Gaza/flottille: un eurodéputé détenu

Un eurodéputé irlandais, qui faisait partie de la vingtaine de passagers des bateaux arraisonnés par la marine israélienne alors qu’ils tentaient de briser le blocus israélien de la bande de Gaza, est toujours détenu aujourd’hui, selon le Parlement européen. Il s’agit du député du Parti socialiste irlandais Paul Murphy, membre du groupe d’extrême gauche la Gauche unitaire européenne (GUE).

Le président du Parlement européen Jerzy Buzek a été informé de cette situation et « appelle les autorités israéliennes à libérer rapidement Paul Murphy et les autres ressortissants européens qui sont détenus avec lui », a précisé le porte-parole de Jerzy Buzek, Robert Golanski. Jerzy Buzek a également appelé les autorités israéliennes à « respecter leurs droits ».

Paul Murphy est détenu avec une vingtaine d’autres personnes qui ont refusé d’être expulsés immédiatement d’Israël, car elles contestent le fait d’être traduits devant un juge israélien, a précisé un porte-parole du groupe de la GUE au Parlement européen, Gianfranco Battistini. « Paul considère qu’il a été kidnappé en eaux internationales », a souligné M. Battistini.

Aujourd’hui, les députés du groupe ont écrit une lettre de protestation destinée aux ambassadeurs israéliens de leurs pays respectifs, a-t-il précisé. Des commandos de la marine israélienne ont arraisonné vendredi après-midi le Saoirse (Liberté en gaélique) et le Tahrir (Libération en arabe), qui battaient pavillons irlandais et canadien. Les deux bateaux ont été escortés au port israélien d’Ashdod, au sud de Tel-Aviv.

Six personnes qui étaient à bord de deux navires ont été relâchées vendredi dont deux membres d’équipage grecs, trois journalistes et un Arabe israélien. Parmi les personnes détenues figurent 14 Irlandais et des ressortissants du Canada, du Royaume-Uni, d’Autralie et des Etats-Unis. Partis de Turquie, les deux navires qui transportaient des médicaments à destination de l’enclave palestinienne avaient reçu pour consigne de ne pas opposer de résistance à la marine israélienne.


Flottille : la Turquie constitue sa propre commission d’enquête

La Turquie a annoncé jeudi avoir constitué sa propre commission d’enquête sur l’assaut israélien contre une flottille d’aide à Gaza ayant coûté la vie à neuf Turcs le 31 mai, commission qui devra rendre compte à un panel d’experts mis en place par l’ONU sur cette affaire.
« La commission nationale d’enquête et de recherche », créée au sein du bureau du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, est chargée de présenter un rapport au panel d’experts de l’ONU « sur les circonstances de l’abordage (israélien) et le traitement infligé aux activistes du convoi », souligne un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Des responsables des ministères des Affaires étrangères, de la Justice, de l’Intérieur et de la Mer prendront part aux travaux de cette commission, ajoute le document.
Neuf Turcs avaient été tués dans de violents heurts avec les commandos israéliens lors de l’abordage du ferry turc Mavi Marmara dans les eaux internationales, alors que le navire bondé de militants pro-palestiniens tentait de forcer le blocus israélien autour de la bande de Gaza.
L’assaut contre l’expédition internationale a mis à mal les relations entre Israël et la Turquie. Ankara a rappelé son ambassadeur.
Israël a aussi mis en place une commission d’enquête nationale sur l’assaut.
Ankara estime qu’Israël doit présenter des excuses, payer des compensations pour les victimes et aussi lever le blocus de Gaza.
Bien que disposant d’un représentant au sein du panel de l’ONU, Israël a menacé mardi de boycotter ce groupe s’il demandait à interroger ses soldats.