Présidentielle tunisienne: le président Marzouki et Essebsi au coude-à-coude

L’équipe de campagne du président tunisien Moncef Marzouki a estimé que ce dernier était au coude-à-coude avec le favori de la présidentielle de dimanche, Béji Caïd Essebsi, et qu’un deuxième tour devrait les départager.

 

« Dans le pire des cas nous sommes à égalité, et dans le meilleur nous avons 2 à 4% d’avance », a déclaré à la presse le directeur de campagne de M. Marzouki, Adnène Mancer. « Nous entrons dans le deuxième tour avec de grandes chances » face à M. Essebsi, a-t-il ajouté.

 

Un peu plus tôt, le camp Essebsi avait revendiqué une large avance, estimant même ne pas être très loin d’une victoire dès le premier tour.

 

M. Mancer a dit craindre des « fraudes » en faveur de M. Essebsi et appelé les observateurs électoraux à la vigilance.

 

« Nos observateurs ne doivent quitter les urnes qu’après la fin de l’opération de dépouillement parce que nous nous attendons, si les urnes sont laissées (sans supervision) pour quelque raison que ce soit, à ce qu’une opération de vraie fraude commence », a-t-il accusé.

 

Il a aussi balayé les résultats de sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote plaçant le chef de Nidaa Tounès largement en tête (de 42,7% à 47,8% suivant les instituts) face à M. Marzouki (entre 26,9% et 32,6%).

 

Dans l’après-midi, la campagne du président sortant avait déjà accusé des partisans de M. Essebsi d’avoir voulu l’attaquer près de son bureau de vote.

 

Législatives en Tunisie: l’alliance laïque en tête?

  • L’alliance laïque Nidaa Tounes aurait remporté plus de 80 sièges aux élections législatives organisées hier en Tunisie, contre 67 pour les islamistes modérés d’Ennahda, selon une source tierce proche des laïques se basant sur un décompte préliminaire.
  • Le parlement tunisien compte 217 membres.

 

Les autorités électorales doivent annoncer un décompte préliminaire des suffrages exprimés dans la matinée. Si ces résultats se confirment, ce sera un revers pour Ennahda, qui avait remporté davantage de sièges en 2011 lors de la première élection libre organisée depuis le renversement de Zine El Abidine Ben Ali.

Ces législatives et le scrutin présidentiel, prévu en décembre, doivent parachever la transition vers la démocratie en Tunisie en dotant le pays de nouvelles institutions, près de quatre ans après la « révolution de jasmin ».


Contre-enquête exclusive : pour qui roule le journaliste de M6, Bernard de La Villardière ?

Même si beaucoup de Tunisiens s’en doutaient, « Le Trésor caché du dictateur » diffusé dimanche sur M6 devait être une enquête objective et surtout politiquement neutre. Le public tunisien a eu droit à un film de propagande à la gloire des islamistes et de leur larbin, Moncef Marzouki. Dès la fin de l’émission, les Tunisiens, que certains prennent encore pour des imbéciles, se sont déchainés dans les réseaux sociaux dénonçant une opération de communication commanditée par Ennahda et le CPR. Qu’en est-il exactement ? Voici la contre-enquête exclusive de Tunisie-Secret.

 

En termes de manipulation et de message subliminal, l’ATCE n’aurait pas fait mieux pour récurer un régime honni par les Tunisiens. Il s’agit bien évidemment du régime « islamiste modéré » qui gouverne de fait la Tunisie depuis l’imposture électorale du 23 octobre 2011. Pour quelles raisons Bernard de La Villardière, un journaliste pourtant compétent et honnête, s’est-il transformé en flagorneur de Moncef Marzouki, qui plus est en pleine campagne électorale ? Savait-il que le même Marzouki avait inscrit son nom dans le sinistrement célèbre « Livre noir » des journalistes tunisiens et étrangers qui ont servi le « régime corrompu » de Ben Ali (page 147 de ce livre)? Ironie du sort, paradoxe ou changement dans la continuité ? Savait-il que le juge qu’il a interrogé et qui est chargé de restituer au « peuple » l’argent volé par les gendres de Ben Ali, un certain Mohamed Askri, s’y connait très bien en matière de corruption puisqu’il était un proche de Belhassen et Moncef Trabelsi ?

Le document d’Enquête exclusive a été revu et corrigé

 

Ce qui semblait déjà bien suspect pour l’opinion tunisienne, c’est le timing de l’émission. Pourquoi un sujet réchauffé sur «Le Trésor caché du dictateur » à seulement treize jours des élections législatives tunisiennes ? La fiction hollywoodienne du coffre bourré de liasses de billets fraichement délocalisées de la Banque centrale vers le palais de Sidi Dhrif avait déjà frappé les esprits et produit ses effets attendus sur le plan politique et électoral en octobre 2011. La question du pourquoi maintenant est d’autant plus troublante que le film de Sidi Dhrif, réalisé par Kamel Eltaïef et sponsorisé par les services américains, a été remis en cause par un certain nombre de témoins oculaires et de protagonistes, y compris par Farhat Rajhi, le ministre de l’Intérieur au moment des faits.

 

Pourquoi maintenant, alors que selon nos informations, l’Enquête exclusive du présentateur de l’émission, Bernard de La Villardière, sous la direction de Vincent Nouzille, a été réalisé depuis mai 2013 ? Etait-ce la même enquête ou a-t-elle été revue et corrigée à la demande de Moncef Marzouki et de ses alliés islamistes pour des raisons bassement électoralistes ? Laquelle des deux boites de productions, la « Patrick Spica Productions » qui se trouve à Boulogne Billancourt, ou la « Ligne de Front », qui appartient à Bernard de La Villardière et qui est installée à Neuilly, a t-elle vendu à M6 ce document de propagande islamiste?

 

Notre contre-enquête exclusive révèle que Bernard de La Villardière, un aristocrate aux apparences prolétaires, s’est rendu à Tunis en septembre 2014 après des tractations avec deux proches conseillers de Moncef Marzouki. Admettons que pour des raisons commerciales et d’audimat –« Le Trésor caché du dictateur » étant un sujet à sensation et vendeur- la société productrice d’Enquête exclusive dont le siège se trouve à Boulogne Billancourt, à savoir « Patrick Spica Productions » (PSP), ait voulu rafraichir son document. Dans ce cas, pourquoi les trente dernières minutes de cette enquête vraiment exclusive, plutôt que de rester dans le sujet (la spoliation et le détournement de l’argent), ont-elles tournées à une opération de communication vantant les mérites d’un président « atypique », « humble » et « modeste », qui ne garde pas pour lui les cadeaux qu’on lui offre, qui ne porte pas de cravate par démarcation de l’ancien locataire de Carthage et qui a ouvert le palais présidentiel au peuple, alors qu’il lui était interdit sous Bourguiba et Ben Ali ?

 

 

Bernard de La Villardière a commis une faute grave

 

De sources proches des réalisateurs d’Enquête exclusive, nous savons par ailleurs que Vincent Nouzille, l’auteur de ce document vendu à M6, qui est journaliste d’investigation et écrivain, n’était pas du tout d’accord avec Bernard de La Villardière pour modifier in extremis le document en question. Idem pour Jean-Michel Tricot, le directeur de la rédaction de l’émission. Modifier un document vieux d’une année n’est pas condamnable en soi. Mais l’infléchir dans un sens nettement favorable à un candidat à sa propre succession est une faute grave et un manquement à la déontologie. Présenter la Tunisie sous les couleurs du modèle parfait du « printemps arabe » sans interroger les autres partis de l’opposition ou les personnalités en compétition dans ces élections législatives et présidentielles, c’est faire preuve de parti pris manifeste.

 

Toujours selon des sources proches des réalisateurs de cette enquête très exclusive, l’intention était de donner une bonne image de la Tunisie d’autant plus que l’économie du pays et plus particulièrement le secteur touristique ont souffert d’une couverture médiatique française alarmiste quant à l’islamisation de la Tunisie et au péril terroriste. On veut bien le croire ! Mais qu’on nous explique alors pourquoi la ministre du Tourisme, Amel Karboul, a-t-elle été censurée du document final, alors que Bernard de La Villardière l’avait rencontré et longuement interviewé ? Elle est pourtant très bien placée pour promouvoir un tourisme en berne et, de façon générale, représenter la femme tunisienne. Bernard de La Villardière a préféré la beurette des minguettes, Karima Souid, qui a été élue à l’ANC sur la liste d’Ettakattol, et la « frérette » Meherzia Labidi, la chômeuse des Ulis qui a été élue sur la liste d’Ennahda.

 

La phrase par laquelle Bernard de La Villardière a conclu son publi-reportage en dit long sur les visées politiques et électorales de cette enquête très exclusive. Après avoir loué le bon modèle tunisien et lustré l’image de l’usurpateur de Carthage et imposteur des droits de l’homme, notre journaliste aristocrate et néanmoins militant de la cause prolétaire et du tiers-mondisme a conclu : « Les Tunisiens sont appelés dans les jours qui viennent à confirmer ce modèle de société » !

 

Comme l’ont écrit nos confrères de Business News, « L’impression, qui prévaut après cette enquête-reportage, est qu’on a été floué par un contenu alléchant présenté juste en ce moment de campagne électorale. On en sort avec l’idée que M. Marzouki et, avec lui, le CPR sortent grandis de cette émission ayant attiré les téléspectateurs. Ce qui pousse les observateurs à se poser des questions quant à l’intérêt de la chaîne française à diffuser cette émission, en pareille date. Ces doutes sont confirmés par l’approche choisie et par le choix des intervenants. L’enquête est-elle, alors, spontanée et professionnelle ou est-elle commandée ? »

 

Les manipulateurs ont sous-estimé la maturité de l’opinion tunisienne

 

La question que pose Business News, tous les Tunisiens qui ont regardé M6 hier, se la posent. Et certains y répondent à leur façon. Voici à titre d’échantillon quelques réactions sur facebook, qui ont été publié par nos autres confrères de Tunisie-Focus à peine une heure après la diffusion d’Enquête exclusive sur M6, le dimanche 12 octobre Nous les publions sans en corriger les fautes de français.

« L’ATCE de Ben Ali est de retour ? M6 obtient toutes les autorisations nécessaires partout ou personne n’a pu rentrer. Faut il en rire ou condamner? Il y en a même pour le lustrage de l’image de tartour Marzouki. Disons juste que c’est trop ridicule et que nous sommes vaccinés ».

 

« M6 parle d’un passé…Sous la dictature…Elle oublie ( ou fait semblant) qu’il y a pire aujourd’hui ..Un pays sous occupation et mis à plat par les nouveaux trabelsiyas ,en l’espace de 3 ans seulement ! Oserait -elle enquêter ?! »

 

« Admirez le discours hautement démocratique de Tartour sur son spot de campagne M6:  » ce pays est à tout le monde, on est contre l’exclusion. Alors on a rejeté l… »

 

« Hhhhh ! M6 a fait campagne pour qui vous savez…? Le timing n’est pas gratuit…Vive « le printemps »..Leur printemps !! »

 

« Enquête exclusive  » …Pourquoi 4 ans après ? …Pourquoi ce timing précis ? Pour le compte de qui ? Qui a payé et combien?!…En tous cas les tunisiens sont loin d’être des enfants de chœur ».

 

« La VRAIE enquête à faire maintenant; Qui a payé M6 et combien ça a coûté ce torchon de propagande électorale ?!! »

 

Enfin, ce post de Halim Allouche : « Bonjour, je suis bien chez M6? – Bonjour monsieur. Oui, tout à fait. Que puis-je faire pour vous? – Je m’appelle Mohamed Moncef Marzouki. C’est pour passer commande. – Oui, bien sûr. Vous avez des recommandations particulières? – Oui, justement. je veux un reportage en deux parties. Vous me diabolisez le clan Ben Ali dans la première partie et vous me dressez un portrait flatteur dans la deuxième. – Et pour le payement? – Comme d’habitude. La Qatar Foundation se chargera des frais du reportage ».

 

En dépit de leur excès, ces commentaires dénotent l’exaspération des internautes tunisiens qui ne sont plus disposés à se faire manipuler comme en janvier 2011, ou en octobre 2011. Ils indiquent aussi que, même si les Tunisiens ont gardé un très mauvais souvenir des spoliateurs El-Materi, Chiboub, Mabrouk et Trabelsi, ils n’avalent plus aussi facilement la pilule de la « dictature mafieuse » qui aurait ruiné la Tunisie. Le coup de com. de M6 et de Patrick Spica Productions était bien calculé, mais nos petits stratèges ont sous-estimé la maturité de l’opinion tunisienne après quatre années de régime islamo-mafieux qui leur a fait oublier les abus et les outrances des gendres et de l’épouse de Ben Ali.

 

Pour faire oublier ce ratage, M6 devrait peut-être préparer une Enquête exclusive sur le trésor caché de certains anciens ministres et présidents français. A moins d’attendre les prochaines élections présidentielles !

Source www.tunisie-secret.com      par Nebil Ben Yahmed

 

Législatives en Tunisie, quel gagnant?

Avec 13’000 candidats pour 217 sièges et une menace djihadiste grandissante, les législatives en Tunisie s’annoncent très tendues. Le point sur les forces en présence et le contexte politique.

Le contexte

Après le renversement du régime de Ben Ali en janvier 2011, les Tunisiens ont élu une Assemblée constituante en octobre de la même année. Trois ans après, ils sont à nouveau appelés aux urnes pour élire les membres du futur Parlement, le premier élu démocratiquement.

Les premières élections avaient vu la victoire des islamistes d’Ennahda. Mais, sous les protestations, ceux-ci ont laissé la place en janvier 2014 à un gouvernement non partisan chargé de continuer les réformes et organiser les élections.

Mais vu le nombre important de Tunisiens qui se disent déçus de la classe politique, l’abstention pourrait être le vainqueur du scrutin.

Les résultats seront connus au plus tard le 29 octobre.

Ces législatives précèdent un autre vote important, l’élection présidentielle du 23 novembre prochain.

Les chiffres-clés

– 13.000 candidats répartis sur 33 circonscriptions.

– 1.300 listes

– 217 sièges du Parlement à repourvoir.

– 5,3 millions d’électeurs inscrits sur les 11 millions d’habitants.

– 45,3% du corps électoral n’est pas inscrit et n’ira donc pas voter.

– 80.000 policiers et militaires doivent être déployés

Le mode de scrutin

L’adoption en mai 2014 d’une nouvelle loi électorale instaure des législatives au scrutin proportionnel à un tour par circonscription, sans seuil minimal à atteindre.

Ce mode de scrutin favorisant les petites formations, les principales forces politiques ont d’ores et déjà souligné qu’aucun parti ne sera à même de gouverner seul.

Le Parlement devrait être très fragmenté et des coalitions devront se former.

Le favori: Ennahdha

 

Le parti islamiste Ennahdha (la Renaissance) avait remporté la majorité des sièges de l’Assemblée constituante en 2011. Il a dirigé le parti jusqu’au début de l’année.

Affaibli par de graves crises et l’assassinat de deux opposants aux islamistes en 2013, Ennahdha a quitté le pouvoir pour laisser la place à un gouvernement apolitique chargé de préparer les législatives.

Axant sa campagne sur le « consensus » et un discours plus adouci et consensuel, Ennahdha, qui revendique 80.000 membres, n’a pas retenu les candidatures les plus controversées, notamment les ténors de la frange dure du parti appelant à l’application de la loi islamique.

Face à une opposition morcelée, ce parti qui était interdit et violemment réprimé jusqu’à la révolution reste le pivot de la scène politique et fait figure de favori.

Les adversaires: Nidaa Tounès et les Bénalistes

 

 

Une multitude de partis allant de l’extrême gauche au centre-droit font campagne en se positionnant en alternative à Ennahda.

Malgré une brève tentative d’union en 2013, au pic de la crise politique qui a mené Ennahdha à quitter le pouvoir, ces différents mouvements font finalement cavalier seul pour les législatives tout en se disant prêts à former des coalitions après les élections.

Un parti sort néanmoins du lot, Nidaa Tounès, conduit par Béji Caïd Essebsi, 87 ans, qui ambitionne d’arracher la présidentielle en novembre. Il avait occupé le poste de Premier ministre après la révolution et organisé les élections remportées par Ennahdha.

Ancien ministre du père de l’indépendance Habib Bourguiba, ex-chef du Parlement sous Ben Ali, il cherche à unir les adversaires des islamistes.

Le parti est cependant tiraillé en interne, de nombreux cadres craignant la trop grande influence laissée à des personnalités issues du régime Ben Ali.

Nidaa Tounès est aussi concurrencé par des partis dits « destouriens », revendiquant eux aussi l’héritage de Bourguiba et ayant des liens étroits avec d’ex-responsables du régime déchu.

Avec TV5Monde et afp

Tunisie: voter est une « obligation religieuse »

  • Participer aux élections législatives de dimanche et à la présidentielle du 23 novembre en Tunisie est une « obligation religieuse », a affirmé le ministère des Affaires religieuses dans un communiqué publié aujourd’hui. « La participation aux prochaines élections est une obligation religieuse et patriotique parce qu’elles servent l’intérêt de la Tunisie », assure le ministère dans ce texte également signé par Dar al-Ifta (l’office chargé d’émettre des avis religieux), le Conseil suprême islamique et l’Université de la Zitouna.

 

Ces responsables ont condamné « les menaces qui visent le processus électoral, soit par les groupes terroristes soit par certaines parties qui ont émis des fatwas incitant la population à boycotter les élections », ajoutant que « toute action physique ou morale ayant pour but la perturbation des élections est interdite par les préceptes de la religion et pénalisée par la loi ». Ils ont également appelé imams et prédicateurs à « adopter des prêches incitant les fidèles à rejeter le fanatisme et la violence », à être « totalement neutres et à éviter la propagande en faveur d’un quelconque parti ». Les autorités tunisiennes ont dit craindre des actes « terroristes » à l’approche des élections.

 

Le pays s’apprête à organiser des législatives dimanche et une présidentielle un mois plus tard qui doivent le doter d’institutions pérennes près de quatre ans après la révolution. La Tunisie a connu depuis janvier 2011 une recrudescence d’attaques attribuées à la mouvance jihadiste. Plusieurs dizaines de membres des forces de l’ordre ont été tués et deux figures de l’opposition aux islamistes ont été assassinées. L’armée tunisienne s’est dite mardi sur le qui-vive et prête pour parer à tout acte « terroriste » lors des législatives du dimanche.

Tunisie: Ennahda lance ses forces dans les législatives

A moins d’une semaine du vote pour les législatives en Tunisie, la campagne électorale bat son plein. Samedi, les deux poids lourds de la politique tunisienne tenaient chacun leur meeting : à Kairouan pour Beji Caid Essebsi, leader du parti Nida Tounès ; à Sfax pour son grand rival Rached Ghannouchi, chef d’Ennahda. Dans la deuxième ville du pays, ce dernier a assumé le bilan contesté de son parti, au pouvoir depuis 2011.

« Le peuple veut Ennahda ! » Ambiance au meeting d’Ennahda, à Sfax, à une semaine avant les législatives. Ennahda voulait faire de ce rendez-vous une démonstration de force face à son rival Nida Tounès, le parti bourguibiste que les islamistes assimilent au RCD, ancien parti unique de Ben Ali : « On envoie un message au RCD : dégage ! »

Dans un théâtre à ciel ouvert, environ 10 000 partisans sont venus prier en famille pour la victoire du parti islamiste tunisien et et écouter son leader historique Rached Ghannouchi.

« Ils disent qu’Ennahda a perdu sa popularité mais vous êtes là pour prouver que c’est faux… », dit le chef d’Ennahda. « Ce qui se passe en Libye et en Syrie est affreux, dit-il, mais en Tunisie, nous avons empêché cela. »

Pas de candidat à la présidentielle

Au pouvoir, Ennahda n’a pas réalisée beaucoup, mais c’est déjà plus que ses prédécesseurs : « une Constitution, une démocratie, et bientôt le développement », promet Ghannouchi à la tribune.

En 2011, Ennahda avait gagné les premières élections de l’après-Ben Ali. Mais en 2013, après deux assassinats politiques attribués aux jihadistes et un bilan économique contesté, le parti islamiste quitte le gouvernement sous la pression de l’opposition, tout en restant majoritaire au Parlement.

Ennahda ne présente aucun candidat à la présidentielle et mise tout sur les législatives de dimanche pour revenir au pouvoir, en formant une large coalition de gouvernement.

 

Tunisie: Marzouki candidat à sa réélection

  • Le chef d’Etat tunisien Moncef Marzouki a déposé samedi sa candidature à l’élection présidentielle du 23 novembre, scrutin important pour la Tunisie près de quatre ans après la révolution.

M. Marzouki, élu en 2011 par l’Assemblée constituante, s’est rendu vers 09 heures (08heures à Paris) au siège de l’instance organisant les élections (ISIE) où il a remis son dossier de candidature sous les yeux des journalistes.

 

La Tunisie doit élire le 23 novembre, pour la première fois depuis le renversement du président Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011, son président au suffrage universel.

« Sur la base d’un projet d’indépendance nationale et la défense des droits des Tunisiens que je souhaite défendre, j’ai présenté ma candidature », a déclaré M. Marzouki à la presse.

« J’ai confiance en l’intelligence du peuple tunisien qui sait qui est à même de le servir », a ajouté le chef de l’Etat.

M. Marzouki avait été élu fin 2011 par les élus de la Constituante à la suite d’un accord de coalition entre notamment son parti séculier, le Congrès pour la République (CPR), et les islamistes majoritaires du parti Ennahda.

 

Ses détracteurs et des islamistes ont accusé Moncef Marzouki, un opposant historique à Ben Ali longtemps exilé en France, d’avoir formé cette coalition pour satisfaire ses ambitions présidentielles.

Selon la nouvelle Constitution adoptée en janvier, le chef de l’Etat ne dispose que de pouvoirs restreints, l’essentiel de l’exécutif relevant des compétences du Premier ministre issu de la majorité au Parlement.

La présidentielle doit intervenir d’ailleurs un mois après des législatives, prévues le 26 octobre.

De nombreuses personnalités ont annoncé vouloir succéder à M. Marzouki, dont des poids lourds de la vie politique, tels l’ex-Premier ministre Béji Caïd Essebsi, le président de la Constituante Mustapha Ben Jaafar, un ex-gouverneur de la Banque centrale ou encore deux ex-ministres de Ben Ali.

Le parti islamiste Ennahda, favori des législatives, a pour sa part annoncé qu’il soutiendrait un « candidat consensuel » à la présidence, sans s’engager dans l’immédiat derrière une personnalité.

 

La Tunisie organise ces élections avec deux ans de retard après une succession de crises politiques provoquées notamment par l’essor d’une mouvance jihadiste armée.


Tunisie: Les dates pour les élections entérinées en commission

La Commission de législation générale de l’Assemblée nationale constituante (ANC) a entériné lors de la réunion de ce mercredi les dates proposées par l’ISIE pour les prochaines élections, lesquelles figurent dans le projet de loi y afférent sur lequel devait statuer la commission, a-t-on appris auprès de la présidente de la Commission, Kalthoum Badreddine.

Malgré les divergences des vues au sein de la Commission, ses membres se sont montrés globalement favorable au calendrier proposé par l’ISIE, a indiqué Badreddine à l’issue de la réunion dans une déclaration à l’agence TAP, précisant que les mêmes propositions seront portées devant la séance plénière. Toujours selon Badreddine, la Commission a donné son aval au scénario consistant à tenir les élections législatives avant l’élection présidentielle, soit le 26 octobre 2014 sur le territoire national et les 24, 25 et 26 octobre hors des frontières.

Pour ce qui est du premier tour de l’élection présidentielle, il aura lieu, selon Kalthoum Badreddine, le 23 novembre 2014 pour l’intérieur et les 21, 22 et 23 novembre pour les communautés tunisiennes à l’étranger. Les membres de la commission, a-t-elle ajouté, ont mis l’accent sur le fait qu’en cas de deuxième tour de l’élection présidentielle, il devra intervenir impérativement le 31 décembre 2014, autrement dit au plus tard dimanche 28 décembre 2014, en application de l’article 102 de la Constitution qui dispose que le scrutin doit se tenir un jour chômé.

Le président de l’ISIE, Chafik Sarsar, rappelle-t-on, avait remis lundi dernier au président de l’Assemblée nationale constituante un avant-projet du calendrier des élections, soit trois échéances distinctes, à savoir:

– 26 octobre 2014: Elections législatives,

– 23 novembre 2014: Premier tour de l’élection présidentielle,

– 28 décembre 2014: Deuxième tour de l’élection présidentielle.


Tunisie: une Constitution avant le 14 janvier?

La Tunisie devrait se doter d’une Constitution et changer de gouvernement avant le 14 janvier prochain. Les partis au pouvoir et l’opposition l’ont décidé ce lundi 23 décembre dans le cadre du dialogue national, encadré notamment par le syndicat UGTT et le patronat Utica. Les pourparlers reprendront ce mercredi.

L’actuel gouvernement est censé quitter le pouvoir avant le 14 janvier, date du troisième anniversaire de la révolution. D’ici là, le nouveau Premier ministre désigné il y a dix jours, Mehdi Jomaa, devrait mettre sur pieds son cabinet et obtenir la confiance de l’Assemblée. Il commencera à faire ses choix dès ce mercredi, selon le syndicat UGTT.

En même temps, l’Assemblée a elle aussi trois semaines pour adopter la Constitution. Et elle est en bonne voie, assurent des députés de la coalition au pouvoir et de l’opposition. Le parti majoritaire, Ennahda, a fait de l’adoption de cette loi fondamentale une de ses conditions pour laisser sa place à un gouvernement indépendant. Autre préalable : la mise en place d’un calendrier pour les élections.

Mais cette tâche s’annonce complexe. Il faudra pour cela adopter une loi électorale et mettre en place l’ISIE, l’Instance supérieure indépendante pour les élections, chargée d’encadrer le scrutin. Dans ces conditions, les partis respecteront-ils leurs engagements ? Après de nombreux effets d’annonce sur des dates de sortie de transition, ce dialogue national suscite encore beaucoup de méfiance.


Tunisie: le Premier ministre propose des élections le 17 décembre 2013

  • Le Premier ministre Ali Larayedh a proposé lundi la tenue d’élections anticipées en Tunisie. Il a avancé la date du 17 décembre 2013. Ali Larayedh a par ailleurs déclaré que le gouvernement ne démissionerait pas dans l’intervalle.

 

« Ce gouvernement continuera d’assumer ses fonctions, nous ne nous accrochons pas au pouvoir mais nous avons un devoir et une responsabilité que nous assumerons jusqu’au bout », a dit le premier ministre à la télévision nationale.

 

La Tunisie est secouée par une crise politique après l’assassinat, vendredi dernier, de l’opposant Mohammed Brahmi. Le parti islamiste au pouvoir, Ennahda, est vivement contesté.