Record de fermetures d’hôtels en Tunisie

Au moins 70 hôtels ont dû fermer provisoirement leurs portes depuis septembre et d’autres devraient suivre, à la suite des deux attaques meurtrières du Prado et de Sousse.

L’activité touristique tourne toujours au ralenti en Tunisie à la suite de l’attentat contre le musée du Prado à Tunis en mars dernier et celui de Sousse en juin, tous deux revendiqués par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

“La situation est très morose. Les taux d’occupation ne dépassent pas 20%” de la capacité hôtelière du pays, a déclaré à la radio privée Mosaïque FM le président de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie, Radhouane Ben Salah. “70 hôtels ont dû fermer leurs portes depuis septembre en raison du manque de clientèle et d’autres vont suivre”, a-t-il prévenu.

“Cette situation va mettre des travailleurs au chômage technique”, a-t-il affirmé, tout en assurant que le gouvernement allait leur verser “une prime [individuelle] de 200 dinars [par mois]”, soit environ 90€, ainsi que la gratuité de la “couverture sociale pendant une durée de six mois renouvelable”.

Le secteur touristique en Tunisie emploie directement ou indirectement quelque 400 000 personnes et représente près de 10% du PIB national. Le pays avait enregistré l’an dernier plus de 6 millions de visiteurs.

La saison estivale a pu en partie être sauvée par la clientèle nationale, voire régionale (notamment algérienne) mais les arrivées de touristes européens ont chuté de moitié depuis janvier.

Sur le marché français, la Tunisie a enregistré cet été la plus forte baisse (-35%) de l’ensemble des destinations moyen-courriers, selon le baromètre Snav/Atout France. Du côté des tour-opérateurs membres du Seto, la chute a même atteint -55% cet été.

Des retombées positives après l’attribution du prix Nobel de la paix ?

Des chaînes hôtelières internationales ont récemment annoncé qu’elles fermeraient leurs hôtels tout l’hiver, à l’image du Radisson Blue Ulysse Djerba, des clubs Marmara Dar Djerba et Palm Beach ou encore du Club Med Djerba la Douce.

Lundi dernier, la Fédération tunisienne des agences de voyages (FTAV) a dit espérer des retombées positives après l’attribution du prix Nobel de la paix aux représentants du dialogue national tunisien, un quartette ayant permis de sauver la transition démocratique née de la révolution de 2011.

Elle a également appelé les pays européens ayant émis de sévères mises en garde sur les voyages en Tunisie, dont la Grande-Bretagne depuis le 9 juillet, qui a perdu 30 ressortissants à Sousse, à les lever.

A ce jour, seule la Suède, qui avait déconseillé le 10 juillet “tout voyage non indispensable”, a pris une mesure en ce sens, en limitant le 2 octobre cette recommandation aux régions les plus dangereuses, frontalières de l’Algérie et de la Libye.

Le 2 octobre, le président tunisien Béji Caïd Essebsi a levé l’état d’urgence décrété au lendemain de l’attaque du 26 juin à Sousse.

avec AFP