La France ne réinterviendra pas militairement en Libye

La France n’interviendra pas militairement en Libye, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dans la foulée des précisions apportées par le chef de l’Etat sur l’opération de démantèlement de réseaux de passeurs décidée lors de sa tournée africaine.
En marge du sommet Union européenne-Union africaine d’Abidjan, Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mise en place d’une task-force de lutte contre les trafiquants d’êtres humains en Libye entre l’UE, l’Union africaine et l’Onu, avant de préciser le lendemain qu’aucun envoi de forces militaires et de policiers français n’était “prévu à ce stade”.
“Il n’y aura pas d’intervention militaire de la France”, a déclaré Benjamin Griveaux lors du Grand Rendez-vous Europe 1-CNEWS-Les Echos.
“Il faut qu’il puisse y avoir une force interafricaine qui puisse intervenir ; la France et l’UE peuvent être là en soutien sur l’intelligence, sur les services, sur le renseignement, sur la technique”, a-t-il ajouté, soulignant que l’opération serait conduite par des contingents militaires interafricains.
Responsabilité de la France
“C’est le chaos en Libye. On a fait la guerre mais nous n’avons pas préparé la paix, et il y a là une responsabilité. Aujourd’hui des gens y meurent, il fallait donc que la France prenne cette initiative dans le cadre européen.”

Macron: «Les crimes de la colonisation européenne sont incontestables»

Le chef de l’Etat a prononce un discours ce matin devant 800 étudiants de l’Université de Ouagadougou. S’exprimant sur l’esclavage de migrants en Libye, Emmanuel Macron a annoncé qu’il allait «proposer une initiative euro-africaine» pour «frapper les organisations criminelles et les réseaux de passeurs» qui exploitent les migrants subsahariens dont certains sont réduits en esclavage.

M. Macron a également annoncé «un soutien massif à l’évacuation des personnes en danger» en Libye, qualifiant la vente de migrants comme esclaves de «crime contre l’humanité», lors d’un discours devant des étudiants burkinabès. Contrairement à ce qu’ont pensé certains,
ce n’est pas l’intervention militaire franco-britannique qu’il a qualifié ainsi.

La colonisation et non l’intervention

«Il y a eu des fautes et des crimes, des grandes choses et des histoires heureuses», mais «les crimes de la colonisation européenne sont incontestables», a déclaré le président Macron. C’est «un passé qui doit passer», a-t-il ajouté.
Le président français Emmanuel Macron a également promis que tous les documents français concernant l’assassinat de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara en 1987 seraient “déclassifiés”.
“Les archives sont aujourd’hui disponibles et ouvertes à la justice burkinabè, sauf pour les documents classifiés et couverts par le secret défense. J’ai pris un engagement clair et je viens de le dire au président Kaboré: ces documents seront déclassifiés pour la justice burkinabè qui aura accès à tous les documents sur l’affaire Sankara”, a déclaré le président français lors d’un point presse.
La mort de Thomas Sankara, devenue une figure panafricaine, était un sujet tabou pendant les 27 ans de pouvoir de l’ancien président Blaise Compaoré, qui a succédé au “père de la révolution”.

L’Afrique s’indigne du sort des clandestins vendus comme esclaves en Libye

Qu’ils viennent du Guinéen Alpha Condé, du Nigérien Mahamadou Issoufou, du Sénégalais Macky Sall ou du Malien Ibrahim Boubacar Keïta, les messages de condamnation se multiplient au lendemain de la diffusion d’une vidéo montrant des personnes vendues sur un marché en Libye. Ce reportage, tourné par la chaîne américaine CNN, sur l’existence de ventes aux enchères en Libye de candidats à l’émigration clandestine, suscite aussi l’indignation de la société civile.
Même cri du cœur poussé par l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly, installé au Mali. « Nous dénonçons l’esclavage dont sont victimes nos frères et sœurs en Libye », a-t-il lancé. L’artiste souhaite mobiliser la jeunesse africaine. « Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cette situation », poursuit-il.
A Daloa, ville du centre-ouest de la Côte d’Ivoire, fortement touchée par l’émigration irrégulière de jeunes vers l’Europe, cette vidéo choque et interpelle les acteurs locaux, qui tentent de sensibiliser les habitants sur les dangers de ce voyage périlleux.
« Nous avons entrepris des démarches pour faire revenir des jeunes de notre commune », affirme Soro Mamadou, le président de l’Union de la jeunesse communale de Daloa. « Jusque-là, nous étions au courant que des jeunes étaient enfermés dans des prisons, et qu’on sollicite leurs familles pour donner de l’argent, mais ça, les ventes aux enchères, ça nous dépasse », souligne-t-il avec dégoût.
Une pétition a été lancée cette semaine pour demander la fermeture de ces sites et l’arrêt de cette pratique. Elle a recueilli plus de 89 000 signatures en moins de deux jours.

Esclavage : plus de 36 millions de victimes dans le monde

L’Inde est le pays du monde où les victimes de l’esclavage sont les plus nombreuses, la Mauritanie celui où la proportion de la population touchée est la plus importante, l’Afrique et l’Asie les continents les plus touchés par ce fléau. Telles sont les conclusions, dévoilées ce lundi, d’une étude menée par une organisation de défense des droits de l’homme, la Fondation Walk Free.

 

L’organisation a comptabilisé 35,8 millions d’hommes de femmes et d’enfants réduits en esclavage. Ce chiffre est en hausse de 20% par rapport à 2013, non pas à cause d’une explosion du nombre de cas, mais en raison d’une meilleure méthodologie. «L’esclavage moderne est présent dans l’ensemble des 167 pays» couverts par l’étude, avance la Fondation : il peut s’agir de traite d’êtres humains, d’exploitation sexuelle, de travail forcé, de servitude pour dette ou de mariage forcé ou arrangé.

 

Cinq pays concentrent à eux seuls 61% des personnes exploitées : l’Inde, où «existent toutes les formes d’esclavage moderne», concentre 14,3 millions de victimes, devant la Chine, (3,2 millions), le Pakistan (2,1), l’Ouzbékistan (1,2) et la Russie (1,1). Suivent le Nigeria, la République démocratique du Congo, l’Indonésie, le Bangladesh et la Thaïlande.

 

 

En Mauritanie, 4% de la population est touchée, soit la plus forte proportion au monde. «L’esclavage est enraciné dans la société mauritanienne», souligne le rapport, expliquant que les «Maures noirs», descendants de Noirs asservis par les Arabes berbères arrivés en Mauritanie au XIe siècle, continuent de servir de génération en génération les «Maures blancs». «Le statut d’esclave est héréditaire», constate la Fondation. La Mauritanie est suivie, dans ce classement établi sur la proportion de personnes réduites à l’esclavage par rapport à la population du pays, par l’Ouzbékistan (3,97%). Là-bas, chaque automne, plusieurs millions d’Ouzbeks, hommes, femmes et enfants, sont contraints par le gouvernement de participer à la récolte du coton, dont le pays est un des plus grands producteurs.

 

 

Viennent ensuite Haïti, et ses «restaveks», des enfants pauvres placés comme domestiques dans des familles riches, et le Qatar et ses milliers de travailleurs migrants souvent d’origine asiatique, exploités sur des chantiers ou comme domestiques dans des familles. Suivent l’Inde, le Pakistan, la RD Congo, le Soudan, la Syrie, et la Centrafrique.

 

Quelque 8600 victimes en France

 

En bas du classement, l’Islande et le Luxembourg sont les deux pays les plus exemplaires, avec seulement 100 victimes chacun. Ils sont suivis par l’Irlande (moins de 300 victimes). La France compte 8.600 victimes.

 

Même si l’Europe dispose de la proportion de personnes exploitées la plus faible (1,6%), elle compte quand même 566.200 victimes, souvent d’une exploitation sexuelle ou économique. La Bulgarie, la République Tchèque et la Hongrie arrivent en tête des mauvais pays européens, mais c’est la Turquie qui compte le plus grand nombre de cas (185.500), dont notamment des mariages d’enfants, du travail forcé et de la prostitution.

 

Hormis la Corée du Nord, tous les pays ont mis en place des lois pour criminaliser certaines formes d’esclavage moderne. Le rapport note cependant que seuls trois gouvernements (Etats-unis, Brésil et Australie) ont mis en place des mesures pour endiguer l’esclavage moderne dans les marchés publics et les chaînes logistiques des entreprises établies dans leur pays.

 

Source LeParisien.fr avec_afp.jpg


La Mauritanie pratique l’esclavage

  • La Mauritanie reste l’un des derniers pays où l’esclavage est pratiqué, notamment vis-à-vis des Noirs, même si Nouakchott en a fait un crime contre l’humanité l’an dernier, a déclaré aujourd’hui le Comité des droits de l’homme des Nations unies. Selon un indice de référence établi pour 2013 par Walk Free Foundation, une ONG de lutte contre l’esclavage, la Mauritanie est toujours le pays où cette pratique a le plus cours par rapport au nombre d’habitants, dont 4% sont des esclaves.

 

D’autres organisations font néanmoins état de proportions allant jusqu’à 20% de la population.  “La Mauritanie est l’un des rares pays où l’esclavage existe encore”, a dit Cornelis Flinterman, un membre du Comité des droits de l’homme. “Le gouvernement semble le nier, et pourtant il y a bien une loi anti-esclavage.”  “Mais ceux qui sont réduits en esclavage peuvent très difficilement porter plainte”, a-t-il ajouté.

 

Selon l’indice établi par Walk Free Foundation, la Mauritanie, qui comme 166 autres pays a ratifié un traité international contre l’esclavage, est particulièrement sujette à la transmission héréditaire du statut d’esclave.


Dans le monde, trente millions de personnes vivent comme des esclaves

Près de 30 millions de personnes dans le monde vivent dans des conditions d’esclavage.  L’Inde, plus grande démocratie du monde, pointe en tête avec presque la moitié des personnes asservies, selon le premier classement du genre publié jeudi par Walk Free, une ONG australienne.

 

Les trois-quarts des victimes de l’esclavage sont en Asie. Mais « aucun continent n’est épargné » d’après Walk Free, une nouvelle organisation basée en Australie, soutenue par l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et le co-fondateur de Microsoft Bill Gates. L’Inde arrive en tête avec 14 millions d’esclaves, suivie de la Chine, avec trois millions et du Pakistan, plus de deux millions.

Esclavage moderne

Viennent ensuite le Nigeria, l’Ethiopie, la Russie, la Thaïlande, la République démocratique du Congo, la Birmanie, le Yemen (photo) et le Bangladesh. Ces dix pays à eux seuls comptabilisent 22 des 30 millions de personnes asservies. En Inde, « des communautés entières » dans des villages du nord sont réduites en esclavage, forcées de fabriquer des briques ou de travailler dans des carrières. La Mauritanie n’est pas mentionnée.

Depuis son abolition en Europe et dans les Amériques au début du XIXe siècle, la définition de l’esclavage a évolué. L’esclavage moderne est une situation où les gens, sous l’emprise de la violence, sont contraints de travailler sans être rémunérés ou en recevant le minimum pour survivre et ils n’ont aucun moyen d’échapper à leur sort.

 


Mauritanie: six personnes condamnées pour pratique de l’esclavage sur des enfants

C’est une première en Mauritanie : la Cour criminelle de Nouakchott a condamné lundi 21 novembre 2011 six personnes pour pratique de l’esclavage sur deux enfants mineurs. Pour les associations de défense des droits de l’homme, cette condamnation est la confirmation que l’esclavage existe encore dans le pays, comme ils n’ont cessé de le dénoncer.

L’esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie. Mais face à la persistance du phénomène, une loi criminalisant la pratique avait été adoptée en 2007. Elle prévoit jusqu’à 10 ans de prison pour les auteurs mais, jusque-là, elle n’avait jamais été appliquée malgré les cas portés devant la justice par les défenseurs des droits de l’homme.

Lundi 21 novembre 2011, la Cour criminelle de Nouakchott a finalement condamné Ahmedou Ould Hassine à deux ans de prison ferme pour pratique de l’esclavage sur mineurs. Quatre membres de sa famille ont écopé d’une peine de deux ans avec sursis. Ils devront aussi payer solidairement une réparation de 2 600 euros à Saïd et Yarg, les deux garçons de dix et quatorze ans qu’ils exploitaient pour les travaux agricoles.
Pour Bala Touré, de l’ONG anti-esclavagiste IRA, cette condamnation est un pas dans la bonne direction, mais ne suffit pas. La défense va d’ailleurs faire appel. Pour lui, « cette condamnation montre que l’esclavage perdure. C’est ce que nous avons toujours dénoncé, ajoute-il. « Ca fait quatre ans que cette loi existe.»

Bala Touré précise que « si cette loi est enfin appliquée en partie, c’est parce que des abolitionnistes se sont battus pour qu’elle soit appliquée. Nous pensons que ce verdict est léger par rapport au crime de pratiques esclavagistes sur mineurs qui ont été reconnues. Ces personnes devraient être condamnées de façon plus rigoureuse, comme le prévoit la loi. »