en leur apportant les informations pertinentes, fiables et actionnables dont ils ont besoin.

Basée à Paris au siège du groupe, l’équipe d’Africap travaille en étroite collaboration avec le réseau Ipsos présent dans une vingtaine de pays africains (*) pour apporter à ses clients les meilleures ressources opérationnelles et expertes, tant en Afrique qu’en France.

 

L’Afrique : des marchés fragmentés qui se transforment rapidement

Urbanisation accélérée, population jeune et en forte croissance, diffusion rapide des technologies numériques, émergence d’une classe moyenne… l’Afrique semble un terrain propice et un marché prometteur pour les entreprises.

Mais, comme le rappelle Florence de Bigault, Directrice d’Ipsos Africap, « investir sur le continent africain signifie faire face à des circuits commerciaux multiples, à des consommateurs aux revenus moyens encore faibles et à une grande diversité d’habitudes et de comportements ». Parmi ces freins qui compliquent le décryptage des marchés, Florence de-Bigault en identifie particulièrement quatre : la rapide transformation des modes de vies des consommateurs, la fragmentation des marchés, le manque de données fiables sur lesquelles s’appuyer, et enfin les spécificités locales demandant une adaptation importante.

« Pour nos clients, la création d’Ipsos Africap doit faciliter les études en Afrique par un meilleur accompagnement ainsi que la garantie des standards Ipsos. L’une des missions du bureau sera d’apporter aux décideurs davantage de clés pour comprendre les consommateurs et les citoyens africains » déclare Florence de Bigault.

Des études sur-mesure et adaptées

Pour mieux décrypter les habitudes de consommation des habitants sur les différents marchés, leurs spécificités et leurs demandes, Ipsos Africap lance le premier African Trend Observer, un outil de décryptage des valeurs, tendances et signaux faibles des nouvelles classes moyennes africaines ainsi qu’Africap table sur une étude d’envergure pour mesurer et comprendre les changements de comportements alimentaires des ménages urbains en Afrique.

 

(*) Ipsos est présent dans les principaux pays africains: Afrique du Sud, Algérie, Angola, Cameroun, Cote d’Ivoire, Egypte, Ethiopie, Ghana, Kenya, Maroc, Mozambique, Nigeria, Ouganda, Rwanda, Sénégal, Tanzanie, Tunisie, Zambie. Ouverture prochaine en Ethiopie.