France/Maroc: signature d’accords dans le domaine de l’enseignement et de la recherche

Une vingtaine d’accords inter-universitaires ainsi qu’un accord-cadre entre les Conférences des présidents d’université du Maroc et de la France ont été signés à Rabat, en vue d’intensifier l’échange d’expériences et d’expertises académiques dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. 

Ces accords, dont la cérémonie de signature a eu lieu à l’occasion de la Rencontre académique bilatérale, ont pour objectif de consolider les fondements de la coopération bilatérale et de mettre en place des mécanismes efficaces de coordination en la matière. 

Il s’agit d’un accord-cadre signé par le président de la Conférence des présidents d’université du Maroc, Azzedine El Midaoui, et la vice-présidente de la Conférence des présidents d’université de France, Christine Gangloff-Ziegler, et de vingt accords conclus entre plusieurs universités des deux pays. 

Cette cérémonie a été présidée par le ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Said Amzazi, et la ministre française de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, en présence du secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Khalid Samadi, de l’ambassadeur de France, Jean François Girault, et de la directrice générale de l’Institut français du Maroc, Clélia Chevrier Kolacko. 

Moment fort de la Rencontre académique, le lancement de la Plateforme Maroc Université numérique portant sur le développement des formations à distance communes adaptées aux spécificités de l’enseignement supérieur dans le Royaume. 

Pour l’année académique 2017-2018, un total de 39.855 étudiants marocains ont poursuivi leurs études supérieures dans les établissements d’enseignement supérieur français. 

Enseignement supérieur: un pont entre les deux rives de la Méditerranée

«Dorénavant, les étudiants des pays du sud de la Méditerranée seront plus nombreux à pouvoir bénéficier du nouveau programme de l’UE pour l’éducation, la formation et la jeunesse»: voici le message délivré par la commissaire européenne, Mme Androulla Vassiliou, au sommet universitaire organisé à Nicosie ce jour. Elle a précisé que le nouveau programme, dont le lancement est prévu en janvier 2014, s’appuiera sur la réussite des programmes Tempus et Erasmus Mundus en cours. Depuis 2007, plus de 140 millions € ont été alloués à des projets impliquant les universités du sud de la Méditerranée, centrés sur l’élaboration de nouveaux programmes d’études, le recyclage des enseignants, de nouvelles méthodes d’enseignement et des investissements dans les équipements. Par ailleurs, 150 millions € ont été attribués sous forme de bourses à plus de 4 500 étudiants de cette région pour les aider à effectuer une partie de leurs études dans l’UE. En outre, plus de 750 membres du personnel universitaire ont pu bénéficier d’échanges organisés avec les universités européennes.

Plus de 200 universités d’Afrique du Nord, du Proche-Orient et de l’UE participent actuellement aux échanges. Les plus actives sont situées en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Égypte et en Jordanie. Depuis 2004, près de 800 étudiants et membres du personnel des universités du sud de la Méditerranée ont également bénéficié d’un financement pour participer à des programmes communs de masters et de doctorats.

«Le programme Erasmus Mundus a rencontré un énorme succès depuis son lancement en 2004 et je suis heureuse de pouvoir annoncer que nous serons en mesure de soutenir des échanges encore plus nombreux grâce à notre nouveau programme. Investir dans la jeunesse est le meilleur investissement qui soit, que ce soit en Europe ou dans les pays du sud de la Méditerranée. Nous voulons aider les jeunes qui sont la clé du changement social et politique et de la prospérité future de la région», a déclaré la commissaire.

La journée d’information organisée à l’université de Nicosie était l’occasion pour la Commission d’exposer ses projets d’avenir aux représentants de la communauté universitaire de la région du sud de la Méditerranée. «Nous souhaitons apporter la preuve à nos voisins de notre engagement en faveur d’une coopération durable dans le domaine de l’enseignement supérieur», a ajouté la commissaire Vassiliou. Cet événement a réuni plus de 150 personnes, au nombre desquelles des fonctionnaires issus de l’administration publique, des membres du personnel de l’enseignement supérieur et des parties prenantes du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, de Libye, d’Égypte, de Palestine, de Jordanie, d’Israël, du Liban et des États membres de l’UE.

 

Contexte

Le programme Erasmus Mundus vise à améliorer la qualité de l’enseignement supérieur par l’octroi de bourses et l’instauration d’une coopération universitaire entre l’Europe et le reste du monde. Il offre un soutien financier aux établissements et des bourses aux individus. Le financement peut couvrir:

·   des masters et des doctorats européens communs (bourses comprises)

·   des partenariats avec des établissements d’enseignement supérieur non européens et des bourses destinées aux étudiants et aux universitaires

·   des projets visant à promouvoir l’enseignement supérieur européen dans le monde.

Le programme Tempus encourage la coopération institutionnelle pour la réforme et la modernisation des systèmes d’enseignement supérieur dans les pays voisins, notamment les pays du sud de la Méditerranée. Les projets, dont le budget peut généralement atteindre 1,5 million €, se concentrent sur des domaines tels que l’élaboration de nouveaux programmes d’études, la modernisation de l’enseignement et de l’apprentissage, l’amélioration des partenariats avec les entreprises ou l’amélioration de la gouvernance dans le secteur de l’enseignement supérieur. Depuis 2003, quelque 220 millions € ont été alloués grâce à Tempus au financement de la modernisation de l’enseignement supérieur des pays du sud de la Méditerranée, et depuis 2007, ce sont 110 projets, impliquant près de 200 établissements d’enseignement supérieur, qui ont bénéficié de son financement.

La dotation des programmes Erasmus Mundus et Tempus a été considérablement augmentée au lendemain du printemps arabe. En 2011, un montant supplémentaire de 20 millions € attribué au programme Tempus a permis la création de quatre nouveaux partenariats universitaires ainsi que l’octroi de près de 560 nouvelles bourses en plus des 525 initialement prévues pour les candidats du sud de la Méditerranée. En 2012, le budget du programme Erasmus Mundus a été multiplié par deux, ce qui a permis de débloquer plus de 35 millions € pour le financement de 10 partenariats. Grâce à ce financement, quelque 1 500 étudiants de pays tiers et 400 citoyens de l’Union recevront des bourses pour aller étudier ou se former à l’étranger

Le nouveau programme de l’UE pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport continuera à favoriser la coopération entre l’UE et les pays du sud de la Méditerranée. Les étudiants des pays du sud de la Méditerranée pourront non seulement bénéficier d’une aide pour continuer à suivre des formations débouchant sur des diplômes communs mais  aussi de bourses pour participer à d’excellents programmes communs de master. Les bourses d’étude au niveau doctoral seront financées par le futur programme «Actions Marie Sklodowska Curie».

Le programme Erasmus sera aussi, pour la première fois, étendu aux universités de pays tiers.

 

Pour en savoir plus, voir:

Une étude décrivant les principales réalisations du programme Tempus en Méditerranée du sud

Erasmus Mundus

Plus sur le programme «Erasmus pour tous»

Site web de la commissaire Mme Vassiliou

Commission européenne: site web de la DG «Éducation et formation» website

Retrouvez Mme Androulla Vassiliou sur Twitter: @VassiliouEU


Tunisie/Refaât Chaâbouni : « Dès la révolution, nous avons éliminé la police universitaire »

Refaât Chaâbouni (ministre tunisien de l’Enseignement supérieur) aurait pu ne pas survivre au changement de régime tunisien après la révolution du 14 janvier 2011. Ancien secrétaire d’État sous Ben Ali, ce maître de conférences en chimie, formé en France et aux États-Unis, a été rappelé pour conduire les réformes dans l’enseignement supérieur tunisien. Son programme : finir l’année universitaire, accompagner le changement des gouvernances dans les universités, avec la fin de la police universitaire. Et rationaliser l’offre de formations pour éviter le gâchis des diplômés au chômage. Interview exclusive avec le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche tunisien.
Dans quel état se trouve votre ministère après la révolution du 14 janvier 2011, et le départ du président Ben Ali ?

Je dirai que le ministère est dans un état satisfaisant parce que c’est un ministère qui est doté de pas de mal de compétences, avec des directeurs généraux ayant une longue expérience, des cadres de haut niveau et, surtout, il y a ces mêmes prolongements au niveau des universités avec des présidents [deux sur treize ont été évincés, NDLR], des doyens, des directeurs… En réalité, la machine administrative est en état de fonctionnement. Bien sûr, après des changements successifs de ministres de l’Enseignement supérieur [au nombre de deux depuis la révolution, NDLR], il y a eu une période de flottement, mais cela n’a pas touché l’administration. Grâce à ces commis de l’État, les choses ont continué à se faire normalement.

Les enseignants et les étudiants tunisiens ont été à la pointe de la contestation cet hiver. Comment s’est passé le retour dans les amphis ?

On peut saluer la très grande maturité des étudiants. Après la révolution et une période d’ajustement d’un mois et demi, les choses sont parfaitement rentrées dans l’ordre. Deuxième point, il y avait une police universitaire sous Ben Ali. Elle avait un local dans les établissements. Dès la révolution, nous avons éliminé cette police, et les étudiants ont montré qu’ils pouvaient se gérer eux-mêmes malgré les divergences de vues politiques qui pouvaient y avoir entre eux. Au niveau des enseignants, les collègues ont pris sur eux d’organiser des sessions de rattrapage et de revoir un certain nombre de points de programme. Du coup, il y a simplement trois semaines de décalage dans l’organisation des examens. Par ailleurs, c’est remarquable : en dehors des heures d’enseignement, ils ont invité des conférenciers pour expliquer ce qu’est la démocratie aux étudiants.

Quels sont les objectifs de votre ministère d’ici aux élections prévues le 24 juillet 2011 ?
Depuis ma prise de fonction le 7 mars 2011, je poursuis trois objectifs. Le premier : faire en sorte de sauver cette année universitaire. Ensuite, réussir la prochaine rentrée. Enfin, instaurer des pratiques démocratiques au sein des universités. Un certain nombre de choses vont changer. Au niveau de la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur et des universités, il y aura des élections au mois de juin 2011. Nous avons en fait démocratisé la direction des instituts, des écoles, ainsi que la présidence des universités [auparavant désignée par le ministre de l’Enseignement supérieur, NDLR]. Ces gouvernances seront dès lors légitimes. Les étudiants seront membres des différents conseils universitaires, mais ne prendront pas part à l’élection des présidents. Ce sont les enseignants qui choisiront.

Enfin, nous allons changer l’offre de formations à moyen terme. Nous allons supprimer toutes les licences à faible taux d’employabilité. La professionnalisation de l’université, tout le monde y souscrit. Il y a cinq ans, le ministère avait institué la présence de deux licences professionnelles pour une licence fondamentale. Du coup, nous avons un nombre incalculable de formations. Désormais, l’urgence est de rationaliser l’offre, et de faire en sorte que notre LMD permette à chaque étudiant de créer son propre parcours. Comme en Europe. Mais cela va nécessiter du temps.

Est-ce ainsi que vous comptez résorber le chômage chez les diplômés ?
Selon les dernières statistiques, la Tunisie enregistre entre 25 et 30 % de chômage parmi ses diplômés. Ce chômage est dû à la faiblesse de la formation, mais aussi à l’économie. Pendant des années, l’économie tunisienne a peu embauché de diplômés, alors que leur nombre explosait. Parallèlement à l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur, il faut considérer le système de formation dans sa globalité et notamment rendre les voies professionnelles de type BEP plus nombreuses et plus attractives. Nous devons travailler en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale et celui de l’Emploi et de la Formation professionnelle.

Comment envisagez-vous les échanges internationaux ?
Ils sont absolument nécessaires. Il faut développer les stages à l’étranger. En France, en Allemagne, en Italie…

Vous n’avez pas peur d’une fuite des cerveaux ?
Ces étudiants ont fait une révolution. Je n’ose pas imaginer qu’ils n’aient pas à cœur de participer à la construction de la Tunisie.

Comptez-vous sur un poste de ministre après les élections du 24 juillet ?
Ce n’est pas ma préoccupation du moment.

Refaât Chaâbouni, un ancien ministre de Ben Ali resté en poste

Sous le régime de Zine El-Abidine Ben Ali, Refaât Chaâbouni (63 ans) était secrétaire d’État chargé de la recherche scientifique depuis janvier 2010. Ainsi, il est un des trois ministres, avec celui de la Planification et de la Coopération internationale, ainsi que celui de l’Industrie et de la Technologie, à être restés en poste à la suite de la révolution du 14 janvier 2011. Discret, Refaât Chaâbouni a été promu le 7 mars 2011 ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche consécutivement à un remaniement ministériel. Il n’a pas été contesté par la population et les politiques tunisiens. « Je suis un technocrate. Je n’ai jamais fait de politique, et n’ai jamais eu de carte dans le parti de l’ancien président », se justifie l’intéressé.

Diplômé d’un doctorat ès sciences en chimie industrielle à l’université Lyon 1 en 1975, Refaât Chaâbouni a ensuite effectué une année postdoc à l’université de Californie avant de rejoindre l’École nationale d’ingénieurs de Tunis où il devient enseignant. Rentré dans son pays, il sera le deuxième Tunisien titulaire d’un titre français de maître de conférences. Directeur du département chimie, il prend une année de disponibilité pour devenir directeur de recherches au CNRS à Toulouse. De retour à Tunis, il est nommé directeur de la planification et de la coopération internationale au ministère des Sciences et de la Technologie, « tout en continuant d’enseigner », précise-t-il.

L’enseignement supérieur tunisien en chiffres

• Nombre d’établissements : 163, dont 13 universités.
• Nombre de laboratoires de recherche : 615.
• Nombre d’étudiants : 357.472, dont 60,1 % de femmes.
• Nombre d’étudiants étrangers : 2.203.
• Taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur : 37,6 % en 2009-2010, 6 % en 1986-1987.
• Part dans le budget de l’État : 6,10 %.

Propos recueillis à Tunis, par Guillaume Mollaret – L’étudiant


 

Tunisie : Nouvelles pistes pour resorber le chômage des diplômés!

  • D’après des sources officielles, la Tunisie enregistre, chaque année, en dépit d’un taux démographique en déclin depuis deux décades (2,7% en 1994 contre 1,03% en 2007), l’arrivée de 88 000 demandeurs d’emploi dont plus de la moitié (55%) était porteur d’un diplôme universitaire en 2007. Cette pression sur le marché du travail, nous dit-on, sera constante d’ici 2016 avec l’entrée en force, depuis une décennie, de l’élément féminin dans l’équation des rapports de production. En effet, de 15 000 en 1999, le nombre des jeunes filles qui entrent dans la vie professionnelle est passé à 29 000 en 2007, ce qui nous renseigne sur l’ampleur des défis à venir.
    L’heure est à l’employabilité, au développement des compétences, au réseautage, à la formation continue, pilier des politiques volontaristes visant la valorisation des ressources humaines et aux programmes d’accompagnement des jeunes promoteurs et des petites entreprises.
    Pour pouvoir faire face à cet afflux continu de la jeunesse du pays sur le marché du travail (d’ici 2011, 60% de cette masse sera issue de l’enseignement supérieur) et favoriser leur intégration et leur mobilité sociale, l’Etat est tenu de renforcer l’attractivité du site Tunisie auprès des investisseurs internationaux, de drainer les IDE vers les secteurs de pointe, à haute valeur ajoutée, de développer les activités économiques intelligentes et de pousser les opérateurs privés, à travers des mesures incitatives ciblées, à prendre part aux efforts des pouvoirs publics relatifs à l’insertion professionnelle des milliers des jeunes en quête de stages d’adaptation, de complément de formation et d’assistance technique durant les premiers pas de la vie active.
    Il s’agit finalement de s’adosser aux avantages de la mondialisation, de déverrouiller le potentiel de croissance du pays, d’illustrer les chantiers qui recèlent les promesses d’avenir, de régionaliser encore davantage les plans quinquennaux, d’améliorer la qualité des prestations des bureaux d’emploi, de mieux valoriser les bourses octroyées aux diplômés de l’enseignement supérieur, bénéficiant des programmes d’accompagnement de l’Etat et de doter les gouvernorats de plus de prérogatives dans l’élaboration des stratégies relatives à la conception et à la promotion des politiques de l’emploi.
    L’Etat prend les devants
    L’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI), dont le rôle principal est d’éclairer les jeunes Tunisiens sur les mutations économiques en cours dans le pays et de les accompagner dans leurs choix de vie professionnelle, vient de lancer une vaste campagne médiatique afin de faire la lumière sur la volonté de ses départements, d’inculquer très tôt à la jeunesse diplômée du pays, habituée à l’Etat providence, l’esprit entrepreneurial, de pousser les demandeurs d’emploi à tirer profit du Stage d’Initiation à la Vie Professionnelle (SIVP), du Contrat d’Insertion des Diplômés de l’Enseignement Supérieur  (CIDES) et du Contrat d’Adaptation et d’Insertion Professionnelle (CAIP), dont la durée de douze mois est censée préparer les bénéficiaires à se prendre en charge, à affiner leurs choix professionnels et à mieux cerner les qualifications requises pour les emplois de demain.
    Tous ces programmes, ces contrats à durée déterminée, insiste-t-on du côté de l’ANETI, sont destinés à toutes les catégories des demandeurs d’emploi sans considération de leur niveau de qualification, ce qui signifie qu’ils concernent aussi ceux qui sont diplômés.
    Au fait, si l’entreprise s’engage à octroyer aux jeunes stagiaires une indemnité mensuelle d’un montant minimum de 150 dinars tunisiens (DT) pendant toute la durée de son affectation, l’Etat garantit, quant à lui, une bourse de 150 DT par mois, une totale couverture sociale et une formation complémentaire dans la limite de 200 heures au cours de la période du Stage d’Initiation à la Vie Professionnelle.