La Palestine à l’IMA : programme complet

Informations pratiques

Quand

 

Du 18 février au 20 mars 2016

 

Institut du monde arabe, Niveaux -1/-2

Combien

 

Pour l’exposition : 5€ tarif normal / 3€ tarif réduit

Du 18 février au 20 mars 2016, plongez au coeur de l’art palestinien sous toutes ses formes : une exposition, celle de cinq jeunes artistes, Larissa Sansour, Khaled Jarrar, Bashir Makhoul et Shadi Al Zaqzouq et Nidaa Badwan, un cycle de cinéma du 26 au 28 février. Un focus sur Gaza viendra clôre la manifestation.

De nombreux artistes contemporains palestiniens sont parvenus à recréer à travers leurs œuvres un lien identitaire avec leur pays d’origine en réaffirmant leur existence et leur droit d’appartenir à cette terre (et non l’inverse!). La thématique de l’espace privé ou public, de son contrôle et de son appropriation sont les axes majeurs de cette exposition. Les oeuvres présentées proposent une vision artistique de la notion de territoire et redéfinissent l’espace palestinien.

Un cycle de cinéma proposant courts-métrages et longs-métrages d’artistes palestiniens sera proposé du 26 au 28 février :

Vendredi 26 février – 20h (long-métrage) :

> Fix Me, Raed Andoni (98′)
Projection suivie d’un débat en présence du réalisateur

Samedi 27 février – 18h (courts-métrages) :

> Soleil privé, Rami Alayan (25′)

> La Pierre de Salomon, Ramzi Maqdisi (25′)

> Roubama, Rakan Mayasi (15′)
Projection suivie d’un débat en présence du réalisateur sous réserve

> No Exit , Mohanad Yaqubi (11′)
Projection suivie d’un débat en présence du réalisateur

> Suspended Time
En présence du producteur du film Mohanad Yaqoubi – Samedi 27 Février.

Dimanche 28 février – 18h :

> Les 18 fugitives, Amer (et non pas AMer)  Shomali (75′)
Projection suivie d’un débat en présence du réalisateur Amer Shomali (sous réserve)

Flottille de la Liberté III : nouvel acte de piraterie israélien en Méditerranée

—-    —-    —-    Publié par Gilles Munier le 29 Juin 2015.

 

 

Le 29 juin 2015, Israël a encore commis un acte de piraterie en interceptant les bateaux en route pour Gaza.

3 navires de guerre israéliens se sont emparés de la Marianne, à une centaine de milles des côtes palestiniennes, dans les eaux internationales.

À 02h06 aujourd’hui (heure de Gaza) la « Marianne » a contacté la Coalition de la Flottille de la Liberté (FFC) et nous a informés que les trois bateaux de la marine israélienne l’avait entouré dans les eaux internationales, alors qu’il naviguait près de la côte de Gaza à 100 miles. Après que nous ayons perdu le contact avec la «Marianne» et à 05h11 (heure de Gaza) les forces d’occupation israéliennes ont annoncé qu’ils avaient « visité et fouillé » Marianne. Ils ont capturé le bateau et détenu tous les participants à bord « dans les eaux internationales», comme ils l’ont admis eux-mêmes. Le seul contenu positif dans l’annonce de Tsahal était qu’ils reconnaissent toujours qu’il y a un blocus naval de Gaza, malgré le refus récent du gouvernement de Netanyahu d’admettre que celui-ci existe.

Nous n’avons aucune raison de croire que la capture de Marianne était « sans incident », parce que la dernière fois que l’armée israélienne a dit quelque chose comme ça, en 2012, les personnes à bord du « Estelle » ont été gravement électrocuté et battu avec des gourdins. Retour en 2010, dix passagers de Mavi Marmara ont été assassinés par l’armée israélienne lors d’une opération similaire dans les eaux internationales.

Il est décevant que le gouvernement israélien a choisi de poursuivre la politique absolument inutile de «tolérance zéro», ce qui signifie qu’il continuera d’appliquer une punition collective inhumaine et illégale contre 1,8 million de Palestiniens à Gaza. Les actes répétés d’Israël de piraterie de l’Etat dans les eaux internationales sont des signes inquiétants que la politique d’occupation et le blocus se prolonge à l’est du bassin méditerranéen. Nous exigeons que le gouvernement israélien cesse la détention illégale de civils pacifiques qui voyagent dans les eaux internationales en soutien à de l’aide humanitaire.
Nous appelons nos gouvernements à veiller à ce que tous les passagers et membres d’équipage de la « Marianne » sont en sécurité, et de protester fortement contre la violation du droit maritime international par l’Etat israélien. Nous appelons toutes les organisations de la société civile à condamner les actions d’Israël. Les gens partout dans le monde vont continuer à répondre et à réagir à cette injustice, tout comme nous, jusqu’à ce que le port de Gaza soit ouvert et le siège et l’occupation terminé.

Photo : La « Marianne » à l’approche de Gaza

Source: Freedom Flotilla


Gaza : un ancien Président et des députés sur une flotille contre le blocus

  • La classe politique israélienne enrageait aujourd’hui contre un député arabe israélien ayant annoncé son intention de rejoindre une nouvelle flottille qui compte défier le blocus imposé à la bande de Gaza, cinq ans après l’affaire du navire Mavi Marmara. Bassel Ghattas fait scandale depuis qu’il a dit qu’il se joindrait à d’autres personnalités du monde entier censées participer à une flottille dont l’objectif est d’arriver à Gaza d’ici la fin du mois.

 

La bande de Gaza, contrôlée par le Hamas considéré comme une organisation terroriste par Israël, est soumise de la part de ce dernier à un rigoureux blocus depuis neuf ans. Les bateaux en particulier ne peuvent entrer ou sortir des eaux de l’enclave.

 

Des militants propalestiniens essaient de manière répétée de briser le blocus par la Méditerranée et se font bloquer par la marine israélienne. Le 31 mai 2010, l’une de ces tentatives avait tourné au drame quand des commandos israéliens ont donné l’assaut dans les eaux internationales à six navires civils, dont le Mavi Marmara, acheminant de l’aide humanitaire à Gaza. Dix Turcs avaient été tués dans l’opération, provoquant une grave crise entre Israël et la Turquie.

 

La flottille devrait être composée de deux navires transportant chacun une vingtaine de passagers et de trois bateaux plus petits, a indiqué la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine. Au total, environ 70 personnes venant de plus de 20 pays devraient prendre part à l’opération, dit-elle dans un communiqué. L’ancien président tunisien Moncef Marzouki ainsi que des députés des Parlements algérien, espagnol, grec et jordanien se joindront à cette flottille, selon ce communiqué.


Amnesty International accuse Israël de crimes de guerre à Gaza

Israël responsable une fois de plus de crimes de guerre. Pour la première fois Amnesty International emploie ces termes pour dénoncer les exactions de l’armée israélienne. Les faits reprochés remontent à cet été lors de l’opération « Bordure de protection » menée contre la bande de Gaza. L’ONG accuse les forces israéliennes d’avoir délibérément ciblé des civils dans leurs maisons.

Pour l’armée israélienne, l’opération de cet été contre Gaza avait un objectif : celui de détruire les positions du gouvernement du Hamas et de la branche armée de la résistance. Mais dans les faits, Amnesty International expose une toute autre réalité. Selon Philippe Luther, directeur Moyen-Orient de l’ONG, certains bombardements visaient juste à punir une population sans défense : « Pour nous, le déroulement des attaques, comme les déclarations faites à l’époque par des porte-paroles de l’armée israélienne, révèlent qu’elles ont été décidées à titre de sanction collective contre la population de Gaza, et donc ont été des crimes de guerre. »

Pour Philippe Luther, il est impératif de faire la lumière sur ces violations. Amnesty International demande d’ailleurs à ce qu’une commission d’enquête de l’ONU mène des investigations. Problème : les autorités israéliennes ne semblent pas disposer à coopérer. « Jusqu’à maintenant, les autorités israéliennes ne donnent pas l’accès à cette commission d’enquête, ni à Amnesty International, ni à aucune autre organisation internationale de droits humains». Amnesty International appelle également la Cour pénal internationale à juger les responsables de ces exactions. Entre juillet et août derniers, 2 200 Palestiniens ont été tués par les bombes israéliennes dont près de 500 enfants.

Israël rejette ces accusations de crimes de guerre formulées par Amnesty International. Emmanuel Nahschon, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, dénonce ce rapport. « Nous rejetons complètement ce rapport. Nous avons l’impression qu’Amnesty International est victime d’une machination palestinienne. C’est un rapport qui n’a aucun contexte, qui n’explique absolument pas quelles sont les raisons pour lesquelles Israël a dû attaquer certains bâtiments à Gaza », a-t-il expliqué à RFI. Un rapport qui ne signifie pas grand chose du point vue israélien et qui nie les victimes et la souffrance du côté israélien.


« Il faut un Etat palestinien » réaffirme l’UE

  • La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a plaidé samedi pour un Etat palestinien indépendant, lors de sa première visite à Gaza, où, a-t-elle prévenu, le monde « ne supportera pas » une nouvelle guerre après celle de cet été.

 

« Il faut un Etat palestinien, c’est l’objectif, et cette position est partagée par toute l’Union européenne », a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse à Gaza, où « le monde ne supportera pas une quatrième guerre », après trois offensives israéliennes meurtrières ces six dernières années. La visite de Mme Mogherini intervient alors que Palestiniens et policiers israéliens s’affrontent chaque nuit dans les rues de Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël.

 

Parallèlement, à Gaza même, une série d’attentats perpétrés vendredi contre les biens de responsables du Fatah, a mis à mal la difficile réconciliation en cours avec les islamistes du Hamas, indispensable à la reconstruction du territoire palestinien dévasté par la guerre.

 

Les 50 jours de guerre (8 juillet-26 août), qui ont fait près de 2.200 morts côté palestinien, en majorité des civils, et plus de 70 côté israélien, quasiment tous des soldats, ont largement détruit l’enclave palestinienne. Quelque 134 pays dans le monde ont reconnu la Palestine, selon l’Autorité palestinienne. Le dernier en date est la Suède, qui est devenue le 30 octobre le premier pays membre de l’Union européenne à reconnaître l’État de Palestine.

 

A Londres, le Parlement britannique a voté en faveur d’une reconnaissance de l’Etat de Palestine, tandis que les députés du parti socialiste (PS) au pouvoir en France préparent une proposition de résolution invitant le gouvernement à reconnaître l’État palestinien, qui pourrait être votée dans les prochaines semaines.

Le Nobel de la paix Malala fait un don pour les écoles rasées par Israël à Gaza

  • Malala Yousafzai a annoncé cet après-midi qu’elle allait verser le montant du prix des Enfants du monde qui vient de lui être décerné à la reconstruction des écoles de Gaza bombardées par Israël.

 

« Cet argent va être consacré dans sa totalité à la reconstruction d’écoles pour les enfants à Gaza, je pense que cela va assurément aider ces enfants à poursuivre leur scolarité, à obtenir un enseignement de qualité », a dit la jeune Pakistanaise de 17 ans, lors d’une conférence de presse à l’occasion de la remise du prix des Enfants du monde.

 

« Nous savons déjà à quel point les enfants ont souffert des conflits et de la guerre à Gaza, ces enfants ont besoin de notre soutien maintenant, parce qu’ils vivent des situations difficiles », a-t-elle ajouté.

65 écoles détruite par les forces d’occupation

L’argent sera versé via l’UNRWA, l’agence onusienne pour l’aide aux réfugiés palestiniens, et devrait participer à la reconstruction de 65 écoles détruite par les forces d’occupation.

 

Le prix des Enfants du monde a été fondé en 2000. C’est une formation annuelle destinée aux enfants du monde entier lors de laquelle ils suivent un programme éducatif leur apprenant leurs droits. Le programme s’achève par un vote mondial lors duquel les participants élisent leur lauréat.

 

Malala est la première enfant, à l’exception d’Anne Frank, primée à titre posthume, à recevoir le prix qui a déjà honoré Nelson Mandela, Graca Machel et Kofi Annan.

 

Outre Malala, John Wood (Etats-Unis), un ancien dirigeant de Microsoft qui a fondé une organisation pour l’alphabétisation, et Indira Ranamagar (Népal), qui travaille avec des enfants de prisonniers, ont été récompensés. Les trois lauréats se partagent 100.000 dollars.

 

Malala milite depuis l’âge de 11 ans. Rescapée des balles des talibans, elle a refusé de se laisser intimider et poursuit sa lutte pour l’éducation et la tolérance.

 

Elle est la plus jeune récipiendaire du Prix Nobel de la Paix, qu’elle recevra à Oslo le 10 décembre, conjointement à Kailash Satyarthi, colauréat du prix.

Qui bénéficie des milliards promis pour la reconstruction de Gaza ?

—   —   Publié par Gilles Munier sur 17 Octobre 2014

Par Maureen Clare Murphy ( revue de presse : Agence Media Palestine- 14/10/14)*

Une conférence de donateurs qui s’est tenue au Caire dimanche dernier pour la reconstruction de Gaza dévastée par la guerre a affiché un engagement total de 5,4 milliards de dollars de la part de différents gouvernements occidentaux et arabes.

En réalité, Israël est le véritable bénéficiaire de cette aide monétaire. La communauté internationale, ainsi qu’elle se proclame, a une fois de plus payé la facture de la reconstruction de même qu’elle arme Israël et l’assure de l’impunité qui ne fait que récompenser son assaut sur Gaza et garantit essentiellement sa répétition.

« C’est la troisième fois en moins de six ans, qu’avec les habitants de Gaza, nous avons été contraints de faire face à un effort de reconstruction » a déclaré un John Kerry exaspéré à la conférence. C’est comme si, pour le secrétaire d’État américain, le bain de sang de cet été était tout sauf inévitable, vu tout l’armement prodigué à Israël ajouté à l’aide financière et à la couverture diplomatique déployées depuis les assauts d’envergure de novembre 2012 et de l’hiver 2008-2009.

Les participants à la conférence des donateurs ne font que l’effort minimum leur permettant de prétendre qu’ils donnent la priorité aux survivants de Gaza, alors que plus d’un sur mille des 1 800 000 Palestiniens de Gaza, dont la plupart sont réfugiés, a été tué.

L’Autorité palestinienne, basée dans la ville de Ramallah en Cisjordanie occupée, a déjà annoncé que la moitié des engagements financiers de la conférence de dimanche ne parviendra même pas à Gaza.

Les engagements pour Gaza détournés à Ramallah

Au contraire, ces fonds seront détournés vers le budget de l’Autorité palestinienne sur des postes non spécifiés.

Bien que l’AP n’ait pas dit comment elle va utiliser les fonds levés à la conférence pour la reconstruction de Gaza qu’elle s’est réservés, « le secteur de la sécurité s’est développé plus vite que n’importe quel autre domaine de l’Autorité palestinienne », au cours de la dernière décennie, ainsi que l’ont noté Sabrien Amrov et Alaa Tartir dans un document de politique générale publié par le think tank palestinien Al-Shabaka.

L’année dernière, 26% du budget de l’AP ont été consacrés à la sécurité (en comparaison des 16% pour l’éducation, 9% pour la santé et un minuscule 1% pour l’agriculture qui est historiquement la colonne vertébrale de l’économie palestinienne). 44% des fonctionnaires de l’AP sont employés dans le secteur de la sécurité – plus que dans tout autre, ont souligné Amrov et Tartir.

L’Autorité palestinienne – qui a déjà bloqué les efforts pour porter les crimes de guerre de Gaza cet été devant la Cour pénale internationale – est dirigée par Mahmoud Abbas, qui a récemment décrit la collaboration avec les forces d’occupation israéliennes en Cisjordanie comme « sacrée ».

L’AP se saisit de l’opportunité

Plus de quarante Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes en Cisjordanie occupée depuis le début de l’année ; quatorze ont été tués pendant la même période en 2013. « La coordination de la sécurité » est de toute évidence concernée par la préservation des vies palestiniennes.

Ainsi que l’ont souligné Amrov et Tartir, « la résistance armée naguère considérée comme inséparable de la lutte palestinienne pour l’auto-détermination, est traitée par l’AP comme une forme dissidente qui relève non simplement du contrôle mais de l’éradication et de la criminalisation.

Le paradigme actuel de la coordination de la sécurité, disent Amrov et Tartir, « est de criminaliser la résistance contre l’occupation et de laisser Israël – et ses laquais – être seuls détenteurs de l’usage des armes contre une population sans défense.

Étant donné que l’Autorité palestinienne qui fonctionne comme la branche policière de l’occupation israélienne, se positionne elle-même comme l’opérateur de la reconstruction de Gaza, cette position sera certainement utilisée comme une opportunité par ceux qui veulent démanteler la résistance armée (qui a défendu Gaza et a fait preuve d’une plus grande discipline et d’une meilleure capacité tactique que dans toutes les confrontations antérieures avec Israël).

Bien que l’AP ait joué des coudes pour mettre le leadership du Hamas sur la touche à Gaza, toute tentative de reconstruction est soumise au final au pouvoir d’Israël.

(il vaut la peine de noter que l’Organisation de Libération de la Palestine a déclaré à l’Agence de presse Ma’an News dimanche qu’aucune date n’a encore été fixée pour démarre des projets de reconstruction à Gaza).

Rappelant aux observateurs qui est effectivement en position de responsabilité, des ministres de l’AP basés en Cisjordanie, dont le Premier ministre Rami Hamdallah se sont vu refuser par Israël des permis d’aller à Gaza où Israël impose une fermeture et un blocus économique, renforcés par la conférence des donateurs tenue en Égypte.

« Plus de 50 ans pour reconstruire »

L’Agence d’aide internationale Oxfam a mis en garde la semaine dernière sur le fait que l’argent promis à la conférence mondiale des donateurs « va croupir sur des comptes bancaires pendant des décennies avant qu’il n’atteigne les gens, sauf à ce que les restrictions sur les importations imposées depuis longtemps par Israël ne soient levées ».

L’importation de matériaux de base pour la construction à Gaza ayant été interdite à quelques exceptions près depuis 2007 et les tunnels d’approvisionnement sous la frontière avec l’Égypte massivement détruits, les Palestiniens sont dans l’incapacité de reconstruire.

Oxfam a précisé que « dans le cadre des restrictions et du rythme des importations actuels, il pourrait falloir plus de 50 ans pour construire 89 000 nouvelles maisons, 226 nouvelles écoles, de même que des équipements de santé, des usines, de l’assainissement dont les habitants de Gaza ont besoin.

Quel que soit le montant levé auprès des donateurs internationaux pour la reconstruction, Israël détermine ce qui entre à Gaza et ce qui en sort.

L’Agence des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires note dans un récent rapport de suivi que des cargaisons de matériaux de construction apportés à Gaza le mois dernier étaient « destinées à des projets pré-approuvés par les autorités israéliennes et dont la mise en œuvre était confiée à des organisations internationales à Gaza ».

La main mise d’Israël sur l’économie de Gaza s’applique aussi aux exportations – les premiers camions transportant des biens à l’exportation depuis juin sont les deux seuls qui ont été autorisés le mois dernier à traverser la zone de contrôle commercial exercé par Israël.

Responsabilité ou complicité

Le BNC, le Comité Palestinien pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions, condamne le manque de pression significative sur Israël pour l’arrêt du blocus qui a mis à genoux l’économie de Gaza avant même les destructions perpétrées à Gaza cet été – au cours desquelles 419 locaux professionnels et magasins ont été endommagés et 128 complètement détruits.

Le BNC a déclaré dimanche que « les promesses des donateurs financiers n’exonèrent pas Israël de sa responsabilité dans les graves violations du droit international dont il s’est rendu coupable, dont des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, pas plus qu’elles ne rendent justice aux victimes palestiniennes ».

La déclaration ajoute que « le blocus israélien et les assauts militaires répétés contre la bande de Gaza occupée font partie des efforts systématiques d’Israël pour séparer de façon permanente la petite bande de Gaza de la Cisjordanie et pour « se débarrasser » de sa population palestinienne nombreuse, composée principalement de réfugiés de la Nakba de 1948, dont les droits et les revendications sont restés sans réponse en Israël ».

Le BNC critique les agences internationales y compris celles des Nations Unies et le Comité International de la Croix Rouge pour avoir agi dans le cadre de la politique israélienne de séparation et de punition collective.

S’ils n’adoptent pas un embargo militaire global et contraignant sur Israël, les États donateurs, les agences internationales et les organisations non gouvernementales se rendent complices d’une politique injuste et illégale de punition collective ; c’est ce que le BNC exprime clairement. Et il n’y a pas de mécanisme de redevabilité envers le public palestinien.

Abandonner Gaza

Face à cette réalité, il est tragique mais non surprenant que de jeunes Palestiniens de Gaza, confrontés à un taux de chômage de 60%, aient perdu espoir et mettent leur vie entre les mains de passeurs dans une tentative pour se rendre en Europe et avoir un avenir.

« Cela ne s’est jamais encore produit… même aux pires moments, les gens n’ont jamais considéré la possibilité d’abandonner la bande de Gaza », a dit Sarah Roy, qui a étudié l’économie de Gaza pendant trente ans, lors d’une interview fait par Bettina Marx pour Deutsche Welle.

« La classe moyenne a été réduite à néant » a dit Roy.

Même le naufrage intentionnel d’un bateau transportant environ 500 passagers dont beaucoup de Palestiniens de Gaza qui sont donnés pour noyés pour la plupart, au large des côtes de Malte le mois dernier, n’a pas endigué la migration de masse de la bande de Gaza via les tunnels clandestins.

En août 2012 les Nations Unies ont publié un rapport sur la question de savoir si Gaza serait un lieu vivable en 2020. Mais dès aujourd’hui, Gaza est invivable.

*Traduction SF pour l’Agence Media Palestine

Version orginale: Who benefits million pledged Gaza recontruction


Israël fera payer la reconstruction de Gaza par les USA et leurs alliés

Les États-Unis ont promis 212 millions de dollars d’aide, le Qatar octroierait 1 milliard et la France 50,5 millions.

La promesse a été faite lors de la conférence sur la reconstruction de la bande de Gaza, dimanche. La moitié sera affectée à la reconstruction du territoire, le reste réparti pour le peuple palestinien.

L’autorité palestinienne avait requis 4 milliards de dollars pour reconstruire la bande de Gaza, elle en obtiendra 5,4. C’est ce qui a été annoncé lors de la conférence sur la reconstruction de la bande de Gaza qui s’est déroulée dimanche 12 octobre, selon le ministre norvégien des Affaires étrangères Borge Brendle:

« La moitié sera affectée à la reconstruction de Gaza, et l’aide sera distribuée en fonction des besoins quotidiens du peuple palestinien. » Mais qui redistribuera l’argent aux autorités de Gaza : Israël ou l’Autorité palestinienne?

« Les habitants de Gaza ont désespérément besoin de notre aide, et cela ni demain ni la semaine prochaine, mais tout de suite », a déclaré John Kerry qui a soutenu politiquement et militairement l’attaque israélienne. Selon lui les États-Unis ont offert 212 millions de dollars pour la reconstruction de cette vaste prison à ciel ouvert. Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Khaled al Attiya, a quant à lui annoncé le déblocage d’un milliard de dollars, alors que les Émirats arabes unis, le Koweït et la Turquie ont promis chacun 200 millions de dollars.

La France, qui a appuyé la destruction de Gaza, fait partie de la cinquantaine de pays donateurs. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui coprésidait la conférence, elle a décidé de mobiliser cette année 40 millions d’euros (50,5 millions de dollars).

 

L’Allemagne paiera!

 

Également, l’Allemagne a promis de contribuer à hauteur de 50 millions d’euros (63 millions de dollars) et le Royaume-Uni donnerait 32 millions de dollars.

Profitant de cette réunion, John Kerry a demandé à ce que l’ensemble des participants à la conférence s’engagent en faveur de la paix au Proche-Orient, estimant qu’un accord définitif entre Israël, les Palestiniens et l’ensemble des pays arabes de la région pouvait être trouvé:

« Cette conférence ne doit pas déboucher seulement sur une aide financière mais sur un nouvel engagement de toutes les parties à œuvrer pour une paix qui réponde aux aspirations de tous – les Israéliens, les Palestiniens et toutes les populations de la région. Et je vous assure de la détermination entière du président Obama, de moi-même et des États-Unis pour y parvenir. »

L’attaque israélienne « Bordure protectrice » a coûté la vie à 2.100 Gazaouis, en majorité des civils et à une centaine de soldats israéliens. En sept semaines de bombardements, 18.000 bâtiments ont été détruits. L’Autorité palestinienne avait chiffré à 6 milliards d’euros le coût de la reconstruction dans la bande de Gaza au début du mois de septembre.


Gaza: 500 enfants tués sur 2100 victimes palestiniennes

Le bilan est terrifiant: en 50 jours, l’opération militaire israélienne sur Gaza, perpétrée entre le 8 juillet et le 26 août 2014, a tué 2101 Palestiniens dont 493 enfants, 253 femmes et 714 hommes civils, indique une infographie de l’AFP établie au 27 août à partir des chiffres de l’UNOCHA, le bureau de coordination pour les affaires humanitaires des Nations Unies.

Côté israélien, les morts sont 30 fois moins nombreux : 64 soldats et 6 civils ont été tués par les ripostes palestiniennes soit 70 au total, selon la même source.

Crise humanitaire

Les conséquences à long terme de la dernière attaque de l’Etat juif sur Gaza concernent les blessés et les réfugiés. Plus de 10.224 personnes ont ainsi été blessées par les bombardements israéliens, dont 3.106 enfants parmi lesquels 1.000 devraient avoir une incapacité permanente.

Par ailleurs, 475.000 Palestiniens ont été déplacés dont 290.000 hébergés dans les écoles de l’ONU. Nombre d’entres eux retourneront dans des maisons détruites.


Gaza: des chefs du Hamas et du Jihad islamique apparaissent pour fêter la victoire

Des dirigeants du Hamas, le mouvement qui dirige la bande de Gaza, et du Jihad islamique, sont apparus mardi soir en public, pour la première fois depuis le début de la guerre avec Israël il y a 50 jours peu après la conclusion d’une trêve.

 

Parmi eux se trouvaient Mahmoud Zahar, un haut dirigeant de la branche politique du Hamas dans la bande de Gaza et Mohamed al-Hindi, un des dirigeant du Jihad, la deuxième force dans l’enclave palestinienne. Ce dernier a tenu un discours enthousiaste pour célébrer la victoire devant des milliers de personnes rassemblées sur une place dans le quartier de Rimal dans l’ouest de la ville de Gaza.

 

Israéliens et Palestiniens ont conclu un accord de cessez-le-feu entré en vigueur mardi soir, mettant fin à un conflit qui a fait plus de 2.100 morts côté palestinien et 70 côté israélien.

 

Les dirigeants des deux mouvements islamistes, qui ont infligé à l’armée israélienne ses plus lourdes pertes depuis 2006, n’étaient pas apparus durant cette guerre au cours de laquelle l’aviation israélienne a mené plusieurs raids contre des dirigeants du Hamas.

 

Nous allons construire notre port et notre aéroport, a promis M. Zahar à la foule, alors que son mouvement a déjà revendiqué la victoire après cette guerre, la troisième en six ans à Gaza.

 

L’une des exigences des négociateurs palestiniens était la réouverture de l’aéroport de Gaza et la possibilité de réutiliser le port maritime pour mettre fin à un blocus inhumain.

 

Ces points épineux devront être discutés durant les négociations prévues sous un mois, selon la proposition du médiateur égyptien.

 

Celui qui attaquera notre port, nous attaquerons son port et celui qui attaquera notre aéroport, nous attaquerons de nouveau son aéroport, a toutefois promis M. Zahar, faisant référence aux tirs de roquettes de la résistance palestinienne sur l’aéroport de Tel-Aviv, qui ont provoqué des annulations de vols et une brève fermeture du terminal aéroportuaire durant le conflit.

 

Il a ensuite assuré que se poursuivrait à Gaza l’armement et le développement des capacités de la résistance. L’avenir est à nous, pas à l’occupant israélien, a encore lancé M. Zahar, promettant de reconstruire toutes les maisons détruites durant la guerre.

 

Selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), 475.000 Gazaouis ont été déplacés, tandis que près de 55.000 maisons ont été touchées par les frappes « ciblées » israéliennes, dont au moins 17.200 totalement ou quasi-totalement détruites. Les milliers de bombes et de projectiles lancés sur Gaza équivaudraient à l’explosion de 5 ou 6 bombes atomiques selon certains experts.

 

Nous voulons renforcer notre union avec le Jihad islamique et tous les mouvements de la résistance pour libérer toute la Palestine, a encore ajouté M. Zahar, alors que pour la première fois pour ces négociations indirectes avec les Israéliens, les Palestiniens ont envoyé au Caire une délégation représentant le Hamas, le Jihad islamique et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui chapeaute l’Autorité palestinienne.

 

Depuis l’accord de réconciliation entre le Hamas et l’OLP, les Palestiniens se sont dotés d’un gouvernement d’union nationale composé de figures indépendantes qui a remplacé les directions rivales de Ramallah et de Gaza.

 

De son côté, le vice-président du Parlement, Ahmed Bahr, dirigeant du Hamas, a ajouté: nous célébrons aujourd’hui la fête de la victoire sur l’occupant dans cette épopée légendaire (…) qui dure depuis plus de soixante ans et la création de l’Etat hébreu en 1948.

 

M. Zahar a par ailleurs promis, outre la reconstruction des habitations dans l’enclave, que le Jiuhad continuerait à s’armer et à développer ses capacités de résistance.

 

Pour Israël la démilitarisation de Gaza est une demande clé dans les négociations pour un cessez-le-feu permanent qui vont reprendre dans un mois au Caire. Israël a affirmé que lors des sept semaines de guerre, ses forces ont détruits plus de 30 tunnels du Hamas sous la frontière et avoit bombardé des milliers d’installations de lance-roquettes et de fabrication d’armes.